
L’objectif du magazine est de vous informer et recueillir un nombre significatif de soutiens pour convaincre les pouvoirs publics de financer la relance de l’industrie manufacturière des biens de consommation. Aujourd’hui, la Caisse des Dépots et Consignations gère 250 milliards d’euros et abonde 190 fonds d’investissements avec les deniers publics, mais aucun de ces fonds n’a vocation à financer la création d’entreprises de fabrication et de commercialisation de vêtements et de biens de consommation produits en France et pouvant créer rapidement un grand nombre d’emplois !
Francis JOURNOT
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COMMENT CRÉER UN MILLION D’EMPLOIS …
MAINTENANT !
Par Francis JOURNOT Tribune sur MARIANNE le 8 fevrier 2012
Une relance de l’industrie manufacturière des biens de consommation nous permettrait de rebâtir rapidement des perspectives de croissance, pourrait procurer plus de 300 000 emplois industriels en quelques années et générer encore 600 000 à 900 000 emplois indirects et induits.
L’ÉCHEC DES COÛTEUX PLANS DE RELANCE
Lors du plan de relance de 2008, le gouvernement n’a pas voulu ou n’a pas su utiliser l’argent public pour réindustrialiser notre pays.
Ce plan a coûté aux contribuables français, selon les sages de la cour des comptes, 34 milliards d'euros mais n’a créé que 20 000 à 70 000 emplois et selon les économistes, le grand emprunt de 35 milliards d'euros, en créera encore moins.
Les responsables de ces plans nous ont expliqué régulièrement que l’argent public remis aux grands groupes ou aux fonds d’investissement privés, créerait un effet de levier, mais en réalité cette manne financière a surtout enrichi quelques privilégiés proches du gouvernement qui délocalisent invariablement la production dans les pays émergents après avoir bénéficié de l’argent du contribuable.
Cette gabegie nous démontre une fois de plus l’incapacité ou le manque de volonté des gouvernements de Droite ou de Gauche en matière de création d’emploi industriel.
Des candidats à l’élection présidentielle promettent déjà une autre distribution des deniers de l’état en créant un nouveau fonds inspiré du Fonds Stratégique d’Investissement qui était doté de 20 milliards d’euros de fonds publics et dont le comité d’investissement était présidé par le n° 2 d’une société du CAC 40, championne de délocalisation. D’autres annoncent sans conviction, la création d’une banque d’investissement ou de l’industrie qui financera encore les produits technologiques et innovants en délaissant une fois de plus l’industrie manufacturière des biens de consommation.
LA SURENCHÈRE ÉLECTORALISTE AUTOUR DU "MADE IN FRANCE"
Plusieurs hommes politiques jurent depuis peu, pouvoir et vouloir relancer le "made in France", mais qui ignore encore que les fabricants qui ont délocalisé leur production ne reviendront pas et que les enseignes de la distribution qui ont volontairement sabordé l’industrie manufacturière des biens de consommation, n’aideront certainement pas de nouveaux fabricants à recréer des usines en France.
Des prétendants à la magistrature suprême assurent que s’ils sont élus, leurs mesures sensationnelles, parfois concoctées par des énarques pourtant néolibéraux et mondialistes, feront revenir demain les entreprises délocalisées.
Certains suggèrent, que dans un grand élan patriotique et républicain, entreprises et consommateurs se donnent la main pour relocaliser 1 ou 2 millions d’emplois mais il est peu probable que des entreprises délocalisées qui ne sont plus habituées aux négociations, conflits sociaux et grèves syndicales, acceptent également de renouer avec des charges sociales plus élevées et une baisse importante de leurs bénéfices. Les vagues projets des candidats, les recettes mainte fois utilisées et les incantations ne suffiront pas.
Sur le marché hexagonal, la TVA dite "anti délocalisation" pénalisera davantage les ventes de produits fabriqués en France que celles des produits provenant des pays à bas couts.
Les articles fabriqués en France disposent de moins de marge bénéficiaire et la répercussion de la TVA s’avéra souvent obligatoire. A l’opposé, les articles manufacturés importés des pays à bas coûts n’enregistreront pas systématiquement la hausse de TVA et creuseront encore l’écart avec le " made in France". De plus, la perte de pouvoir d’achat provoquée par la hausse, risque d’orienter un peu plus les consommateurs vers les produits à bas coûts importés.
La prime à la relocalisation créée en 2010 et dotée d’un budget de 200 millions d’euros devait, selon le ministère de l’industrie, permettre de rapatrier 1 000 emplois par mois, mais quelques entreprises seulement, souvent motivées par l’aubaine de la médiatisation du " made in France", ont consenti à relocaliser une partie de leur production et quelques emplois, mais à l’inverse, pas moins de 900 usines françaises ont fermé leurs portes aux cours des trois dernières années.
On peut s’étonner du soudain engouement des partis politiques pour le "made in France". Cette attitude apparemment volontaire pourrait se révéler après les élections présidentielles et législatives, n’avoir été qu’une éphémère posture électoraliste. On peut également soupçonner de nombreuses marques, enseignes de la distribution et personnalités politiques de souhaiter la fermeture discrète des dernières usines manufacturières traditionnelles. Dés lors, nous ne pourrions évidemment plus blâmer les industriels de ne pas fabriquer en France et les élus ne seraient plus confrontés à des ouvriers désespérés et licenciés pour délocalisation, leur reprochant, devant une France atterrée, leur politique pro-européenne et mondialiste responsable de notre désindustrialisation.
LABEL "MADE IN FRANCE"
Le label "made in France" "Origine France garantie" qui n’impose que 50 % de fabrication française, a été mis en place en mai 2011 après 18 mois de gestation et ne semble pas remporter le succès escompté par le gouvernement, pourtant d’autres candidats préconisent un autre label.
L’idée selon laquelle les français seraient prêts à acheter des produits plus chers parce qu’ils portent simplement un label "made in France" peut sembler très optimiste même si plusieurs sondages l’affirment. Pour autant, les sondés ne sont pas convaincus de l’efficacité d’un label ne garantissant que 50 % de fabrication dans l’hexagone.
Robert Rochefort, Député européen et ancien directeur général du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), reprochait récemment au Président des deux principales fédérations professionnelles de la mode : "Vous avez fait perdre au consommateur la perception de la valeur réelle, et symbolique, des produits d'habillement" et pose ainsi la question de notion de perception de valeur et d’évaluation du rapport qualité/prix d’un produit.
Si nous voulons réellement relancer le "made in France" et séduire un nombre important de consommateurs, le différentiel de prix devra être le plus faible possible, voire imperceptible ou moins cher, lorsque l’on le comparera avec des produits moyen de gamme ou autoproclamés haut de gamme mais souvent fabriques en Chine ou au Bengladesh. Bien sur, il ne convient pas d’essayer de concurrencer les enseignes bas de gamme. Par ailleurs, seul, le modèle économique de l’intégration verticale, préconisé dans notre projet, peut permettre d’attendre cet objectif et proposer des prix en rapport avec le pouvoir d’achat d’un grand nombre de nos concitoyens.
CRÉER UN MODÈLE ÉCONOMIQUE D’ENTREPRISE AGISSANT SURTOUT DANS L’INTÉRÊT DE LA COLLECTIVITÉ
Malgré le manque de volonté des politiques, l’influence des lobbys et en dépit des promesses creuses, nous devons absolument faire diminuer le taux de chômage devenu insupportable pour nos concitoyens et pour notre déficit public, en relançant notamment l’industrie manufacturière des biens de consommation qui pourrait créer plus de 300 000 emplois industriels souvent accessibles à des personnels peu diplômés ou sans formation et générer encore 600 000 à 900 000 emplois indirects et induits (lire notre article du 14 mars 2011 Un plan de sauvetage pour l’industrie manufacturière française.
Les perspectives de relocalisation sont très faibles et il apparait comme évident que pour relancer ce secteur industriel, il faudrait d’abord le restructurer en lui redonnant une colonne vertébrale constituée notamment d’un puissant réseau de distribution qui vendrait les produits fabriqués en France.
Il conviendrait donc de créer une structure privée et subventionnée pour la création d’emplois, qui créerait des magasins et une logistique de vente par internet, mais aussi des usines et des bureaux d’études, pour recréer les centaines de milliers d’emplois souvent peu ou non qualifiés que les chômeurs ne trouvent plus depuis la désindustrialisation de l’hexagone.
Seule une entreprise composée de professionnels expérimentés et dotée de moyens financiers importants, pourrait malgré des coûts de production plus élevés, réinitialiser la difficile et longue reconstruction de notre industrie manufacturière saccagée.
L’objectif principal de cette société bien que de droit privé, serait la création d’emploi et le maintien du savoir faire. Elle serait organisée selon le modèle économique de l’intégration verticale pour réduire les intermédiaires et ainsi être concurrentielle.
1) Pole de financement
La création d’un " fonds pour le développement industriel et l’emploi ", juridiquement proche des fonds d’investissement à but non lucratif qui subventionnent parfois l’économie sociale en Suisse, au Québec ou aux USA, permettrait d’adapter le financement du projet aux contraintes de l’UE.
Ce fonds serait fondé à recueillir les capitaux propres et les subventions destinées au financement de la création d’emploi et du développement de l’entreprise.
2) Pole pour l’emploi et la formation
Ce pole RH (ressources humaines) et formation, identifierait les savoir-faire industriels manufacturiers de biens de consommation pouvant encore être incarnés par les personnels licenciés d’usines en difficulté, liquidation judicaire ou récemment fermées. Ainsi des anciennes employées de façonniers, sous-traitants et marques réputées retrouveraient un travail et transmettraient leurs connaissances aux plus jeunes.
Pour exemple, l’entreprise aurait repris le site d’Yssingeaux de Lejaby et sauvé le savoir faire en maintenant une partie de l’effectif à la fabrication de corsetterie et lingerie. Au fur et à mesure du développement des ventes d’une nouvelle ligne de lingerie, le personnel affecté provisoirement à la confection de vêtements aurait ensuite retrouvé son ancien poste de travail.
3) Pole de développement
Des ingénieurs et gestionnaires issus de l’industrie étudieraient la faisabilité de chaque projet de fabrication, redéfiniraient des processus de production et mettraient en adéquation ressources humaines régionales et potentialités de commercialisation des produits.
Afin d’orienter également la production de l’entreprise vers des produits d’avenir, un département R&D (recherche & développement) serait créé et des projets externes seraient intégrés et développés.
La mise en œuvre du projet global et le développement de l’entreprise s’appuieraient sur le projet de 95 pages sur lequel nous travaillons depuis 5 ans et que nous avons présenté plusieurs fois aux pouvoirs publics.
4) Pole de production
L’entreprise produirait beaucoup de biens de consommation à faible valeur ajoutée et créateurs d’emplois, mais pourrait également fabriquer des produits technologiques, de "croissance verte" et autres produits innovants à forte valeur ajoutée pour notamment compenser les marges souvent faibles des produits issus d’industries plus traditionnelles et ainsi élargir l’offre globale au plus grand nombre de consommateurs.
De même, dans le domaine du prêt à porter, une marque de luxe, principalement orientée vers l’international, permettrait d’augmenter la marge moyenne afin de pouvoir proposer des vêtements "1er prix " plus accessibles.
5) Pole de commercialisation
L’enseigne consacrée principalement à l’habitat, vendrait uniquement des articles fabriqués en France, réalisés en interne ou provenant de fournisseurs extérieurs.
Un réseau de magasins physiques et un circuit de distribution par internet commercialiserait la plupart de nos biens de consommation à des prix raisonnables (meubles, salons, électroménager, literie, luminaires, sanitaires céramique, cheminées, décoration, linge de maison, vaisselle, articles de loisirs et sports, bagages, jouets etc.)
Un réseau spécifique au prêt à porter, doté de magasins physiques et d’un circuit internet, vendrait surtout des vêtements pour femmes et jeunes femmes mais aussi pour enfants et quelques articles pour hommes, principalement sur le marché hexagonal, premier marché d’Europe avec 41 milliards d’euros de dépenses d’habillement annuelles selon la FEH (Fédération des enseignes de l’habillement) mais probablement 45 ou 50 milliards d’euros si l’on ouvrait les millions de conteneurs importés.
Ainsi, le textile habillement, constitue certainement le secteur le plus important des biens de consommations en France.
Aujourd’hui, les plus grandes enseignes suédoises, espagnoles, américaines, anglaises et japonaises nous inondent de vêtements jetables "made in China" et se disputent joyeusement ce marché que nous avons abandonné.
En effet, les états généraux de l’industrie voulus par Nicolas Sarkozy ont éradiqué l’existence de l’industrie du textile habillement au profit de l’industrie du luxe et de la création qui crée pourtant peu d’emploi en France. Dogme du libre échange ? Favoritisme envers les groupes du luxe ?
Une enseigne identifiée "made in France disposant d’un outil de distribution performant, proposant des articles "mode" ou basiques à prix abordables, bénéficiant d’une image positive et sachant établir une relation particulière avec sa clientèle, pourrait récupérer une part importante de ce gigantesque marché.
VIABILITÉ
Pour exemple, la confection de la plupart de nos vêtements, pulls, pantalons, robes, jupes ou chemisiers, ne nécessite en moyenne que 15 à 40 minutes de travail, toutes opérations comprises dont coupe et assemblage.
Dans notre étude, le cout salarial horaire moyen d’un atelier avoisine 20 euros par employé, (hors intéressement), soit un coût de confection hors tissu ou étoffe, de 5 euros pour une robe 1er prix, moins pour l’assemblage d’un tee-shirt ou un peu plus pour un beau pull.
En optant pour le modèle économique de l’intégration verticale, de la fabrication du produit à sa vente directement au consommateur et en appliquant des taux de marge raisonnables, nous parviendrions à proposer une offre attractive et concurrentielle.
Alors oui nous pourrions à nouveau fabriquer une part importante de nos vêtements et autres biens de consommation en France car depuis qu’ils sont produits dans les pays à bas coûts nos dépenses n’ont guère diminué.
Aujourd’hui, nous achetons des produits le plus souvent jetables que nous renouvelons sans cesse pour le plus grand bonheur des distributeurs qui ne baissent pas leurs prix mais augmentent toujours leurs marges bénéficiaires.
UNE POLITIQUE DE DISTRIBUTION DES RÉSULTATS POUR REVALORISER L’EMPLOI INDUSTRIEL
L’objet de l’entreprise ne serait pas l’optimisation de rendement du capital de l’actionnariat, mais le développement industriel pour créer de l’emploi et sauvegarder le savoir-faire.
80 % des bénéfices de l’entreprise seraient consacrés à l’intéressement des salariés et au développement dont jusqu'à 40 ou 45 % aux salariés pour atteIndre le niveau de motivation indispensable au développement de l’activité. Par ailleurs, plus les revenus de ces salariés seraient importants plus ils généreraient d’emplois induits régionaux qui redonneraient vie à des régions exsangues.
20 % permettraient de rembourser les crédits externes directs ou indirects, contractés pour créer l’entreprise et investir aux cotés des pouvoirs publics.
Afin de se prémunir des risques de délocalisation, la société ne serait pas gouvernée par une assemblée d’actionnaires et ne posséderait pas de conseil d’administration. Elle serait dirigée par un directeur général qui animerait un comité exécutif composé d’un collège de cadres dirigeants de l’entreprise, impliqués dans la plupart des décisions et agissant uniquement pour la pérennité de l’entreprise et le maintien de l’emploi.
En outre, l’entreprise disposerait d’un commissaire aux comptes, s’entourerait d’experts lors des prises de décisions financières importantes et s’appuierait également sur des audits externes de gestion. Compte tenu du taux important de redistribution, de l’objet de l’entreprise et du risque que cela représenterait pour l’emploi des salariés, celle-ci n’aurait évidemment pas vocation à s’introduire en bourse.
UN COUT PAR EMPLOI CRÉÉ 18 A 80 FOIS INFERIEUR !
Une entité unique directement financée et subventionnée par l’état optimiserait les moyens mis à sa disposition. Chaque emploi industriel, indirect et induit créé pourrait à terme, ne coûter que 25 000 euros à 33 000 euros au lieu des 600 000 euros à 2 millions d’euros par emploi créé du plan de relance !
UN COÛT NUL POUR LA COLLECTIVITÉ ET A TERME UNE ÉCONOMIE DE 50 MILLIARDS PAR AN
Chaque année l’état dépense plus de 100 milliards d’euros de DPE (dépenses pour l’emploi). Le coût par chômeur estimé à 14 980 euros en 1995 est passé à 26 555 euros en 2003 et au moins 33 000 euros en 2011.
La création d’1 million d’emplois représenterait 33 milliards d’euros d’économie de DPE par an, rapporterait 12 à 15 milliards d’euros de cotisations aux régimes de protection sociale et encore plusieurs milliards d’euros de recettes fiscales.
UNE VOLONTÉ POLITIQUE INDISPENSABLE
L’état a déjà eu recours a des sociétés privées pour lutter contre le chômage : en 2006, le gouvernement s’était inspiré de l’agence pour l’emploi britannique et avait confié le placement de chômeurs à des sociétés privées (parfois britanniques), subventionnées et rémunérées pour assurer cette mission de service public qui incombe pourtant habituellement aux services de l’état. Hélas, cette initiative, n’avait pas permis de placer beaucoup plus de chômeurs que l’ANPE. .
Lorsqu’ils le veulent, les pouvoirs publics peuvent financer de grands projets de sauvegarde ou de création d’emplois sans se soucier de l’avis de l’Europe : En 1984, Laurent Fabius alors premier ministre, avait donné prés de 2 milliards de francs à Bernard Arnault, repreneur du Groupe Boussac (Dior, Conforama, Peau douce, Le Bon Marché et La Belle Jardinière) en échange de la promesse de ne pas licencier les 16 000 salariés, employés surtout dans les usines textiles.
Finalement, le groupe Boussac a été démantelé et la quasi-totalité des salariés a été licenciée mais nous devons reconnaitre que le premier ministre a quand même essayé de sauver ce qu’il restait du premier groupe textile d’Europe et ses 16 000 derniers salariés.
Néanmoins, grâce à ces fonds publics, le groupe rebaptisé plus tard LVMH (Louis Vuitton, Moët Hennessy) est devenu le numéro un mondial du luxe.
L’Union Européenne ne pourrait objectivement s’opposer à notre projet.
Effectivement, elle ne peut reprocher à la France son déficit public dû principalement à son manque d’activité industrielle et à son chômage et en même temps lui interdire de produire à nouveau en France pour créer des emplois.
UNE EUROPE PEU LÉGITIME QUI AGGRAVE NOTRE DETTE
Devant la gravité extrême de la crise à laquelle nous sommes confrontés et devant l’urgence de lutter contre un taux de chômage au plus haut, un gouvernement voulant réellement sortir notre pays de l’ornière, privilégierait nos impératifs économiques au lieu de suivre avec zèle les règles de l’UE encadrant le financement public des entreprises et la création d’emploi.
En effet, la pauvreté, la précarité et l’exclusion s’installent durablement dans notre pays et la reconstruction de notre industrie est, nous semble t-il, plus urgente qu’une stricte application des règles édictées par Bruxelles.
D’autre part, rappelons-nous que nous avons refusé en 2005, le transfert de souveraineté que nous imposait le traité de Lisbonne et la légitimité du traité ratifié contre notre volonté et en catimini par les parlementaires en 2008, peut sembler très discutable dans un régime démocratique où en théorie, le peuple est souverain.
Au moment où notre économie est menacée, pourquoi devrions-nous plier à toutes les règles d’une UE en pleine déliquescence qui modifie sans cesse le traité initial sans consultation du peuple et qui se montre elle-même peu scrupuleuse : non-conformité des traités présentés à l’Irlande et au parlement français ou constitution du fonds de secours aux pays en difficulté, interdit par le traité de Lisbonne, mais qui coutera néanmoins, plusieurs dizaines de milliards d’euros aux contribuables français. L’acharnement de l’UE a fragilisé notre pays et aggravé notre dette.
RECRÉER DES EMPLOIS MAINTENANT
Notre modèle de croissance basé sur la consommation est obsolète depuis que la plupart des produits que nous consommons sont importés des pays à bas coûts et nous devons fabriquer à nouveau en France une part importante de nos biens de consommation pour résorber le chômage.
Les dirigeants des plus grandes entreprises délocalisent chaque jour un peu plus et ne veulent plus créer d’emplois en France mais 88 % des français plébiscitent le retour de notre industrie (sondage IFOP pour Usine Nouvelle, octobre 2011)
Afin de pallier à la démission des entreprises, les pouvoirs publics devraient, avant que notre industrie manufacturière des biens de consommations et son savoir-faire ne disparaissent définitivement, permettre la mise en œuvre du seul projet concret, viable et structurant pour cette industrie. En outre, les objectifs et résultats en matière d’emploi, seraient clairement visibles et identifiables.
Les gouvernements successifs, entourés d’économistes néolibéraux se sont fourvoyés pendant 35 ans en préconisant une économie entièrement fondée sur la technologie, les produits innovants et les services.
Rappelons que les récentes réussites américaines souvent citées en exemple par nos élites, ont créé peu d’emploi aux États-Unis. Les produits d’Apple, deuxième capitalisation boursière mondiale et incarnation du High-tech, n’ont créé que 43 000 emplois. Tyler Cowen, professeur d'économie à l'université George Mason, considéré comme l’un des économistes les plus influents et auteur de "La grande stagnation", doute de l’impact social de l’innovation technologique sur le sol américain : "Prenez l'omniprésent iPod, il a engendré moins de 14 000 emplois aux États-Unis. Tout Google, c'est 20 000 emplois, Twitter, 300 au plus" ou lorsqu’il évoque Facebook : " On n’a pas besoin de beaucoup de monde pour programmer Facebook.".
Qui peut toujours honnêtement prétendre après l’échec de la politique qui a ruiné la France, que l’invention de quelques produits innovants à forte valeur ajoutée souvent produits hors de France ou seulement destinés à des niches, suffirait à sauver l’économie, l’emploi, la protection sociale et le service public d’un pays de 66 millions d’habitants ?
A l’heure où les pays émergents d’hier sont devenus des pays en développement qui possèdent maintenant les technologies et les savoir-faire que nous leur avons transmis, disposent de laboratoires de recherche, forment chaque année 1.5 million d’ingénieurs, construisent des avions, des TGV et fabriquent des ordinateurs, le discours suffisant et élitiste selon lequel nous devrions fabriquer uniquement des produits à haute valeur ajoutée est aussi irréaliste que dépassé.
Qui accorde encore crédit à la rhétorique néolibérale européiste et mondialiste selon laquelle nous devrions renoncer définitivement aux industries manufacturières traditionnelles qui fournissaient des millions d’emplois industriels, indirects et induits, pour investir uniquement sur d’hypothétiques industries de demain qui n’offriraient qu’un nombre très limité d’emplois souvent très qualifiés.
Les derniers ouvriers devraient-ils aujourd’hui se résigner à disparaitre socialement avec leurs usines en attendant que l’on invente de nouveaux produits ?
Les gouvernements, de Droite ou Gauche, ont-ils, au nom du dogme du libre-échange, le droit de refuser de relancer l’industrie manufacturière traditionnelle et de laisser des millions de nos concitoyens croupir dans des banlieues et régions exsangues ?
Alors peut-être conviendrait-il, maintenant que le rêve d’une France sans usines prend fin et que chacun affirme regretter notre défunte production manufacturière des biens de consommation "made in France", de recréer tout de suite de vrais emplois disponibles immédiatement pour des personnels souvent peu qualifiés, au lieu de croire qu’une France dépourvue d’ouvriers et d’industrie, pourrait sauver son économie et conserver son modèle social.
Francis JOURNOT
Mouvement associatif RENDEZ NOUS NOTRE INDUSTRIE !
www.rendez-nous-notre-industrie.com et www.vetements-made-in-France.com sont des associations citoyennes indépendantes et sans appartenance politique.
MODE ET LUXE "MADE IN FRANCE"
LA FIN ?
Par Francis JOURNOT Tribune sur MARIANNE le 11 mars 2012

Flickr - Photocapie - CC
Les principales fédérations du textile habillement et quelques grands groupes du secteur, ont, avec la complicité des pouvoirs publics, précipité la délocalisation de cette industrie. Paradoxalement, au moment où toutes les personnalités politiques prétendent vouloir sauver le « made in France », nous assistons à la disparition des derniers sites français de production.
TRANSFERT DE NOTRE SAVOIR-FAIRE A LA CHINE
Lors d’un débat a propos du « made in France », organisé le 23 janvier 2012, au salon du prêt à porter Paris, Jean Pierre Mocho, Président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin depuis 12 ans et de l’Union française des industries de l’habillement pendant 6 ans, affirmait : "L'origine des produits reste secondaire pour les acheteurs". "Le consommateur est plus attaché à sa marque qu'à son lieu de fabrication. Ça ne plait pas à tout le monde, mais c'est un constat évident".
Le Député européen et ancien directeur général du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), Robert Rochefort, avait alors fait remarquer à Jean Pierre Mocho : "La filière a une part de responsabilité dans le problème actuel, vous avez fait perdre au consommateur la perception de la valeur réelle, et symbolique, des produits d'habillement. De fait, le made in France, si vous n'y croyez pas vous-même, ne sert à rien", puis il avait reproché "l'usage abusif du nom "Paris" comme marque de qualité."
Il convient de souligner que Jean Pierre Mocho était en septembre 2011, le signataire d’un accord de coopération exclusif entre la France et la Chine, prévoyant notamment "la mise en œuvre d’une coopération industrielle, l’échange de stylistes, modélistes, techniciens et plus généralement d’expériences professionnelles et de formations". En clair, la livraison à la Chine de ce qu’il reste de notre savoir faire !
LE LEADERSHIP MONDIAL DE LA MODE FRANÇAISE ET DU LUXE BIENTÔT MENACÉ
En 2010, le gouvernement a proposé, sans conviction, une charte de bonne conduite entre les griffes de prêt-à-porter et les façonniers, mais les grands groupes du luxe ont évidemment refusé de s’engager sur des quotas minimum de vêtements « made in France ». Les marques de luxe délocalisent discrètement depuis plusieurs années et aujourd’hui la plupart d’entre elles fabriquent déjà une part importante de leur production hors de nos frontières.
Pourtant, en 2009, dans son rapport commandé par le ministère de l’industrie "Un plan pour la façon française", Clarisse Perrotti Reille mettait en garde les donneurs d’ordres de la mode et du luxe :
"La question du savoir-faire français et de son rayonnement se pose avec une très vive acuité. Il ne faut pas s’y tromper, la façon française et notamment la Haute Façon constitue un enjeu stratégique majeur pour l’économie française. En effet, si par grand malheur, elle devait devenir anecdotique ou pire disparaître, le leadership mondial de la France en matière de mode, de créativité, de luxe en serait graduellement affaibli et, à terme, compromis." "La filière de la façon comptait 6 000 employés fin 2008 et perd jusqu'à 1 000 emplois par an."
Chaque mois, des façonniers ferment ateliers et on peut craindre la disparition avant cinq années, de la plupart des 3 000 dernières ouvrières de la filière, alors qu’à son apogée, le secteur du textile habillement employait plus d’1 million de personnes et gênerait encore 2 ou 3 millions d’emplois indirects et induits.
Plusieurs siècles auront été nécessaires pour que la France bâtisse son leadership mondial en matière de mode et confère à Paris, son statut de capitale mondiale de la Haute-Couture mais quelques années auront suffi aux marques de la mode et du luxe, pour compromettre cette réputation et ruiner cet héritage.
Le salon « made in France » 2012 se tiendra les 28 et 29 mars et regroupera à peine 60 façonniers de l’habillement au lieu de 120 en 2008. On peut craindre que le salon de la Haute Façon 2012 soit l’une des dernières éditions de ce salon de l’excellence du savoir-faire français.
Selon le Ministère de l’Économie et des finances, 5% des vêtements vendus dans l’hexagone sont fabriqués en France. Ce chiffre déjà très bas est pourtant surestimé et la part des achats de vêtements effectués aujourd’hui par nos concitoyens, pourrait s’avérer encore inferieure.
LE RENONCEMENT DE NICOLAS SARKOZY
Lors de l’annonce de sa candidature, Nicolas Sarkozy nous a fait part de sa résignation face à la mondialisation : « le textile ne marche plus car il y a une concurrence effrénée en Inde et ailleurs» mais nous a néanmoins présenté la maroquinerie haut de gamme comme un secteur d’avenir.
Notre président s’est également félicité de son intervention pour former au métier de maroquinière, 93 des 340 salariées licenciées de Lejaby, mais n’a pas semblé regretter le gâchis de la disparition du savoir-faire du dernier fleuron français de la lingerie de luxe.
Cependant, selon Raymond Vacheron, responsable CGT textile : « À Lejaby, les salariées produisent sept soutiens-gorges de l’heure, et sur un soutien-gorge qui se vend 80 euros dans le commerce, seulement 2 euros servent à rémunérer le travail ! ». Même si l’on compte un coût de production plus réaliste de 10 ou 12 euros, on s’aperçoit que la délocalisation n’était pas inéluctable.
Par ailleurs, la maroquinerie haut de gamme qui selon Nicolas Sarkozy, offre davantage de perspectives d’avenir que le textile, ne fournit qu’une dizaine de milliers d’emplois de production dans l’hexagone et la plupart des articles vendus en France, du bas au haut de gamme, proviennent d’Asie.
Les marques de maroquinerie fabriquant encore en France sont rares : parmi les plus fameuses, Hermès, qui emploie 1700 ouvriers et Louis Vuitton (Groupe LVMH), dont les articles en toile cirée ornée du célèbre monogramme, génèrent 3 000 ou 4 000 emplois sur les sites de production implantés en France.
La concurrence effrénée et déloyale provoquée par le dumping monétaire, social et environnemental de pays en développement, n’est évidemment pas spécifique aux secteurs du textile et de la maroquinerie Aujourd’hui, aucun secteur n’est épargné et faut-il pour autant renoncer définitivement à produire en France alors que notre déficit commercial a augmenté de 35 % en un an pour atteindre son record avec 70 milliards d’euros en 2011 et que l’on compte 1 million de chômeurs en plus depuis 5 ans ?
Certes non, et il existe des solutions pour relancer l’industrie manufacturière des biens de consommation, à condition bien sur, d’en avoir la volonté politique.
L’ESSOR DU LUXE DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT CREE T-IL DES EMPLOIS INDUSTRIELS EN FRANCE ?
La fabrication des articles de luxe, tant vantée par toutes les personnalités politiques comme l’un des atouts essentiels de la France au même rang que les nouvelles technologies, les produits innovants et les R&D, a été majoritairement délocalisée et ne représente que 25 000 ou 30 000 emplois de production en France. Si l’on rapporte ce chiffre à notre population active de 28 millions de personnes, cela ne représente qu’un chiffre dérisoire d’un emploi pour mille actifs.
Le secteur du luxe réalise un chiffre d’affaires proche de 50 milliards d’euros que se partagent quelques groupes qui créent peu d’emplois en France et contribuent peu à notre économie.
Pour exemple, LVMH, n°1 mondial du luxe, a réalisé en 2011, un chiffre d’affaires de prés de 24 milliards d’euros mais 77 % des 80 000 salariés du groupe sont employés hors de France. Soit, selon nous, moins de 7 000 ou 8 000 emplois manufacturiers dans notre pays.
LA RESPONSABILITÉ DES PROFESSIONNELS ET DES POLITIQUES
Les lobbys mondialistes qui ont préconisé et accompagné la délocalisation de l’industrie, sont souvent les interlocuteurs privilégiés des gouvernements et cette collaboration contre nature a renforcé la légitimité de ces groupes d’influence.
La reconnaissance providentielle de l’état, a ainsi fourni des moyens supplémentaires à ces inconditionnels partisans de la mondialisation et encore accéléré la délocalisation de l’industrie française.
Les dirigeants des organisations professionnelles de la mode et des autres secteurs industriels portent une lourde responsabilité dans la délocalisation de l’industrie française. Leur efficace lobbying pour la désindustrialisation coûtera des centaines de milliards d’euros à notre pays et la perte d’activité risque d’handicaper notre économie pendant plusieurs décennies.
Ces lobbys ont livré les industries patrimoniales à nos concurrents économiques et ainsi provoqué un chômage massif et des déficits publics colossaux.
Complices, nos gouvernements successifs, de Droite ou de Gauche, ont, au nom du dogme néolibéral du libre-échange, également trahi la confiance de nos concitoyens, ouvriers et consommateurs, en collaborant au démantèlement d’une industrie française patiemment construite et riche d’un savoir-faire appartenant au patrimoine national.
Francis JOURNOT
Mouvement associatif RENDEZ NOUS NOTRE INDUSTRIE !
www.rendez-nous-notre-industrie.com et www.vetements-made-in-france.com sont des associations citoyennes indépendantes et sans appartenance politique.
"Rendez-nous notre industrie ! "
Par Francis JOURNOT Tribune sur MARIANNE le 14 decembre 2011
Rendez-nous notre industrie pour recréer les millions d’emplois que vous avez détruits, sauver nos régimes de protection sociale, réduire notre déficit public, nous soustraire de l'emprise des marchés financiers et nous préserver d'une vassalisation par la Chine.
La trahison de nos dirigeants
Parmi tous les pays d’Europe, la France est le pays qui s’est le plus vite désindustrialisé car depuis 35 ans, nos gouvernements successifs ont volontairement détruit l’industrie française par allégeance économique au dogme néolibéral du libre-échange et pour servir les intérêts de grands groupes.
La délocalisation de l’industrie n’est pas une fatalité et plusieurs articles du traité de fonctionnement de l’Union Européenne dont les articles 32 et 63 du TFUE, encouragent la désindustrialisation de la France.
L’article 32 préconise plus d’échanges commerciaux et de compétitivité et, conformément à cette recommandation, les entreprises ont pu délocaliser leur production dans les pays à bas coûts avec la bénédiction de l’Europe et de l’Etat français. L’article 63 interdit les restrictions de capitaux et de paiements entre les pays membres mais aussi les pays tiers comme la Chine ou l’Inde. En libérant les mouvements de capitaux à destination et en provenance de la Chine ou de l’Inde, l’Union Européenne a largement contribué au démembrement de l’industrie française, à l’augmentation de la dette publique de la France et au déclin de notre pays.
Le danger de perdre notre independance
Nos dirigeants nous ont contraints à obéir aux directives européennes sans tenir compte de notre rejet du traité de Lisbonne lors du referendum de 2005. Ils sont aujourd’hui responsables de notre appauvrissement et de notre endettement.
Nicolas Sarkozy nous trahis une fois de plus, en voulant maintenant brader notre indépendance à la Chine et en nous imposant plus de soumission à une politique Européenne qui ruine de plus en plus de travailleurs mais enrichi toujours davantage les financiers et les grands groupes.
En endettant et en désindustrialisant la France plus rapidement qu’aucun chef d’état ne l’avait fait avant lui, Nicolas Sarkozy nous livre pieds et mains liés au pouvoir de la finance et au bon vouloir des pays émergents.
Il est probable que la France soit aujourd’hui plus en danger de perdre son indépendance qu’elle ne l’a jamais été au cours de son histoire et peut-être conviendra t-il de juger un jour nos dirigeants pour leurs infractions politiques, lourdes de conséquences pour l’avenir de notre pays.
Francis JOURNOT
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"Rendez-nous notre industrie" et "Vêtements made in France" sont des associations citoyennes indépendantes et sans appartenance politique
"Le PS veut-il vraiment réindustialiser
la France ? "
Par Francis JOURNOT Tribune sur MARIANNE le 13 septembre 2011
La sauvegarde de notre industrie et de nos emplois est au coeur des préoccupations des français et pourrait devenir un enjeu majeur de l’élection présidentielle de 2012.
En cas de victoire, le parti socialiste poursuivra t-il la désindustrialisation entamée depuis plusieurs décennies ou soutiendra t-il de grands projets industriels manufacturiers créateurs d’emplois ?
3 Décennies de désindustrialisation : entre supercherie, incompétence et inconscience
Depuis 35 ans, nos élites économiques et politiques, de Valery Giscard d’Estaing à Nicolas Sarkozy ou de Raymond Barre à Christine Lagarde, ont répété que la France devait accepter d’abandonner les emplois de production aux pays émergents.
Dés les années 70, les gouvernements successifs ont promis aux jeunes générations, des emplois propres, bien rémunérés, moins contraignants, qui seraient offerts en nombre suffisant, par les services et les R&D. L’industrie assurait alors le plein emploi avec un chômage qui ne touchait que 2 % ou 3 % de la population active et le budget de la France n’était pas déficitaire. Plusieurs dizaines d’années plus tard, la ministre de l’économie, Christine Lagarde n’a tiré aucun enseignement de l’échec de cette désastreuse politique économique et déclarait sur Radio France, le 14 août 2008 : «Il ne serait pas sérieux de vouloir récupérer les industries ne nécessitant pas une main d’œuvre extrêmement qualifiée» ou «que les biens de consommation de base soient fabriqués en Chine, n’est pas le plus grave».
Certes, il est indispensable d’investir dans les technologies du futur, mais cela ne nous autorise pas à sacrifier une industrie manufacturière qui fournissait du travail à des millions d’ouvriers. De plus, l’effet multiplicateur de ces emplois industriels sur les emplois locaux, permettait le développement de territoires entiers, devenus aujourd’hui exsangues. Pourtant, nous continuons à offrir ces activités de main d’œuvre aux pays émergents pour favoriser l’achat d’armement, de centrales nucléaires, d’avions et d’autres produits de grands groupes français, pour le plus grand bonheur de quelques dirigeants et gros actionnaires proches du gouvernement.
Par ailleurs, nous devons « consommer moins pour consommer mieux » pour préserver la planète et il est irresponsable de se satisfaire du consumérisme provoqué par l’importation d’articles bas de gamme, qui voyagent parfois 30 000 kilomètres pour finir dans nos poubelles après 2 ou 3 lavages ou usages.
Pendant son ministère, Christine Lagarde a préféré avant tout miser sur l’industrie aéronautique qui vient de bénéficier d’une aide de 2 milliards d’euros, sur l’industrie automobile qui délocalise à tour de bras après avoir également bénéficié de plusieurs milliards d’euros d’aides et sur des pôles de développement de très hautes technologies comme les biotechnologies et les nanotechnologies, qui créent, assurément des emplois à très forte valeur ajoutée, mais en nombre très restreint.
Ce discours utopiste ciblant principalement une industrie d’élite, est dépassé car chaque année, 1 500 000 ingénieurs indiens et chinois, sont formés, parfois dans nos écoles et par nos enseignants ou chercheurs, et s’approprient notre avance technologique issue de 50 années de recherches.Aujourd’hui, la majorité des produits technologiques sont déjà fabriqués en Asie et lorsque nous vendons des centrales nucléaires ou des avions, nous devons, de plus en plus souvent, les réaliser sur place, en partenariat avec un pays émergent acheteur et cela crée peu d’emplois en France. Ainsi, nous offrons notre technologie souvent pour le prix dérisoire d’une commande et à ce rythme, bientôt, il ne nous restera guère d’activité industrielle.
Le maintien de l’emploi industriel plébiscité
Nous oeuvrons pour la réalisation d’un important projet industriel manufacturier et commercial depuis plus de 5 ans. Ce projet porteur de nombreux emplois, a été soumis à Christine Lagarde lorsqu’elle était ministre de l’Economie, puis à Augustin De Romanet De Beaune, Directeur général de la CDC (Caisse des Dépôts et Consignations) et à Nicolas Sarkozy, Président de la République, mais les réponses n’ont pas permis une avancée significative du dossier. Pourtant, la plupart de nos concitoyens ont compris depuis longtemps et souvent au prix de leurs emplois, que les secteurs des services et des R&D, ainsi que la production des nouveaux produits issus de ces recherches, sont, à l’exception des services à la personne, souvent délocalisables et ne permettront jamais de remplacer les millions d’emplois industriels perdus et les millions d’autres emplois locaux qui étaient liés à ces activités.
Une enquête du CREDOC, de mai 2011, souligne l’inquiétude des français et démontre l’intérêt des consommateurs pour l’industrie française : 73 % des français déplorent le déclin de l’industrie et sont convaincus que le développement de la France ne peut se passer du secteur industriel et 64 % sont prêts à payer plus cher des produits industriels « made in France », au lieu de 44 % il y a 5 ans.
Le grand emprunt créera t-il des emplois ?
Lors de sa conférence du 27 juin 2011 à propos du grand emprunt, rebaptisé « investissements d’avenir », Nicolas Sarkozy s’est obstiné à poursuivre la désindustrialisation de notre pays et nous a confirmé son dédain pour l’industrie de l’habillement, qui pourtant, représente un chiffre d’affaires de plus de 40 milliards d’euros en France et 1 000 milliards d’euros dans le monde, mais appartient selon lui, au 19ème siècle.
Les R&D coûtent déjà 25 milliards d’euros par an aux contribuables, mais ne débouchent que rarement sur une production en France, pourtant ce secteur bénéficiera de la quasi-totalité des fonds dédiés. Les filières industrielles innovantes, parfois situées hors de l’hexagone, obtiendront des subsides de l’état français, mais les industries manufacturières traditionnelles produisant encore en France, potentiellement créatrices de nombreux emplois, ne recevront aucune aide.
Les R&D sont indispensables à notre croissance et à notre développement, mais peut-être conviendrait-il d’investir aussi sur le présent, car l’impact immédiat du grand emprunt sur l’économie et l’emploi en France, risque, selon plusieurs économistes, d’être inexistant.
Si l’on considère que, les fruits des coûteux travaux de R&D, sont souvent, rapidement copiés par des pays concurrents ou, leur sont parfois généreusement offerts, et que les produits issus des recherches, sont, par avidité, la plupart du temps immédiatement fabriqués hors de notre territoire, on peut aussi émettre de sérieux doutes sur la future et hypothétique efficacité économique, dans 15/20 ans, de ce grand emprunt. Il n’est pas certain que ce grand emprunt de 35 milliards soit plus efficace que le précèdent plan de relance de 34 milliards qui n’a sauvegardé ou créé que 18 000 à 72 000 emplois, avec un coût par emploi exorbitant, aggravant ainsi considérablement notre dette.
Renouer avec une politique industrielle créatrice d’emploi
Aujourd’hui, la plupart des pays occidentaux déclinent au rythme de la disparition de leurs industries et n’auront désormais plus les moyens d’être sélectifs dans leurs choix de production. Ils devront impérativement produire une plus grande part des biens nécessaires à leur consommation intérieure pour équilibrer leur balance commerciale, contenir le nombre de chômeurs et limiter les déficits publics.
La France affiche au premier semestre 2011, un déficit extérieur record de 37.5 milliards d’euros, probablement plus de 80 milliards à la fin de l’année et la croissance est atone. Le chômage continue d’augmenter malgré 200 000 ou 300 000 radiations mensuelles. Pole Emploi compte 5 millions d’inscrits et le RSA concerne 1.9 million de personnes.
L’absence de politique industrielle réaliste et le chômage qui en résulte, sont responsables d’une part importante de nos déficits publics, dont plus de 100 milliards de dépenses pour l’emploi par an.
Nous ne pouvons plus nous permettre d’être aussi élitistes et devons cesser de rêver à une fabrication exclusive de produits à haute valeur ajoutée ou hautement technologiques. Peut-être est-il temps de reconnaître nos erreurs pour revenir à une vraie politique industrielle et nous ne devons pas attendre que notre pays s’enfonce davantage dans la crise.
Viabilité d’une production industrielle dans les pays occidentaux
Souvent, afin de justifier les délocalisations, le gouvernement de Nicolas Sarkozy et les industriels invoquent des coûts salariaux trop élevés en France, mais ceux-ci sous-estiment fréquemment les surcoûts. Au final, les différentiels de coûts entre un pays développé et un pays d’Asie sont souvent faibles Etude McKinsey .
Dans bon nombre de cas, les coûts salariaux ne sont pas vraiment déterminants et la délocalisation de l’activité n’est pas vitale pour la survie de l’entreprise. D’autres raisons animent parfois les dirigeants, parmi lesquelles le recours à la main d’œuvre plus docile et moins syndicalisée des pays émergents et dans les PME, le découragement, face à une administration française jugée peu compréhensive et des banques peu solidaires.
Certes, les donneurs d’ordres uniquement motivés par les gains de coûts et peu regardants sur la qualité, l’age des ouvrières et les conditions de travail, peuvent, même si l’on ajoute les surcoûts, faire des économies très conséquentes. Il y a sur le continent asiatique, une grande disparité de salaires et ces nouveaux esclavagistes peuvent toujours trouver encore et toujours moins cher. Les grandes usines chinoises qui ont pignon sur rue ont dû, suite aux grèves, augmenter plusieurs fois les salaires mais il y a encore des dizaines de millions d’ouvrières, notamment en Inde et au Bangladesh, qui sont corvéables à merci, dont parfois des gamines de 12 ou 14 ans travaillant 14 à 16 heures par jour et six à sept jours par semaine avec une rémunération journalière de 1 à 2 euros. Effectivement, si les boutiques occidentales vendaient les vêtements à des prix en rapport avec ces coûts salariaux presque inexistants, il serait évidemment impossible d’être concurrentiel en fabriquant en France, mais c’est loin d’être le cas !
Lorsqu’une enseigne de prêt-à-porter moyen de gamme ou auto proclamée haut de gamme ou luxe, opte pour la fabrication de vêtements à bas prix et produit ou achète par exemple, un article pour 1 euro en Chine ou en Inde, celui-ci n’est pas pour autant revendu 3 ou 4 euros en boutique.
En réalité, le prix de vente dépend davantage du positionnement marketing de la marque et de ses ambitions que du coût réel de fabrication du vêtement et la cliente doit débourser 25, 50 ou 100 euros pour cet article de qualité souvent médiocre.
Ainsi la consommatrice perd du pouvoir d’achat car ce niveau de prix aurait pu naguère, lui permettre, d’acheter un article de meilleure qualité, fabriqué en France. En revanche, l’enseigne prospère très rapidement au frais de sa clientèle et s’offre généralement avec les économies réalisées sur les coûts de fabrication, de nombreuses et coûteuses campagnes de publicité, et des dizaines, centaines ou milliers de nouvelles boutiques ou mégastores qui enrichissent démesurément les actionnaires et fonds d’investissement.
Avant la délocalisation massive de l’industrie du textile habillement, afin que leurs prix soient concurrentiels, les boutiques appliquaient le plus souvent, un coefficient multiplicateur entre 2.2 et 3.5 au prix d’achat hors taxes payé à l’usine de vêtements. En clair, la moitié ou le tiers du prix payé par la consommatrice était constitué par le coût consacré réellement à la fabrication du vêtement et lorsqu’un article était soldé, le coût de fabrication représentait couramment 2/3 du prix acquitté. Aujourd’hui, il n’y a aucun repère et la plupart du temps les consommatrices sont abusées.
Chez les chaînes de magasins proposant des articles à prix bas ou modérés, les consommatrices ont le sentiment de pouvoir consommer davantage qu’auparavant, mais il n’est pas non plus certain qu’elles aient gagné du pouvoir d’achat car ces produits importés sont souvent rapidement hors d’usage ou démodés et doivent être renouvelés en permanence. Les groupes de distribution l’on bien compris et savent également qu’une profusion d’articles à bas prix génère l’achat d’une plus grande quantité de produits, parfois inutilisés.
L’achat impulsif remplace l’achat réfléchi et ces temples du consumérisme connaissent maintenant l’apogée.
Les Etats-Unis, pourtant au cœur du processus de mondialisation, envisagent maintenant la relocalisation : Dans l’article " Moving bac k to America ", , publié sur " The economist " le 12 mai 2011, le BCG (Boston Consulting Group), nous informe que la convergence des salaires américains et chinois, pourrait favoriser une relocalisation de l’industrie aux Etats Unis à l’horizon 2015 et prédit un nouvel avenir pour l’industrie américaine.
Notre voisin allemand, dont la croissance repose sur son modèle industriel et dont le coût de main d’œuvre est proche du notre, a su préserver sur son territoire, une plus grande part de son industrie et reste le deuxième exportateur mondial de biens.
Des économistes compétents tentent de nous faire prendre conscience des dangers liés à la perte d’industrie manufacturière. Parmi eux, Dani Rodrik, professeur d’économie politique internationale à Harvard, dont l’article publié sur le site remarquable « Project Syndicate » le 10 août 2011, démontre la nécessité de conserver une industrie manufacturière
La production en France d’une grande part de nos biens de consommation pourrait être économiquement viable et notre projet a rencontré un bon accueil lors de sa publication.
- Un plan de sauvetage pour l’industrie manufacturière
- « L’emploi industriel ? On dirait qu’ils s’en foutent … »
Recréer 500 000 à 1 million d’emplois
Notre projet prévoit un intéressement motivant qui valoriserait ces emplois industriels et en augmenterait considérablement l’attractivité.
Le mode de financement de l’entreprise et la structure de son capital social, permettraient d’offrir aux salariés, des avantages financiers semblables à ceux d’une coopérative, mais sans nécessiter d’investissement personnel.
Par ailleurs, cette politique de rémunération renforcerait la cohésion dans l’entreprise et atténuerait considérablement les risques de conflits sociaux.
Ces intéressantes perspectives d’emplois seraient offertes à des personnels qualifiés, riches d’un savoir-faire, mais aussi des personnels jeunes et sans formation, souhaitant acquérir un métier dans une entreprise qui n’aurait pas vocation à délocaliser et qui leur assurerait longtemps du travail.
La mise en œuvre de notre modèle économique pourrait susciter un formidable espoir, et offrir un nouvel horizon à des français abandonnés par l’état. Nous pourrions également créer des synergies avec le projet d’emplois jeunes du programme socialiste.
En 10 à 20 ans, avec un mode de gestion adapté à nos coûts de production plus élevés, notre pays, ancienne patrie de la mode, pourrait récupérer 1 à 2 % de la fabrication mondiale de vêtements et créer 125 à 250 000 emplois et encore au moins 125 000 dans la fabrication d’autres biens de consommation. Si l’on ajoute les emplois indirects et induits générés grâce à ces nouvelles activités industrielles régionales, au total, ce sont 500 000 à plus de 1 million d’emplois qui pourraient être créés.
Une réelle volonté politique sera indispensable
Lors d’une interview sur BFM le 6 juillet 2011, Jérôme Cahuzac, député PS, président de la commission des finances et soutien de François Hollande, préconisait : « la prochaine mandature devra être la mandature de la réindustrialisation si nous souhaitons que la France retrouve son rang », et ajoutait : « le vrai mal français, c’est que les usines s’en vont ». François Hollande, fidèle au dogme socialiste, a souvent prôné plus de mondialisme et d’importations « pour aider les pays du sud ».
Compte tenu du déficit record de la balance commerciale et d’une crise s’aggravant chaque jour, l’ancien 1er secrétaire du PS prendra t-il enfin en considération l’opinion des ouvriers et de la majorité de français qui souhaitent que l’on récupère notre industrie manufacturière ?
Martial Bourquin, Sénateur PS et Président de la commission du Sénat pour la reindustrialisation créée à son initiative, a rendu son rapport en juin 2011, au terme de onze mois de travaux. D’importantes divergences ont opposé les sénateurs socialistes au groupe de sénateurs majoritairement à droite et le rapport final de cette mission n’a pas été signé. Cette propension à défendre notre industrie pourrait peut-être préfigurer une politique industrielle plus volontariste des élus du Parti Socialiste.
Dans notre article du 25 mai 2011, Un plan de sauvetage pour l’industrie manufacturière nous avons évoqué la possibilité d’une renaissance de l’industrie manufacturière française facilitée par l’augmentation des salaires dans les pays émergents et les coûts croissants du transport. Martine Aubry partage semble-il, notre analyse et a présenté ces mêmes arguments lors d’une interview, le 21 août 2011 sur BFM TV. L’ancienne ministre du travail a également recommandé : « il faut remettre l’industrie au cœur de notre développement » et cité « les textiles innovants ».
Cependant, le marché des textiles techniques est un marché de niches avec une production de petites quantités de produits à forte valeur ajoutée qui emploie à peine 19 000 personnes. Ce marché des textiles innovants, brandi depuis plus de 20 ans par la plupart des personnalités politiques dont Nicolas Sarkozy, comme le remède miracle à la délocalisation du textile habillement, reste malgré tout peu créateur d’emploi.
Par ailleurs, si les ventes explosaient, il est à craindre que les plus grosses entreprises, souvent bénéficiaires du financement en R&D de l’état, s’empressent encore de délocaliser. Peut-être conviendrait t-il de soumettre l’obtention de financement en R&D, à l’engagement à ne pas délocaliser. Certes, cela va à l’encontre d’une politique gouvernementale qui encourage les délocalisations. René Ricol, Commissaire général du grand emprunt de 35 Milliards, a expliqué sur BFM Business, que dans le contexte de globalisation, il devait aussi investir l’argent du contribuable français dans les R&D de sociétés situées à l’étranger !
Au cours de son interview, Martine Aubry a ajouté : « il faut aussi relocaliser un certain nombre d’activités », sans toutefois préciser clairement si elle incluait des industries manufacturières traditionnelles comme celles du textile habillement et du meuble. Pourtant, seuls des marchés de masse sont susceptibles de générer les millions d’emplois industriels indispensables à la santé économique et sociale d’un pays de 65 millions d’habitants.Nous pensons que la réindustrialisation de la France est surtout affaire de volonté politique et nous ne devons plus feindre de croire que l’invention de quelques produits innovants à forte valeur ajoutée, suffira à compenser la disparition des grandes industries manufacturières. De plus les produits innovants les plus prometteurs sont souvent acquis par des fonds d’investissement qui délocalisent systématiquement la production dans les pays émergents.
Croissance industrielle et consommation d’importations
Il est, avant toute autre considération, du devoir d’un gouvernement et plus encore d’un gouvernement de gauche, de permettre l’insertion professionnelle du plus grand nombre de citoyens, notamment en favorisant la relance d’industries susceptibles d’offrir des emplois aux millions d’ouvriers et techniciens au chômage. En effet, il convient de baser davantage notre croissance sur une production industrielle créant des emplois plutôt que sur la consommation d’une multitude de produits importés qui n’en crée pas et nous endette.
L’emploi, thème de campagne qui a permis la victoire des socialistes en 1981, demeure encore aujourd’hui la principale préoccupation de nos concitoyens.
Certes, compte tenu de la dette, le PS ne peut raisonnablement envisager une création massive d’emplois dans le secteur public comme il l’a fait en 1981.
Face à Nicolas Sarkozy qui a anéanti notre industrie manufacturière et n’est plus crédible en matière d’emploi industriel, le Parti Socialiste adoptera t-il notre projet économique de relance de l’industrie manufacturière des biens de consommation ?
La croissance de la France est de plus en plus dépendante d’une consommation des ménages payée à crédit et financée par la dépense publique.
Le Parti Socialiste est il prêt à opter pour un modèle de croissance à la fois plus industriel et moins consumériste ?
Verrons-nous enfin en 2012, un gouvernement disposé à renouer avec l’industrie manufacturière, pour recréer des emplois, sauvegarder nos régimes de protection sociale, rétablir notre balance commerciale, augmenter notre croissance et réduire nos déficits ?
Souhaitons que le PS manifeste plus d’intérêt que Nicolas Sarkozy, pour une renaissance de l’industrie manufacturière française des biens de consommation et que l’emploi industriel, enjeu économique et social majeur pour l’avenir de la France, soit au cœur des débats lors de la prochaine campagne pour l’élection présidentielle.
Francis JOURNOT
Association citoyenne "vêtements made in France"
http://www.vetements-made-in-france.com
Article transmis au Parti Socialiste

Monsieur le Président, vous anéantissez notre industrie manufacturière depuis plusieurs années alors que cette activité industrielle est vitale pour l’équilibre économique de notre pays. En l’absence d’une industrie fortement créatrice d’emplois, la France ne pourra probablement pas faire diminuer son taux de chômage, les déficits publics augmenteront jusqu’à la faillite et les régimes de protection sociale aujourd’hui exsangues, menaceront de disparaître.
Pourtant, si l’on utilisait un modèle économique adapté à nos coûts de production élevés, il serait encore possible de fabriquer la plupart de nos biens de consommation en France.
La condamnation de l’industrie française du textile habillement
L’industrie est ravagée et des millions d’emplois, ont été sacrifiés avec la bienveillance des derniers gouvernements, pour satisfaire l’avidité d’industriels et d’actionnaires peu soucieux de l’emploi de nos concitoyens. Déjà en 2002, quand vous étiez ministre de l’Economie, le président de l’UIT (Union des Industries Textiles) et Vice-président du MEDEF, Guillaume Sarkozy, déclarait "Je suis fier d’être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants: la perte d’emploi, la déstabilisation industrielle, c’est normal, c’est l’évolution".
Depuis, vous achevez d’exclure du paysage industriel français, cette industrie manufacturière qui employait autrefois un million de personnes (Etats généraux de l’industrie 2010). A l’inverse, vous privilégiez l’industrie du luxe qui n’offre que quelques dizaines de milliers d’emplois de production en France, malgré un chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros et des bénéfices record. Cette industrie prospère délocalise dans certains secteurs la quasi-totalité de sa production pour mieux enrichir quelques groupes. Le secteur de la mode et du luxe trahit les dernières entreprises de confection dont le savoir-faire a façonné son image d’excellence et condamne désormais ces dernières à une disparition certaine.
"made in
Maintenant que la plupart des industries ont disparu, votre gouvernement facilite l’implantation d’entreprises chinoises qui, à peine installées, ne respectent pas le droit du travail et entendent importer la Chine et son modèle économique sur le sol français, comme c’est déjà le cas en Italie à Prato. Aujourd’hui, trafic de main d’œuvre, racket et proxénétisme sont les fonds de commerce des gangs de la mafia chinoise qui prolifère dans cette ville de Toscane. Cet ancien haut lieu de la qualité textile Italienne compte maintenant 20 000 clandestins parmi les 40 000 Immigrants qui confectionnent jusqu’à 16 heures par jour des sacs ou des vêtements avec du tissu "made in china".
Grâce à la complicité du VRP de la Chine, Jean pierre Raffarin et la bienveillance de Christine Lagarde, les premières sociétés industrielles chinoises occuperont 60 000 m2 à Chasseneuil dans la Vienne et 500 hectares à Châteauroux dans l’Indre pour mieux faire disparaître nos dernières entreprises industrielles et inonder notre marché intérieur. Dés son arrivée au Quai d’Orsay, Alain Juppé a promis d’autres échanges avec le pays de l’esclavagisme capitalo-communiste dont les dirigeants s’approprient les fruits de la croissance que nous lui offrons pour acheter nos pays occidentaux alors que le ¼ de sa population vit avec moins de 75 cents d’euros par jour. Cette dictature meurtrière qui n’a rien à envier à celle de la Libye et qui a assassiné plus d’un million de ses opposants, continue à exécuter chaque année 5 000 à 10 000 personnes. Mais notre prudent chef de la diplomatie préfère probablement attendre que le peuple chinois s’empare du pouvoir pour désapprouver ce régime totalitaire.
Nous pouvons encore offrir un avenir à l’industrie manufacturière française
Nous pourrions encore fabriquer en France des vêtements, meubles, canapés, matelas ou appareils ménagers, et un modèle économique associant performance, intérêt public et esprit coopératif pourrait offrir de nouvelles perspectives à l’industrie "made in France".
A l’exception des produits jetables apparus depuis quelques années, la plupart des prix des biens de consommation n’ont pas baissé, en revanche, les marges des enseignes ont crû démesurément depuis que les produits sont fabriqués dans les pays à bas coûts.
Alors oui, il est encore possible de produire en France.
Cependant, il conviendrait d’organiser cette industrialisation sur un nouveau modèle d’entreprise qui ne s’appuierait plus sur la logique financière à court terme, responsable de la disparition d’une part de notre industrie.
Les priorités seraient l’emploi, la préservation d’un savoir-faire et le maintien de notre base industrielle.
Afin de protéger l’entreprise et ses emplois, un pacte d’actionnaires rédigé lors de la création de l’entreprise, prévoirait les conditions de cession des parts. De même, Il serait opportun de limiter la distribution de dividendes tout en réservant un intéressement motivant aux salariés, conformément au concept de 95 pages sur lequel nous travaillons depuis plus de 5 ans et que nous présentons à votre gouvernement et aux élus depuis 3 ans.
Les prix de vente au public ne devraient être guère plus élevés que ceux d’articles importés des pays à bas coûts et cela exigerait que nous appliquions des marges modérées.
Pour parvenir à cette compétitivité, il serait notamment nécessaire d’adopter le modèle économique de l’intégration verticale, de la conception du produit à sa vente directe au consommateur, en nous privant le plus souvent d’intermédiaires.
En outre, nous nous appuierions sur le savoir-faire des façonniers ou sous-traitants encore en activité, notamment dans le secteur du prêt-à-porter car l’internalisation de la façon, du tricotage de la maille et du tissage des unis ne pourrait être que progressive. De même, tout au long de notre activité, nous nous efforcerions de toujours concilier intégration verticale et maintien du savoir-faire en continuant à assurer du travail à de nombreux façonniers.
L’internalisation en amont et aval de la confection nous permettrait de respecter au mieux les impératifs de gestion liés à notre modèle économique. La filière de la façon comptait 6000 employés fin 2008 et perd jusqu’à 1000 emplois par an (rapport Clarisse Perotti-Reille http://www.industrie.gouv.fr/portail/secteurs/RapportFinal.pdf ). Nous pourrions réemployer ces couturières et à terme, fournir du travail à la plupart des façonniers qui seraient encore en activité.
Prêt à porter féminin et maille homme et enfant "made in France"
Le marché de l’habillement pour femme, homme, enfant représente 40 milliards d’euros en France, 300 milliards d’euros en Europe et 1000 milliards à l’échelle mondiale.
Notre pays compte plusieurs dizaines de milliers d’anciennes ouvrières de l’habillement licenciées au cours des dernières années, mais dont le savoir-faire pourrait permettre à notre pays de rester la référence de la qualité de fabrication d’habillement et de la mode.
Un réseau de 30 ou 50 boutiques de 300 m2 situées en emplacements n°1 des villes françaises de plus de 100 000 habitants assurerait rapidement une base de chiffre d’affaires pérennisant les emplois de production et ferait connaître l’existence de l’unique enseigne de vêtements "made in France" à prix abordables pour jeunes filles et jeunes femmes.
Les ventes seraient majoritairement réalisées par Internet pour économiser des investissements immobiliers supplémentaires et ainsi offrir des prix concurrentiels à nos clientes.
Ces circuits de distribution généreraient l’emploi de plusieurs milliers d’ouvrières, plusieurs dizaines de milliers à moyen terme et un potentiel de 120 000 emplois si nous captions ensuite, lors du développement à l’international, 1 % du marché mondial.
Equipement de l’habitat et autres biens de consommation "made in France"
Le marché du meuble, salon et literie représente en Europe, 64 milliards d’euros et celui de l’électroménager en Europe est de 27 milliards d’euros.
Les autres principaux biens de consommations (hors hight tech) offrent un marché européen de 30 milliards d’euros : (luminaires, sanitaires céramique, cheminées, décoration, linge de maison, vaisselle, articles de loisirs et sports, bagages, jouets). Aujourd’hui, la plupart de ces biens de consommations sont importés.
Un projet "habitat & loisirs" nécessiterait l’ouverture d’un réseau de plusieurs dizaines de magasins de 1000 m2 à 2000 m2, implantés en villes ou souvent en périphéries des villes de plus de 100 000 habitants mais l’objectif serait de vendre la part la plus importante de la production par Internet avec des prix encore plus attractifs.
L’activité pourrait permettre rapidement la création de plusieurs milliers d’emplois, puis encore plusieurs dizaines de milliers à moyen terme. _
Nous ne comprenons guère que votre gouvernement n’ait eu l’idée ou la volonté de doter l’industrie française d’une enseigne "made in France" consacrée à l’habitat. Un tel outil de distribution aurait pu sauver de nombreuses entreprises, fait économiser des dizaines de milliards d’euros de dépenses de chômage en sauvegardant et créant de nombreux emplois, épargnant aussi beaucoup de drames humains.
Nous pourrions réactiver dans la France entière, d’anciens ateliers de 10, 20 ou 200 personnes mais aussi des usines importantes comme la fabrique landaise de sièges et canapés, Capdevielle, qui employait 1200 personnes, mais a dû fermer lorsque les grandes enseignes de la distribution ont préféré s’approvisionner en Chine en mettant parfois en danger leur clientèle avec la vente de canapés toxiques.
Par ailleurs, il est surprenant que l’une de ces enseignes siége aujourd’hui au FSI pour décider de l’attribution aux entreprises, de 20 milliards d’euros de fonds publics.
Cela nous autorise à douter de la pertinence de la distribution de la manne financière du plan de relance qui a parfois profité à des grandes entreprises adeptes de délocalisation et notamment financé de nombreux véhicules fabriqués dans les pays à bas coûts.
Notre concept pourrait s’adapter à la commercialisation de produits agricoles, d’élevage et autres aliments d’origine française
La vente directe par AMAP supprime les intermédiaires pour offrir des produits abordables et de bonne qualité aux consommateurs, et permet à quelques paysans de mieux vendre leurs produits. Sur un modèle proche et afin de juguler la disparition des fermes paysannes, nous pourrions créer une entreprise nationale fonctionnant dans un esprit coopératif qui vendrait avec des marges réduites, dans des points de vente physiques principalement situés dans des villes de plus de 100 000 habitants, la production locale de plusieurs milliers ou dizaines de milliers de petits producteurs de culture maraîchère et d’élevage dont la boucherie, volaillerie, charcuterie, les produits laitiers et tous les autres produits alimentaires transformés artisanalement ou industriellement par des entreprises régionales françaises.
La vente par Internet et la livraison aux consommateurs seraient assurées à partir de ces petits supermarchés régionaux surtout axés sur l’alimentaire situés principalement dans des grandes villes, mais couvrant la plus grande part de la population française.
Créations d’emplois
chaque fois qu’un emploi serait créé, la collectivité économiserait la charge du coût d’un demandeur d’emploi soit 25 000 euros/an et les régimes de protection sociale encaisseraient en moyenne 12 000 euros/an.
Si l’on considère également que chaque emploi industriel régional génère habituellement au moins 1 emploi indirect, en dix ans chaque nouvel emploi créé rapporterait directement et générerait indirectement 240 000 euros de contributions sociales et ferait économiser 500 000 euros de dépenses pour l’emploi.
Le projet global offre des perspectives de sauvegardes de postes et de créations de plusieurs centaines de milliers d’emplois directs ou indirects avant dix ans ou quinze ans.
De plus, avant dix ou quinze ans, la France pourrait connaître une renaissance industrielle :
- la consommation des centaines de millions de nouveaux véhicules Chinois et Indiens (1 milliard d’habitants de moins de 25 ans potentiellement acheteurs d’un véhicule) et l’instabilité politique des pays producteurs de pétrole pourraient faire bientôt exploser les coûts de transport.
- Les revendications salariales des ouvriers des pays aujourd’hui à bas coûts pourraient influer sur les coûts de main d’œuvre et l’écart avec nos salaires hexagonaux devrait encore se réduire considérablement au cours des prochaines années.
Nos coûts de production deviendraient plus compétitifs et Il serait alors vital d’avoir conservé des moyens de production en France.
Dés lors, de nouvelles entreprises de sous-traitance pourraient voir le jour et afin d’alléger notre gestion après 8, 10 ou 15 ans de recrutement massif, nous aiderions nos salariés à devenir nos fournisseurs.
A partir du savoir-faire préservé et de la base industrielle maintenue, des milliers de nouvelles entreprises de fabrication et de sous-traitance pourraient saisir les opportunités d’un développement industriel prônant le "consommer moins et mieux".
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Nous avons sollicité votre soutien dans notre courrier du 11 septembre 2010, mais votre réponse n’a pas permis une avancée du projet. Pourtant, l’inefficacité avérée du plan de relance en matière d’emplois avec 18 000 à 72 000 postes créés ou sauvegardés (selon les sages de la Cour des comptes, 09/10) pour un coût de 34 milliards d’euros (coût par emploi entre 472 000 et 1 900 000 euros), démontre la nécessité de mettre en œuvre notre projet qui à terme ne coûtera rien à la collectivité et créera néanmoins davantage d’emplois.
Par ailleurs, il est regrettable que les mauvais résultats du plan de relance ne vous aient pas convaincu de consacrer une plus grande part du grand emprunt de 35 milliards d’euros à des projets réellement créateurs d’emplois. Le financement de l’innovation et de la recherche serait un excellent choix d’investissement si les bénéficiaires étaient ensuite tenus à certaines obligations, car généralement, lorsque les coûteux travaux de recherche sont achevés et financés par la collectivité, le développement et la production des articles innovants et technologiques, sont, comme chacun le sait, ensuite réalisés dans des pays à bas coûts. Il est à craindre que la part la plus importante des 35 milliards d’euros ne serve encore que quelques intérêts particuliers et abreuve de deniers publics, quelques grands groupes peu enclins à créer de l’emploi en France.
Mais peut être déciderez vous aussi de soutenir notre projet afin d’agir concrètement pour l’emploi industriel, le maintien du savoir-faire et l’avenir de notre industrie manufacturière.
Francis JOURNOT
Association "VETEMENTS MADE IN FRANCE"
Courrier adressé à Nicolas SARKOZY, Président de la République Française
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L’incohérence du financement de l’assistance au lieu du financement de l’activité
Nicolas Sarkozy prétend que la suppression de l’ISF évitera les délocalisations et la fuite des capitaux comme il l’avait également promis lors de l’instauration du bouclier fiscal, mais aujourd’hui la production de la plupart des secteurs de l’industrie est déjà délocalisée ! Par ailleurs, les français ne sont plus dupes et selon le sondage IPSOS du 25/11/2010, 70 % de nos concitoyens ont compris que la crise ne faisait que commencer et 59 % d’entre eux pronostiquent une accélération des délocalisations qui s’accompagnera inévitablement d’une importante hausse du chômage. Aujourd’hui, les investisseurs s’intéressent surtout aux pays à bas coûts et qui peut encore croire que ceux-ci reviendront un jour financer l’industrie manufacturière française ou que les banques multinationales vont subitement décider d’investir massivement dans un pays au coût de main d’œuvre élevé. Cela n’arrivera probablement jamais et nous pensons que l’état ne doit pas soumettre l’avenir de l’industrie et de millions de nos concitoyens, au bon vouloir des investisseurs. De même, Il est anormal que la CDC (Caisse des Dépôts et Consignations) principal pourvoyeur de fonds du capital investissement et gestionnaire de 250 milliards d’euros d’argent public, n’investisse pas dans des projets manufacturiers créateurs d’emplois en France (courriers de l’Elysée et d’Augustin de Romanet, patron de la CDC et du FSI, sur notre site. Si le Gouvernement veut réellement relancer la croissance et faire baisser le chômage, il doit pour cela, financer de grands projets industriels manufacturiers, seules activités potentiellement créatrices de centaines de milliers d’emplois, au lieu d’entretenir la précarité avec plus de 100 milliards d’euros de dépenses pour l’emploi par an http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/xls/Tabl-DPE-2006-juill08.xls .
En effet, un financement de l’état par l’intermédiaire de la CDC, permettrait de repenser notre industrie et de contribuer au financement des nouveaux outils de fabrication et de distribution de demain. Par ailleurs, le coût des dépenses par demandeur d’emploi est supérieur à 25 000 euros par an et l’économie pour la collectivité serait considérable. En outre, la CDC, pourrait rester propriétaire d’une part de ces nouvelles moyennes ou grandes entreprises jusqu’à leur rachat par l’entrepreneur ou par des tiers, comme dans la plupart des opérations de financement de création d’entreprise par capital investissement.
Selon vous, l’état peut-il continuer à dilapider l’argent des contribuables dans le puits sans fonds de l’assistance comme il le fait depuis de nombreuses années ou doit-il dés maintenant changer de politique et privilégier l’activité en permettant l’émergence de projets industriels manufacturiers créateurs d’emplois ?
Le NAIRU est il partiellement responsable de notre taux de chômage élevé ?
Le NAIRU (non accelerating inflation rate of unenployement) est le taux de chômage minimum indiqué pour chaque pays par l’OCDE afin d’éviter l’inflation. Le taux de chômage minimum préconisé pour la France oscillait ces dernières années entre 8.3 % et 9 %. En clair, l’OCDE et la BCE indiquent que le gouvernement doit maintenir au moins entre 8.3 % et 9 % de nos concitoyens au chômage. Plus le nombre de chômeurs, travailleurs à temps partiel et intérimaires est élevé avec pour conséquence des salaires qui stagnent ou reculent, plus les capitaux sont valorisés et à l’abri de l’inflation. Le taux de chômage français est depuis de nombreuses années très élevé et faut-il penser qu’une attitude zélée de notre gouvernement puisse être l’une des causes de ces chiffres alarmants ? Il est légitime de s’interroger : Pourquoi le gouvernement n’a t-il pas davantage lutté ces dernières années contre les délocalisations ? Pourquoi ne favorise t-il pas non plus l’émergence de projets industriels manufacturiers comme celui que nous lui soumettons depuis 2 ans et qui pourtant pourrait créer des milliers d’emplois ? Aujourd’hui notre pays est confronté à une crise de l’emploi sans précèdent avec 2 millions de personnes au RSA, 4.9 millions d’inscrits à Pole Emploi et Il serait peu compréhensible que le gouvernement continue à suivre encore des recommandations de NAIRU. Alors incompétence ou volonté de maintenir du chômage ? Si le gouvernement avait mené une politique sérieuse pour l’emploi, il est probable que le taux de chômage ne serait pas aussi éloigné du taux structurel que les économistes estiment généralement à 5% de la population active.
L’absence d’une vraie politique de l’emploi
Lorsque l’on examine le bilan de l’action du secrétaire d’Etat à l’Emploi depuis 2007, on ne voit qu’un recyclage de vieilles recettes d’aides à l’embauche qui n’ont jamais permis de freiner le chômage. Le bilan du ministre de l’Industrie, Christian Estrosi ne semble pas meilleur et on cherche en vain des mesures qui aient permis de créer ou sauver des emplois industriels. Pourtant, celui-ci a déclaré "Je suis fier de mon bilan" !
Laurent Wauquiez, qui s’est également délivré un généreux autosatisfecit pour sa politique de l’emploi, s’est surtout employé durant sa mission, à édulcorer constamment la situation dramatique du marché de l’emploi.
Cette attitude politicienne a surtout eu pour effet de sous-évaluer les besoins financiers et matériels de Pole Emploi. L’établissement public administratif qui n’a jamais bénéficié d’une image d’efficacité auprès des demandeurs d’emploi, a donc vu de surcroît ses effectifs submergés par une charge de travail multipliée par 2 ou 3 et des chômeurs plus que jamais confrontés à une administration qui les radient arbitrairement de plus en plus souvent et ne dispose que de très peu de temps pour les recevoir.
Nous avons adressé à Laurent Wauquiez, notre projet industriel et commercial de textile-habillement, potentiellement créateur de nombreux emplois à Troyes et Romilly Sur Seine, mais sans doute peu soucieux du chômage des ouvrières du secteur de l’habillement, celui-ci à expédié notre projet à un autre ministère (voir notre site)
Laurent Wauquiez a semble t-il préféré se consacrer à la signature d’accords dans les secteurs de la vente directe et de la sécurité, aussi incongrus qu’inutiles qui selon lui, devaient créer 100 000 emplois de vendeurs à domicile de produits "Herbalife", "Tupperware" ou abonnements divers et 100 000 emplois de vigiles.
Si l’emploi, et plus particulièrement l’emploi des jeunes et des seniors est réellement la priorité absolue du gouvernement ainsi que Nicolas Sarkozy et François Fillon l’ont encore affirmé en novembre 2010, il semble évident que l’état doit mobiliser des capitaux vers des projets industriels manufacturiers créateurs d’emplois, susceptibles de former un public jeune et de réemployer des seniors expérimentés au lieu de financer par le biais de la Caisse des Dépôts et Consignations, des projets qui ne créent la plupart du temps que des emplois dans les pays à bas coûts ou l’achat inutile d’une chaîne de restauration rapide comme "Quick" pour 800 millions d’euros.
Les états généraux de l’industrie de 2010, qui nous apparaissent plutôt comme des états généraux de la désindustrialisation, ont défini des priorités qui précisément ne créent pas d’emplois industriels manufacturiers en France et condamnent à une disparition certaine, l’industrie du textile-habillement, autrefois secteur industriel offrant le plus grand nombre d’emplois, au profit du secteur du luxe et de celui de la création qui n’est pourtant qu’une composante de l’industrie de l’habillement.
Le luxe est surtout représenté par des grands groupes qui, malgré des marges déjà indécentes, ont déjà délocalisé une part très importante de leur production et accélèrent encore ce rythme. Déjà, dans un article de challenges.fr du 28/06.2007, Maxime Koromystov, professeur à l’Institut commercial de Nancy et spécialiste des délocalisations dans le luxe, dévoilait : "le champ des marques de luxe "Authentiques" se réduit comme peau de chagrin. La part de la production délocalisée reste cependant impossible à chiffrer, 30 % ? 60 % ? 70%, voire plus ? Les estimations varient énormément selon le segment d’activité concerné».
La délocalisation massive du textile habillement
Il semble que le gouvernement ait renoncé à sauver ce qu’il reste de nos industries manufacturières françaises qui employaient autrefois des millions de salariés.
Il parait se satisfaire aujourd’hui de la vente de quelques Airbus ou centrales nucléaires à la Chine ou à l’Inde dont le transfert de technologie leur permettra à l’avenir de les fabriquer eux même.
Pourtant il eût été plus avantageux pour notre économie et notre balance commerciale de garder nos usines au lieu de nous contenter aujourd’hui de quelques contrats qui ne compensent pas la délocalisation massive de notre industrie car le déficit commercial de l’Europe avec la Chine s’élève à 200 milliards d’euros.
De même, Il est parfaitement illusoire et quelque peu naïf de penser que la Chine va offrir généreusement son marché intérieur à des entreprises françaises qui importeront leurs produits chez elle.
La Chine a besoin d’emplois et de croissance et demain encore davantage qu’aujourd’hui, ce seront des entreprises chinoises qui produiront ses biens de consommation. Actuellement, les entreprises françaises qui veulent s’installer sur le sol Chinois sont obligées de signer un « joint-venture » avec plus de 51 % de parts consenties à leurs associés locaux et de nombreuses entreprises françaises ont été évincées après avoir livré leur savoir-faire.
Les quelques grands groupes français bien implantés, fabriquent avec de la main d’ oeuvre locale et payent leurs impôts et taxes sur place et cela ne rapporte rien à la France.
Il faut remonter quelques années en arrière pour comprendre comment l’industrie du textile-habillement a pu être réduite à néant en quelques années.
En 2002, Guillaume Sarkozy, fervent partisan des délocalisations, Président de l’UIT (Union des Industries Textiles), Vice-président du MEDEF et dont le frère, Nicolas Sarkozy occupait alors, le poste de Ministre de l’Economie, déclarait "Je suis fier d’être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants: la perte d’emploi, la déstabilisation industrielle, c’est normal, c’est l’évolution." (L’Expansion 28/11/02).
Une telle déclaration ne pouvait qu’encourager les dernières entreprises de textile et d’habillement à délocaliser.
En avril 2004 à Shanghai, au moment ou l’industrie du textile s’apprêtait à perdre encore 17 000 emplois lors de la fin des quotas textiles de janvier 2005, Jean Pierre Raffarin (UMP), alors Premier ministre estimait que la Chine était "un acteur responsable de l’économie mondiale", laissant ainsi entendre qu’elle pourrait auto limiter ses exportations textiles en pleine expansion. (Source : TF1 news 24 avril 2005). 6 ans ½ plus tard, les dizaines de milliers d’ouvrières licenciées ont pu apprécier !
L’ami candide de la Chine, ne devrait ignorer que ce concurrent économique qui a broyé notre industrie avec l’aide des industriels français et la bénédiction des derniers gouvernements, ne s’arrêtera pas en si bon chemin.
Le dévoué VRP de l’empire du milieu entend maintenant nous faire partager la conception des droits de l‘homme du pays de l’esclavage capitalo-communiste et tente de nous convaincre que seule l’Asie sera capable d’offrir un ’avenir aux jeunes générations et aux entreprises françaises.
Sans doute ne sommes nous pas tous prêts à voir la France devenir un pays vassal, même si les dirigeants Chinois pensent déjà que nous sommes un pays faible, prêt à lui obéir et à renier nos valeurs pour obtenir quelques contrats.
L’indifférence du Gouvernement face à un projet de création de plusieurs milliers d’emplois
Nous travaillons depuis plus de 5 ans sur ce projet de textile-habillement dont le modèle économique pourrait permettre de redonner rapidement du travail à plusieurs milliers d’ouvrières et pourrait créer à terme encore plusieurs dizaines de milliers d’emplois en France. Cela peut paraître ambitieux, mais il faut rappeler que ce secteur d’activité réalise actuellement un CA annuel de 41 milliards avec des articles majoritairement importés et employait auparavant 1 million de personnes en France.
Depuis 3 ans, nous avons présenté notre projet à plusieurs ministères, secrétariats d’Etat, ainsi qu’au département de capital investissement de la Caisse des Dépôts et Consignations.
Nous avons également rencontré des élus et des hauts fonctionnaires, mais malgré l’intérêt ou la curiosité que le projet a suscité, ces nombreuses démarches n’ont pas permis une avancée significative. Aussi, dans un courrier du 10 septembre 2010, nous avons demandé à Nicolas Sarkozy, de soutenir notre projet auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations (courriers et réponses de Nicolas Sarkozy et d’Augustin De Romanet, patron de la CDC et du FSI, sur notre site), mais l’Elysée à préféré " botter en touche" en adressant notre projet à un secrétariat d’Etat. Nous doutons que Nicolas Sarkozy veuille vraiment créer de l’emploi dans l’industrie manufacturière et accepte de financer l’activité. Le manque de suivi de notre projet industriel et commercial, nous porte à croire qu’il est plus probable que le gouvernement choisisse de continuer à financer l’assistance, qui pourtant a pour effet de maintenir les gens dans la précarité et la pauvreté, sources principales de délinquance et d’insécurité. A n’en point douter, la sécurité servira encore de thème central et récurent à la prochaine campagne présidentielle, au détriment de l’emploi, première préoccupation des français.
Francis JOURNOT
Association "VETEMENTS MADE IN FRANCE"
1. Par Borel le 05/05/2012
j'ai commandé par internet un article sur un site avec une charte de qualité (produit bio, etc, etc...)je ...
2. Par Hélène le 29/04/2012
ça ferait du bien de voir l'industrie textile repartir quand on se rappelle de son importance dans le ...
3. Par Catherine - Haut Rhin le 06/04/2012
Je suis également convaincue que l'industrie manufacturière et plus précisément l'industrie textile peut ...
4. Par Sandra le 04/04/2012
Ras le bol de tout ces vêtements fabriqués en Asie de très mauvaise Qualité qui innondent le marché francais. ...
5. Par Da Rocha Armelle le 24/03/2012
merci pour votre site ! oui, ras le bol de ces "made in china" où la qualité n'existe pas et où l'on ...
6. Par Valerie le 20/03/2012
merci de bien vouloir soutenir les véritables initiatives françaises du véritable "made in France" et ...
7. Par seixo le 19/02/2012
Je vous félicite pour votre initiative, j'espère qu'elle nous fera prendre conscience de l'urgence de ...
8. Par laforest le 04/02/2012
Depuis que l'ensemble de la production est partie dans les pays à bas coût de production, on constate ...
9. Par monika le 11/01/2012
Je suis couturière et désolée d'être en Europe. Impossible de travailler aujourd’hui tranquillement ...
10. Par valérie le 07/12/2011
Entièrement d'accord avec vous ; j'aimerais pouvoir acheter des vêtements français mais cela est difficile ...
11. Par Elodie G le 04/11/2011
Bonjour, ma mère était professeur de couture et elle a été obligée de changer de métier.. je ne comprends ...
12. Par Philippe Dubois le 01/11/2011
Nos politiques auraient dû se réveiller avant. Nous voila maintenant sur un territoire en friche ind ...
13. Par Antoine Bourne le 27/10/2011
Bonjour, je suis assez d'accord avec Luc, je pense que nous devrions revenir a une fabrication française, ...
14. Par Jean Luc le 14/09/2011
Felicitations,Oui, felicitations pour votre initiative. Je suis entierement d'accord avec votre position, ...
15. Par Parenty Jean-Claude le 13/09/2011
Bravo pour votre action en faveur du développement économique. Nos dirigeants (et certains capitalistes ...
16. Par Luc D. - 28 ans, ingenieur et fondateur d'une marque le 05/09/2011
Cet exemple ne fait que confirmer ce que je pense et que j'essaie de démontrer en proposant des produits ...
17. Par Irwan le 05/07/2011
Bonsoir, tout d'abord, merci pour votre site. Nous avons créé une marque de vêtements confectionnés en ...
18. Par Céline - Bas-Rhin le 19/06/2011
Bonjour, Particulièrement sensible à votre cause, je vous adresse ce petit message de ...
19. Par Stéphane le 29/05/2011
Cher Monsieur, Je viens de lire votre lettre sur le site de Marianne, votre combat rejoint mes idées. Sur ...
20. Par Yves le 25/05/2011
Bonsoir Monsieur. Quelques mots pour vous dire que je lis avec intérêt les articles publiés sur votre ...