Vêtements Made in France

Un vrai projet pour l'industrie manufacturière française

«L’économie, c’est pas compliqué. Il faut que les gens qui travaillent, bouffent et consomment ce qu’ils produisent» Bernard Maris, économiste assassiné le 7 janvier 2015 dans les bureaux du magazine "Charlie Hebdo" à Paris 

Vetements made in france

Magazine d'information de "Vêtements made in France"       

Le secteur du textile-habillement est le plus emblématique du phénomène de délocalisation de l’industrie manufacturière des biens de consommation. Cette activité employait autrefois 1 million de personnes, mais aujourd’hui, ne subsistent  en France, que 3 000 couturiéres chez les façonniers de l’habillement et 30 000 ouvriers chez les fabricants de textile. La filliére francaise pourrait disparaitre au cours des prochaines années ( En 2009, dans son rapport commandé par le ministère de l’industrie "Un plan pour la façon française", Clarisse Perrotti Reille prévenait : "La filière de la façon comptait 6 000 employés fin 2008 et perd jusqu'à 1 000 emplois par an.".  L'association est indépendante et sans appartenance politique. Son action est soutenue par des consommatrices, des ouvrières en confection et des entreprises de travail à façon qui plébiscitent la renaissance de la confection "made in France", mais aussi des ouvriers des autres secteurs industriels et plus largement, des citoyens qui souhaitent que nous fabriquions à nouveau la plupart de nos biens de consommation en France. Des maires, de plus en plus nombreux, s'inquiètent de la disparition des usines de leurs communes et partagent notre vision. Nous ssouhaitons que le gouvernement agisse pour la relance de l’industrie manufacturière des biens de consommation parce qu’Il est tout à fait possible de produire dans notre pays une part plus importante de nos vêtements, meubles, canapés, literie, électroménager, articles de décoration et loisirs, jouets et  bagages.               

L’objectif du magazine est de vous informer et recueillir un nombre significatif de soutiens pour convaincre les pouvoirs publics de financer la relance de l’industrie manufacturière des biens de consommation. Aujourd’hui, la Caisse des Dépots et Consignations gère 250 milliards d’euros et abonde 190 fonds d’investissements avec les deniers publics, mais aucun de ces fonds n’a vocation à financer la création d’entreprises de fabrication et de commercialisation de vêtements ou d'autres biens de consommation produits en France et pouvant créer rapidement un grand nombre d’emplois ! 

                      Le 14 décembre 2010

                                                           Francis JOURNOT

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Réindustrialisation de la France: «Faut-il croire les promesses de relance des candidats ?»

Reindustrialisation

Tribune de Francis Journot publiée sur le FIGARO le 27 janvier 2022 - L'entrepreneur Francis Journot dénonce les choix politiques qui ont précipité le déclin industriel de la France depuis les années 1970. Il ne croit pas en la capacité des candidats à la présidentielle à inverser cette tendance.

Le premier choc pétrolier qui s’est produit au milieu des années 70, a marqué le début du déclin industriel français. Il sera par ailleurs souvent reproché à Jacques Chirac et Valery Giscard d’Estaing d’avoir instauré le regroupement familial alors que chômage de masse faisait son apparition à la fin de cette période des trente années glorieuses. Le changement de paradigme qui prônait les services, le tourisme et les produits à forte valeur ajoutée au détriment de l’industrie manufacturière des biens de consommation plus courants, relevait d’une méconnaissance des mécanismes économiques et sociaux. L’économie d’un pays est un mécano complexe que l’on doit penser dans son ensemble mais on n'a pas tenu compte des interdépendances et de fragiles équilibres. Dès lors, un cercle vicieux s’est enclenché : Chômage, déficits puis relèvement des charges et impôts, faillites, disparition de tissus industriels, déficit commercial, pauvreté et minimas sociaux, recul des services publics etc.

Tantôt par incompétence ou naïveté, parfois par favoritisme ou stratégie excluant une classe ouvrière qui estimait à partir des années 80 que la gauche mitterrandienne et les syndicats l’avaient trahie mais aussi souvent par idéologie mondialiste ou européiste, les présidents et gouvernements qui se succèdent depuis cette période, ont failli à leur tâche qui aurait dû consister à créer avant tout, les conditions susceptibles de favoriser le maintien, la modernisation et le développement de l’industrie. Mais ceux-ci ont livré la France poings et mains liées à sa concurrence en signant une multitude de traités de libre-échange sans en appréhender toute la dimension et les conséquences à terme sur des pans entiers de notre industrie et leurs millions d’ouvriers, cadres et ingénieurs. Pourtant, la désindustrialisation n’était pas une fatalité. La France qui était la première économie de l’un des deux principaux marchés de consommation, aurait pu mieux protéger son industrie manufacturière.   

Alain Juppé, premier ministre sous la présidence de Jacques Chirac, mentor d’Edouard Philippe et de Valérie Pécresse, bradait déjà en 1995 des fleurons industriels pour remplir les caisses de l’Etat et ramener le déficit à 3 % du PIB ainsi que l’UE l’exigeait. Mais la privatisation de Pechiney ne rapportait que 3,8 Mrds de francs. Usinor-Sacilor n'était vendu que 10 Mrds alors que la sidérurgie nous avait couté plus de 100 Mrds. Puis la première compagnie maritime française (CGM) était cédée pour 20 millions après que l'Etat ait injecté 1,2 Mrd. Il tentait ensuite en vain de vendre au Sud-Coréen Daewoo, pour 1 franc symbolique, le fleuron technologique Thomson après une recapitalisation de l'Etat de 11 Mrds de francs. Cette politique s’est poursuivie avec les états généraux de l’industrie de 2010 voulus par Nicolas Sarkozy mais dont les priorités définies ont précipité la chute de certains secteurs industriels.

En juillet 2017, l’article « Macron bradera-t-il l'industrie et la France ? » égrenait la liste déjà longue des entreprises sacrifiées par l’ancien ministre de l’économie de François Hollande.  Depuis de nombreux autres noms de fleurons industriels ont été ajoutés.  

Emmanuel Macron perpétue la curée entamée il y a près d’un ½ siècle pour aujourd’hui satisfaire à l’écologisme et aux exigences de Bruxelles. Pour exemple, la conversion en quelques années vers l’électrique que l’UE impose à l’industrie automobile. Cette mutation va bientôt détruire cent ou deux cent mille emplois en Europe et pourrait   faire disparaitre en quelques années ce qui reste de cette industrie en France. Pourtant, l’électricité de notre parc nucléaire qui n’a pas bénéficié des investissements nécessaires, ne pourra pas répondre à l’explosion de la demande. Cela souligne d’autre part, l’irresponsabilité de gouvernements successifs qui ont mis la poussière sous le tapis en préférant respecter au mieux la limite de déficit public de 3 % voulue par Bruxelles au détriment d’une gestion saine garantissant notre sécurité et nos futurs besoins.

La privatisation d’ENGIE et le projet de démantèlement d’EDF (Hercule) alors que la souveraineté énergétique constitue la principale condition pour créer ou maintenir une industrie manufacturière en France, prouvent qu’il n’y a aucune volonté réelle de réindustrialisation.    

Aujourd’hui tous les candidats à la présidentielle clament qu’il faut réindustrialiser la France. Même Yannick Jadot qui ne s’embarrasse pas de contradictions et dont le parti prône pourtant la décroissance et une multiplication des normes ou taxes qui font fuir les usines, s’y met aussi. Fin 2021, le candidat écologiste s’engageait « nous allons réindustrialiser la France » devant des caméras invitées et posant aux côtés d’un industriel troyen qui rétorquait sèchement que plus personne ne croit à ces propos politiciens réitérés depuis plus de 30 ans.

Tous deux biberonnés à la politique de Thatcher et adeptes du culte européiste et fédéraliste Valérie Pécresse et Emmanuel Macron, n’ont probablement pas l’intention de réindustrialiser la France d’autant qu’un plan massif serait impossible dans le cadre européen. Faute de pouvoir mener une politique de relance qui ferait croître naturellement l’emploi et le niveau des rémunérations, Valérie Pécresse, nouvelle disciple de Keynes en quête d’électeurs, a d’abord promis une augmentation de 10 % des salaires, pour selon elle, compenser l’inflation. Oui mais voilà, une augmentation des salaires pourrait aussi constituer un redoutable accélérateur d’inflation, créer du chômage car de nombreuses PME seraient alors mises au tapis et enrichirait surtout la Chine car la plupart de nos biens de consommation sont maintenant importés. Certes celle-ci s’est ensuite ravisée et a proposé des réductions de charges mais cela démontre une absence de programme cohérent et structurant.    

Emmanuel Macron est entré en fonction en mai 2017 mais l’industrie dont le ministère autrefois prestigieux fut longtemps la clé de voûte de la politique économique, n’a bénéficié d’un secrétariat d’Etat qu’à partir d’octobre 2018. Valérie Pécresse qui a été formée par Jacques Chirac et Alain Juppé puis a travaillé avec Nicolas Sarkozy, poursuivra certainement la politique de ses mentors. On peut déplorer un suivisme aveugle et indigne d’hommes ou de femmes d’Etat. 

En cette fin de mandature, les vaines promesses de création d’emplois industriels fusent mais on peut douter que quelques usines modernes dont l’effectif moyen se situerait autour de vingt ou trente personnes, puissent compenser la braderie de groupes comme Alsthom (65 000 salariés), Alcatel (62 000 salariés) ou Technip (37 500 salariés). L’antienne des 30 plans industriels du futur et de la France de 2030 ou 2050, resservie lors de chaque élection, ne trompe plus. 

Malgré les circonvolutions et une manipulation des chiffres qui édulcorent la situation économique, Il faut comprendre que la France a quasiment perdu son industrie manufacturière. Il suffit de tenter d’acheter un produit entièrement ou partiellement fabriqué en France pour s’en apercevoir. La prétendue volonté de réindustrialisation ou de relocalisation est davantage un slogan électoral qu’un réel projet. Le ministre de l’économie Bruno Le Maire prétend vouloir rétablir un solde commercial positif en 10 ans mais le dessein d’Emmanuel Macron, depuis son poste de conseiller de François Hollande à l’Elysée en 2012 puis de ministre de l’économie, semble quelque peu différer. Selon une déclaration de l’ex-député LREM Aurélien Taché publiée dans Marianne, « La promesse de Macron d’émancipation par la réussite économique a été broyée par une vision technocratique de l’économie. Et le cerveau de cela, c’est Kohler » (Alexis Kohler est Secrétaire général de la présidence). « Kohler inscrit la France dans un processus de mondialisation néolibérale tel que l’imaginent les cerveaux bruxellois, où les grandes multinationales, pas forcément françaises, se taillent la part du lion. »

Maintenant, la plupart des écosystèmes industriels français sont détruits et la fabrication des produits est le plus souvent dépendante de chaines de valeurs mondiales. Des enseignements auparavant dispensés dans des écoles d’ingénieurs ou autres formations spécifiques ne sont plus disponibles. Des savoir-faire transmis de génération en génération, ont progressivement disparu au rythme des départs en retraite et des fermetures d’usines.

Même lorsque leurs produits sont compétitifs, des PME et ETI de l’industrie peinent à assumer des coûts élevés de formation de plusieurs années sans pour autant avoir la certitude que les employés resteront. Compte tenu de cela, de l’exigence d’une hausse du niveau de qualification, de la difficulté de trouver des candidats mais aussi d’une concurrence exacerbée qui limite les capacités d’investissement dans la formation, le modèle de l’industrie manufacturière des biens de consommation qui procurait des millions d’emplois plus ou moins qualifiés et structurait de nombreux territoires, appartient de plus en plus au passé. Les cruelles images d’ouvriers désespérés devant leurs usines fermées, n’encouragent pas non plus pas une potentielle relève industrielle. 

Aussi convient-t-il de mettre en œuvre une stratégie efficiente de développement. Certaines de nos propositions exposées en 2016 sur le Figaro dans une analyse économique comptant une douzaine de pages, ne sont plus adaptées car de nombreux équilibres ont été depuis rompus mais d’autres voies sont toujours possibles à condition d’avoir la volonté d’agir. Aujourd’hui, de nombreux emplois sont encore détruits et le déficit commercial annuel français s’aggrave depuis le début des années 2000. Il est passé de 58.5 Mrds au début du quinquennat de Macron à 100 Mrds d’euros à la fin de 2021. Emmanuel Macron et Valérie Pécresse, englués dans leur dogmatisme et pétris de certitudes, opteront sans aucun doute pour l’immobilisme et se plieront à la politique mortifère dictée par l’Union européenne ainsi que leurs prédécesseurs et eux-mêmes, l’ont toujours fait. On peut craindre qu’ils poursuivent une politique à la petite semaine sans vision d’avenir pour masquer leur impuissance et nous laissent une facture supplémentaire de plusieurs centaines de milliards d’euros.

Francis Journot est consultant et entrepreneur. Il dirige le Programme industrialisation Afrique subsaharienne  ou Plan de régionalisation de production Europe Afrique et Africa Atlantic Axis.  Il fait de la recherche dans le cadre d’International Convention for a Global Minimum Wage et tient le site Collectivité Nationale

 

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Pourquoi la confrontation entre

les Etats Unis et la Chine n'est

pas une "nouvelle guerre froide"

Donald trump president des etats unis

Le Figaro/Tribune par Francis Journot, publiée le 8 juillet 2020 - Selon Francis Journot, le duel sino-américain, ne s’organise pas autour de véritables blocs, comme autrefois le capitalisme et le communisme.

Francis Journot est consultant, entrepreneur et ancien éditeur de presse professionnelle économique et sociale. Il fait de la recherche en économie dans le cadre du projet International Convention for a Global Minimum Wage et propose un Plan de régionalisation de la production en zone Europe Afrique. Il tient le site Collectivité Nationale

Depuis son accession au pouvoir en 2013, Xi jinping veut imposer le système politique chinois en tant qu’alternative au capitalisme et œuvre pour une bipolarisation du monde. Fin mai, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi enfonçait le clou en menaçant les États-Unis d’une «nouvelle guerre froide». Mais on peut penser que l’analogie avec l’expression inventée au lendemain de la deuxième guerre mondiale lors du conflit idéologique qui a opposé les États-Unis à l’URSS, est inappropriée.

L’imposture d’une guerre froide et le projet de suprématie mondiale de la Chine

Xi Jinping projetait dès le début de son mandat de défier les États-Unis. Il promettait devant le comité central «Nous devons nous préparer à une longue et rude période de compétition entre systèmes politiques» (propos extraits du livre Rouge vif de la sinologue Alice Eckman).

Mais la Chine n’est pas l’URSS et l’authenticité d’un discours capitaliste à Davos et communiste en Chine, s’avère très discutable. Par ailleurs, l’impérialisme chinois semble se diriger, si l’on se réfère par exemple à la répression violente des opposants ou au prélèvement forcé d’organes sur des prisonniers politiques, vers une forme de fascisme à la chinoise. Cette cruauté pourrait rappeler celle de l’Allemagne nazie ou évoquer les actes de cannibalisme commis au nom de l’idéologie du communisme pendant la révolution culturelle chinoise. Il n’est guère aisé de définir précisément idéologiquement le système politique de la Chine opportuniste de Xi Jinping mais il convient peu, même si l’URSS n’incarnait pas un modèle enviable de démocratie, si tant est qu’elle en fût une, de l’assimiler à la doctrine d’Alexeï Jdanov qui a théorisé la guerre froide. L’idéologue s’opposait au fascisme et vilipendait l’impérialisme américain. Sept décennies plus tard, la Chine commet des actes dignes des régimes fascistes les plus sanguinaires et son impérialisme constitue le plus grand péril pour les démocraties et l’humanité. 

L’élection de Donald Trump, souhaitant réduire le déficit commercial proche de 400 milliards de dollars avec la Chine, a servi la stratégie du dictateur chinois.

L’élection à la tête des États-Unis en 2017 d’un président protectionniste souhaitant réduire le déficit commercial abyssal proche de 400 milliards de dollars avec la Chine, a servi la stratégie du dictateur chinois. Celui qui semble vouloir endosser le costume d’empereur du monde a saisi l’opportunité de se mettre en scène dans un face à face qui le place sur un même pied d’égalité que Donald Trump et lui permet ainsi de se targuer auprès de son peuple, d’affronter le dirigeant de la première puissance mondiale. Cette posture favorise son objectif de bipolarisation inspiré du manichéisme de la guerre froide du siècle dernier et relègue les autres pays du monde au deuxième plan. L’agressivité du Parti communiste chinois durant la crise du Covid-19 et la déclaration de son ministre des affaires étrangères, dictée par l’Assemblée nationale populaire chinoise, indiquent que la Chine estime avoir franchi une nouvelle étape. Celle-ci semble désormais ne plus se soucier de l’opinion de pays devenus à ses yeux trop faibles ou dépendants de son économie pour protester.

L’utilisation par Pékin de l’expression «nouvelle guerre froide» vise à faire oublier sa gestion de la crise du Covid-19 au moment où l’opinion mondiale plutôt hostile compte ses morts et considère maintenant majoritairement que l’expansionnisme chinois représente une menace économique et un grave danger. Mais le système politique que la Chine prétend vouloir faire partager pour le bien de tous diffère du modèle marxiste-léniniste de l’URSS politique. Ce dernier emportait l’adhésion d’un nombre important de populations et de pays à travers le monde. Quel peuple souhaiterait aujourd’hui se placer volontairement sous le joug de la Chine ou d’un régime similaire conseillé par celle-ci? Bien que son projet séduise peu, le géant chinois tente néanmoins de multiplier les alliances susceptibles d’augmenter son influence géostratégique. On peut certes comprendre que la Russie souhaite renforcer des liens économiques notamment sur le plan énergétique et participe à des manœuvres militaires conjointes mais on peut douter que celle-ci suive la Chine aveuglement. Dans son voisinage, la Chine semble dresser contre elle une majorité d’Etats comprenant l’inde. Après plusieurs semaines de tensions, le premier affrontement militaire meurtrier depuis 45 ans a eu lieu le 15 juin 2020 à la frontière des deux pays.

Le géant chinois tente de multiplier les alliances susceptibles d’augmenter son influence géostratégique.

Les imposants congrès chinois qui se drapent aujourd’hui d’idéologie, prônent «une destinée partagée pour l’humanité» et pourraient rappeler à certains égards, les grandes heures du communisme, mais la comparaison s’arrête là. L’assimilation du projet chinois à la foisonnante guerre d’idées qui a passionné durant un demi-siècle, semble présomptueuse. On assiste à une tentative de reproduction du conflit USA/URSS, mais on cherche en vain un goût pour la discussion démocratique ou une proximité philosophique de Xi Jinping et des dirigeants chinois avec les fameux bretteurs qui ont animé le débat majeur du XXème siècle autour de questions essentielles et de deux conceptions du monde.

Depuis les dissimulations à propos de la gestion chinoise de la crise sanitaire, la méfiance envers l’arrogant régime chinois s’est généralisée. Aussi, l’installation d’une prétendue «nouvelle guerre froide» à l’initiative de la Chine peut sembler très aventureuse. Certes, quelques pays dont ses alliés le Pakistan ou l’Iran, rêvent d’un monde post-occidental mais rares sont ceux qui préfèreraient le chaos ou le régime dictatorial prôné par la Chine à un système capitaliste qui demeure à ce jour globalement le plus fiable même s’il conviendrait d’en corriger les nombreuses dérives.

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VT  ou  vêetee   

   

La marque chic et glamour de vêtements “made in France“ à prix accessibles que vous attendiez tant, va  bientôt arriver !

 

Un engagement en faveur du « made in France » depuis 15 ans

Vetements made in france La création de l’enseigne vêetee s’inscrit dans la continuité de notre engagement pour la défense de l’outil artisanal et industriel français depuis la fin des quotas chinois en 2005 et pendant 10 ans dans le cadre de notre association Vêtements made in France. Nous avons publié près de cent articles  sur ce thème ou des sujets connexes principalement sur Le Figaro, Marianne, Entreprendre etc., lus par plusieurs millions de français. Nous interpellons depuis une décennie, gouvernements et personnalités de toutes obédiences pour peser sur la politique industrielle et avons présenté des projets de relance de l’industrie manufacturière des biens de consommation dont celui du textile/habillement, long de cent pages.   

Une demande forte des consommateurs 

Selon un sondage de 2018, 3/4 des français seraient prêts à acheter du « made in France ». Le  e-commerce français affichait en 2019 un CA de 103.4 milliards d’euros. L’habillement constitue la 1ere catégorie de produits commandés en ligne. 66 % des 38 millions de français qui achètent par internet, consacrent  à ce poste selon l’âge et le  sexe, 12 à 36 %  d’un budget d’environ 2 600 € en moyenne par an. Aussi convient-il d’essayer de comprendre pourquoi aucune marque généraliste n’émerge et de penser un modèle spécifique de DNVB ou Digitally Native Vertical Brand permettant de mieux adapter le made in France au budget des français.

Pourquoi le vêtement made in France, hors segment luxe, ne décolle pas        

Parmi les nombreux freins qui s’opposent aujourd’hui à l’achat de vêtements fabriqués en France, on peut relever un niveau de prix incompatible avec le budget de la plupart des consommateurs et une suspicion quant à l’origine. Les jeunes marques qui tentent depuis plusieurs années de surfer sur la vague made in France, souffrent généralement d’un manque d’expérience, d’un déficit de notoriété et d’une absence de moyens financiers. Elles n’atteignent que très rarement la taille critique qui leur confèrerait une crédibilité auprès des fournisseurs et doivent le plus souvent, se contenter de présenter seulement quelques articles, souvent des teeshirts, sweats, boxers, bonnets et chaussettes  avant de disparaitre à plus ou moins brève échéance. La clientèle qui achète le plus de vêtements par internet est âgée de 24 à 34 ans. Aussi nous faut-il rajeunir l’offre et l’image souvent veillotte du made in France.  Il est indispensable de proposer  des collections conformes à l’attente de générations exigeantes à la fois en matière de prix et de mode.

Offrir une alternative compatible avec les budgets

Les français sont favorables à des alternatives de consommation dont celle d’une production plus locale affichant sans ambiguïté le lieu de fabrication afin d’éviter d’acheter des vêtements qui parcourent 60 000 kilomètres. Cependant, on sait que la plupart d’entre-eux ne sont susceptibles d’acheter un produit que lorsque la différence de prix est peu perceptible. Mais depuis la généralisation de la fabrication des vêtements dans les pays à bas coûts et les rabais qui se sont érigés en norme universelle de fonctionnement, les consommatrices ont perdu leurs repères. Néanmoins, il apparait évident que pour se rapprocher de leurs budgets, les prix des vêtements courants mais de bonne qualité, devraient nécessairement le plus souvent ne pas excéder ou avoisiner 60/130 € (hors manteaux, costumes ou ensembles).

Les obstacles de l’approvisionnement et du coût du « made in France »

Mais compte tenu d’un coût de main d’œuvre plus élevé en France, même si l’on appliquait de faibles coefficients de vente, les prix des vêtements flirteraient parfois avec ceux des articles vendus par des enseignes du Luxe ou en vente privées dont les clientes préfèrent généralement le sigle d’une marque prestigieuse à une indication géographique. Aussi, le modèle économique de e-commerce proposant exclusivement des articles made in France, apparait de plus en plus incertain en termes de viabilité et de pérennité. Par ailleurs, il sera peu aisé, compte tenu de la progression du luxe et de façonniers sous tension,  de maintenir un flux d’approvisionnement régulier sur un site comptant les 1000 ou 2000 références indispensables à un choix suffisant et à la réalisation d’un taux de conversion des visites sur la boutique en ligne qui soit viable.

Un modèle économique de “Made in France & à côté “ à prix abordable  

Il est certain que personne n’a envie d’acheter des vêtements dans une boutique mal achalandée, que celle-ci soit physique ou virtuelle. Aussi, devrons-nous ajouter aux vêtements  réalisés par des façonniers situés sur l’ensemble du territoire français, des articles issus de savoir-faire de la péninsule ibérique, géographiquement proche de notre entreprise située au sud de l’Aquitaine. Nous pourrons à cet égard, profiter de cette proximité pour proposer sur un site internet dédié au marché espagnol qui compte 50 millions d’habitants souvent aussi attachés que nous le sommes à une origine nationale, des articles fabriqués en Espagne et en France. Afin d’offrir un choix de vêtements dont la diversification de la production favorisera la qualité et un lissage des prix, nous aurons aussi recours à d’autres pays d’Europe certes plus éloignés mais néanmoins distants de moins de 2000 km de la France. La transparence doit primer et la provenance de chaque article doit être indiquée. Couturieres Chaque cliente doit pouvoir trouver des articles compatibles avec son budget car l’achat d’un produit même fabriqué hors de France contribuera à un équilibre et donc à l’emploi en France. Les ventes en ligne de vêtements ne constituent actuellement que 13 % de l’ensemble des ventes d’habillement en France. Aussi, pour avoir accès à la clientèle qui privilégie l’achat physique et ainsi augmenter nos parts de marché, Il sera nécessaire d’implanter des boutiques physiques dans les grandes villes mais leur nombre devrait demeurer mesuré car pour que les prix restent abordables, il nous faudra aussi éviter les investissements couteux, limiter les frais fixes et une multiplication des stocks. Le site de e-commerce devrait demeurer le principal canal commercial d’autant que le pourcentage de vente d’habillement par internet en France pourrait passer au cours des prochaines années de 13 % à 20 puis 25 %. Bien que ne proposant pas uniquement des articles fabriqués dans l’hexagone, notre activité générera néanmoins beaucoup d’emplois en France et contribuera à la préservation de savoir-faire hexagonaux. Car le “made in France“ ne pourra progresser qu’en s’appuyant sur un nouveau modèle économique, adapté et innovant.

Réduction des inégalités et consommation plus durable

Les géants du e-commerce et de la distribution commercialisent des vêtements souvent fabriqués dans des conditions peu respectueuses de Enfants ecole   l’environnement et des droits humains. Aussi, nous préconisons sur notre site International Convention for a Global Minimum Wage, une augmentation de salaires mensuels trop bas (Pour exemples, 23 € en Ethiopie, 85 € au Bengladesh ou 250 € en Bulgarie et au sein de l’UE. Une offre de qualité plus durable induirait un recul de la surconsommation.

Le vêtement made in France a besoin d’un projet catalysant les énergies   

L’émergence d’une figure de proue du vêtement made in France abordable, répondant aux aspirations exprimées et hébergeant des marques qui le souhaiteraient, sera très certainement plébiscitée par de nombreux consommateurs français. L’habillement made in France a besoin d’un catalyseur d’énergies et de talents afin que des savoir-faire soient préservés et que la fabrication française prospère. Notre ambition demeure depuis toujours,  la création de milliers d’emplois dans les ateliers existants ou chez de nouveaux façonniers mais cela ne sera possible qu’en mettant le vêtement made in France à la portée d’un plus grand nombre de consommateurs.        

               Francis JOURNOT                 

 Copie et reproduction interdites - Copyright ©  2020 Francis Journot - All rights reserved  

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Logofigaro 1 2Réduire notre dépendance

à la Chine, c'est possible! 

FIGARO MONDE Par Francis Journot   le 08/06/2020

Lome container terminal au togo

Le Figaro/Tribune par Francis Journot, publiée le 08 juin 2020 -  En s’appuyant d’avantage sur son marché régional, l’Europe est capable de réduire significativement sa dépendance à l’égard de l’industrie chinoise, estime le consultant Francis Journot.

Francis Journot est consultant, entrepreneur et ancien éditeur de presse professionnelle économique et sociale. Il fait de la recherche en économie depuis 2013 dans le cadre du projet International Convention for a Global Minimum Wage et tient le site Collectivité Nationale.

Peu de risques de pénuries ou de fortes augmentations des prix

À la faveur d’une crise qui nous rappelle la fragilité de nos existences et d’un confinement qui nous a fait prendre conscience que l’on peut se priver deux mois durant de surconsommer, il apparaît certain que nous serions capables de survivre à une période de transfert de l’industrie chinoise. Certains produits pas toujours indispensables pourraient se raréfier mais rassurons-nous, la plupart des importations continueraient d’affluer car les entreprises et leurs actionnaires n’apprécient guère que les consommateurs désertent les boutiques. Chaque recherche de nouveaux sous-traitants obtiendrait à travers le monde, une multitude d’offres de services compétitives et des centaines de milliers d’ingénieurs voudraient participer à l’élaboration de processus de production. Quant au domaine vital de l’alimentaire, les pays européens sont peu tributaires du reste du monde. Aussi, il est peu certain que nous devrions craindre de réelles pénuries ou une augmentation importante des prix de nos biens de consommation mais nous pourrions en revanche, consommer moins mais mieux et nous réjouir de relocalisations qui sortiraient au fil des mois et des ans, des millions d’européens du chômage et de la pauvreté.

Un nouveau paradigme européen s’appuyant sur une régionalisation élargie de la production et des échanges incluant davantage l'Afrique

Augmentation des salaires et des coûts de fabrication dans les pays émergents ou en développement s’accompagnant d’une baisse des investissements directs, vols de technologies et contrefaçons, coût environnemental du transport et exigence du consommateur pour des produits plus locaux, nous assistons depuis plusieurs années à des phénomènes qui indiquent ou provoquent un recul de la mondialisation certes pas encore manifeste mais la crise du Covid-19 et la hausse du chômage pourraient accentuer une tendance à la régionalisation des échanges. L’Europe pourrait initier un nouveau paradigme européen de régionalisation des chaînes de valeur ou de production dans le cadre de l’UE ou d’une communauté économique moins politique si celle-ci disparaît. Mais la relocalisation d’activités en France ne serait guère aisée. Il faudrait s’exempter d’idéologies sclérosantes dont le postulat élitiste consistant à ne sélectionner que les secteurs dits stratégiques. Celui-ci a justifié la délocalisation d’autres activités et s’est avéré erroné. Les emplois manufacturiers généraient de nombreux emplois indirects et induits dont les cotisations et impôts, finançaient mieux les dépenses publiques, modéraient le coût du travail, permettaient de maintenir un meilleur niveau de formation technique qui profitait à l’ensemble des secteurs dont les plus stratégiques et participaient ainsi à un cercle économique vertueux.

La nouvelle conception des échanges ici proposée, diffère évidemment des préconisations peu réalistes d’autarcie et de fin de la mondialisation émises par l’ancien ministre de l’économie Arnaud Montebourg. Car au delà du slogan «made in France» et du thème de la réindustrialisation régulièrement exploités à des fins politiques par des personnalités en quête de publicité et d’électeurs mais souvent issus des partis de gouvernement dont les politiques économiques ont favorisé la désindustrialisation, subsiste la réalité du coût du travail mais aussi les écueils que représentent un syndicalisme dogmatique très politisé et les innombrables normes qui découragent les industriels. Les mécanismes de mutualisation et de péréquation du Projet Collectivité Nationale.fr seraient susceptibles de favoriser la création d’écosystèmes et d’emplois mais un assouplissement des traités et règlements européens ou nationaux qui alourdissent la gestion des entreprises françaises, serait également souhaitable.

De nombreux obstacles s’opposent à une relocalisation massive des emplois en France et même parfois en Europe  

Avec un marché riche de 500 millions de consommateurs, la croissance relocalisable en Europe est énorme. Les pays européens à plus bas coûts connaîtraient le plein emploi mais nous pourrions nous heurter dans d’autres pays à une inadéquation de l’offre d’emplois industriels pour des demandeurs de travail peu séduits par ces débouchés. En France la main d’œuvre qualifiée a quasiment disparu dans beaucoup de secteurs industriels mais aussi dans bon nombre de pays d’Europe. Le coût de formation pour chaque poste avoisinerait souvent 20/50 K€ majoritairement supporté par l’entreprise mais ne garantirait pas que les candidats effectueraient longtemps des travaux souvent jugés pénibles. Aujourd’hui des PME de l’industrie ne parviennent pas à former plus d’un ou deux demandeurs d’emploi par an. Il est peu certain que l’industrie européenne parvienne à recruter tous les effectifs nécessaires. Par ailleurs, le niveau des exportations pourrait s’éroder après quelques années. La Chine va encore réduire les importations pour faire face à un chômage susceptible de fragiliser le pouvoir et les USA montrent une volonté forte de relocalisation depuis 2017. Les entreprises occidentales implantées sur son sol lui ont apporté les technologies qui lui permettront de satisfaire tous les besoins de ses consommateurs. Aussi, de nouvelles perspectives extra-européennes seraient plus difficiles à trouver et chacun des pays européens tenterait de tirer la couverture à lui pour s’approprier les parts de marchés au sein de l’Europe ainsi que c’est déjà souvent le cas aujourd’hui. Le secteur du luxe continuerait à tirer son épingle du jeu mais on peut craindre que des secteurs de pointe confrontés à une concurrence croissante dont celle de la Chine, voient le nombre de commandes diminuer. On pourrait espérer l’émergence de leaders européens dans de nouveaux domaines mais cela prendrait du temps. La France et les pays d’Europe se féliciteraient néanmoins de la réduction des importations et d’une prospérité retrouvée dans bon nombre de secteurs. Mais après un regain d’activité et une baisse du chômage, l’économie pourrait tourner en rond et renouer avec des faibles taux de croissance et d’emploi.

Croissance et emploi en Europe, pauvreté et démographie galopante sur le continent voisin, nous sommes confrontés à de nombreux défis

 

Alors nous sommes en face de ces défis mais aussi de plusieurs autres pour lesquels nous devrons tôt ou tard tenter de trouver des solutions. Parmi ceux-ci, le phénomène de démographie galopante d’un continent à moins de 150 kilomètres des premières côtes européennes qui pourrait compter deux milliards et demi d’habitants en 2050. Une importante part de ceux-ci tenteraient de fuir la misère et la faim en migrant dans une Europe affaiblie et guère capable de proposer des conditions de vie meilleures. Cependant, les fondements de notre civilisation, politiques et économiques, culturels et religieux n’y survivraient pas. Le chaos social et sécuritaire qui pourrait s’installer pourrait précéder ou surpasser l’effondrement climatique que promettent des écologistes partisans d’une idéologie de la décroissance à laquelle n’adhèrent sans doute pas totalement nos amis africains qui peinent à se nourrir. Aussi peut-être pourrions-nous, afin de résoudre notre problématique de croissance au cours des années à venir mais aussi en même temps contribuer au recul de la pauvreté dans un continent proche qui connaît une démographie exponentielle, réfléchir à un modèle élargissant notre coopération avec celui-ci.

La Chine pervertit plus qu’elle n’enrichit le continent africain

Aujourd'hui, la Chine compte mettre la main sur cet énorme réservoir de matières premières. Mais elle pervertit plus qu’elle n’enrichit ce continent en le submergeant de produits low cost provenant d’Asie et précarise davantage ainsi des artisans ou des petites entreprises qui fabriquaient des produits locaux. Les usines créées appartiennent à des sociétés dépendantes de Pékin dont les contremaîtres chinois dirigent durement des ouvriers comptant parmi les plus mal payés au monde. Ces bas niveaux de rémunération permettent ainsi à la Chine d’inonder les pays occidentaux de produits bas de gamme sans que les peuples africains y trouvent leur compte en matière d’avancées sociales. Mais cette colonisation rampante de plus en plus mal vécue, suscite de l’amertume.

A terme, davantage d’autonomie industrielle

Il est indispensable que l’Afrique se dote des moyens d’assurer la subsistance de sa population tout en prenant garde de préserver sa faune et sa flore. De nombreux ingénieurs souhaitant un essor de l’Afrique et du Maghreb accueilleraient avec enthousiasme ce projet transcontinental de création de co-entreprises au sein de clusters sectoriels. Ces nouveaux outils de production qui s’intègreraient d’abord dans des chaines d’approvisionnement européennes, favoriseraient le développement économique des pays et auraient vocation à leur faciliter l’accès à davantage d’autonomie industrielle. Le coût de l’installation des usines serait assuré par les enseignes ou marques destinataires des productions. Les entreprises, organisées en collectifs, pourraient ainsi bénéficier d’une mutualisation des coûts mais aussi d’une modularisation des productions dans certains secteurs. Ces activités procureraient de nouvelles opportunités locales à de jeunes générations aujourd’hui tentées par l’immigration vers l’Europe. Des fonds jugés inefficients parmi ceux alloués aujourd’hui au développement et au soutien des pays, pourraient être réorientés vers la construction des infrastructures nécessaires qui profiteraient ainsi à tous car il semble plus pertinent d’investir en amont en créant de l’emploi et en générant une augmentation du niveau de vie local plutôt qu’agir continuellement en aval.

En effet, l’assistance certes bienveillante et souvent indispensable renvoie cependant une image que ce continent souhaite effacer pour changer la perception du monde et progresser. Des groupements de sociétés rentables et en croissance attireraient certainement des capitaux mondiaux qui abonderaient ensuite les nouveaux projets et accompagneraient l’expansion du modèle à travers le continent pour en faire peut être un nouvel eldorado.

On peut penser qu'une hausse du niveau de vie en Afrique encouragerait l'éducation des enfants, l'émancipation des femmes et à terme, une réduction de la natalité

Ce partenariat prolifique pour l’Afrique le serait aussi pour l’Europe qui a besoin de nouvelles perspectives. La mise en œuvre du projet réclamerait le concours de nombreuses sociétés expertes en engineering industriel, énergie, construction, numérique, formation dans les nombreux secteurs, ressources humaines etc… Le nombre de postes à cheval sur les deux continents serait considérable. La France a conservé des liens privilégiés avec la plupart des pays et aurait une carte importante à jouer. Subséquemment, le continent africain pourrait à terme constituer pour l’Europe, un nouveau relais de croissance qui comblerait un affaissement de la demande chinoise d’autant que celui-ci compte autant d’habitants que la Chine. Leur pouvoir d’achat n’est pas comparable mais souvenons-nous qu’à l’aube de ce millénaire, le PIB chinois par tête était semblable à celui de la plupart des pays africains qu’elle a aujourd’hui entrepris de coloniser. Il est difficile d’appréhender toute la dimension d’un tel projet de régionalisation tant les implications et possibilités sont multiples en termes d’emplois et de création de richesse. Les prévisions démographiques annoncent un doublement de la population africaine d’ici trente ans mais on peut penser qu’une hausse du niveau de vie encouragerait l’éducation des enfants, l’émancipation des femmes et à terme, une réduction de la natalité. Une augmentation raisonnable et évolutive des salaires mensuels de production variant aujourd’hui le plus souvent entre 35 et 200 euros, pourrait accélérer cette mutation sociologique.

Il serait donc possible de construire une alternative à la dépendance chinoise. Pourquoi se résoudre à un maintien de nos industries en Chine favorisant une hégémonie qui entravera nos libertés et nous exposera certainement tôt ou tard au risque d’une guerre mondiale alors qu’une régionalisation des échanges nous procurerait l’opportunité de consommer moins mais mieux sans pour autant, compte tenu de la concurrence internationale, faire flamber les prix et nous offrirait de surcroît, une dynamisation économique et la création de millions d’emplois au moment où le chômage fait des ravages en Europe tout en permettant au continent voisin d’accéder à davantage de progrès social.

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

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Logofigaro 1 2Il faut exclure la Chine de l'OMC et

du Conseil de sécurité de l'ONU 

FIGARO MONDE Par Francis Journot   le 28/05/2020

Soldats chinois en uniformes de sport

Le Figaro/Tribune par Francis Journot, publiée le 28 mai 2020 - Le Covid-19 a rendu manifeste la progression économique et militaire de la Chine sur la scène internationale. Mais pour l’entrepreneur Francis Journot, tant que Pékin ne respectera pas les règles édictées par les institutions internationales, elle ne doit plus y siéger.

Francis Journot est consultant, entrepreneur et ancien éditeur de presse professionnelle économique et sociale. Il fait de la recherche économique depuis 2013 dans le cadre du projet International Convention for a Global Minimum Wage et tient le site Collectivité Nationale. 

OMC, OMS ou Conseil de sécurité de l’ONU, la Chine a investi les institutions internationales mais s’est affranchie des règles qui les régissent. L’arrogante dictature auparavant plus adepte de «soft power», entend maintenant tenir tête au monde et le rapport de force semble s’être érigé au rang de principe cardinal de sa politique. On peut dès lors s’inquiéter de son influence économique et de sa puissance militaire croissante.

À la lumière d’une crise sanitaire et diplomatique révélatrice, la crainte déjà présente d’une Chine hostile et belliqueuse qui dominerait le monde et balaierait les démocraties, s’impose désormais avec davantage d’acuité. Aussi convient-il, pendant que cela est encore possible, de tempérer ses velléités d’impérialisme.

Duperie chinoise et angélisme occidental

La Chine, membre de l’Organisation Mondiale du Commerce depuis 2001, n’est plus un pays en développement mais bénéficie toujours des avantages liés à ce statut. Elle demeure néanmoins une économie dirigée ainsi qu’un capitalisme d’État et n’est pas, à proprement parler, une économie de marché. Il aurait été plus pertinent de mettre fin à l’expérience en 2016, à la fin d’une période transitoire durant laquelle elle a impunément pillé des technologies occidentales et trop souvent enfreint les règles de l’OMC, au détriment de sa concurrence qui ne pouvait que difficilement rivaliser avec des entreprises et des productions fréquemment subventionnées par un État chinois interventionniste.

Par ailleurs, la dictature chinoise siège parmi les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et dispose donc d’un droit de veto. Ce privilège lui permettrait d’empêcher d’éventuelles sanctions à son encontre mais aussi de bloquer le cas échéant, une assignation de Xi Jinping devant la Cour pénale internationale dans le cadre de la gestion de la crise du Covid-19. L’exemple de la mainmise de la Chine sur l’OMS devrait nous alerter car son influence lui a permis de différer l’annonce de la pandémie. La présence et le pouvoir au sein de ces institutions, d’une dictature qui revendique un objectif de domination économique et militaire sur le monde, sont sans doute contre-nature et dangereux.

Le Parti Communiste chinois est un péril pour la liberté, la démocratie et la paix de l'humanité

Son refus d’assumer sa responsabilité dans une crise qui a tué plusieurs centaines de milliers de personnes et son mépris envers l’humanité peuvent faire craindre le pire. Ivre de puissance, Xi Jinping pense certainement que l’intimidation militaire pourrait lui permettre de dominer complètement un occident stupide et corrompu qui a échangé ses technologies et la suprématie de l’économie mondiale contre des morceaux de tissus et de plastique. Certains dirigeants semblent lui avoir fait allégeance mais cette stratégie n’est pas sans risques et pourrait entraîner à terme le monde vers une Troisième Guerre mondiale.

D’abord cantonnée à une fonction défensive, l’armée de la République populaire de Chine est devenue une force de conquête mondiale dont la montée en puissance laisse peu de place au doute quant à ses visées géostratégiques. L’implantation d’une base militaire navale à Djibouti sur la corne de l’Afrique et d’une forteresse dominant l’Océan Indien pouvant accueillir plusieurs gros navires de guerre et peut-être des porte-avions, nous le confirme. L’effectif devrait atteindre 10 000 hommes en 2026. La dictature chinoise n’ignore pas que la conquête du continent Africain et l’invasion économique à travers l’Europe, poétiquement baptisée «routes de la soie», pourraient engendrer des soulèvements de travailleurs sous-payés parfois maltraités qui pourraient rejeter une domination chinoise en Afrique ou de populations européennes bernées et appauvries. C’est pourquoi la Chine devrait souvent avoir recours à la menace et à la répression mais nul ne peut prévoir où s’arrêterait l’escalade de violence.

Les essais nucléaires en grande pompe médiatique sont une démonstration de force supplémentaire adressée au monde.

La Chine possède la deuxième armée derrière les USA mais au rythme auquel s’active son complexe militaro-industriel, premier du monde en nombre d’employés, celle-ci pourrait s’enorgueillir en une ou deux décennies, du titre de première puissance navale militaire. 2 porte-avions et d’autres en construction, un sous-marin supplémentaire chaque trimestre et un destroyer chaque mois rejoignent une flotte capable d’opérer sur toutes les mers, qui compte maintenant près de 700 bâtiments de combat.

Dans un article publié le 12 mai 2020 par le journal de Hong Kong South China Morning Post «La Chine lance son dernier missile nucléaire sous-marin et reçoit un prix scientifique» la Journaliste Liu Zhen commente les tests de missiles nucléaires JL3 qui ont une portée de 12 000 km et qui pourraient atteindre les USA à partir des côtes chinoises. Ils équiperont des sous-marins de nouvelle génération à partir de 2025. Les observateurs militaires chinois ont déclaré que les essais de missiles étaient une réponse à la stratégie de dissuasion du président américain Donald Trump visant la Chine. Mais personne ne peut croire que la Chine fabrique des missiles nucléaires par inimitié envers le président des USA. Les essais en grande pompe médiatique lors desquels les chercheurs ont reçus des prix scientifiques chinois parmi les plus prestigieux, sont une démonstration de force supplémentaire adressée au monde.

Un tel effort d'armement a rarement ou jamais été vu en temps de paix

Le budget de l’armée chinoise de 250 milliards de dollars en 2018, compte tenu de son augmentation constante (7,5 % en 2020) devrait avoisiner la moitié de celui des USA au cours des années à venir. Si l’on considère que ce budget militaire chinois qui profite d’une main d'oeuvre à plus bas coûts, permet de financer comparativement la fabrication d’un volume beaucoup plus important de matériels que les USA, il apparaît alors clairement qu’un tel effort d’armement a rarement ou jamais été vu en temps de paix d’autant que les inégalités sont grandes et que le chômage touchait déjà 22 % de la population active chinoise avant l’épidémie de Covid-19. Cette préparation effrénée à une mobilisation de l’armée nous rappelle immanquablement la période de réarmement de l’Allemagne nazie à partir de 1933 qui a précédé et tramé la Seconde Guerre mondiale.

Un géant aux pieds d’argile

Ce pays d’un milliard et demi d’habitants a bénéficié de la croissance procurée par les occidentaux et plusieurs centaines de millions de chinois ont ainsi pu sortir de la misère. L’objectivité impose de reconnaître que les entreprises et les consommateurs occidentaux ont bénéficié de coûts de production plus bas mais il faut en revanche admettre que ceux-ci ont payé le prix fort d’une concurrence déloyale avec la désindustrialisation, le chômage et la précarité, la désertification et le recul des service publics etc...

Mais les deux principaux marchés de consommateurs détiennent toujours les clefs d’un pouvoir économique sur la Chine. Ils sont responsables de cette situation et c’est à eux qu’il appartient de prendre les décisions susceptibles de freiner les folles ambitions d’une dictature communiste violente dirigée par un président mégalomane dont le parti unique lui permet de se maintenir au sommet probablement contre le gré de sa population. Une remise en question au plan international de la légitimité de Xi Jinping et de sa politique pourrait affaiblir l’autorité du Parti communiste chinois.

Les USA et l’UE doivent exiger l’éviction des institutions Internationales

Bien que soucieuse des intérêts de l’Allemagne, pays européen le plus dépendant de la Chine avec un volume d’échanges de 200 milliards en 2019, l’UE doit aussi faire la distinction entre diplomatie et soumission. Elle ne peut ignorer le danger de l’expansionnisme chinois et renvoyer dos à dos les USA et la Chine en arguant qu’il s’agit là d’une nouvelle Guerre froide entre deux grandes puissances qui ne la concerne guère. Car, ne nous trompons pas, le géant chinois ne nous épargnerait pas pour autant ensuite et chacun se souviendrait alors du manque de clairvoyance de l’UE.

Mais les prémices d’une guerre larvée, jalonnée de menaces à peine voilées contre l’UE et ses pays membres sont déjà là et cela devrait nous ouvrir les yeux. Pour exemples, Pékin a exigé que l’UE atténue la responsabilité chinoise dans le rapport à propos de la gestion du Covid-19 et tenté récemment d’empêcher un contrat de modernisation des frégates de Taiwan signé avec une entreprise française : «Nous exhortons à nouveau la France à respecter le principe d’une seule Chine et à annuler le projet de vente d’armes à Taiwan pour éviter de nuire aux relations sino-françaises.»

Il est indispensable qu'une entente historique entre la présidente de la Commission européenne et le president des USA s'instaure au plus vite

Il serait juste que la Chine participe au financement de la reconstruction économique mondiale. Aussi, le moins que puisse faire la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen à l’égard des 27 pays membres qui déplorent une centaine de milliers de décès et une perte importante d’emplois, serait, conjointement avec le président des États-Unis Donald Trump, d’exiger de la Chine une réparation du préjudice subi par l‘ensemble des pays.

D’autre part, il est indéniable qu’une éviction de la Chine de l’OMC et du Conseil de sécurité de l’ONU, pourrait modérer cette puissance hors de contrôle et ainsi préserver pour longtemps le monde du danger d’une offensive militaire chinoise. Aussi serait-il indispensable qu’une entente historique entre la présidente de la Commission européenne et le président des USA s’instaure au plus vite afin d’en réclamer la mise en œuvre auprès des deux organisations internationales. Au cours d’un entretien fin avril 2020 avec Laure Mandeville, journaliste spécialiste des États-Unis au Figaro, le Secrétaire d’Etat adjoint américain aux affaires européennes Philip T. Reeker déclarait: «Face à la Chine, nous allons nous unir» . En voici maintenant l’occasion.

Alors certes, l’inclination de l’Union européenne pour une mondialisation et un libre-échange extrêmes peut faire douter d’un tel changement de politique mais si l’on pense que les populations n’accepteront pas en plus du chômage croissant, l’austérité qu’elle prévoit de leur imposer pour payer la catastrophe économique causée par la Chine, la Commission devrait comprendre qu’il lui faudra changer son logiciel idéologique avant de devoir affronter une colère qui provoquerait la fin de l’UE ou d’être confrontée à une guerre que sa politique permissive à l’égard de la Chine aura favorisée et dont elle serait hautement responsable.

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Logofigaro 1 2Les USA et l’UE doivent exiger

de la Chine une réparation

du préjudice subi

FIGARO MONDE Par Francis Journot   le 23/04/2020

Xi jinping 28 janvier 2020

Le Figaro/Tribune par Francis Journot, publiée le 23 avril  2020 - Malgré l’ampleur de la propagande chinoise, les Occidentaux doivent tirer au clair la responsabilité de la Chine dans la propagation du virus, estime Francis Journot. Il faudrait alors conclure un accord pour qu’elle contribue financièrement à la réparation de l’économie mondiale.   

On peut condamner beaucoup de décisions de dirigeants d’Etats dépassés par une crise à la fois sanitaire, financière et sociale sans précèdent ou leur reprocher d’avoir tardé à réagir. Mais à leur décharge, le régime chinois a menti et favorisé la propagation éclair d’un coronavirus qui aurait pu être éradiqué lorsqu’il ne touchait que quelques malades et n’aurait jamais dû sortir de la région de Wuhan et de Chine. Compte tenu de cette gestion criminelle, les USA et l’UE, ses principaux marchés de consommateurs, seraient fondés à exiger, ensemble, un montant global permettant de réparer au moins une part du préjudice mondial. 

Un comportement criminel envers la population chinoise et l’ensemble de l’humanité          

Censure de la parole médicale et de la presse pour dissimuler le danger de la contagion et le nombre de morts, la dictature chinoise a voulu éviter qu’un virus n’entache l’image de la Chine. Obsédé par son rêve de domination absolue de l’économie mondiale, Xi Jinping a délibérément mis ses concitoyens et l’humanité entière en danger. Dans l’article « La mort d'un médecin spécialiste du coronavirus provoque un tollé en Chine »  publié le 7 février 2020 dans le New York Times, la journaliste Li Yuan décrivait la vaste campagne de protestation en Chine après la mort du Docteur Wenliang, arrêté par les autorités chinoises pour avoir lancé l’alerte fin décembre. Elle notait que la machine de propagande du Parti communiste n’était pas parvenue à contrôler le déferlement de messages de chinois furieux.  

Selon l’enquête du 13 mars 2020 réalisée par Joséphine Ma du journal de Hong Kong South China Morning Post qui a eu accès à des documents gouvernementaux confidentiels « Le premier cas confirmé de Covid-19 en Chine remonte au 17 novembre ».  La journaliste n’exclut pas la possibilité d’un précédent cas avant mi-novembre.    

Xi Jinping ne pouvait avoir oublié l’épidémie de SRAS dont la gestion par son prédécesseur, fut également décriée. Ce coronavirus avait tué 800 personnes en 2002/2003. Son mode de transmission interhumain et le type de complication étaient proches mais aussi son origine attribuée à la chauve-souris qui l’aurait transmis à des mammifères vendus sur des marchés d’animaux vivants. Par ailleurs, les autorités n’ont pas appliqué la loi qui interdit depuis 2003, le commerce et la consommation d’animaux sauvages. Dans son article du 14 avril 2020 publié par le Washington Post, le chroniqueur Josh Rogin préfère pointer du doigt le laboratoire de Wuhan qui étudie les coronavirus de chauves-souris. Mais quel que soit le point de départ de l’épidémie, le N°1 chinois a certainement été informé du caractère contagieux du coronavirus. Il était donc probablement conscient du risque de pandémie mortelle mondiale au moment où il était encore possible de juguler la propagation du virus qui n’affectait, selon les documents consultés par le South China Morning Post, que 9 patients en novembre et 27 à la mi-décembre 2019. Pourtant, celui-ci a préféré maintenir la fête du Nouvel an chinois qui devait avoir lieu le 25 janvier. Les préparatifs ont brassé une forte population et une carte interactive des déplacements dans la région de l’épicentre situé à Wuhan, publiée par le New York Times "How the Virus Got Out", nous indique que 7 millions de voyageurs ont quitté la ville avant le confinement ordonné le 23 janvier 2020. On ignore combien parmi eux ont ensuite propagé le virus chinois principalement en train à travers la Chine et en avion aux quatre coins du monde.  

Interrogée le 7 avril 2020 par la chaine de télévision TF1, la journaliste, sinologue et écrivaine Ursula Gauthier estimait que le nombre de décès dus au Covid-19 dans toute la Chine, officiellement de 3291, doit être multiplié par 30 soit au moins 97 000 et le chiffre de 81782 contaminés, multiplié par 15 soit 1.21 million. Lors d’un entretien accordé le 4 avril au journal régional Ouest France, la présidente de Solidarité Chine Marie Holzman, universitaire spécialiste de la Chine, expliquait que les informations qui filtrent au travers de la diaspora, citent un chiffre de 60 000 morts. Au moment où les USA et l’Italie paient le plus lourd tribut en termes de décès, Xi Jinping accuserait, selon l’association, des athlètes américains de passage en octobre à Wuhan ou des Italiens, d’avoir importé le virus.

Le pouvoir chinois nie sa responsabilité dans la mort de ces centaines de milliers de personnes et espère que les inversions et la manipulation de la vérité habituellement opérantes en Chine, fonctionneront aussi à l’extérieur. Alors le monde est pour l’heure sous le choc, plus occupé à se protéger, à sauver ses entreprises et ses emplois ou à enterrer ses morts mais la rancœur et l’hostilité envers Xi Jinping et la Chine pourraient ensuite se révéler vives. 

La dictature chinoise devra tôt ou tard présenter des excuses publiques pour calmer la colère des  familles de victimes décédées comprenant aussi beaucoup de citoyens chinois. Le nombre de décès a  certainement dépassé 300 000 (les USA, l’Italie, l’Espagne, la France et le royaume Uni enregistrent à eux-seuls 120 000 morts. Peut-être 100 000 en Chine et probablement plus de 100 000 dans les 180 autres pays qui regroupent 5.5 milliards d’habitants). Le chiffre pourrait rapidement grimper à un demi-million si l’on en croit les estimations inquiétantes concernant la propagation dans des pays peu équipés en matière sanitaire dont le moyen orient et l’Afrique.

Les proches des victimes pourraient former, au cours des mois à venir, une action collective pour homicides, qui pourrait amener des dirigeants chinois à s’expliquer devant une cour pénale internationale. Plusieurs grands cabinets d’avocats seront certainement sur les rangs pour organiser une «class action» internationale hors normes pouvant obtenir une condamnation au versement de plusieurs centaines de milliards d’euros de dommages et intérêts.

Une crise dont il est difficile d’appréhender le coût 

En France, l’augmentation de la dette de 59 %  (700 Mds d’euros) au cours des 6 années qui ont suivi la crise de 2008, l’affaiblissement de l’industrie et la prédation d’opérateurs étrangers, les fermetures d’entreprises, la perte d’un million emplois et de marchés abandonnés définitivement au profit d’autres pays dont la Chine qui a vu alors son PIB par tête augmenter de 60 %, nous démontrent que la dernière crise mondiale a couté à l’hexagone, selon les éléments et effets négatifs pris en compte pendant la décennie, l’équivalent de 70 % à près d’une année de PIB de 2008. On peut craindre, que le coût de la crise du Covid-19 soit encore plus élevé.

La Banque Centrale Européenne (BCE), dirigée par Christine Lagarde et les Etats semblent avoir pris la mesure de la gravité du nouveau drame. Cependant, bien que considérables, les sommes mobilisées pour soutenir les économies nationales, exprimées en pourcentages des PIB respectifs, qui atteignent 20% en Italie, 19% en Allemagne, 17% en Grande Bretagne et 15 % en France, pourraient ne pas suffire. On ignore combien de temps durera la crise et on ne parvient pas non plus à cerner le contour des ravages et implications. On peut craindre que de nombreux pays voient leur dette s’envoler et atteindre un niveau insupportable. Si des mesures d’austérité étaient ensuite instaurées afin de satisfaire au Traité de Maastricht qui recommande une limite de déficit public n’excédant pas 3% du PIB, pourraient alors s’ajouter à la crise sanitaire et économique, des troubles sociaux généralisés et ingérables qui précipiteraient l’explosion de l’UE.

Ursula Von der Leyen et Donald Trump doivent, ensemble, exiger de la Chine, une réparation au moins partielle du préjudice 

Faut-il, par crainte de l’affronter, ignorer la responsabilité de la Chine et choisir de faire payer les populations en leur recommandant de travailler plus ainsi que le préconisent certains responsables politiques qui ont déjà oublié le mouvement des gilets jaunes dans une France au bord de la révolution, qui par ailleurs, comptait bon nombre de soignants désormais applaudis. Même si le sujet d’une augmentation des impôts est pour l’instant évité, les peuples européens  ne sont pas dupes et savent qu’on leur présentera l’addition. L’antienne d’une vertueuse austérité ferait ensuite son retour.

Faire payer la Chine et sauver l’UE ou faire payer les européens et condamner l’UE à l’éclatement, telle est la question que devra maintenant se poser la Présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. En effet, la Commission européenne a compris qu’elle est à la croisée des chemins et sait qu’elle ne peut courir le risque suicidaire de provoquer, après le départ de la Grande Bretagne, le mécontentement qui précèderait un référendum en Italie, en Espagne ou en France car cela scellerait définitivement le destin de l’UE. Ursula Von der Leyen marche sur des œufs et a présenté les excuses de l’UE à l’Italie pour son impuissance à la secourir. Un récent sondage indiquait que près de la moitié des Italiens, pourtant auparavant plutôt europhiles, voterait maintenant pour une sortie de l’UE.

Si l’on pense qu’il sera difficile de soutenir longtemps l’économie et de financer sa reconstruction, il nous faut alors être pragmatique et mettre le géant asiatique à contribution. Celui-ci doit maintenant remplir un devoir à deux titres : Son entière responsabilité dans l’irruption de la crise actuelle mais aussi sa position hégémonique et abusive en matière industrielle acquise de façon discutable en s’appropriant hautes technologies et savoir-faire parfois en violation des droits internationaux et au détriment de ses concurrents.  Cela lui a ainsi permis de monopoliser la croissance et de se placer au premier rang des pays riches en deux décennies.

Il serait donc juste que la Chine prenne sa part dans la réparation de l’économie mondiale. Cela pourrait revêtir la forme d’un compromis intervenant directement entre, d’une part, l’UE et les USA qui représenteraient aussi les intérêts des autres membres de la communauté internationale éligibles à une indemnisation au prorata de leur contraction économique et du préjudice subi et d’autre part, la Chine. Cet acte pourrait constituer un cadre opportun pour toutes les parties. D’abord pour les USA parce que les familles américaines endeuillées, au chômage ou ruinées attendent du président Donald Trump, à six mois de l’élection présidentielle, une condamnation de l’attitude du pouvoir chinois et la promesse d’une réparation financière. Ensuite, pour les instances européennes qui n’ignorent pas que l’existence de l’UE ne tient plus qu’à un fil et savent que les populations européennes qui, après avoir payé un lourd tribut humain, n’accepteraient pas de nouvelles contraintes budgétaires. Et enfin, pour la Chine car cet accord qui lui offrirait la possibilité de s’amender, serait susceptible de faire diminuer le ressentiment envers elle, des populations des 185 Etats touchés par le Covid-19. Xi Jinping doit renoncer à son rêve de domination mondiale et penser au peuple chinois car on peut deviner qu’en l’absence d’excuses aux familles des victimes et d’un geste d’apaisement tel que celui ici proposé, la présence de la Chine et la préservation de ses intérêts, mais surtout la sécurité de ses ressortissants, pourraient être remises en question dans de nombreux pays.  

Le virus de Wuhan pourrait coûter à l’ensemble des pays, si l’on se réfère aux précédentes expériences de crises, l’équivalent d’une année de PIB mondial (85 000 Mds d’euros en 2019) ou davantage si l’on partage l’analyse d’experts financiers qui évoquent une crise comparable à celle de 1929. Une évaluation précise du coût de la crise du Covid-19 ne pourra être réalisée qu’après 6/7 ans. Mais un versement de 15 000 Mds d’euros permettrait de commencer à réparer le préjudice. La Chine peut réunir ce montant car elle dispose de 4200 Mds de dollars de réserves de changes ou bons du trésor rapidement mobilisables, peut emprunter des capitaux et céder de grandes entreprises à forte valeur ajoutée, des droits de propriétés ou autres biens. Cette  contribution qui équivaudrait à une année de PIB chinois serait donc supportable et raisonnable parce qu’elle ne constituerait, si l’on retient une hypothèse de coût mondial de la crise (hors coût humain) de 70 000/100 000 Mds d’euros, qu’une faible part du montant du préjudice. Mais de nombreuses interrogations demeurent : subirons-nous  plusieurs vagues de Covid19 ? Vaccin ? Nombre de défaillances d’entreprises et taux de chômage ? 1 demi-milliard de nouveaux pauvres selon Oxfam, troubles politiques et sociaux  etc.) Une annuité de 3000 Mds d’euros pendant 8 ans assurerait une continuité dans la réparation des ravages économiques infligés au monde. Certes, ce niveau de participation au soutien de l’économie, se révèlerait sans doute insuffisant, mais il permettrait néanmoins d’atténuer la violence de cette crise. 

                                                                    Francis JOURNOT   

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Industrie : les chinois à... Maubeuge,

faut-il s'en inquiéter ?

Tribune de Francis JOURNOT  publiée sur Marianne le 31 janvier 2020

Maubeuge marianneAprès les projets pharaoniques avortés d’«EuroSity » à Châteauroux, dans l'Indre et de « TerraLorraine » en Moselle qui auraient pu s’apparenter à de véritables petites villes chinoises, une plateforme chinoise d’importation textile et maroquinerie de 150 000 m2 devrait bientôt s’implanter à Maubeuge.

Aujourd’hui, les ingrédients de la même recette sont réunis pour une troisième tentative d’implantation en France d’une zone d’importation de produits chinois qui seraient éventuellement labélisés « made in France » puis exportés vers les autres pays d’Europe ou à travers le monde : Une société ou un homme d’affaire chinois qui promet, avec la bénédiction de Pékin, un investissement de 150 ou 200 millions d’euros ainsi que la création de centaines d’emplois au milieu d’entrepôts s’étalant sur 15 hectares ou davantage et surtout, les indispensables élus locaux qui veulent y croire. Le Conseil municipal de Maubeuge a voté le 25 novembre 2019, un protocole d’accord pour le projet "Espace Vent Oriental".  

Jian Chen, PDG d’une importante entreprise chinoise d’import-export, s’est installé au Portugal dès la fin des années 80 pour débuter sa carrière d’importateur de produits chinois à destination de l’Europe. Aujourd’hui, son projet qui concerne les industries du textile et de la maroquinerie, prévoit la création de trente petits ateliers qui travailleraient chacun pour une marque différente avec une identité propre sur une parcelle de 15 hectares à  Maubeuge. L’investissement serait de 150 millions d’euros et 300 emplois devraient être créés.   

Quels produits, quel marché ?

L’homme d’affaires préconise des vêtements de qualité mais le maire de Maubeuge Arnaud Decagny a évoqué plutôt du haut de gamme et le député du Nord (LREM) Christophe Di Pompeo qui porte le projet depuis deux ans, a renchéri avec le terme de luxe lors d’un reportage diffusé sur TF1. L’ambition de créer une trentaine de marques spécifiques apparaît peu raisonnable lorsque l’on sait que l’élaboration de chaque univers spécifique nécessiterait de nombreuses années de travail et que le coût de création ou de relance d’une seule marque de luxe peut atteindre 200 millions d’euros. Cependant, l’étiquette «made in France» pourrait permettre de faire l’économie de ces investissements et suffirait peut-être à créer la valeur ajoutée souhaitée. 

Le dirigeant chinois a d’abord mis en avant l’importance du réseau de son entreprise AC Winexpo qui compte 15 000 magasins en Chine mais dans une interview sur Europe1, le maire de Maubeuge Arnaud Decagny qui connait probablement ses réelles intentions, nous livre une autre stratégie : une sorte de "de showroom chinois" serait installé et "à l’intérieur de ce projet, il y aura des ateliers de confection, pour créer ou finaliser les modèles." Et cet investisseur souhaite s'appuyer sur le savoir-faire français en matière de textile haut de gamme, pour distribuer ses produits partout en Europe.». Par ailleurs, l’édile qui n’ignore sans doute pas que la région ne dispose plus de ces savoir-faire, ajoutait pourtant : « L'intérêt, c’est que ce soit des locaux qui soient embauchés pour travailler dans ces ateliers".   

Un recrutement impossible de 300 couturières de confection « Haut de gamme »

En 2009, dans son rapport commandé par le ministère de l’industrie "Un plan pour la façon française", Clarisse Perrotti Reille prévenait : "La filière de la façon comptait 6 000 employés fin 2008 et perd jusqu'à 1 000 emplois par an." 10 ans plus tard, le salon professionnel du Made in France au Carreau du Temple ne compte parmi les 130 exposants qu’une trentaine de façonniers du tricotage et de la confection. La multiplication des marques Made in France observée lors du salon public MIF à la Porte de Versailles avec 225 stands consacrés à l’habillement, peut donner l’impression d’un dynamisme Industriel exceptionnel mais celles-ci s’appuient le plus souvent sur les ateliers existants et ne créent que rarement des emplois de production en interne. Un nombre réduit d’ateliers fournit la plupart des nouvelles marques « made in France ».  

Le gros des bataillons de couturières qui transmettaient les savoir-faire, est aujourd’hui à la retraite et la moitié de celles qui travaillent encore aujourd’hui, cesseront leur activité au cours des 8 prochaines années. Compte tenu de la croissance du secteur du luxe, Il est peu certain qu’il soit aisé de trouver sur le territoire français des couturières formées à la confection de haute façon, prêtes à quitter l’emploi qu’elles occupent chez des enseignes prestigieuses ou des entreprises de travail à façon pour rejoindre à Maubeuge, un encadrement chinois peu expert en ce domaine.   

Le recours à la formation maintenant envisagé par le Pôle emploi de Maubeuge peut sembler offrir une alternative mais à une époque déjà lointaine où de nombreuses écoles existaient, quand les gestes et les savoir-faire étaient patiemment transmis dans des centaines d’ateliers, la maitrise de l’ensemble des étapes de confection d’un vêtement de haute-façon exigeait de longues années d’apprentissage pour atteindre l’excellence. Aujourd’hui, certains de ces savoir-faire ont disparu. Pour exemple, celui de la fabrication d’un costume haut de gamme qui nécessitait cinq années de formation s’est évaporé avec la fermeture en 2007 de la dernière usine, située à Poix du Nord. Actuellement, des ateliers qui disposent encore de savoir-faire, peinent à recruter un effectif supplémentaire de quelques personnes. Il est certes possible de former rapidement plusieurs centaines d’employées qui apposeraient des étiquettes sur des sacs, renforceraient des coutures et des boutonnières de vêtements « Made in China » ou participeraient occasionnellement à la confection d’articles mais pourrait-on dès lors encore parler de fabrication française de bonne qualité, haut de gamme ou luxe.

Volume d’importation d’articles d’habillement et de maroquinerie 

Le projet d’origine qui prévoit un effectif de 300 couturières qualifiées installées dans 30 ateliers, ne nécessiterait qu’une superficie de 10 000 m2 et la production journalière  ne pourrait atteindre, selon la nature et la finition des produits, que quelques m3 ou dizaines de m3 d’articles haut de gamme ou luxe. On peut alors s’interroger à propos de l’acquisition d’une surface de 150 000 m2 soit plusieurs centaines de milliers de m3, susceptible d’accueillir le contenu d’une dizaine de milliers de containers pouvant déverser plus de 100 000 palettes de vêtements et maroquinerie. Mais si le projet s’oriente finalement vers un recrutement de centaines de couturières débutantes dont la tâche consisterait, à « finaliser» une cinquantaine ou une centaine de milliers de vêtements et de sacs chaque jour, on comprend mieux la nécessité d’une telle surface.  

Un danger pour les filières de la fabrication  française  

Un afflux sur le marché mondial, de dizaines de millions de sacs et vêtements provenant de Chine, estampillés ensuite « Made in France » et présentés comme des articles haut de gamme ou de luxe puis vendus à bas prix, désorienterait un peu plus les consommateurs. Cette concurrence déloyale envers les derniers façonniers et les enseignes qui fabriquent encore une part ou la totalité de leur production en France, pourrait déstabiliser un peu plus une filière de la haute façon déjà réduite comme peau de chagrin. Les conséquences d’une dévalorisation de l’image de savoir-faire français ne se limiteraient pas à un affaiblissement du leadership de la France en matière de mode. La réputation de l’ensemble des filières de la fabrication française en souffrirait et à terme, de nombreux emplois seraient fragilisés et des métiers pourraient encore disparaitre.

Quel bénéfice pour Maubeuge et la région ?

On peut douter que la culture chinoise du travail, les méthodes, les cadences et la productivité soient exportables et puissent séduire plusieurs centaines de maubeugeoises. Aussi, les dirigeants chinois devraient alors multiplier les demandes d’autorisation de visas de travail pour accueillir des compatriotes mais il leur faudrait probablement élargir leur recherche aux travailleurs des pays de l’est voire de la Turquie et du Maghreb ou d’ailleurs. Le bénéfice en termes d’emplois pour la région pourrait s’avérer minime mais en revanche le prix à payer pour les Maubeugeois pourrait être lourd. Le ballet de dizaines puis de centaines de camions et portes-containers polluerait considérablement l’agglomération. Mais peut-être faudrait-il aussi déplorer la dégradation de dizaines de kilomètres de voiries et routes dont l’entretien et les travaux de réparation seraient à la charge des contribuables de Maubeuge et du département. Un aménagement des routes d’accès et la construction d’infrastructures plus adaptées s’avèreraient rapidement indispensables mais la facture que la collectivité devrait acquitter, se chiffrerait alors en dizaines de millions et pourrait se révéler supérieure à l’investissement finalement consacré à l’installation d’entrepôts et de quelques locaux d’activité. 

Dans le cadre d’«EuroSity » à Châteauroux, dans l'Indre, l’agglomération de Châteauroux avait prévu d’investir 91 millions sur 15 ans en achat de terrains, voieries et rénovation. Le  département de l’Indre devait mobiliser 15 millions d’euros pour les routes d’accès mais la promesse d’un investissement chinois de 200 millions d’euros ne s’est jamais concrétisée. De même, le financement de 150 millions d’euros, destiné à la première phase du non moins pharaonique projet « TerraLorraine » n’est guère parvenu jusqu’en Moselle.

Francis Journot 

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Précédents articles à propos d’«EuroSity » à Châteauroux et de « TerraLorraine » en Moselle: https://www.marianne.net/societe/nouvelles-villes-chinoises-en-france-un-scandale-industriel-annonce    

https://www.marianne.net/debattons/tribunes/nouvelles-villes-chinoises-en-france-deux-ans-plus-tard-ou-en-est-leur

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Ford, Ascoval; "Quand Macron et

Le Maire découvrent les dégâts

de leur propre ideologie"

FIGARO ECONOMIE Par Francis Journot   le 04/03/2019

Ford

Le Figaro/Tribune par Francis Journot, publiée le 4 mars 2019 - Après le refus de Ford d'accepter l'offre de reprise de son usine de Blanquefort, Francis Journot, ardent défenseur de la cause industrielle, dénonce l'angélisme du gouvernement qui, selon lui, s'indigne des dégâts liés à une idéologie qu'il continue de chérir.

A propos de la fermeture du site de production de Blanquefort (Gironde), le gouvernement a jugé l’attitude de Ford indigne, celle de l’Etat néerlandais après sa montée à 14 % du capital d’Air France/KLM inamicale et s’est estimé trompé lors de la reprise avortée d’Ascoval. Mais les reproches et la posture protectionniste envers les Pays-Bas peuvent toutefois étonner si l’on songe à l’énergie par ailleurs déployée par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire au cours des dernières semaines  pour  privatiser les fleurons français très profitables Aéroports de Paris (ADP), la Française des jeux (FDJ) et ENGIE. Il est également permis de douter d’une réelle préoccupation d’Emmanuel Macron pour le patrimoine industriel. Le jeune Secrétaire général adjoint de l’Elysée qui envisageait la vente du stratégique pôle énergie du fleuron industriel Alstom (65 000 salariés) à l’américain General Electric (GE) dès 2012, commandait alors discrètement un rapport au cabinet AT Kearney de Chicago en octobre. Puis favorisait lors de son passage à Bercy en tant que ministre de l’Economie, la cession du leader mondial des télécoms et réseaux Alcatel-Lucent (62 000 salariés) au norvégien Nokia et la fusion du spécialiste de l’ingénierie pétrolière et gazière Technip (37 500 salariés) avec le texan FMC mais le siège déménageait à Londres.

Depuis le début du quinquennat de l’ancien président de la république François Hollande, 1 millier d’usines comptant souvent plusieurs centaines d’ouvriers ont fermé et laissé de nombreux territoires exsangues. 1.5 à 2 millions d’emplois industriels directs, indirects et induits ont disparu en 10 ans. La fermeture des sites de production Ford et Ascoval  pourrait mettre au chômage 1 200 personnes et impacter encore trois fois plus d’emplois indirects et induits. Les 750 salariés des Fonderies du Poitou retenaient leur souffle ce jeudi 28 février en espérant un repreneur. Ces sujets s’invitent inopportunément dans l’actualité à moins de 3 mois des élections européennes mais le gouvernement ne changera pas sa politique économique pour autant. Cette dernière semble consister maintenant, à défaut de soutenir l’industrie française, à surtout encourager au moyen de subventions, une multiplication des FUSAC (fusions et acquisitions) pourtant souvent prédatrices, d’acheteurs étrangers. Certes, cela augmente l’investissement en France et permet de prétendre que l’élection d’Emmanuel Macron a généré une hausse de l’attractivité, mais ces aventures se soldent souvent par des fermetures d’usines. On peut en effet s’interroger à propos de l’angélisme de responsables politiques qui, après avoir introduit le loup dans la bergerie, s’indignent ensuite. Mais on ne peut alors empêcher les investisseurs d’estimer qu’en l’absence d’aides suffisantes, le maintien de l’activité sur le site français n’est plus économiquement justifié ou de disposer librement dans leurs pays respectifs, des brevets, marques et savoir-faire acquis dans l’hexagone.   

34 plans industriels et Usine du futur pendant la campagne d’Emmanuel Macron ou aujourd’hui plan d’accompagnement du renouveau industriel local pour 124 territoires, les projets de relance de l’industrie annoncés à grand renfort médiatique s’avèrent généralement peu efficaces. Faiblement financés, ils entretiennent surtout l’illusion d’une volonté industrielle destinée à masquer l’impuissance gouvernementale. Pour exemple, le dernier programme annoncé fin 2018 qui affiche l’ambition de couvrir 30 % du territoire et 48 % des emplois industriels, est doté de 1.3 milliard d’euros quand un plan structuré d’envergure qui comprendrait un investissement annuel de 10 à 15 milliards d’euros serait indispensable pour réindustrialiser et éradiquer un chômage de masse qui touche à des degrés divers, près de 10 millions de personnes. Si l’on considère qu’un bénéficiaire de minimas sociaux et un chômeur indemnisé coûtent respectivement à la collectivité, selon les dépenses connexes prises en compte, environ 10/12 000 et 30/32 000 euros (DPE) par an en moyenne, il apparait alors certain qu’il serait plus avisé de financer massivement l’activité au lieu de l’inactivité pour ainsi renouer avec un cercle économique vertueux. Certes, nous devrions pour cela prendre quelques libertés avec les règles de Bruxelles mais la Commission européenne n’ignore pas non plus qu’un affaiblissement continu de la deuxième économie de la zone euro conduira immanquablement à une mise en danger de l’ensemble de la construction européenne.

Les déficits budgétaires, la baisse du pouvoir d’achat, le chômage de masse et l’extrême pauvreté, la désertification et le recul des services publics ainsi que l’augmentation de la dette ne sont que les conséquences de choix politiques et économiques entamés il y a plusieurs décennies, préconisant l’abandon d’une industrie pourtant hautement structurante dans les territoires au profit des services. Le Grand Débat aurait pu constituer une chance historique de générer une union nationale autour d’un nouveau projet mais Emmanuel Macron reste  fidèle à cette vielle ligne idéologique.

Francis JOURNOT   

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Lettre au Président de la République

pour enfin réduire le chômage

FIGARO ECONOMIE Par Francis Journot   Publié le 05/09/2017

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Le Figaro/Tribune - La réduction du chômage ne se fera ni grâce à la Loi Travail, ni grâce aux nouvelles technologies( «industrie de demain»). Pour Francis Journot, le retour au plein-emploi doit se faire par la réindustrialisation de la France, et estime que plusieurs conditions sont réunies pour y arriver.

     

Face à la mondialisation, les missions de réflexion et les actions gouvernementales n’ont pas permis de juguler la désindustrialisation et le chômage de masse en France. Il nous faut désormais explorer de nouvelles voies plus adaptées, ambitieuses et innovantes, tout en renouant avec des fondamentaux de l’économie pour enfin mettre en œuvre une vraie stratégie industrielle française. C’est pourquoi je vous propose, après plusieurs années de recherche, le projet baptisé Collectivité nationale. Apres le Brexit et à l’approche des élections européennes de 2019, les instances de Bruxelles pourraient se montrer conciliantes. Ainsi, nous connaîtrions une hausse significative de l’activité et de l’emploi, une augmentation des recettes de l’Etat et une  diminution des déficits.      

L’impasse économique de la France     

Confrontées au dumping des pays à bas coûts, les industries manufacturières hier pourvoyeuses de nombreux emplois, continuent de disparaitre. Le déficit du commerce extérieur ne cesse d’augmenter depuis le début des années 2000 et bat un nouveau record. Il atteint 60 Mds dont 48.4 Mds pour l’industrie manufacturière. Aujourd’hui notre consommation enrichit surtout des concurrents économiques dont la Chine qui fait son marché parmi nos fleurons nationaux ou ce qu’il reste de notre industrie manufacturière. La théorie de la «destruction créatrice» de l’économiste Joseph Schumpeter, ne s’est hélas guère vérifiée en France. Il est peu certain que la création de quelques startups, suffise à pallier l’hécatombe industrielle et la disparition de plusieurs millions d’emplois. Désormais, le poids de l’impôt et des cotisations est grandissant et repose sur un nombre de plus en plus restreint de salariés et d’entreprises qui subséquemment, sont de moins en moins compétitives. Le coût du chômage, des minimas sociaux et des dépenses connexes affecte l’économie. Les déficits et la dette augmentent sans cesse. 

Le projet «Collectivité nationale»  

Aussi pour briser ce cercle vicieux et tenter de rééquilibrer l’économie française, il nous faut d’abord  rompre avec le postulat dichotomique d’industrie d’hier et de demain. En effet, la santé économique de la France et ses indicateurs dont la balance commerciale, ne font guère la distinction.Nous devons produire une part plus importante des biens que nous consommons et le défi consiste à penser un modèle économique permettant une diminution importante de leurs coûts de production et de commercialisation. 

Afin de réorganiser l’industrie, il convient de bâtir une structure économique investie de missions d’intérêt public dont certaines s’apparenteraient à celles anciennement dévolues au ministère de l’Industrie ou à la Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale (DATAR).

Outil de la collectivité rompu aux ingénieries industrielles et financières, acteur industriel dynamique et investisseur avisé doté d’une vision panoramique de l’industrie, l’entité économique dédiée,  s’attèlerait à la difficile tâche de création ou de renforcement de filières industrielles. Aux côtés des organes de financement de l’économie, les 7 pôles de développement de filières industrielles (PDFI) et le pôle financier favoriseraient en toute cohérence, la création et le développement d’entreprises industrielles et artisanales en synergies. Filières textile-habillement et cuir, luxe. Filières du bois et meubles, habitat, électroménager. Filières loisirs, sports, jouets. Filières environnement et développement durable, énergie. Filières robotique, machines-outils, équipements, transports. Filières numérique, informatique, logiciels et télécommunications. Filières produits chimiques, pharmacie, parapharmacie, cosmétologie. Les entreprises partenaires mais indépendantes, profiteraient de mécanismes de péréquation, d’une mutualisation des moyens et d’une pondération des coûts : modèle de gestion adapté, intranet, moyens de production partagés pour une modularisation et des économies d'échelle, R&D, formation, outils de logistique, de commercialisation et de distribution en France et dans le monde etc. 

Le groupe devrait donc se doter d’un socle financier solide et croissant, renforçant ainsi ses capacités d’intervention en faveur d’entreprises externes, dans des métiers certes parfois gourmands en main d’œuvre et moins profitables mais non moins vitaux en termes de réduction de chômage, des déficits et de rééquilibrage de la balance commerciale. Un chiffre d’affaire interne annuel de 15 à 25 Mds d’euros après quelques années, apparait indispensable. Il serait principalement réalisé dans des secteurs à haute valeur ajoutée de l’industrie, finance et services. Des activités relèveraient quelquefois de la dépense publique. Outre la coordination financière de l’ensemble, pourraient figurer parmi les fonctions du pôle financier, des activités assurantielles et bancaires avec la création ou la reprise d’une compagnie d’assurances, d’une banque et d’un fonds d’investissement. La structure aurait vocation à se développer rapidement pour atteindre en moins d’une décennie, une taille financière critique de 150 à 200 Mds, qui lui permettrait de corriger au mieux des déséquilibres économiques ou monétaires.    

Le rôle ou l’esprit du projet Collectivité nationale pourrait rappeler à certains égards mais avec un statut différent, celui de la Caisse d’amortissement des dettes créée en 1800, devenue ensuite Caisse de dépôts etconsignations (CDC)La dépense annuelle d’investissement de l’Etat dans le dispositif (dotations, subventions, prêts etc.) que l’on doit considérer comme un investissement générateur de croissance, avoisinerait 10 Mds d’euros, aujourd’hui empruntables à taux quasiment nul. Le groupe serait régi par le droit privé et sa création, financée sur fonds propres. Mais surtout abondé en fonds publics, il aurait légitimement vocation à devenir à terme, propriété de la collectivité nationale sans devenir pour autant une entreprise publique ou d’Etat dont le type d’administration pèserait, au détriment de la réactivité, sur les processus de décision. Néanmoins, celle-ci détiendrait, après l’inscription de son statut dans la constitution et conformément à ses prérogatives en tant que personne morale de droit public, un droit de regard qui devrait garantir durablement, quel que soient les futures influences politiques ou tentations, la pérennité de l’édifice. 

Un allègement de 50 % sur les cotisations des emplois de production

Les derniers plans ponctuels comme le plan de relance de 2009, le grand emprunt ou le CICE ont déjà couté près de 150 Mds aux contribuables mais n’ont pas produit les résultats escomptés. Selon les rapports de la Cour des Comptes, les 20 Mds d’euros consacrés en moyenne chaque année, n’auraient permis de créer ou de sauvegarder au gré des ans et plans, que quelques dizaines de milliers d’emplois et parfois moins de dix mille. Ces résultats ne représentent qu’une très faible proportion d’une population active de 18.5 millions de travailleurs dans le secteur marchand ou des 6.6 millions d’inscrits à Pole emploi et l’éradication du chômage nécessiterait plusieurs centaines d’années.  

Ainsi que l’expérience nous l’enseigne, une baisse mal ou peu ciblée, bien qu’exorbitante, peut répondre à des aspirations mais crée peu d’emploi. Aussi il est à craindre que la conversion envisagée du CICE en abaissement général et permanent de 6 points de cotisations patronales et  salariales, soit peu opérante sur l’emploi.

Pour être efficiente, une réduction du montant des cotisations doit être ciblée et lisible. Les effets d’une diminution de 50 % des cotisations salariales et patronales (dégressive à partir de 3600 euros brut) appliquée aux emplois de production en France (150 métiers des onze principaux secteurs de l'industrie manufacturière dont artisanat de production), seraient démultipliés car les postes industriels qui auraient été créés, génèreraient ensuite le plus souvent trois ou quatre fois plus d’emplois. Consubstantielle au projet Collectivité nationale, la mesure en renforcerait l’efficacité. 

De nombreuses entreprises industrielles ou artisanales verraient le jour et la restauration des marges sauverait des entreprises en difficulté. Une meilleure compétitivité de l’industrie gonflerait les carnets de commandes et nous pourrions tabler sur la création ou la sauvegarde de plusieurs centaines de milliers d’emplois directs, indirects et induits chaque année. Le coût de cet allègement qui pourrait, selon les critères d’éligibilité définis, se situer en 30 et 45 Mds s’avérerait cependant nul si l’on considère les économies ensuite réalisées. La suppression du CICE d’abord judicieusement destiné à l’industrie (rapport Gallois) mais ensuite détourné de sa cible, ferait économiser 20 Mds par an. Selon les chiffres de la DARES, le montant annuel des dépenses pour l’emploi (DPE) a franchi en 2014, la barre des 100 Mds d’euros.

Le nouveau dispositif remplacerait d’autres exonérations inefficientes et la diminution du nombre d’allocataires indemnisés participerait également à une importante réduction de la facture de l’Etat. De même, de faibles cotisations convaincraient des entreprises de privilégier la formation en leur sein et d’occasionner ainsi d’autres économies dans le budget aujourd’hui mal exploité de la formation professionnelle dont le montant atteint 34 Mds. Le message simple mais fort que constituerait une baisse de 50 % des charges dans l’industrie, convaincrait des entreprises qui hésitent ou renoncent actuellement à former et à recruter. Des banques prêteraient plus facilement aux artisans et industriels. Des investisseurs seraient davantage disposés à engager des capitaux dans les entreprises locales.

Cela pourrait marquer la naissance d’un pacte national d’adhésion à un projet fédérateur de reconstruction, propice à une réconciliation avec la politique gouvernementale, auquel pourraient souscrire  bon nombre de français. Jeunes ou moins jeunes en quête d’avenir professionnel, élus locaux luttant contre la désertification de leurs territoires, industriels souhaitant augmenter la part de leur production en France ou consommateurs, accueilleraient avec bienveillance un programme industriel sans équivalent depuis plusieurs décennies.   

Angela Merkel prête à céder du terrain ?

Le projet initial, publié en mai et juin 2016 sur le site du Figaro, était bâti sur l’hypothèse, d’une reconstruction de l’industrie française dans un contexte de disparition de l’euro et de l’UE mais  maintenant réadapté car une brèche dans le sacrosaint dogme du libre-échange prôné par l'UE, semble s’être récemment ouverte et peut-être convient-il de s’y engouffrer sans attendre. 

Apres le Brexit et un scrutin français qui lui a donné des sueurs froides, Angela Merkel déclarait pendant le dernier sommet européen, probablement en accord avec les dirigeants de l’UE : Nous voulons transformer l'union européenne pour qu'elle réponde aux exigences de la mondialisation. Qu'elle remette de la prospérité aux citoyens, de l'emploi. Avec des lois nationales, si nous pouvons le faire avec des textes simples. S'il faut des règles plus larges, peut-être faut-il modifier les traités».

La France n’a plus de stratégie industrielle depuis longtemps. Elle est ainsi devenue, parmi tous les pays d’Europe, le pays qui s’est le plus désindustrialisé. Maintenant, le poids de l’industrie dans le PIB allemand est deux fois plus important que celui de la France et l’excédent commercial de l’Allemagne atteint 252 Mds d’euros. Mais  Angela Merkel pourrait céder du terrain.

Avec un tel excèdent et un PIB de 3 000 Mds d’euros qui consacrent le règne sans partage de l’économie allemande sur l’Europe, la Chancelière prend conscience du risque d’isolement de son pays et de l’hostilité de partenaires européens qui jugent que l’Allemagne est impérialiste. Aussi on peut penser qu’Angela Merkel, si elle était réélue, voudrait atténuer l’image embarrassante de toute puissance allemande tout en continuant néanmoins, à peser de tout son poids sur la politique européenne. Elle aurait besoin pour cela, d’une France moins affaiblie pour donner l’illusion d’un couple solidaire. Aussi, elle ne s’opposerait guère, du moins pas ouvertement, à un programme français de  réindustrialisation.

Certes, la candidate à sa propre succession doit pour l’heure, afin de contenter son électorat, réclamer le respect du déficit public et une reforme Hartz en France même si elle n’ignore sans doute pas que la politique de Gerhard Schröder a joué un rôle moins important dans la compétitivité allemande que le recours massif à la main d’œuvre des pays à bas coûts d’Europe ou l’importation de pièces à plus bas prix pour la fabrication de machines-outils et de véhicules haut de gamme sans concurrence réelle dont les clients aisés acceptent généralement de payer le prix, quel que soit le taux de change de l’euro. 

Un calendrier propice au retour d’une stratégie industrielle française  

Evidemment, nous devrions, pour parvenir à nos fins, nous autoriser quelques libertés dans l’interprétation de certains articles dont celui qui interdit les aides d’Etat susceptibles de fausser la concurrence (article 107 du TFUE). Néanmoins, certaines dispositions semblent compatibles : «Promouvoir la réalisation d'un projet important d'intérêt européen commun ou remédier à une perturbation grave de l'économie d'un Etat membre » ou « Favoriser le développement économique de régions dans lesquelles le niveau de vie est anormalement bas ». La France est la deuxième économie de l’UE et la survie de cette dernière dépend de la situation de la France, actuellement proche de l’explosion sociale. On peut donc considérer que le programme collectivité nationale constituerait un projet d’intérêt européen susceptible de répondre à ces préoccupations. Par ailleurs, ainsi que l’a déjà fait Angela Merkel, nous pourrions, hors du cadre de l’UE, installer des mesures nationales tendant à corriger des abus ou à protéger notre industrie. Le 12 juillet 2017, la chancelière faisait voter un décret permettant d'empêcher la vente d'entreprises stratégiques allemandes à des investisseurs extra-européens. 

Le retour d’une stratégie industrielle française ne ferait guère l’unanimité mais avant l’élection européenne à haut risque de mai 2019, la Commission européenne pourrait se montrer accommodante. De plus, le projet de réindustrialisation  créerait  un grand nombre d’emplois en France mais aussi dans l’ensemble de l’espace européen car bon nombre de fabricants français, compte tenu de la disparition de fournisseurs ou de savoir-faire mais aussi pour réduire les coûts et ainsi élargir leur clientèle, doivent aujourd’hui couramment réaliser une part des opérations dans d’autres pays de l’UE.

Cependant, quel que soit la position de l’UE, la finalité d’une action, dans l’hypothèse d’une mise en œuvre du projet en janvier 2018, n’interviendrait pas avant trois années soit au plus tôt 2021 ou trois ans après les élections de mai 2019. Bruxelles ne pourrait pas alors exiger le démantèlement de la structure au service de la collectivité et l’abandon d’une stratégie industrielle qui aurait généré après 3 ans ou 5 ans, un ou deux millions  d’emplois directs, indirects et induits. Entre temps l’euro et l’UE auraient peut-être déjà succombé à leurs crises mais nous aurions ainsi gagné un, deux ou trois ans de reconstruction de l’industrie et de baisse du chômage.

Monsieur Macron, ni la loi travail, même si certains de ses aspects sont pertinents, ni l’antienne idéologique de l’industrie de demain, martelée depuis plusieurs décennies, ne permettront de résoudre les problématiques économiques françaises. La désindustrialisation n’est pas une fatalité et le modèle économique «Collectivité nationale» démontre que nous avons le choix. Une politique d’austérité affaiblirait notre pays mais une nouvelle stratégie industrielle non parcellaire,  pragmatique et volontaire permettrait d’enrayer le chômage de masse et le déclin de la France.     

Francis Journot     Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale                                                                                                                                        

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Macron bradera-t-il

l'industrie et la France ?

FIGARO ECONOMIE Par Francis Journot   Publié le 07/07/2017

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Le Figaro/Tribune - Pour Francis Journot, le nouveau pouvoir en place n'a pas de véritable ambition industrielle et « l'élection d'Emmanuel Macron peut faire craindre le pire » pour l'industrie française.

 

Le sens de l'État et de l'intérêt général semble de moins en moins peser dans les choix politiques. Notre pays est depuis quatre décennies, progressivement privé de ses prérogatives et dépossédé d'intérêts stratégiques mais l'élection d'Emmanuel Macron peut faire craindre le pire.

Une absence de vision et d’ambition industrielle   

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’est peu exprimé à propos de stratégie industrielle. Aussi faut-il se référer à la période durant laquelle il occupait successivement les postes de Secrétaire général adjoint à l’Elysée et de ministre de l’Economie et de l’Industrie. Mandaté par le gouvernement, le cabinet américain McKinsey élaborait 34 plans industriels. Le programme mutait ensuite vers 10 solutions de la nouvelle France industrielle, puis l’Usine du Futur et enfin l’industrie du Futur que des start-up pourraient générer. Néanmoins, on peut penser que ces plans industriels sans lendemain, faiblement financés mais annoncés à grand renfort médiatique, étaient surtout destinés à entretenir l’illusion d’une volonté industrielle.    

Les dirigeants n’ont probablement pas attendu les recommandations de l’ancien inspecteur des Finances pour envisager de moderniser leurs usines mais en suggérant un manque d’anticipation des entreprises, la responsabilité gouvernementale en matière de désindustrialisation était ainsi atténuée. Il n’est pas certain que l’homme pressé ait réellement appréhendé la complexité et le temps long du développement industriel ou les conséquences de la disparition de géants technologiques parfois centenaires.

Dans une tribune publiée en septembre 2011 dans "Marianne", nous interrogions, " Le PS veut-il vraiment réindustrialiser la France ? ". Mais au lendemain de l’élection de François Hollande, le profil des plus proches conseillers dont celui du poulain de Jacques Attali, ne nous permettait plus d’espérer raisonnablement une politique de réindustrialisation même si la nomination d’Arnaud Montebourg au ministère de l’Economie, pouvait donner le change. On observe dans le nouveau gouvernement,  l’absence de ministère ou de secrétariat d’Etat dédié à l’industrie et on peut subodorer que cette dernière sera souvent oubliée.  

Industries du futur contre industries d’hier ?                 

Le pragmatisme doit primer et Il ne semble guère pertinent d’opposer une industrie du futur certes plus compétitive mais qui ne crée que peu d’emploi, à des activités susceptibles de procurer du travail à une abondante main d’œuvre souvent peu diplômée et peu qualifiée dont le nombre croissant et le ressentiment de plus en plus difficile à contenir, aggraveront les désordres économiques. Il convient de chercher un équilibre dans un marché du travail devenant bipolaire. 

La dédaigneuse et récurrente assertion selon laquelle nous devrions considérer les industries manufacturières des biens de consommation comme dépassées, est significative d’une volonté manifeste de condamner celles-ci à la disparition. Dès le début des années soixante-dix, le discours politique conseillait un abandon de la production de nos biens de consommation aux pays émergents et promettait déjà une nouvelle France industrielle. Puis la politique industrielle préconisée au début des années 2000 par le PDG d’Alcatel Serge Tchuruk faisait également école. Le dirigeant du numéro un mondial de la fibre optique et géant des télécom avec 130 sites industriels et 150 000 salariés, avait déclaré  "Alcatel doit devenir une entreprise sans usine". 30 usines et 58 000 salariés étaient rescapés du naufrage industriel.

D’autres groupes industriels choisissaient aussi de confier leur production à des sous-traitants de pays à bas coûts au lieu de continuer à investir dans leurs usines. La France compte maintenant cinq fois moins de robots industriels que l’Allemagne et deux fois moins que l’Italie. Certes, les PME et ETI de l’industrie souhaitent rénover leurs installations mais les banques rechignent à financer des investissements lourds de sous-traitants qui ne peuvent garantir que les donneurs d’ordres rempliront les carnets de commandes. En 2008, les Etats généraux de l’industrie ont exclu des secteurs entiers de l’industrie manufacturière des biens de consommation dont les métiers disparaissent désormais, faute de financements publics et privés. 

L’idéologie a remplacé la stratégie industrielle et la politique adoptée ne s’appuie guère sur un fondement économique sérieux. L’économie d’un pays qui ne produit plus repose sur des sables mouvants. Le secteur des services n’échappe pas non plus aux délocalisations et les startups créées ne  comblent guère le déficit de croissance et d’emploi. En témoignent maintenant, le déséquilibre de notre balance commerciale, le poids croissant de l’impôt et de cotisations pesant sur un nombre de plus en plus restreint de salariés et d’entreprises qui subséquemment, sont de moins en moins compétitives, le coût d’un chômage qui plombe toute l’économie puis l’augmentation des déficits et de la dette. Le dogme du libre-échange dérégulé, invoque souvent un manque de compétitivité cependant pas toujours avéré et occulte les coûts cachés. 

Il serait pourtant tout à fait possible, en usant des mécanismes de mutualisation et de péréquation que nous préconisons, de produire à nouveau en France, une part plus importante de nos biens de consommation. 

Pour juguler l’hémorragie, il faut d’abord une volonté politique  

Une volonté politique de protéger les entreprises françaises existantes de l’assaut de fonds prédateurs ou de groupes hostiles, est indispensable. Certes, depuis le traité de Maastricht, les restrictions relatives aux mouvements de capitaux entre états membres ou pays tiers sont interdites mais nous pourrions pourtant dans certains cas, parvenir à protéger nos entreprises ainsi  qu’Arnaud Montebourg avait tenté de le faire avec le décret de mai 2014 protégeant les intérêts stratégiques. 

Autre exemple, le démantèlement de l’empire Taittinger depuis son acquisition  en 2005 par le fonds d’investissement américain Starwood. La famille Taittinger avait été contrainte à la vente de ses biens pour s’acquitter de l’ISF. Elle avait finalement empoché 428 millions d’euros avant impôts mais la vente par appartement aura rapporté 7 à 8 fois plus à Starwood. La cristallerie Baccarat créée sous Louis XV qui est passée sous pavillon chinois moins de trois semaines après l’investiture d’Emmanuel Macron, pourrait symboliser la politique gouvernementale passée et à venir. La vente du célèbre cristallier au fonds chinois Fortune fountain capital (FFC) clôture la liste qui comprenait déjà la marque de champagne éponyme et les parfums Annick Goutal mais aussi les palaces Le Martinez, Le Crillon, Le Palais de la Méditerranée, les cinq étoiles Concorde, l’Hôtel du Louvres et Le Lutetia, vendus pour la plupart à des investisseurs Qataris. Les 1120 hôtels du groupe Louvres Hôtels (enseignes Première Classe, Kyriad, Campanile, Tulip in, Golden et Royal) ont été cédés en mars 2015 au fonds chinois Jin Jiang, propriété de la municipalité  de Shanghai, avec la bénédiction des ministres Laurent Fabius et Emmanuel Macron. Encouragé par ce succès, le fonds de Shanghai veut maintenant mettre la main sur le premier groupe hôtelier français Accor qui compte 4 100 hôtels et 240 000 collaborateurs.                                                                       

Les industries high-tech ne sont pas davantage à l’abri de la vente ou de la délocalisation de leur activité. Lors de son passage à Bercy, Emmanuel Macron a également favorisé la vente du stratégique pôle énergie du fleuron industriel Alstom (65 000 salariés) à l’américain General Electric (GE), celle du leader mondial des télécoms et réseaux Alcatel-Lucent (62 000 salariés) au norvégien  Nokia et la fusion du spécialiste de l’ingénierie pétrolière et gazière Technip (37 500 salariés) avec le texan FMC et le déménagement du siège à Londres.

Ces fautes stratégiques majeures apparaissent d’autant plus incompréhensibles que nous évoluons dans un climat de guerre économique mondiale particulièrement prédatrice envers l’industrie française et que nous avons déjà subi la perte de nombreux poids lourds de l’économie.

Plan d’austérité, blocage du pays puis braderie des biens de l’Etat, l’histoire pourrait se répéter    

Le président Macron a promis à la chancelière Merkel de rester en dessous du plafond de 3 % de déficit budgétaire et d’appliquer les mesures d’austérité conformes aux grandes orientations de politique européenne (GOPE). Mais l’histoire se répétera-elle ?  Le premier ministre Edouard Philippe sera-t-il  bientôt confronté à des difficultés semblables à celles rencontrées par son mentor politique Alain Juppé,  autrefois premier ministre sous la présidence de Jacques Chirac ?   

En septembre 1995, le chef du gouvernement s’engageait auprès de Bruxelles à ramener en 2 ans le déficit public à 3 % du PIB mais en décembre près de 2 millions de français descendaient dans la rue pour protester contre son plan d’austérité. Afin de respecter la limite de déficit imposée par le traité de Maastricht, Il vendait des entreprises industrielles pour renflouer les caisses. Mais la privatisation du joyau Pechiney (aluminium) ne rapportait que 3,8 Mds de francs à l’État. Usinor-Sacilor n’était vendu que 10 Mds alors que le développement et les sauvetages successifs de la sidérurgie avaient couté plus de 100 Mds de francs aux contribuables français. Puis la première compagnie maritime française (CGM) était cédée pour seulement 20 millions après que l’Etat ait injecté 1,2 Md. Alain Juppé tentait en vain, la même année, de vendre au Sud-Coréen Daewoo, pour 1 franc symbolique, le fleuron technologique national Thomson après une recapitalisation de l’Etat à hauteur de 11 Mds de francs. 

Gestion budgétaire  à la petite semaine                  

La dette publique de la France s’élève à  2 200 Mds auxquels il faut rajouter les engagements hors bilan de l’Etat dont le montant dépasse 3 000 Mds d’euros. Selon une communication de la Cour des comptes au Sénat, fin 2012 un engagement de 1679 Mds concernait les pensions de retraite des fonctionnaires, personnels des armées et agents de la poste et 1 400 Mds relevaient de garanties financières à destination d’acteurs économiques. Par ailleurs, le paiement des intérêts de la dette (charge de la dette) qui avoisine 50 Mds d’euros depuis quelques années, constitue souvent le premier ou deuxième poste de dépenses de l’État. Lorsque l’on ajoute un remboursement annuel moyen de capital de 100 Mds, les annuités (service de la dette) atteignent 150 Mds d’euros soit l’équivalent de la totalité de la dotation annuelle de l’éducation, défense, santé, emploi, justice, etc.  

La vente de participations de l’Etat dans les entreprises, ne désendetterait  pas notre pays de façon significative, n’assurerait guère la sauvegarde de notre modèle social et ne nous exonérait pas non plus de l’austérité. Seul un changement de paradigme économique incluant une relance massive de la production de biens en France, nous permettrait de renouer avec une vraie croissance susceptible de faire reculer le chômage, le déficit public et la dette.

Mais le rythme des cessions de biens publics ne ralentit pas. La loi Macron d’aout 2015 a permis la privatisation de plusieurs aéroports. Ainsi l’Etat français a cédé au consortium chinois Casil, 49.9 % du capital de l’aéroport Toulouse - Blagnac (ATB) pour un montant de 308 millions d’euros. Désormais, conformément au pacte d’actionnaires, le conglomérat chinois contrôle le quatrième aéroport régional français dont il est maintenant accusé d’en piller les réserves et de préparer l’éviction des autres actionnaires.  La privatisation des aéroports  de Lyon et Nice a rapporté 1.76 Md d’euros et l’Etat a encore récolté 738 millions d’euros lors de la vente de 9.5 % des parts des Aéroports de Paris (ADP) puis à la fin de l’an dernier, Bercy avait même envisagé la cession de la moitié des 51 % encore détenus.

Après la dilapidation d’une part importante de notre patrimoine au cours des dernières années, on peut redouter que l’ancien banquier d’affaires ne vende au gré des sollicitations de la Commission européenne et à tour de bras, d’autres biens de la collectivité dont une majeure partie des 100 Mds d’euros de participations de l’état dans des entreprises parfois stratégiques, toujours plus d’immobilier,  notre réserve d’or et peut être à l’instar de la Grèce, des ports maritimes, des forêts ou des sites culturels et historiques.

Francis Journot

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

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Après 40 ans d’échec, les conférences climat

doivent changer de stratégie !

ClimatLe Figaro/Tribune par Francis Journot, publiée le 31 janvier 2019 - La première COP climat a été organisée par l’ONU à Genève en 1979. Cette même année a aussi vu l’aboutissement du cycle de Tokyo dans le cadre du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers institué en 1947). Cette étape déterminante du premier traité de libre-échange de l’histoire a induit une accélération sans précédent de la production à bas coût et du consumérisme mais aussi de ses effets pervers sur l’environnement. Certes, nous ne parviendrons pas à réparer ces dégâts mais après l’échec des COP au cours des 40 dernières années, nous devons néanmoins tenter à nouveau de concilier libre-échange, diminution de la pauvreté et sauvegarde de l’environnement.

Défiance et green washing à la COP 24

En décembre 2018, la COP 24 devait permettre de finaliser les accords de Paris de 2015 mais si l’on en juge par l’absence de la plupart des 138 chefs d’Etats et de gouvernements qui étaient attendus et un résultat décevant, on ne peut que constater de la défiance envers la stratégie climatique. Mais les accords de Paris ont-ils encore un sens lorsqu’ils sont boudés par la première puissance mondiale et foulés aux pieds par la deuxième, obsédée par le maintien d’une haute croissance et surtout avide  d’opportunités industrielles comme celles des batteries électriques, des panneaux solaires et des éoliennes dont elle possède maintenant les monopoles. Les autres pays ne sont pas davantage vertueux. L’Allemagne, première économie de l’UE continue, comme de nombreux autres pays, d’investir dans le secteur du charbon qui constitue à l’échelle mondiale 44% des émissions de gaz à effet de serre. Cette industrie en a profité pour faire son green washing et la conférence était parrainée par le polonais JSW, 1er producteur de charbon d’Europe. 

L’industrie textile a également souhaité améliorer son image car elle occupe la deuxième place au rang des industries les plus polluantes derrière celle du pétrole et a contribué, depuis l’avènement de la fast fashion ou mode jetable, à des centaines de catastrophes écologiques. Elle rejette chaque année   500 000 tonnes de microfibres dans les océans et a encore recours à des conditions de travail proches de l’esclavage avec des salaires parfois inférieurs à 50 ou 100 euros. Représentée par 43 groupes de la mode, celle-ci a signé une charte pour la diminution d’ici 2050, de ses émissions de GES. Mais le nombre de vêtements et accessoires fabriqués a cependant doublé en 15 ans pour atteindre maintenant le chiffre de 100 milliards d’articles par an et 10 % des émissions de CO2. Ces chiffres pourraient encore doubler au cours des 20 ou 30 prochaines années selon l’ONU Environnement : «Si rien ne change, d'ici 2050, l'industrie de la mode consommera un quart du budget carbone mondial ».

Pourquoi les COP climat ne peuvent réussir    

Le nombre élevé de pays climato septiques et l’influence économique de plusieurs d’entre eux, vouent irrémédiablement ces sommets mondiaux à l’échec. Le titre même de Conférence sur le climat qui présuppose une origine anthropique et le contenu des accords de Paris focalisé sur le réchauffement du climat, sont contre productifs. Ils occultent les divisions et relèguent au deuxième plan, la question des autres problématiques environnementales qui pourtant, pourrait plus aisément rassembler. Le rapport alarmiste du GIEC, n’a pas permis de réduire le camp du scepticisme et l’opiniâtre Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres a dû prolonger de 28 heures la dernière COP pour obtenir au forceps quelques engagements non contraignants. La fracture ne s’estompera pas lors des prochaines COP et peut-être convient-il aussi de rompre avec une vision idéologique et manichéenne qui encourage une opposition « Nord Sud ». L’industrie s’est  surtout développée à partir du début du XXème siècle mais les dommages causés à l’environnement l’ont été principalement au cours des quatre ou cinq dernières décennies.

Aussi, des Etats estiment que dans un contexte de guerre économique permanente exacerbée par la mondialisation promue par le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) puis l’OMC, il est peu cohérent de leur reprocher maintenant d’avoir suivi ce modèle économique qui était, il y a 40 ans, également plébiscité par des pays émergents ou en développement, même si certains en ont ensuite beaucoup plus profité que d’autres. A la fin du cycle de Tokyo en 1979, 102 pays signataires adhéraient à ce choix de société qui préconisait la course à la croissance et promettait la prospérité. Les accords portaient alors sur 300 Mds de dollars d’échanges au lieu de 40 Mds lors du cycle précédent. Certes, chacun souhaitait bien légitimement pour son pays, le développement et le recul de la pauvreté, mais le risque de conséquences désastreuses dont le saccage de l’environnement, la destruction de la biodiversité et une augmentation des émissions de CO2, était déjà connu. 60 autres Etats les rejoignaient au cours de décennies suivantes. Il est peu surprenant que les pays développés du Nord jugés maintenant par les accords de Paris, grands responsables du réchauffement climatique devant à ce titre financer la transition énergétique des pays du Sud à hauteur de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, ne se précipitent pas à ces réunions mondiales ou rechignent à faire des chèques d’autant qu’une part importante d’entre eux ne se sent pas responsable du climat. Il serait plus consensuel de rebaptiser les COP. Un contenu moins idéologique n’entretenant plus de confusion entre les divers sujets, comportant de nouvelles propositions et proposant un nouvel éclairage sous l’angle des thématiques moins clivantes et concrètes du risque démographique, de la dévastation de l’environnement et de la disparition des espèces que nul ne pourra contester, recrédibiliserait ces conférences tout en permettant de lutter plus efficacement contre les émissions de GES. 

Transition énergétique et voitures électriques : solutions pérennes ou illusion ?  

On peut regretter que des partis politiques et des ONG de l’écologie se soient emparés du thème du réchauffement climatique pour en faire leur cheval de bataille et un outil d’influence sur les politiques intérieures. Celui-ci phagocyte maintenant le débat environnemental. Les propositions qui semblent davantage dictées par une idéologie politique que par un intérêt pour l’humanité, apparaissent souvent peu réalistes. Elles sont loin de faire l’unanimité lorsqu’elles réclament toujours plus de taxes énergétiques à l’encontre des consommateurs et des entreprises. Le discours prône la fermeture de centrales à énergies fossiles mais aussi dans certains pays celle de centrales nucléaires qui pourtant fournissent une électricité peu carbonée. Mais disposons-nous aujourd’hui des outils nécessaires à une transition ? Certes les énergies fossiles sont polluantes et les déchets nucléaires difficiles à stocker mais les énergies solaire et éolienne ne peuvent actuellement constituer dans les pays développés, compte tenu de leur caractère intermittent, que des solutions complémentaires. L’adoption progressive de ce modèle économique dont la pertinence n’a jamais été démontrée, pourrait cependant provoquer une hausse importante du prix de l’énergie. Il convient également d’être réservé à propos du gain écologique mondial que pourraient procurer des automobiles apparemment plus propres mais dont l’électricité serait en réalité souvent issue du charbon, fioul ou gaz dans des pays frontaliers ou non. Les émissions diminueraient dans les métropoles de pays disposant de centrales nucléaires mais la pollution traverse les frontières. On peut aussi craindre le risque écologique d’un remplacement anticipé en quelques années, d’une part importante d’un parc comptant près d’un milliard de voitures en état de marche, au regard de l’extraction des matières premières nécessaires, des émissions de GES qui seraient générées par la production de milliards de tonnes de matériaux, la gestion des déchets automobiles et des nouvelles batteries électriques que nous ne savons pas encore recycler et d’un ballet de porte-containers qui participeraient également à la pollution de l’environnement. L’arrivée sur le marché de l’occasion de dizaines de millions d’automobiles supplémentaires par an souvent ensuite exportées (actuellement 4 à 5 millions de véhicules européens sont exportés vers l’Afrique chaque année), contribuerait à l’asphyxie de nouvelles villes.

Quand le prétexte de l’écologie sert la fiscalité      

La taxe carbone qui s’inspire du principe pollueur payeur apparu en 1972, se révèle inefficiente. Les groupes internationaux parviennent souvent à s’en exonérer et elle alourdit surtout le fardeau d’entreprises locales et de consommateurs de 21 pays dont 17 situés en Europe sans pour autant parvenir à réduire le consumérisme. En France, la révolte des « gilets jaunes » s’est amorcée à la suite d’une hausse annuelle prévue de 3.7 Mds d’euros de la fiscalité sur les carburants présentée pour financer la transition énergétique. Mais parmi les 37.7 milliards d’euros qui devaient être collectés en 2019 au titre de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) 7.2 Mds soit 19.1%  seulement était affecté à la transition. On ne peut s’étonner que  des automobilistes qui peinent déjà à payer leur nourriture et l’énergie vitale, se soulèvent lorsque le gouvernement veut les contraindre à s’endetter pour l’acquisition de voitures électriques ou de nouvelles chaudières.     

Pénuries et boulversements économiques

L’environnement paie un lourd tribut pour chaque article produit et on peut facilement imaginer, compte tenu de la démographie, que les ressources de notre planète vont s’épuiser rapidement. Si on prend le cas d’un simple tee-shirt, l’emprunte carbone avoisine 10 kilos de la production à la destruction, la culture de son coton peut exiger 3 000 litres d’eau et son parcours peut atteindre plusieurs dizaine de milliers de kilomètres. Dans le domaine des métaux, « 99.9 % des ressources théoriques resteront inexploitables » selon les physiciens Robert Underwood Ayres et Brian Skinner (MIT). La diminution rapide des réserves depuis 50 ans, la criticalité ou les prévisions de raréfaction au cours des prochaines années et décennies, d’une vingtaine de métaux rares et précieux aujourd’hui indispensables à la production exponentielle de l’industrie électronique, peuvent faire redouter un futur impact sur une économie mondiale très numérisée et de plus en plus automatisée. L’économiste et mathématicien Nicholas Georgescu-Roegen prévenait déjà en 1979 «C’est une illusion de la pensée linéaire, de la mythologie moderne du progrès et du développement de croire cette abondance sans conséquences écologiques et sans limites.» Les pénuries bouleverseraient notre quotidien et pourraient causer un chaos bien plus rapidement que le réchauffement climatique. Des Etats, populations et entreprises, subiraient les effets de krachs financiers à répétition et les conflits se multiplieraient. Nous devons économiser nos réserves pour retarder ces dommages mais en revanche, peut-être échapperons nous à un futur de science-fiction, déshumanisé et peuplé de machines.  

Créer des mécanismes économiques pour consommer moins mais mieux

Rien ne semble pouvoir modérer la surconsommation. Les marches et les pétitions climat, qui, bien que médiatisées, ne mobilisent qu’une part infime des populations. Elles n’influent guère sur un modèle du libre-échange dérèglementé qui favorise la production low-cost et une offre imposée à laquelle les consommateurs se conforment généralement. La taxe carbone est refusée par la plupart des pays. Un rétablissement des barrières douanières tarifaires ou non est à court terme peu envisageable si l’on pense aux chaines d’approvisionnement de produits souvent made in world et à d’éventuelles chutes soudaines de croissance qui déstabiliseraient l’économie de nombreux états. Quant aux COP, elles échouent depuis 40 ans. Alors sommes-nous dans une impasse ? Pourtant, il nous faut impérativement, afin de réduire les dégâts, penser des solutions économiques pragmatiques, rapidement opérationnelles et surtout, capables de rassembler. En économie mondialisée les solutions sont surtout globales et la taxation en aval a montré ses limites. Nous pourrions, afin de réduire notre consommation de produits jetables ou obsolescents, user en amont de la production, de mécanismes économiques susceptibles de guider les entreprises industrielles vers une revalorisation de leur production.  Si l’on choisit l’exemple de la mode, lorsque le coût de main d’œuvre est insignifiant, les matières utilisées sont souvent de qualité médiocre. Ces produits à bas coûts, revendus en tant que bas et moyen de gamme mais parfois haut de gamme, d’abord proposés à fort coefficient, sont souvent ensuite bradés ou couramment détruits. Une augmentation du coût salarial pourrait générer un nouveau regard, une valorisation des produits et un recul du jetable. 

Par conséquent, un salaire minimum mondial offrant 5 à 7 niveaux de compatibilité avec les économies des pays concernés, d’abord sectoriel, progressif et spécifique à la production principalement destinée à l’exportation vers l’UE et les USA, génèrerait une montée globale en qualité des articles et recréerait des équilibres sans pour autant impacter durement les prix payés par les consommateurs occidentaux si l’on considère aussi qu’il n’est pas rare qu’un article soit actuellement vendu 10 ou 20 fois son prix de revient sorti d’usine et que la concurrence effrénée dans l’industrie manufacturière des biens de consommation, régulerait les prix. Compte tenu d’une hausse des salaires qui ne concernerait qu’une part des populations et d’une augmentation de la valeur ajoutée des produits qui pourrait compenser une diminution des volumes, la nature et la structure de croissance des pays producteurs muteraient plus ou moins selon les secteurs d’activité occupés mais les états ne devraient pas déplorer de brusques bouleversements économiques. Le projet International Convention for a Global Minimum Wage initié en 2013, bénéficie d’un réseau mondial de 2 000 économistes vraisemblablement favorables à une réflexion sur les propositions émises. On trouve parmi ceux-ci, bon nombre de chercheurs et professeurs qui enseignent dans les universités américaines de l’Ivy League (Harvard, Yale, Columbia, Cornell…) ou à Stanford, Berkeley, au MIT et dans d’autres écoles prestigieuses mais aussi plusieurs centaines d’économistes travaillant dans des institutions internationales telles que l’ONU, l’OMC, la Banque Mondiale, le FMI, le Forum Economique Mondial ou l’OIT. Le salaire minimum mondial pourrait marquer le début d’une riche réflexion économique si elle est en outre éthique et philosophique. Cela pourrait constituer un point de convergence entre l’OMC attachée à la politique de libre-échange mais plus que jamais consciente de ses effets pervers depuis que les appels à un changement de paradigme se multiplient et l’ONU en quête de solutions capables de ralentir les ravages exercés à l’encontre de la planète et de réduire les inégalités.   

Francis JOURNOT  

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

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Le bateau France

sous pavillon chinois ?

FIGARO ECONOMIE Par Francis Journot   Publié le 28/10/2016 

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Le Figaro/Tribune - Le gouvernement allemand vient de s'opposer au rachat d'une entreprise technologique par des Chinois. Pour Francis Journot, il est urgent que la France se pose cette question alors qu'elle est un objet privilégié des investissements de Pékin.

Le modèle économique d'une France sans usines qui en revanche bénéficierait d'un tourisme dopé par les classes moyennes des pays émergents, semble avoir pris du plomb dans l'aile. Le pavillon chinois pourrait bientôt flotter sur les fleurons français du tourisme et des loisirs!

Hôtels Sofitel, Novotel, Mercure, Ibis… bientôt chinois?

En mars 2015, le groupe hôtelier Jin Jiang, propriété de la ville de Shanghai, a déboursé 1.3 milliards pour l'achat de Louvres hôtels, deuxième groupe hôtelier européen (1120 hôtels aux enseignes Première Classe, Kyriad, Campanile, Tulip inn, Golden et Royal). Yu Minliang, président du groupe chinois, avait alors annoncé au ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, sa volonté de faire de la France la plateforme de son groupe en Europe.

Le Chinois détient depuis fin mai 2016, 15 % de la chaîne d'hôtels Accor, premier opérateur hôtelier européen et sixième au rang mondial (3 800 hôtels Ibis Hôtel, Sofitel, Mercure, Novotel, Formule 1, Pullman…). Jin Jiang est maintenant le premier actionnaire et pourrait monter à 29 % du capital.

Tout en continuant à dérouler le tapis rouge aux investissements chinois, l'État s'inquiète maintenant d'une prise de contrôle rampante d'Accor. Le groupe pourrait bientôt venir grossir le nombre d'entreprises du CAC 40 qui ont quitté le giron français depuis le début du quinquennat, noircissant ainsi un peu plus le bilan économique du gouvernement. Afin de s'opposer aux velléités de mainmise chinoise, une entrée de l'État au capital à hauteur de 10 % a été envisagée.

Bataille boursière entre groupes chinois

Après Jin Jiang, un deuxième loup pourrait pénétrer dans la bergerie. Selon le JDD, Sébastien Bazin, PDG d'Accor Hôtels, serait maintenant en contact avec le conglomérat chinois HNA group. Ce dernier pourrait entrer dans la bataille boursière et s'opposer à son concurrent chinois. Les actions du groupe français monteraient mais l'issue s'avérerait incertaine.

HNA affiche des ambitions internationales depuis plusieurs années. Outre ses autres emplettes à travers le monde, il s'était déjà offert en 2012, pour quelques dizaines de millions d'euros, 48 % d'Aigle Azur, deuxième compagnie aérienne française derrière Air France.

Puis en novembre 2015, après avoir tenté en vain d'acheter le voyagiste français Fram, devenait actionnaire à hauteur de 10 % du capital de Pierre et Vacances - Center Parcs mais s'octroyait, avec 60 % du capital, le contrôle de la coentreprise créée pour développer les activités en Chine.

Fin mai 2016, après son OPA sur GateGroup, géant suisse de la restauration à bord, le groupe chinois raflait ensuite, face au groupe toulousain Newrest, 49.9 % des parts de Servair, filiale de la restauration d'Air France.

Le leader européen des loisirs également convoité

Pour compléter le tableau des acquisitions ou participations chinoises dans le secteur du tourisme, Le groupe chinois Fosun a acheté le club Med en 2015 et convoite maintenant La compagnie des Alpes. En juin 2016, le journal Le Monde dévoilait une négociation au terme de laquelle Fosun pourrait prendre une participation de 10 à 15 % du leader européen des loisirs qui exploite onze des plus grands domaines skiables dont Tignes, Val d'Isère, Les Menuires, Méribel, les Arcs ou la plagne mais aussi des parcs de loisirs dont le Futuroscope de Poitiers, le Parc Astérix et Walibi ou les musées Grévin. Le PDG Dominique Marcel déclarait ces jours-ci au Dauphiné Libéré, être également en discussion avec d'autres partenaires.

Terminons, bien que la liste ne soit guère exhaustive, avec le fonds Kai Yuan Holdings qui a acheté l'hôtel Marriott des Champs Elysées en 2014 et l'État français qui cédait 49.99 % de l'aéroport de Toulouse - Blagnac au consortium chinois Casil Europe, pour un montant de 308 millions d'euros.

Ainsi, les dépenses des touristes chinois, même lorsqu'elles seront réalisées en France, seront souvent captées par des intérêts chinois, dans le secteur du tourisme mais aussi dans d'autres secteurs. Pour exemple, le groupe textile chinois Shandong Ruyi Technology a acquis récemment pour 1.3 md d'euros, l'entreprise d'habillement SMCP qui regroupe les trois marques françaises dites de «luxe accessible», Sandro, Maje et Claudie Pierlot (1 118 points de vente dans le monde).

Derrière les sociétés d'État, la stratégie de Pékin

Afin de pallier rapidement la baisse de croissance chinoise, le gouvernement de Pékin missionne en Europe, un nombre croissant d'entreprises chinoises.

Celles-ci sont souvent des sociétés d'État (SOE) qui constituent ensemble près de 65 % du PIB chinois et représentent 70 % des investissements effectués à l'étranger. En août 2016, dans un article publié dans Marianne, Nouvelles villes chinoises en France: deux ans plus tard, où en est leur implantation? , nous attirions l'attention sur ce risque.

L'État chinois dispose de capitaux illimités et pourrait à terme, s'emparer, dans les pays occidentaux et plus particulièrement dans les pays les plus accueillants d'Europe dont la France, d'intérêts stratégiques.

Le secteur de l'énergie constitue une cible prioritaire. Le fonds souverain China Investment Corporation (CIC) avance ses pions depuis 2011 et possède maintenant une participation de 30 % dans la branche exploration-production de GDF Suez.

Par ailleurs, il est à craindre que d'éventuelles complications dans la réalisation du chantier à haut risque des EPR d'Hinkley Point, mettent en péril EDF et Areva déjà au bord du gouffre. Les partenaires et actionnaires CNNC (China National Nuclear Corporation) et CGN (China General Nuclear Power Corporation, postés en embuscade au nom d'une guerre économique chinoise sans merci, tireraient très certainement profit des difficultés voire à terme, d'un démantèlement de la filière française de l'énergie. L'empressement de la Chine qui exhortait Londres à donner son feu vert devrait nous alerter. En abandonnant notre indépendance énergétique à l'État chinois, nous hypothéquerions pour longtemps notre avenir économique mais aussi notre sûreté nucléaire.

Francis JOURNOT   Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

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Nouvelles villes chinoises en France :

deux ans plus tard, où en est leur

implantation ?

Par Francis Journot       publié le 9 aoùt 2016

11352 100244948                                                                 Capture d'écran d'EuroSity

 
Dans une tribune parue en octobre 2014 dans "Marianne", Francis Journot tirait la sonnette d’alarme à propos de projets d’implantation de milliers d’entreprises chinoises au sein des mégazones EuroSity à Châteauroux, dans l'Indre, et TerraLorraine en Moselle. Qu’en est-il deux ans plus tard ? 

Châteauroux, bientôt premier  entrepôt européen du "made in China" ?

Les dernières autorisations d’installation d’une au cœur de la communauté d’agglomérations de Châteauroux, sont attendues cet été. La base logistique pourrait voir le jour avant la fin de l’année. Elle serait érigée au sein d’une surface totale de 4.4 millions de mètres carrés, située à Ozans et principalement dédiée à l’importation de produits «made in China» en Europe. Une ligne directe Chine-Châteauroux desservirait l’ancien aéroport de l’OTAN implanté dans la zone.

Nous avions, lors de la rédaction de l’, mis en garde les acteurs publics contre le danger de ce projet habillé pour faire bonne figure. La promesse d’investissement en 2012 de avait déjà été divisée par deux en deux ans. Depuis le projet a été amputé et les Chinois n’apporteront pas les 200 millions qu’ils avaient promis en juin 2014. En effet, il apparait aujourd’hui, que les improbables usines et leurs emplois industriels ne verront pas le jour et que la transformation du Château d’Ozans en hôtel 4 étoiles est oubliée. Le projet de nouvelle université qui devait abriter 6 000 à 8 000 étudiants a été revu à la baisse. Les anciens bâtiments militaires de la Martinerie ont été réquisitionnés et seront décorés avec des éléments récupérés dans d’anciennes expositions. Ainsi, les 50 élèves chinois de la rentrée 2016 trouveront refuge dans cette école improvisée mais baptisée « Pôle d’enseignement supérieur international de la Martinenie ». Cependant, le centre d’innovation et de technologie (CITECH) de 3700 m2 est achevé et les plateaux sont en vente (2500 €/m2).   

Mais c’est la collectivité qui devra payer le plus lourd tribut. L’agglomération de Châteauroux a prévu d’investir 91 millions sur 15 ans en achat de terrains, voieries et rénovation. Le département de l’Indre devait mobiliser 15 millions d’euros pour les routes d’accès. Mais d’autres subventions pourraient s’ajouter dont celles concernant l’enseignement ou les R&D. Par ailleurs, les entreprises chinoises qui s’installeraient, bénéficieraient de nombreuses aides publiques dont et de crédits d’impôt. Cependant, il est à craindre qu’une simple activité d’importation probablement robotisée et peu gourmande en emplois, ne génère pour les castelroussins que quelques dizaines ou peut-être 200 ou 300 postes de travail si l’on inclut les cadres et employés chinois. Mais celle-ci pourrait détruire à terme dans l’hexagone, plusieurs milliers ou dizaines de milliers d’emplois industriels, indirects et induits avec un coût final pour le contribuable français, qui pourrait atteindre chaque année, plusieurs milliards d’euros.

Selon un article du journal , publié en décembre 2014, la vente des terrains et bureaux devaient rapporter 2 milliards d’euros à la SFECZ, société foncière chinoise qui commercialise le projet EuroSity. Cependant, les entreprises chinoises ne semblent pas encore se bousculer. Le site de vente en ligne Ali Baba souvent montré du doigt pour ses pourrait s’y installer mais interrogé en janvier 2016 par , le maire (LR) de Châteauroux, Gil Avérous déclarait : « Je n'ai pas le nom des entreprises qui doivent s'y installer. Il y a des contacts avancés, j'en ai rencontré mais il n'y a pas d'implantations signées ». Mais peut-être est-t-il prématuré  d’y voir un signe d’échec. Des centaines d’entreprises importatrices chinoises pourraient, lorsque la plateforme sera construite, affluer en quelques semaines. 

Abandon du projet Terra Lorraine en Moselle

Le Pharaonique projet Terra Lorraine porté par le  fonds d’investissement luxembourgeois Comex Holding, a été abandonné en décembre 2015. L’émergence du e-commerce et le repli du marché chinois étaient alors évoqués.

L’installation de 2 000 et à terme 20 000 entreprises chinoises qui auraient importé 500 puis 5 000 containers soit plus de 20 millions de tonnes de marchandises par an, aurait provoqué la disparition en France et en Europe, de milliers voire de dizaines de milliers d’ateliers et d’usines.

Le double jeu d'Arnaud Montebourg

Pourtant, lorsqu’il était ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg s’était entretenu à ce sujet avec le dirigeant de Comex Holding  Régis Passerieux. Cet avocat d’affaires, énarque et ancien maire (PS) d’Agde qui a marié le chantre du made in France en 1997, avait révélé en avril 2013 : «» 

On aurait pu attendre du candidat à l’élection présidentielle de 2012 qui prônait la démondialisation, moins de bienveillance envers des projets mortifères pour l’industrie made in France. Nous ne pouvons désormais que partager le doute d’entrepreneurs et ouvriers de l’industrie qui le soupçonnent d’exploiter à leurs dépens, le thème du made in France, pour nourrir son ego et servir son ambition politique. Bien qu’il ait, durant son passage au ministère de l’Economie, surtout démontré son impuissance et collectionné les revers, l’amateur de coups médiatiques a malgré tout profité de sa surmédiatisation, pour associer le plus souvent son nom au patriotisme économique. Pour cela, il n’a pas hésité à dégrader sa fonction ministérielle en s’affichant en marinière ou en insultant ses interlocuteurs, forçant souvent le trait jusqu’à la caricature.

Mais les polémiques entretenues et les déclarations enflammées n’ont que brièvement ou jamais fait illusion. Il est peu certain que l’éventuel candidat à la primaire socialiste qui attend les idées des internautes pour abonder son «Projet France», soit doté d’une réelle vision économique. Celui-ci semble avoir cherché tout au long de sa carrière politique, l’axe de communication qui lui permettrait de se démarquer des autres élus du PS et le mènerait à l’Elysée. Aussi, bien qu’il soit maintenant permis, à la lumière de la déclaration de Régis Passerieux, de douter de la sincérité de son engagement pour l’industrie française, Arnaud Montebourg persiste à se raccrocher au slogan made in France dont il galvaude le sens jusqu’au ridicule. Mais on peut comprendre que l’ancien député de Saône et Loire ne soit pas prêt à prendre le risque de cesser d’exploiter ce filon médiatique sans lequel il ne représenterait plus rien.

Qui paiera la gabegie ?    

Aucun des prétendus défenseurs du made in France ne s’est opposé à l’installation des megazones d’importation et nous avons alors dû combattre seuls les deux projets EuroSity et Terra Lorraine, en révélant dans la presse ces scandales financiers, en interpellant le Président de la Cour des Comptes Didier Migaud ainsi que les présidents des chambres régionales des comptes (CRC) mais aussi en contactant le président de la Commission Européenne Jean Claude Juncker et près de 700 députés européens dont l’industrie manufacturière des pays respectifs aurait été menacée.

Aujourd’hui, nous sollicitons officiellement à nouveau Pierre Van Herzele, président de la CRC de la région Centre-Val de Loire afin qu’il diligente un contrôle jugeant de  l’efficience des deniers publics dépensés dans le cadre du projet EuroSity et relève, en cas de faute de gestion ou d’imprudence, la part de responsabilité des décideurs et gestionnaires publics.

Mais si l’on pense que les engagements financiers chinois n’ont pas été tenus et que les élus locaux ont été abusés, peut-être convient-il aussi de réclamer à la SFECZ, filiale du fond souverain chinois Beijing Capital Group (BCG) dont le principal actionnaire est la ville de Pékin, le remboursement des sommes indûment dépensées par notre collectivité. 

Francis Journot est membre fondateur des mouvements "" et "". Il est également membre des associations "" et "".

 

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Réindustrialiser et éradiquer 

le chômage de masse après

l'éclatement de l'UE

Par Francis Journot   Publié le 20/05/2016

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Pour Francis Journot, la fin de l'UE et de l'euro est inéluctable. Celle-ci pourrait permettre, selon lui un phénomène de réindustrialisation massive de la France et une création d'emplois.

La multiplication des crises de l'euro et de l'UE peut faire présager une issue inéluctable. Une explosion de la bulle monétaire, un effondrement de la monnaie unique, la crise migratoire, un Brexit ou un Grexit pourraient sonner le glas de l'Union Européenne. Mais dans une France désormais affranchie de la contrainte des traités européens, peut-être pourrions-nous enfin réindustrialiser et ainsi entreprendre l'éradication du chômage de masse. 

Une accélération de la désindustrialisation depuis 15 ans

En 2002, année de la mise en circulation de l'euro, la balance commerciale de la France présentait un solde positif de 3,5 milliards d'euros. Quatre ans après l'adhésion de la Chine à l'OMC, la fin des quotas textiles marquait l'année 2005 et notre pays accusait un déficit de 24,2 milliards. Puis le solde négatif plongeait en dessous de 74 milliards en 2011 et depuis, Lire la suite

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Interview de Francis Journot  Magazine Entreprendre n°293 Septembre 2015

Economie : La France,

nouvelle cible de la Chine ?     

Visu 1442823648Depuis plusieurs années, les investisseurs chinois montrent un intérêt manifeste pour les TPE et PME françaises, notamment celles qui développent  des technologies avancées...

En 10 ans, la Chine est passée de la place de quatrième puissance économique mondiale à celle de première. Pour atteindre ce but, précise Francis Journot, animateur du mouvement associatif citoyen indépendant Rendez-nous notre industrie, elle n’avait pas le temps matériel d’inventer des technologies et a préféré les acquérir à peu de frais. Dans cette course au PIB, elle ne néglige aucun secteur d’activité et tente de s’assurer le contrôle des entreprises susceptibles de lui procurer les technologies qu’elle ne maîtrise pas. La France est riche d’un patrimoine industriel – qui certes se réduit comme une peau de chagrin - auparavant diversifié  et prestigieux. Moins protectionniste que d’autres, notre pays a toujours constitué une cible de choix dotée d’un important vivier de savoirs-faire.

Francis Journot est convaincu que les ambitions chinoises ne se limiteront pas à l’industrie manufacturière :  Vignobles, luxe, loisirs et chaînes d’hôtels sont maintenant les nouvelles proies qui confèreront demain le prestige à des groupes chinois en quête de notoriété, encore peu connus en Occident.  

La morosité de l’économie européenne : un terrain de jeu favorable aux investissements chinois

En France, l’industrie manufacturière, notamment celle des biens de consommation, ne constitue plus une priorité depuis plusieurs décennies. Les usines qui ont survécu jusque-là au dumping social de la Chine mais qui sollicitent maintenant l’aide de l’État sont le plus souvent éconduites. Bien qu’ils soient parfaitement conscients des risques, les dirigeants n’ont guère le choix et se tournent en dernier recours vers des fonds chinois. 

Derrière quelques exemples très médiatisés de collaborations réussies, Francis Journot dépeint un scenario moins idyllique. Les sauveurs sont reçus en grande pompe et promettent alors maintien de l’emploi et nouveaux investissements pour pérenniser l’entreprise. L’aide financière de l’État jusque là refusée afin de ne guère contrevenir aux règles européennes relatives à la concurrence, abonde opportunément sous forme de subventions en R&D, allégements ou primes. Ingénieurs et ouvriers jouent le jeu, forment leurs homologues chinois en France, ou même parfois en Chine, afin de créer les synergies qui ne manqueront pas de hisser le groupe parmi les leaders mondiaux.

Mais lorsque les transferts de technologies et de savoirs-faire sont effectués et la propriété de la marque transférée, Francis Journot indique que la fermeture se profile à nouveau. Un directeur sans pouvoir ni compétences ne s’exprimant qu’en chinois est nommé. L’usine n’a plus de projet, ne produit plus et attend la fin. 

Les évènements clés sur le front des acquisitions 

L’acquisition de 49.9% des parts de l’aéroport de Toulouse-Blagnac est sans doute la transaction qui démontre le mieux la vision stratégique à long terme de la Chine. 

Pour Francis Journot, l’ambition est explicite : la Chine compte s’offrir, avec le concours des gouvernements, les infrastructures qui lui permettront de continuer à inonder l’Europe de ses produits . Certes, la vente a rapporté 308 millions d’euros à l’État français, soit un peu plus de l’équivalent d’une année de recettes fiscales mais quels sont les effets collatéraux de cette opération ?

Sur un plan essentiellement économique, Francis Journot  estime qu’on peut douter de la pertinence des décisions du gouvernement. En effet, poursuit-il l’annulation de la vente des Mistrals à la Russie pourrait nous coûter une somme trois fois plus importante. La cession de parts de l’aéroport semble révélatrice d’une politique française à la petite semaine diamétralement opposée à celle de la Chine. Les choix dictés par la politique étrangère déclare-t-il  s’avèrent souvent à terme peu compatibles avec les intérêts économiques. Depuis plusieurs décennie, notre pays n’a plus de vision économique ni de véritable projet industriel. Fonds prédateurs et concurrents économiques pensent maintenant que la France est prête à vendre à peu près tout ce qu’ils souhaitent acheter, même lorsque leurs investissements visent des secteurs stratégiques, pourvu qu’ils permettent à l’État français de boucler son budget annuel ,  surenchérit Francis Journot. 

Les villes françaises devenue chinoises

Francis Journot a interpellé le président de la Cour des Comptes Didier Migaud ainsi que les présidents des régions Centre-Limousin (M. Pierre Van Herzele) et Champagne-Alsace - Ardenne-Lorraine, (M.Dominique Roguez) à ce sujet, peu après la publication de sa tribune du 7 octobre 2014 dans le magazine Marianne (« Nouvelles villes chinoises en France : Un scandale industriel annoncé ? »). Le militant associatif soulignait alors la responsabilité des acteurs publics qui facilitent l’aboutissement de ces projets engageant, sans visibilité et sans limite, l’argent de tous les contribuables français. Par ailleurs, il évoquait le risque de devoir payer à la Commission Européenne des amendes en cas d’aides non conformes aux entreprises chinoises. Il prenait par ailleurs soin d’ajouter qu’il n’est pas certain que la France parvienne à obtenir la restitution, alors ordonnée par Bruxelles, des sommes indument allouées à 20 000 entreprises. Les  projets  EuroSity, près de Châteauroux, Terralorraine ou ITEC près de Thionville font bonne figure en présentant des «hubs » de coopération franco-chinoise prévoyant la construction d’un pôle d’enseignement supérieur international, d’usines, de départements R&D, la transformation d’un Château en hôtel 4 étoiles, la  création d’un 5 étoiles de 300 chambres ou la construction de tours de bureaux et de centaines de résidences. 

Pour Francis Journot, on peut craindre que l’activité consiste surtout à réaliser sur des produits finis ou semi-finis, une dernière étape mineure sur le territoire français afin de pouvoir ensuite inonder le marché européen et le monde entier de produits manufacturés et high-tech, avec un label « made in France» qui augmentera la valeur ajoutée d’une fabrication pourtant souvent préalablement exécutée dans des conditions de travail proches de l’esclavage. En Lorraine, on avançait le chiffre de 500 containers journaliers importés dès l’installation des 2 000 premières entreprises. Annuellement, cela équivaudrait probablement à environ 2,5 ou 3 millions de tonnes de produits importés. Si l’on ose une projection, Francis Journot estime que les 20 000 entreprises attendues pourraient bien importer chaque année autour de 25 ou 30 millions de tonnes de marchandises. Les effets sur l’emploi dans de nombreux pays d’Europe pourraient s’avérer désastreux et l’industrie européenne pourrait connaître une nouvelle hécatombe.

Fin 2014, Francis Journot informait le président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker et plusieurs centaines de députés européens issus de pays en développement de l’UE dont l’industrie manufacturière des biens de consommation représente une part importante de leur PIB.

Francis Journot ajoute que même si aujourd’hui, bien qu’il soit prématuré d’y voir un signe de renoncement, les ambitions des deux projets semblent avoir été revues à la baisse et marquent un temps d’arrêt, il convient de rester vigilant .

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Il faut sortir de l'euro et de l'UE

avant un défaut de paiement  

Par Francis JOURNOT       Tribune du 16 mai 2015 sur MARIANNE   

Francis Journot le rappelle : "les difficultés" de la Grèce "ont commencé lorsque ses créanciers ont douté de ses capacités de remboursement". Et d'expliquer que "l’importance de la dette de la France pourrait finir par faire douter de notre solvabilité.". Il en déduit donc qu'il faut prendre les devants, ne pas attendre d'être la proie du FMI et choisir, dit-il, de "sortir de l’euro et de l’UE".

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La dette publique de l’État français atteint 6 000 milliards d’euros, équivaut à plus de 20 années de recettes fiscales et prés de 300 % du PIB. 

Le processus de cavalerie financière de la dette publique auquel les gouvernements ont recours depuis la loi bancaire du 3 janvier 1973, expose plus que jamais la France, à la volatilité des marchés financiers et au défaut de paiement. Des engagements plus confidentiels, hors-bilan et  portés par l’État, pour le paiement des pensions de retraites des fonctionnaires ou assimilés, pourraient également s’avérer, à terme, impossibles à honorer. Une sortie de l’UE pourrait s’imposer comme l’unique voie de sortie d’un système de cavalerie qui menace  d’exploser.  

UN SERVICE DE LA DETTE DE 150 MILLIARDS PAR AN    

La dette publique de l’État, au sens de Maastricht, est, depuis 40 ans, constamment nourrie de nouveaux emprunts pour assurer le remboursement des anciens et de leurs intérêts mais aussi des nouveaux déficits. Elle atteint maintenant 2037.8 milliards d’euros et équivaut à 95.4 % du produit intérieur brut (PIB) d’un montant de 2134 milliards en 2014. Le paiement des intérêts de la dette (charge de la dette) qui avoisine 45 ou 50 milliards d’euros depuis quelques années, constitue souvent le premier ou deuxième poste de dépenses de l’État. Mais lorsque l’on ajoute un remboursement annuel moyen de capital de 100 milliards, les annuités (service de la dette) atteignent 150 milliards d’euros soit l’équivalent de plus de la moitié des ressources fiscales françaises de 278.9 milliards en 2014 ou de la totalité de la dotation annuelle de l’éducation, défense, santé, emploi, justice etc. soit ¾ du budget alloué aux ministères. Pour financer le remboursement d’un service de la dette de 150 milliards et d’un déficit annuel  autour de 85 milliards, l’Agence France Trésor qui gère les dettes de l’État, émet chaque année, de nouveaux emprunts notamment sous forme d’obligations à terme (OAT).

Le montant annuel des emprunts se situait au cours des huit dernières années, entre 190 et 285 milliards soit en moyenne 230 milliards d’euros chaque an. 

4 000 MILLIARDS D’ENGAGEMENTS HORS BILAN        

Les engagements hors-bilan de l’État, qui, bien que portant principalement sur des sommes à payer dans le futur, n’en demeurent pas moins des dettes à comptabiliser.

Selon une communication de la Cour des Comptes au sénat, les engagements s’élevaient déjà à 3 090 milliards fin 2012. Un montant de 1 679 milliards concernait les pensions de retraite des fonctionnaires, personnels des armées et agents de la poste mais la destination de 1 412 milliards semblait plus floue. Prés de 1 000 milliards relevaient de garanties financières à destination d’acteurs économiques dont une protection du risque des épargnants qui s’élevait à prés de 400 milliards.

Si  l’on considère l’importance des sommes dont les montants ont été multipliés par plus de 3 en dix ans, et si l’on tient compte de l’afflux de la génération des baby-boomers, on peut douter de la capacité future de l’État à honorer le paiement des pensions de retraites des fonctionnaires en totalité. Selon le quotidien économique  les échos, le total des engagements hors bilan de l’État atteint prés de 4000 milliards d’euros. Lorsqu’il évoque la dette par habitant, l’économiste Jean Yves Archer s’interroge sur l’éventualité d’un scenario proche de celui de Chypre.

La dette publique de l’État, tous débiteurs confondus, d’un montant qui dépasse 6000 milliards d’euros, représente 22 années de recettes fiscales et prés de 300 % du PIB. 

LA LOI POMPIDOU-GISCARD DE 1973 

La dette au sens de Maastricht, ne représentait,  à la fin des années soixante-dix, que 20 % d’un PIB annuel de 400 milliards d’euros. Elle a certes, été creusée de 670 milliards de 2007 à  2011, par les plans de sauvetage de banques, d’États en difficulté et de relance de l’économie. Mais, surtout, aucun budget de l’État n’ayant, depuis 1974, été à l’équilibre, les déficits sont, chaque année, comblés par endettement.La fin du financement à taux zéro de la dette publique par la banque centrale (Banque de France), a provoqué une accumulation des intérêts.

En effet, la loi du 3 janvier 1973 dite loi Pompidou-Giscard, présentée pour limiter la création monétaire et l’inflation, a modifié le fonctionnement de la Banque de France (BDF) et mis fin a son pouvoir de battre monnaie. Depuis, l’État français est obligé d’emprunter sur les marchés financiers au lieu de se financer à taux nul auprès de sa  banque centrale. Puis cette obligation prenait la forme de l’article 104 du traité de Maastricht en 1992 et ensuite de l’article 123 du Traité de Lisbonne et interdisait dorénavant aux États membres de l’Union Européenne de se financer auprès de leurs banques centrales respectives ou de la Banque centrale européenne (BCE). Par ailleurs, le traité de Lisbonne, n’aurait jamais dû être adopté. En effet, son texte a été ratifié en 2008 par le parlement français conformément au souhait de la Commission Européenne, mais contre la volonté exprimée par 55 % des français lors du référendum de 2005.

La  loi n’a évidemment pas systématiquement empêché l’inflation mais a surtout soumis notre pays à ses créanciers et transformé, au fil des années une dette raisonnée en rente ruineuse. 

Il est à craindre que notre pays soit, aussi longtemps qu’il fera partie de l’UE, toujours contraint de se financer auprès de banques privées et ne puisse avoir recours à la Banque de France ou à la BCE.   Certes, cette dernière rachète temporairement depuis mars 2015, de la dette publique d’État, mais en acquérant sur le marché secondaire des dettes déjà émises, celle-ci ne déroge pas au traité de Lisbonne.     

Il est par ailleurs, assez peu probable que la Commission Européenne, si toutefois, le gouvernement français acceptait de lui en faire la demande, consente à abroger l’article 123 du Traité de Lisbonne.  Néanmoins, compte tenu de l’importance de la dette, nous devons admettre qu’aujourd’hui, les fonds de la Banque de France ne suffiraient plus à financer les emprunts de l’État français.    

BAS NIVEAU DES TAUX D’INTÉRÊTS, JUSQU'À QUAND ? 

Le marché français de la dette publique a aujourd’hui les faveurs d’investisseurs qui disposent d’une surabondance de capitaux et privilégient des placements à faible taux dans des pays qui, pensent-ils, pourraient toujours lever de nouveaux impôts en cas de difficultés. Selon France Trésor, le taux moyen d’emprunt ne dépassait pas 1.54 % à fin 2013. L’injection de 60 milliards d’euros par mois depuis mars 2015 et jusqu’en septembre 2016, dans le cadre du plan de relance monétaire dit "quantitative Easing" ou QE, conduit par la Banque Centrale Européenne (BCE), a fait baisser les taux d’emprunt en Espagne, en Italie ou au Portugal. Néanmoins, le taux  français des OAT à 10 ans affichait déjà 0.6 % avant l’annonce de la BCE. Aussi, la baisse et ses effets sur notre dette pourraient s’avérer moindres. Cependant, bien que la BCE ait invoqué les objectifs de rachat de la dette publique des états pour alléger leur fardeau et de lutte contre un risque de déflation générateur de récession, l’inquiétude, quant au risque de faillite de la France et d’éclatement de l’Europe, pourrait également avoir motivé le plan monétaire de 1140 milliards. Mais celui-ci ne nous préservera guère de voir malgré tout, les taux d’intérêts particulièrement bas dont nous bénéficions actuellement, s’envoler en cas de doute des investisseurs à propos de notre capacité à rembourser. La Grèce emprunte en ce moment à 10 % et  nous avons-nous-même subi en France, des taux qui ont parfois culminé à 17 % en 1983, 11 %  en 1990, plus de 8 % en 1995, prés de 6 % en 2000 ou 4.15 % en moyenne entre 2001 et 2007. 

UN RISQUE ÉLEVÉ DE DÉFAUT DE PAIEMENT 

Tout  processus de cavalerie financière ayant généralement vocation à s’écrouler, il nous faut être clairvoyant. L’importance de notre dette, elle-même entretenue par ses intérêts et de nouveaux emprunts pour combler des déficits permanents, pourrait finir par faire douter de notre solvabilité. Croissance atone, augmentation continue de la dette qui s’est accrue de 112.5 milliards d’euros en 2014, de 84.4 milliards en 2013 et  de 116.1 milliards en 2012. Aussi, en présence d’un risque qui augmente au rythme de l’endettement, on peut craindre deux scenarios susceptibles de mettre à bas le fragile stratagème de financement. Les taux d’emprunt remontent à des niveaux  comparables à ceux que nous avons précédemment connus au cours des années quatre-vingt ou quatre-vingt-dix. Les nouveaux taux doublent ou triplent  le coût des intérêts puis à terme, compte tenu de la structure de la dette, celui des annuités. Nous parvenons un temps, à assumer la charge de la dette mais ne pouvons payer le service de la dette. Ou, les investisseurs cessent d’acheter les nouvelles émissions d’emprunts. Nous ne pouvons plus faire face au remboursement des anciens emprunts ni à la totalité de nos dépenses courantes. Dans les deux cas les difficultés s’enchainent et l’effondrement menace. En trois semaines, entre le 16 avril et le 7 mai, les taux d’émission des obligations françaises à 10 ans ont plus que triplé en passant de 0.3 % à 1.1 %.  Prémices d’une crise ?   

La Grèce, dont les difficultés ont commencé lorsque ses créanciers ont douté de ses capacités de remboursement, avait reçu de l’UE et du FMI en 2010 et 2013, 250 milliards d’euros de prêts. Mais à l’échelle de la France, si l’on considère que notre dette, tous débiteurs compris, est vingt fois  plus élevée, les besoins, en cas d’incidents de paiement en cascade, pourraient dépasser l’inimaginable. L’UE et le Fonds Monétaire International (FMI) jetteraient-ils l’éponge, même si, par ailleurs, cela devait conduire à l’éclatement de la zone euro et de l’Europe ou entreprendraient-ils de réunir les fonds colossaux nécessaires au secours de la France ?

Si l’on retient la deuxième hypothèse, le FMI apporterait plusieurs centaines de milliards. Le mécanisme Européen de Stabilité (MES) qui  prévoit, en cas de crise, une levée de fonds sur les marchés, pouvant atteindre 700 milliards d’euros, interviendrait. La BCE réorienterait vers notre pays, une plus grande part des 1140 milliards du plan  de relance monétaire. Un abandon d’une part de la dette par les créanciers achèverait de placer la France sous la tutelle de la Troïka et des marchés financiers. Cette opération désespérée de sauvetage ne ferait que repousser à plus tard, une issue que chacun  soupçonne et le remède s’avérerait certainement pire que le mal.

En effet, les plans d’austérité plongeraient encore davantage notre pays dans la récession avant l’inévitable faillite de l’État. Celle-cipourrait avoir des conséquences extrêmement graves sur nos vies : Banques en difficulté après des retraits massifs, comptes d’épargne bloqués par l’État, épargnants ruinés, effondrement du système financier et de l’économie, fermetures d’entreprises en cascade, millions de licenciements dans le public et dans le privé, baisse des traitements de fonctionnaires, des pensions de retraite, suppression d’allocations chômage et minimas sociaux. Explosion de la misère et de l’insécurité. 

La France serait décrédibilisée pour longtemps et nous aurions désormais les plus grandes difficultés à financer nos besoins. Alors peut-être ne devrions-nous pas attendre pour sortir de l’euro et de l’UE.    

SORTIR DE L’EURO ET DE L’EUROPE SANS DOMMAGE 

Une dette relibellée en francs pourrait occasionner un surcoût mais un effet de 5 à 10 % serait compensé. Le financement à taux nul d’une part des besoins financiers ferait diminuer les intérêts. Le pouvoir souverain de créer à nouveau monnaie et une nouvelle politique industrielle, pourraient pour la première fois depuis 40 ans, permettre d’espérer enfin une diminution de l’endettement. D’autre part, il est certain que l’Europe ne pourrait survivre à la sortie de la France de l’UE. Aussi, dés lors, la France ne connaitrait pas de fort phénomène d’inflation ou de dévaluation.  D’autant que la valeur de l’euro a considérablement baissé et se trouve maintenant quasiment à parité avec le dollar.   

La relance de l’industrie manufacturière des biens de consommation que nous appelons de nos vœux depuis plusieurs années, désormais possible, contribuerait à la diminution des importations et donc de l’inflation importée. Il serait également envisageable de pourvoir à l’instauration de mécanismes de rééquilibrages des échanges commerciaux, dont le déficit atteint, certaines années jusqu'à 60 milliards d’euros. En effet, quelques années après l’abolition des quotas d’importation, l’Organisation Mondiale du Commerce(OMC), a ensuite aménagé, le  7 décembre 2013 à Bali, une exemption accrue des droits de douane, signée par 157 pays. Les groupes industriels et de distribution se sont révélés être les principaux bénéficiaires de cette convention qui ne semble guère avoir permis de hausse des salaires ouvriers des pays concernés ni de baisse de nos prix a la consommation.  

Les nouvelles perspectives économiques d’une France désormais débridée, pourraient davantage rassurer, qu’inquiéter des marchés financiers qui continueraient à préférer placer leur masse monétaire dans les dettes souveraines d’un pays, qui n’a pas, en tout cas pas depuis deux siècles, fait défaut et dont la crédibilité était meilleure avant le passage à l’euro.  

UN NOUVEL ÉLAN ÉCONOMIQUE  

La fin des quotas d’importation, imposée par l’OMC, la politique de libre-échange non régulé de l’UE et l’accompagnement à la délocalisation parfois dispensé par les gouvernements, ont provoqué la disparition de pans entiers de notre industrie. Ainsi, notre pays a sombré dans la torpeur et des régions entières sont exsangues. Mais en nous libérant des contraintes de l’UE, un nouvel élan pourrait naître. L’extraordinaire capital humain dont la France dispose, pourrait permettre la  reconstruction d’un outil industriel moderne, capable de recréer en quelques années, plusieurs centaines de milliers d’emplois et deux à trois fois plus d’emplois indirects et induits.Il serait tout à fait possible de fabriquer à nouveau en France, une part importante de nos biens de consommation. Certes, nous devrions, face au dumping social, générer des synergies entre les entreprises, mutualiser des moyens de production et de commercialisation, faire des économies d’échelle pour pondérer les coûts tout en usant de modèles de gestion plus adaptés. 

Le différentiel annuel entre notre contribution européenne et les subventions reversées à notre pays, approche 8.5 milliards d’euros. Pour exemple, un montant semblable, affecté à la relance de l’industrie manufacturière, permettrait le financement de 100 000 postes de travail avec un coût de création situé entre 30 000 et 1 million d’euros pour les plus automatisés ou hautement technologiques. Les nouvelles usines ainsi créées, pourraient produire, entre-autres, une part de nos biens de consommation courants ou de produits parfois subventionnés par l’argent public, mais dont l’importation participe aujourd’hui à notre déficit commercial. 500 000 emplois industriels et 1 à 1.5 million d’emplois indirects et induits créés en 5 ans pourraient ensuite rapporter chaque année, jusqu'à 30 ou 40 milliards d’euros de nouvelles recettes fiscales et cotisations. De plus, l’état économiserait probablement 15 à 20 milliards en allocations, aides diverses et dépenses d’accompagnement ou d’insertion. Un choc sur l’emploi manufacturier nous acheminerait vers un cercle vertueux économique susceptible de faire baisser  mécaniquement la dépense publique. En effet, au rythme de la baisse du nombre de chômeurs et de l’augmentation du nombre de cotisants, les déficits diminueraient. Subséquemment, une baisse proportionnelle du montant des charges sociales des PME pourrait encore favoriser l’emploi et à terme, diminuer d’autant, les déficits et l’endettement.Les entreprises et l’État pourraient investir davantage, le chômage continuerait à décroître et les salaires seraient en hausse pour plus de pouvoir d’achat et une consommation de produits de meilleure qualité et respectueux de l’environnement, plus souvent fabriqués en France etc. 

Raisonnement de repli sur soi et d’isolement ou au contraire, de reconquête de l’économie et de rayonnement de la France ? Citons l’excellent et regretté Bernard Maris : " L’économie c’est pas compliqué. Il faut que les gens qui travaillent, bouffent et consomment ce qu’ils produisent ". Certes, la reconstruction d’une nouvelle industrie manufacturière, si l'on tient compte de la disparition de filières entières et de leurs savoir-faire, sera difficile et pourrait prendre le temps d’une génération. Bien qu’elle remette en question la pertinence de dogmes admis et puisse inquiéter nombre d’entre-nous, l’hypothèse d’une sortie de la France de l’euro et de l’UE, devrait,  compte tenu du risque élevé de défaut de paiement, être envisagée. 

Francis JOURNOT

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

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Article publié sur Marianne le 14 février 2015

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Article publié sur Conso Globe le 26 février 2015 

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Pourquoi il faut un salaire

minimum mondial par Francis JOURNOT

Francis Journot a entendu les récentes déclarations du pape François "à propos de l’esclavage et des risques mortels liés à l’immigration clandestine". Il le prend aux mots et lui propose d'envisager sérieusement l'instauration d'un salaire minimum mondial. "Le chantier serait moins titanesque qu’il n’y parait, écrit-il, car moins de 400 groupes internationaux, seulement, se partagent la quasi-totalité de l’économie mondiale".

Au Pape François, 

"Il est nécessaire d’agir sur les causes et non seulement sur les effets..." telle fut, en novembre  dernier, votre  recommandation au parlement européen à propos de l’esclavage et des risques mortels liés à l’immigration clandestine.

L’instauration d’un salaire minimum mondial inhérent aux biens de consommation et services exportés ferait reculer l’esclavage et offrirait parfois de nouvelles perspectives économiques à des populations qui migrent souvent au péril de leurs vies. 

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 UN SALAIRE MINIMUM MONDIAL SPÉCIFIQUE A L’EXPORTATION      

Le thème du salaire minimum mondial n’est certes pas nouveau mais en l’absence de projet  pragmatique, celui-ci n’a jamais vraiment progressé. Le salaire médian selon le niveau de vie ou la rémunération moyenne de chaque pays est l’hypothèse la plus souvent évoquée mais la mise en place d’un tel dispositif nécessiterait plusieurs décennies. 

En effet, la dernière Convention concerning the Creation of Minimum Wage-Fixing Machinery , qui a eu lieu en 1928, laissait champ libre aux États signataires mais s’est révélée être un échec : “Chaque Membre qui ratifie la présente convention a la liberté de déterminer les méthodes de fixation des salaires minima ainsi que les modalités de leur application. 99 pays ont ratifié la convention dont la Chine en 1930 ou l’Inde en 1955 avec les résultats que nous connaissons. Certains pays ont adhéré en 2006 et 2007 soit prés de 80 ans après. Aussi, cette expérience nous enseigne, que, pour être efficace et ratifiée rapidement par le plus grand nombre d’États, une nouvelle convention internationale devrait impérativement définir un cadre  d’application commun plus précis. Il conviendrait en outre que le processus ne soit financièrement, guère contraignant pour les États.

Le salaire minimum mondial préconisé s’adresserait donc d’abord aux personnels dont le travail serait lié aux produits et services exportés vers les grands marchés de consommation. Les Chefs d’États des pays émergents pourraient appréhender l’intérêt d’un salaire décent, source de nouvelles recettes fiscales et de développement financé par une plus juste contribution des donneurs d’ordres principalement occidentaux. A terme, ce salaire pourrait générer un effet macroéconomique positif certain sur le niveau de vie de populations entières. Aujourd’hui, avec des salaires horaires variant le plus souvent, d’une à quelques dizaines de cents d’euros, la part salariale de la production d’un bien de consommation fabriqué dans un pays à bas coûts, n’avoisine le plus souvent qu’1 à 5 % du prix acquitté par l’acheteur final.

Un salaire minimum mondial spécifique de 300 ou 400 € augmenterait les coûts de production mais  ne devrait néanmoins, que modérément impacter les prix à la consommation. Sous l’effet d’une crise qui ampute le pouvoir d’achat et l’accroissement d’une concurrence qui voit l’arrivée ininterrompue de nouveaux acteurs, notamment dans le secteur de l’habillement, l’offre s’adapte habituellement à la demande et les étiquettes des biens de consommation bas/moyen de gamme affichent une tendance à la rétractation. En effet, les grandes entreprises qui ont recours aux pays à bas coûts disposent généralement de marges considérables qu’ils peuvent réduire sans affecter dangereusement leurs résultats. Pour exemple, Apple a totalisé en 2013 et 2014 prés de 80 milliards de dollars de bénéfices et des enseignes comme  ZARA et H&M réinvestissent chaque année dans l’ouverture de 400 nouveaux mégastores luxueux situés sur les plus belles avenues du monde. 

PENSER UNE  MUTATION DES MODES DE PRODUCTION 

L’intégration dans les coûts, d’un salaire minimum décent et du réel impact écologique, de la fabrication à la commercialisation, nous orienterait vers un ralentissement du consumérisme et à terme, ferait diminuer le réchauffement climatique. La revalorisation des salaires industriels dans les pays émergents ou en développement, atténuerait  l’écart de productivité entre industrie et artisanat. Cela pourrait favoriser l’apparition de modes de fabrication ou de culture locaux et artisanaux, plus respectueux de l’environnement, qui désormais, pourraient plus souvent assurer un revenu vital à des travailleurs indépendants ou à des petites structures, notamment dans les pays émergents.

Progressivement la production muterait vers une offre de meilleure qualité, moins jetable, moins obsolète et subséquemment, plus économique pour le consommateur. Au moment où le modèle économique basé sur une course à la croissance à l’infini dévoile ses limites  mais continue néanmoins à détruire notre planète, il conviendrait d’attribuer aux plus grandes entreprises, un coefficient de responsabilité sociale et écologique. Il pourrait être calculé sur la base de la réelle empreinte écologique des services ou produits vendus. Il tiendrait compte de la qualité ou durabilité et des conditions de travail lors des prestations ou de la production réalisée chez les sous-traitants mais aussi de tous les éléments de commercialisation et de l’ensemble des moyens publicitaires.

La contribution pourrait financer, à travers une agence mondiale dédiée, des actions en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique notamment l’aide au développement d’économies locales et artisanales ou de toutes actions conduisant à un allégement de l’empreinte écologique mondiale. Le chantier serait moins titanesque qu’il n’y parait car moins de 400 groupes internationaux seulement, se partagent la quasi-totalité de l’économie mondiale. Il serait juste que les entreprises qui tirent immodérément parti de la planète, contribuent au financement d’actions tendant à réduire leurs dégâts.      

Dans votre message communiqué le 10 décembre 2014  titré « Non plus esclaves, mais frères »Vous soulignez la « responsabilité sociale du consommateur » : « Chaque personne devrait avoir conscience qu’acheter est non seulement un acte économique mais toujours aussi un acte moral ».

Certes, le consommateur peut et doit réduire sa consommation. Cependant, il convient de pointer du doigt la politique de libre-échange qui a favorisé l’explosion de la consommation et qui, en quelques années a fait bondir les émissions de co2. L’achat a longtemps été un acte réfléchi reposant sur la recherche du meilleur rapport qualité/prix parmi une offre diversifiée de qualité mais aujourd’hui les repères ont disparu.  Le consommateur, toujours plus sollicité par une publicité invasive, consomme l’offre imposée par quelques grands groupes qui règnent sur les marchés de la consommation. Il est maintenant quasiment contraint de renouveler sans cesse des équipements jetables ou obsolescents majoritairement fabriqués dans des pays émergents à bas coûts dans des conditions souvent peu respectueuses de l’homme et de la nature.

SAUVER DES ENFANTS   

Selon un rapport de l’UNICEF en 2012, 322 millions d'enfants (23 % de la population mondiale âgée de 5 à 17 ans) sont engagés dans une activité économique. Parmi eux, 215 millions travaillent dans des conditions inacceptables et plus de 110 millions d'entre eux, sont soumis aux pires conditions de travail. Aussi, si l’on admet que lorsque les parents sont payés décemment les enfants sont moins souvent contraints de travailler et peuvent ainsi aller à l'école, l’existence d’un salaire décent se révèle  cruciale. De même, nous assistons impuissants à la noyade de milliers d’enfants et adultes migrants dont bon nombre fuient des pays où les salaires des ouvriers fabricant des produits pourtant destinés aux grands marches de la consommation, permettent à peine de survivre.   

Nous devons  œuvrer à la régulation d’un marché mondial du travail qui, tout au long de l’histoire de l’humanité, n’a jamais compté autant de personnes travaillant dans des conditions proches de l’esclavage dans les pays émergents ou en développement mais aussi un nombre de chômeurs et de pauvres jamais atteint auparavant dans les pays développés. 

UN ACCORD POUR METTRE FIN A L’ESCLAVAGE  AVANT 2020

Le 2 décembre 2014, journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, une réunion co-organisée par le Vatican et le mouvement global freedom network, initié par le milliardaire et magnat des mines australiennes Andrew Forrest, a permis de recueillir la signature des 16 principaux chefs de communautés religieuses, en faveur d’une déclaration commune « pour mettre fin à l’esclavage avant 2020».  Cependant, la déclaration ne semble pas s’être dotée de stratégie commune. Aussi, il est à redouter, qu’à l’instar des dizaines de conférences ou conventions organisées depuis la déclaration des droits de l’homme en 1948, que les résolutions ne soient suivies d’effets. Par ailleurs, le site du mouvement, destiné au recueil du soutien d’une part significative de la population mondiale stagne depuis sa création à 11 000 signatures sur le réseau social Facebook et un peu plus de 2 400 sur Twitter. Alors on peut déjà craindre que la mobilisation planétaire escomptée ne soit guère au rendez-vous. 

 UNE OPPORTUNITÉ D'APAISER UN MONDE AU BORD DE L'IMPLOSION SOCIALE              

Publié en septembre 2013, le projet Global minimum wage to abolish slavery  a été remarqué par des économistes de renom. Certains parmi eux, enseignent dans les plus prestigieuses universités américaines et nous ont fait part de leur intérêt.

Bien qu’il faille admettre qu’il soit de nature différente et n’ait finalement guère vu le jour, le projet de salaire minimum aux USA avait cependant, recueilli en janvier 2014 lesoutien de 600 économistes.

Les chefs religieux que vous avez réuni et de nombreux économistes à travers le monde, sont susceptibles de soutenir la «convention internationale pour un salaire minimum » que nous proposons. Certains parmi eux pourraient intervenir lors de celle-ci. Pays en développement ou développés pourraient s’accorder à voir en cette convention, une opportunité d’apaiser un monde au bord de l’implosion sociale.

Alors peut-être parviendrons-nous à convaincre les deux principaux marchés de consommation USA et UE, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) de considérer la nécessité et l’inéluctabilité d’un salaire minimum mondial. 

                          Francis JOURNOT

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

 

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Nouvelles villes chinoises en France
 

un scandale industriel annoncé ? 

Par Francis JOURNOT       Tribune du 7 octobre 2014 sur MARIANNE      

Francis Journot s'alarme de l'implantation prochaine de plusieurs milliers d’entreprises chinoises en Indre et en Moselle. Des "projets pharaoniques" dont le coût final, explique-t-il, pourrait se chiffrer en dizaines de milliards d’euros pour le contribuable et en millions d’emplois européens sacrifiés.

 6 MILLIONS DE MÈTRES CARRES PRÉS DE CHÂTEAUROUX  

En juin dernier, trois cent invités dont des élus locaux et des représentants des états français et chinois, assistaient au Château d’Ozans, à l’inauguration d’une plateforme logistique destinée à accueillir des entreprises chinoises souhaitant se développer sur le marché européen.

Le projet, baptisé EuroSity, est developpé par Sino France economic cooperation zone (SFECZ), qui représente en France, Beijing Capital Land (BCL), filiale immobilière du fonds souverain  d’investissement chinois Beijing Capital Group (BCG). Mark Bottemine, directeur général de l’aéroport de Châteauroux-Centre, ex-candidat PS pour la mairie de Châteauroux et initiateur du projet, déclarait au journal le Monde en mai 2010 « Nous sommes finalement revenus avec un projet politique du gouvernement central ». 

A terme, l’activité s’étendrait sur une zone de plus de 600 hectares, située aux portes de Châteauroux et s’articulerait autour du tarmac de l’ancienne base militaire de l’OTAN, capable d’accueillir les plus gros avions porteurs en provenance de Chine.

Cette nouvelle cité économique gérée par un fonds d’état chinois, pourrait bénéficier de la classification zone franche de l’ancienne base militaire et offrir aux entreprises, bon nombre d’avantages fiscaux dont une exonération de l’impôt sur les sociétés et des charges sociales pendant cinq ans ainsi qu’une défiscalisation des investissements. 

Il n’échappera à personne que le principal but poursuivi, consiste à réaliser sur des produits finis ou semi-finis, une dernière étape mineure sur le territoire français afin de pouvoir ensuite inonder le marché européen et le monde entier de produits manufacturés et high-tech, avec un label made in France qui augmenterait considérablement la valeur ajoutée d’une fabrication pourtant souvent préalablement exécutée dans des conditions de travail proches de l’esclavage.

L’ancien maire de Châteauroux et sénateur UMP de l’Indre Jean-François Mayet, avait, au cours de son  mandat municipal, effectué plusieurs déplacements en Chine afin de convaincre des entrepreneurs chinois de venir s’installer dans l’agglomération et s’exprimait en 2010 sur France Info : « Certainement que la Chine est arrivée à un moment où elle a besoin de présenter une image plus vertueuse, et le choix qu’ils font, c’est d’européaniser leur production, de peut-être marquer dessus made in Europe ou made in France ».

Depuis, Gil Averous, son ancien chef de cabinet et nouveau maire, a repris le flambeau et rencontré 900 entrepreneurs chinois en juillet dernier. Il annonçait, à son retour, l’implantation d’une première entreprise en automne mais déclarait ignorer le nombre d’emplois que celle-ci compte créer.  

Le concept fait bonne figure en prévoyant également la transformation du château en hôtel quatre étoiles, la construction d’un pôle d’enseignement supérieur international en lien avec l’université française et des départements R&D.

Le Conseil Général de l’Indre a investi 15 millions dans des aménagements routiers. L’Agglomération de Châteauroux présidée par Gil Averous, financerait l’achat de terrains et la création de voieries avec un investissement de 91 millions sur 15 ans. La première pierre d’un immeuble de 4 500 m2 a été posée et les premières entreprises devraient s’installer dans un an. Le président de la SFECZ, se refuse à communiquer le nombre d’emplois que la zone pourrait créer mais promet d’investir environ 200 millions d’euros sur 5 à 8 ans dont 20 millions d’euros en 2014. 

Cependant, si l’on considère que le coût de construction du pôle universitaire devant accueillir 6 000 à 8 000 étudiants avoisinerait probablement 40 ou 50 millions d’euros et qu’il faudrait ensuite allouer autour de 30  ou 40  millions d’euros de frais annuels de fonctionnement, le budget entier n’y suffirait guère. Et si l’on ajoute l’hôtel 4 étoiles, tous les travaux de la zone, l’édification d’immeubles de bureaux, d’entrepôts et de toutes les infrastructures indispensables, les coûts de fonctionnement de  départements R&D, d’un aéroport particulier avec sa piste de 3.5 km, comptant parmi les plus importantes de France et comportant (peut-être ?) une douane dédiée, le budget annuel annoncé de 25 à 40 millions peu laisser dubitatif.

A moins que derrière un habillage médiatique vendant un « hub » de coopération sino-française, ne subsiste finalement du projet global, que la construction de quelques immeubles de bureaux et d’immenses entrepôts. Mais quelle que soit l’option retenue, le principal bénéficiaire de cette opération de capital investissement, serait SFECZ, dont la vente des terrains et des bureaux pourrait rapporter, selon les Échos, 2 milliards d’euros.

 20 000 ENTREPRISES IMPORTATRICES CHINOISES PRÉS DE THIONVILLE  

Le projet Terra lorraine ou ITEC, défendu par Patrick Weiten (UMP), Président du Conseil Général de Moselle, est développé par COMEX HOLDING, société basée en Chine, fondée par des spécialistes de la finance internationale. Un investissement de 150 millions pour la création d’une plateforme commerciale qui occuperaient 240 000 m2, devrait lors de la première phase, permettre l’accueil de 2 000 à 2 500 entreprises chinoises sur la zone d’Illange. Cependant, les dirigeants de la filiale européenne COMEX EUROS DEVELOPMENTS, basée au Luxembourg, n’ont jamais révélé l’origine des fonds ni le montage financier.

A terme,  la  surface construite totale de la zone atteindrait 6.5 millions de mètres carrés et devrait accueillir 20 000 entreprises chinoises.Le Conseil Général de Moselle met en avant la création de 3 000 emplois dés l’ouverture du site et à terme 30 000, pour un investissement total qui selon son président, atteindrait 6 milliards d’euros. 

La nouvelle ville économique qui pourrait s’étendre sur une longueur de plusieurs kilomètres, s’offrirait une halle d’exposition et s’enorgueillirait d’un hôtel de luxe 5 étoiles de 300 chambres, d’un parking de 280 000 m2, de tours de bureaux et de centaines de résidences. Les entrepôts destinés à recevoir chaque jour les centaines ou milliers de containers arrivés par route ou voie fluviale, devraient s’étaler sur plusieurs millions de mètres carrés.

Le chiffre évoqué de 500 containers journaliers importés dés l’installation des 2 000 premières entreprises, équivaudrait probablement annuellement à environ 2.5 ou 3 millions de tonnes de produits importés et si l’on ose une projection, les 20 000 entreprises attendues pourraient bien importer chaque année, autour de 25 ou 30 millions de tonnes de marchandises vendues aux professionnels et peut être  directement aux particuliers.

Pour comparaison, bien que les produits concernés ne soient guère alimentaires, la superficie totale des locaux du marché de Rungis, plus grand marché de produits frais au monde, n’occupe que 230 hectares et les arrivages physiques n’excédent guère 1.5 million de tonnes de marchandises par an pour un chiffre d’affaires de 8.5 milliards d’euros mais desservant 20  millions de consommateurs. 

La plateforme mosellane  du commerce chinois, permettrait, selon la liste officielle, l'importation et la distribution en France et en Europe, de vêtements et textiles, accessoires de mode, articles de sport et de loisir, cadeaux et fantaisies, mobiliers et équipement de la maison, matériels de construction et de bricolage, composants électriques et électroniques, produits de télécommunication et Informatique, machine et biens d’équipements industriels, matériels de sécurité et télésurveillance, équipements d’énergie nouvelle et d’économie d’énergie et matériaux de construction. Pour exemple, le chiffre de 5 000 containers /jour équivaudrait à une importation annuelle de dizaines de milliards de vêtements et  de milliards de Smartphones, ordinateurs portables ou matériels électroménagers qui pourraient être réexpédiés avec le label « made in France » vers les autre pays d’Europe mais aussi vers les autres continents.          

 PERSPECTIVES D’EMPLOIS POUR LES MOSELLANS  

L’activité générée par l’installation de 2 000 puis 20 000 sociétés importatrices de 500 à 5000 containers par jour pourrait effectivement créer de nombreux emplois. Mais qui peut croire que celles-ci choisiront de travailler avec des transporteurs acquittant leurs cotisations sur le sol français.

Il est également à craindre, que les entreprises, installées à proximité d’une zone géographique abondante en main d’œuvre des pays à bas coûts d’Europe, choisissent d’économiser 30 à 40 % sur leurs coûts salariaux (L’Allemagne, distante de 30 kilomètres d’Illange, emploie plus d’un demi-million de salariés détachés et notre pays en rétribue prés de 350 000).   

De même, il est peu certain, que bien qu’ayant, dans le cadre de leur installation, des facilités d’obtention de visas pour recruter des personnels chinois, les dirigeants nouvellement installés, accordent leur préférence à des travailleurs mosellans aux exigences salariales plus élevées que leurs compatriotes.

Faible pouvoir d’achat d’employés sous-payés, modèle autarcique, il est peu certain que nous assistions au formidable essor économique régional et à la création des emplois que le Conseil General promet aux chômeurs mosellans. Il eut été plus efficient de consacrer une part des investissements et de l’énergie déployée par les élus, à la réalisation de vrais projets industriels créateurs d’emplois.                          

  ESPIONNAGE, DUMPING ET CONSÉQUENCES SUR L’EMPLOI    

Les effets sur l’emploi dans de nombreux pays d’Europe, pourraient s’avérer désastreux et l’industrie européenne pourrait connaitre une nouvelle hécatombe. Parmi les 20 000 ou 22 000 sociétés qui devraient s’installer, certaines ne comptent que quelques milliers d’employés en Chine mais d’autres en comptent plusieurs dizaines de milliers. Ainsi, le nombre cumulé du personnel de ces entreprises pourrait représenter en Asie, plusieurs millions d’emplois.

Alors nul ne doute que les exigences de croissance de ces entreprises nécessiteraient une politique commerciale agressive fondée sur le dumping et à laquelle les entreprises industrielles européennes ne pourraient guère résister. HUAWEI, géant des TIC qui devrait s’installer bientôt à Châteauroux, emploie 150 000 personnes et réalise 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel mais l’Union Européenne l’accuse de dumping de ses produits sur le marché européen et reproche au gouvernement chinois de lui avoir versé des aides illégales.

Par ailleurs, ce groupe né en 1988 au sein de l’armée populaire de libération chinoise a dépensé l’an dernier 3 millions d’euros en lobbying à Bruxelles pour notamment, tenter de faire oublier les accusations d’espionnage qui pèsent sur lui. Le 29 septembre 2014, lors d’un entretien avec Manuel Valls, les promesses d’investissement et de création d’emplois de son fondateur Ren Zhengfei, ont semble t-il, convaincu le Premier ministre, de soutenir l’implantation du géant des télécom.

Mais le gouvernement peut-il ignorer les recommandations du rapport du sénateur Jean Marie Bockel, et décider de faciliter l’implantation d’un  groupe suspecté d’espionnage et déjà jugé indésirable par l’UE, les USA et l’Australie.     

Des élus locaux, nationaux et membres du gouvernement ont-ils vocation, sans une consultation préalable de l’ensemble des partenaires européens, à décider de l’avenir de l’industrie manufacturière européenne au moment où certains pays comptent 40 % ou 50 % de jeunes chômeurs. Bon nombre de pays membres de l’UE bâtissent une grande part de leur développement avec une industrie manufacturière pouvant représenter jusqu’à 35 % de l’emploi pour certains d’entre-eux. Les  pays de l’UE seraient parfaitement fondés à s’opposer à des projets qui modifieraient leurs orientations économiques, feraient bondir leur chômage et lamineraient ce qu’il reste de l’industrie européenne. 

  QUI PAIERA ?  

On peut se demander comment les mises de base des fonds d’investissement, de 20 millions pour le projet de Châteauroux ou 150 millions d’euros pour celui d’Illange, pourraient  permettre  d’ériger ces véritables villes. Il convient de comptabiliser toutes les dépenses dont celles générées par la construction des infrastructures publiques indispensables.

Alors comment seront réellement financés ces deux projets pharaoniques ? Quel sera le montant des subventions distribuées aux entreprises ? En cas d’aides jugées non conformes, l’État français sera ensuite tenu de payer des amendes à la commission Européenne mais parviendra t-il à obtenir des entreprises chinoises, la restitution des aides, ordonnée par Bruxelles ? 

Combien d’usines françaises fermeront ? La perte de 100 000 ou 200 000 emplois ouvriers, estimation basse, pourrait représenter, si l’on tient compte des emplois indirects et induits, une perte de 300 000 à 800 000 emplois dont le coût annuel en dépenses pour l’emploi (DPE) et dépenses connexes, pourrait atteindre 7.5 à 20 milliards. Par ailleurs, il nous faudra aussi appréhender les effets en cascade.     L’aggravation du déficit de la balance commerciale et des comptes publics dont celui des régimes de protection sociale due à la baisse du nombre de cotisants. Et si l’on ajoute les effets d’une accentuation de la désertification dans de nombreux territoires, les préjudices seraient multiples. Aussi, le coût total pour le contribuable français, pourrait à terme, atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros. 

Les gaspillages ou scandales de l’argent public sont certes légion, néanmoins, bon nombre de contribuables  pourraient juger intolérable que l’État français cofinance des projets émanant du gouvernement central de la République Populaire de Chine, dictature qui continue à exécuter chaque année plusieurs milliers de ses opposants politiques, ou de fonds d’investissement basés dans des paradis fiscaux dont le souci n’est certainement pas la création d’emploi et dont l’opacité des capitaux devrait interpeller.

                            BIENVEILLANCE DES  MINISTRES ?  

Ces projets mortifères pour la fabrication française, sont connus depuis plus de 4 ans, pourtant les ténors des gouvernements n’ont jamais protesté. L’ancien ministre du Redressement Productif connait le porteur du projet d’illange, Régis Passerieux, depuis la fin des années 80. Cet énarque, avocat, et ancien maire PS qui à milité aux cotés de l’actuel ministre du travail François Rebsamen, aurait déclaré en 2013, a la suite d’une entrevue avec Arnaud Montebourg «Bien sur que je lui en ai parlé. Il m’a écouté attentivement et n’a semblé ne rien avoir contre.» Pourtant, qui peut nier que ces concepts sont susceptibles de galvauder définitivement l’image de la fabrication française et de provoquer la fermeture de nombreuses usines sur le territoire français. Alors cela interroge encore : Est-il acceptable que des ministres, pourtant rémunérés pour protéger l’économie et l’emploi, aient fermé les yeux.   

Maintenant, notre association, bien que non subventionnée, doit s’ériger pour palier leur manquement et constituer une opposition à ces deux projets éminemment dangereux pour notre pays.

Souhaitons que notre article alerte le premier Président de la Cour des Comptes Didier Migaud et que celui-ci tire la sonnette d’alarme avant un désastre industriel. Le gouvernement pourrait également se raviser avant un scandale qui éclabousserait la classe politique. Il est en effet probable que la justice devra un jour déterminer la responsabilité de chacun des acteurs publics qui auront facilité l’aboutissement de projets engageant sans visibilité et sans limite, l’argent de tous les contribuables français. Pourquoi ne pas créer une commission d’enquête parlementaire. Aujourd’hui, les pouvoirs publics ne semblent pas encore avoir pris toute la mesure de scandales certes, en devenir mais déjà manifestes de l’argent public.

Des députés des 28 pays membres de l’UE pourraient également se révéler soucieux de la sauvegarde de leurs industries manufacturières et décider de faire valoir auprès de la Commission Européenne, une légitime opposition à ces implantations, justifiée, entre autres, par des aides disproportionnées, des accusations d’espionnage et une distorsion accrue de la concurrence, basée notamment sur le dumping. 

Francis JOURNOT Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

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Comment a-t-on pu arriver à 40 %

de chômage dans le privé ?

 Par Francis JOURNOT       Tribune du  12 mai 2014 sur MARIANNE     

En moins de quarante ans, le nombre de demandeurs d’emploi serait passé, selon des études, de 1 million à plus de 9.

Francis Journot évalue ainsi à 40 % le taux de chômage dans le secteur privé et s'interroge : « Les représentants des gouvernements qui, depuis trente-cinq ans, affirment que la lutte contre le chômage constitue une priorité, sont-ils sincères ? »

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Dés 1974, le taux de chômage a entamé son ascension pour atteindre fin 1985, un niveau, qui, si l’on en croit les chiffres égrenés par les gouvernements successifs, se serait, au fil des années, le plus souvent maintenu autour de 10 %. Mais il est permis de douter de la pertinence de la méthode. En effet, la définition du chômeur au sens du Bureau International du Travail (BIT) ne comptabilise que les inscrits n’ayant aucune activité. En France, ce groupe qui représenterait 3,3 millions de personnes, est répertorié en catégorie A de Pole Emploi. Le taux ainsi calculé, ne serait jamais descendu au dessous de 7,7 % (2001) mais n’aurait en revanche, jamais excédé 10,8 % (1993) ou 10,9 % (1997) de la population active. 

Un taux de 10 % avec une probabilité moyenne de 9 chances sur dix de trouver un emploi, ne serait pas si inquiétant et chacun d’entre-nous aurait sa chance, si toutefois, ce taux, calculé selon la méthode du BIT, exprimait la réalité de la situation. Mais, depuis la deuxième moitié des années 70, le nombre de demandeurs d’emploi serait, selon des études, passé de 1 million à maintenant 9,5 millions. 

DÉNI DE RÉALITÉ

En 1993, le nombre de chômeurs franchissait le seuil historique des 3 millions. Mais deux décennies plus tard, la France compterait toujours, selon les chiffres officiels, environ 3 millions de chômeurs (3 349 300 en mars 2014) parmi 6 millions d’inscrits. Mais deux études, l’une publiée sur Le Parisien / Aujourd’hui en France (« Le chiffre noir des chômeurs invisibles ») et l’autre par France 3 (« Les vrais chiffres du chômage »), révélaient en décembre 2012 que la France pourrait compter 9,2 ou 9 millions de demandeurs d’emploi. Et si l’on répercute la hausse du nombre de demandeurs d’emploi durant les seize derniers mois dont celle de 5,7 % en 2013 selon l’INSEE, le nombre pourrait maintenant dépasser 9,5 millions. 
Il convient, afin d’obtenir un taux significatif du chômage, de dissocier secteur privé et public. En effet, les agents bénéficient généralement d’un travail pérenne et ne sont que plus rarement confrontés à ce fléau. De plus, le taux ainsi exprimé interpelle sur la difficulté effective de trouver un emploi. 

La population active totale compte aujourd’hui 29,8 millions de travailleurs dont 5,5 millions d’agents de la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière. Le secteur privé dénombrerait 24,3 millions de travailleurs dont 9,5 millions de demandeurs d’emplois. Soit une probabilité d’être touché à des degrés divers par le chômage qui atteindrait 39 % dans le secteur privé. 

UN CHÔMAGE PLUS STRUCTUREL QUE CONJONCTUREL

Depuis quarante années, les gouvernements ont préconisé une autre économie, mais n’ont guère proposé, par manque de clairvoyance, par incompétence ou par subordination au dogme néolibéral du libre-échange, de solutions à un chômage grandissant qui promettait d’atteindre des sommets quelques années plus tard. Ainsi, les fermetures d’usines ont participé à l’apparition d’un chômage structurel qui, depuis cette époque, n’a jamais cessé de grossir. Il est à craindre maintenant, qu’aucune amélioration conjoncturelle, quelque soit le niveau de croissance, ne permette de le résorber. 

Par ailleurs, l’inadéquation ou la carence d’offres d’emploi, compromet ou interdit l’accès au travail d’une importante population devenue inemployable. Le nombre de salariés du secteur privé en emploi à temps plein et en activité, ne compterait aujourd’hui, sur une population totale de 66 millions d’habitants, que 15 millions de salariés dont plus d’1 million employé par des organismes privés assurant des missions de services publics, des organismes divers d’administration centrale, des associations, commissions, etc., généralement financés par l’argent public. 

Lors de la désindustrialisation entamée dés le début des années 70, la France, encore en plein emploi, comptait prés de 22 millions d’actifs dont 2,1 millions de fonctionnaires pour une population totale de 50 millions d’habitants. Aujourd’hui, le taux de salariés français au regard de la population totale, compte parmi les plus faibles des pays industrialisés. 

L’économie française n’est plus cohérente. Notre pays n’a guère le choix et doit recréer 1 à 2 millions d’emplois industriels, susceptibles de générer plusieurs autres millions d’emplois indirects et induits. En modifiant les modes de gestion et les processus de production, il serait économiquement viable de produire à nouveau en France, une part importante des biens que nous consommons. Une relance massive de l’industrie manufacturière pourrait constituer l’un des rares moyens de combattre ce déséquilibre structurel et de recréer un environnement qui offrirait plus de compatibilité entre offre d’emploi et demande. Cela procurerait un nombre important de postes à des personnels peu diplômés et peu ou moyennement qualifiés, premières victimes du chômage, mais aussi beaucoup d’emplois très qualifiés. A terme, l’augmentation du nombre de cotisants, préserverait les régimes de protection sociale, diminuerait les déficits publics et permettrait de réduire les charges salariales et patronales. 

Mais, bien que l’industrie française ait payé un lourd tribut à l’Europe et à la mondialisation, la Commission Européenne s’opposerait à la relance de l’industrie manufacturière et arguerait que des aides sectorielles seraient susceptibles d’affecter les échanges entre les Etats membres. S’opposer aux décisions et à la politique européenne, envisager une sortie de l’euro et de l’UE ou accepter un chômage de masse, le débat interdit devra avoir lieu.  

UN TAUX DE CHÔMAGE CONFORME AUX RECOMMANDATIONS DE LA BCE

L’organisme de coopération et de développement économique (OCDE) et la Banque centrale Européenne (BCE) publient chaque année un indice établissant un lien entre taux de chômage et inflation. Celui-ci, le « Non accelerating inflation rate of unenployement » ou Nairu, indique à chaque pays développé, le taux de chômage minimum nécessaire à la stabilisation de l’inflation. 

Selon ce postulat, une baisse du chômage pourrait faire augmenter les salaires, donc les coûts de production, puis les prix de vente. L’augmentation des salaires pourrait faire croître la demande et ainsi impacter les prix de vente. Ces deux facteurs (augmentation des coûts et de la demande) seraient générateurs d’inflation et de dépréciation des capitaux. Cependant, si l’on considère que la plupart de nos biens de consommation ne sont plus produits en France, la théorie perd de sa cohérence. 

Quelle que soit la gravité de la situation économique au moment des estimations et quel que soit le niveau de chômage structurel ou conjoncturel, le taux, entre 1985 et 2014, a le plus souvent été proche de 9 %. 

Pour exemples, en 1985, la France redécouvrait la misère. Coluche lançait « Les Restos du cœur » et trente ans après l’hiver 1954, l’Abbé Pierre créait Emmaüs France et la Banque alimentaire. Le thème des SDF s’invitait dans l’actualité et choquait la France. Le taux de chômage, selon le gouvernement dirigé par Laurent Fabius, sous la présidence de François Mitterrand, approchait 10 % au 4ème trimestre et le nombre de chômeurs franchissait la barre des 2,5 millions. L’OCDE avait préconisé un taux de 9 %. 

En 1995 et 1996, sous la présidence de Jacques Chirac, notre pays comptait 3 millions de chômeurs depuis 1993 et déjà 1 million de rmistes. En septembre 1995, le premier ministre Alain Juppé s’engageait auprès de Bruxelles à ramener en 2 ans le déficit public à 3 % du PIB. En décembre, prés de 2 millions de français descendaient dans la rue pour protester contre son plan d’austérité. Soucieux de respecter la limite de déficit imposée par le traité de Maastricht, il s’empressait de brader une part de l’industrie française pour renflouer les caisses. La privatisation du joyau Pechiney (aluminium) faisait un flop et ne rapportait que 3,8 milliards de francs à l’État et Usinor-Sacilor, n’était vendu que 10 milliards. 

Puis Alain Juppé cédait en 1996 la première compagnie maritime française pour seulement 20 millions de francs après que l’Etat ait injecté 1,2 milliard de francs. Le premier ministre tentait en vain, la même année, de vendre au Sud-Coréen Daewoo, pour 1 franc symbolique, le fleuron technologique national Thomson après une recapitalisation de l’Etat à hauteur de 11 milliards de francs. Entre 1995 et 1996, le taux de chômage oscillait entre 1,2 et 10,7 % et flirtait avec le taux estimé de l’OCDE de 10,3 %. 

Aujourd’hui le chômage atteint un sommet inégalé et l’OCDE continue d’indiquer des taux semblables : 9,2 % pour 2013, 2014 et 2015. 

L’écart peu élevé durant trois décennies entre le taux de chômage moyen de 10 % selon la norme du Bureau international du Travail (BIT) et celui de 9 % déterminé par l’OCDE, pose questions. Une volonté affichée d’éradiquer le chômage est-elle compatible avec le respect des recommandations de cet organisme ? Les représentants des gouvernements qui, depuis trente-cinq ans, affirment lors de discours enflammés, que la lutte contre le chômage constitue une priorité et une cause nationale, sont-ils sincères ? 

Par ailleurs, il est assez peu probable que l’OCDE, la BCE et le FMI ignorent la réalité du chômage. Ceux-ci ont certainement conscience que le taux de 9 ou 10 % de chômage, selon la norme du BIT, peu éloigné du taux moyen qu’ils préconisent, masque un chiffre de plus 9 millions de demandeurs d’emploi. Pourtant, à travers leurs recommandations, ils demandent implicitement à l’État Français de s’abstenir de mettre en place des politiques efficiences pour l’emploi. Ainsi, l’absence de relance de l’industrie manufacturière contribue à maintenir plus ou moins au chômage une part importante de la population active. Peut-être faut-il voir là, l’une des raisons de la désindustrialisation de la France. 

Deux prix Nobel d’économie dénonçaient déjà au début des années 2000, l’inefficacité de cet indicateur dont Joseph Stiglitz (« Cet indice n'est plus pertinent pour déterminer le lien entre chômage et inflation »,« La foi en ce lien a pour effet d'empêcher les gouvernements de mettre en œuvre des politiques qui réduiraient le chômage ») et Franco Modigliani, qui fut, au milieu des années 70, l’un des deux créateurs du Nairu (« Le chômage est principalement le résultat de politiques macroéconomiques erronées inspirées par une crainte obsessionnelle de l’inflation et une attitude considérant le chômage comme quantité négligeable »).

DES DÉCENNIES DE DÉSINDUSTRIALISATION

Le chiffre de 1 million de demandeurs d’emploi atteint en 1977, représentait un taux de chômage de 4,3 % de la population active. On estime généralement que ce niveau s’apparente au plein emploi. Mais la désindustrialisation et la délocalisation de l’industrie manufacturière dés le début des années 70, menées de concert par gouvernements et groupe industriels, ont fait bondir le taux de chômage quelques années plus tard. Le premier choc pétrolier de 1973 et la constante et importante augmentation de la population active, notamment due à l’incidence de l’évolution démographique, ont accentué cette tendance. 

Le discours politique promettait déjà de lutter contre le chômage et prédisait une mutation vers une nouvelle ère qui générerait les emplois de demain. L’antienne néolibérale d’une nouvelle France qui remplacerait l’industrie manufacturière des biens de consommation par une nouvelle industrie aux contours flous et incertains, mais s’appuyant sur l’innovation, les R&D, l’énergie, la formation, les nouvelles technologies et autres produits à haute valeur ajoutée, était, et demeure récurrente. 

Après quatre décennies de politique économique néolibérale européiste et mondialiste, le bilan est amer : des générations entières de Français ont subi de graves difficultés d’emploi tout au long de leurs vies professionnelles et des millions de travailleurs, moins qualifiés, moins jeunes ou demeurant dans des régions sinistrées, ont connu des vies de misère, alternant petits boulots, emplois temporaires et minimas sociaux. 

Aujourd’hui, bon nombre de leurs enfants ont hérité de cette précarité. La paupérisation semble maintenant s’être définitivement installée dans de nombreux territoires entièrement dévastés et économiquement exsangues. La délocalisation n’épargne aucun secteur : produits de transition énergétique, hautes technologies, automobile, électroménager, industrie pharmaceutique, luxe, hélicoptères et avions Airbus ou Dassault, TGV, énergie et centrales nucléaires, R&D, services etc. 

Les transferts de technologies de nos derniers fleurons, l’absence d’aide à l’industrie manufacturière traditionnelle et la vente à nos concurrents, des dernières usines et de leurs savoir-faire, pourraient bientôt, si la France ne change pas fondamentalement sa politique économique, venir à bout de ce qu’il reste de l’industrie et de la population ouvrière mais ainsi condamner définitivement notre pays au chômage de masse et à la régression sociale.
 
                                                  Francis JOURNOT
 
                                                                     

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9 millions de demandeurs d'emploi,

et maintenant ?  

 Par Francis JOURNOT     Tribune du 11 mars 2014

Le chômage en France atteint aujourd’hui un niveau inégalé. Mais la classe politique se focalise sur la courbe du chômage de la catégorie A de Pole Emploi qui pourtant, selon plusieurs études, ne représenterait que le tiers du nombre réel de demandeurs d’emploi.

 Il nous faut aujourd’hui affronter la réalité des chiffres pour enfin penser des solutions à la mesure de ce fléau.

Le nombre de chômeurs pourrait, au rythme ininterrompu des fermetures d’usines, encore augmenter et à terme, compromettre, faute de cotisants, jusqu'à l’existence même de notre protection sociale. Peut-être s’avère t-il maintenant indispensable, après quatre décennies de politique économique néolibérale mondialiste de libre échange prônant la délocalisation, de relancer l’industrie manufacturière des biens de consommation.  

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DEMANDEURS D’EMPLOI  OU CHÔMEURS ?    

La définition du chômeur au sens du Bureau International du Travail (BIT) ne reconnait que la catégorie A de Pole Emploi qui comptabilise exclusivement les 3.3 millions de chômeurs sans aucune activité inscrits en métropole et constitue 10.8 % de la population active. Citons l’exemple des contrats aidés : lorsqu’un chômeur inscrit en catégorie A signe un contrat d’Avenir ou de Génération, celui-ci, bien qu’il soit toujours demandeur d’emploi, intègre la catégorie E et sort des statistiques du chômage. 

Quelque soit la définition adoptée, demandeurs d’emploi ou chômeurs, la lutte contre le chômage n’est pas affaire de sémantique. 

Pole Emploi, recensait en janvier 2014, toutes catégories et territoires confondus, 5 972 000 inscrits, auxquels il faut ajouter les chômeurs invisibles dont une part importante des 2.2 millions d’allocataires du RSA, les non inscrits découragés et les temps partiels subis.Selon une enquête récente de l’émission Envoyé Spécial sur "les chiffres de Pole Emploi", 7.5 millions de femmes et hommes rechercheraient un travail mais ne seraient pas toujours inscrits. Des associations de chômeurs, syndicats ou formations politiques contestent également les chiffres officiels. Certains avancent un chiffre officieux de 8 millions quand d’autres affirment que notre pays compterait plus de 9 millions de demandeurs d’emploi.  

Une enquête du Parisien/Aujourd’hui, "Le chiffre noir des chômeurs invisibles", semble donner raison à ces derniers : Celle-ci s’appuyait sur les données de l’INSEE et de la DARES et dévoilait déjà en décembre 2012 un chiffre de 9 211 800 personnes touchées par le chômage. La chaine publique France 3 corroborait un chiffre de 9 millions dans son dossier "Les vrais chiffres du chômage" au cours de son journal télévisé du 27/12/2012.  

Depuis la révélation de ces chiffres, 63 000 entreprises ont fermé leurs portes et selon la DARES (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), la hausse du chômage sur un an s’élève à 5.7 %.   

LE LEURRE DU BASCULEMENT VERS UN AUTRE MONDE   

Le basculement vers une nouvelle économie génératrice d’emploi pour chacun d’entre-nous, promis par les gouvernements français depuis 40 ans n’a pas eu lieu et n’aura, sans doute pas lieu. L’antienne des produits innovants ou hautement technologiques, et plus récemment, de transition énergétique et à haute valeur ajoutée, qui devaient compenser les millions d’emplois industriels délocalisés, est rabâché chaque jour depuis des décennies.  

La dédaigneuse et récurrente assertion selon laquelle nous devrions considérer les industries manufacturières qui produisent les biens courants que nous consommons chaque jour,  comme des industries d’hier, est significative d’une volonté obstinée de condamner celles-ci à la disparition. Ce postulat idéologique invoque généralement un manque de compétitivité, qui par ailleurs n’est pas toujours avéré si l’on tient compte des coûts cachés. Il ne repose guère sur un fondement économique sérieux si l’on considère également le déficit de notre balance commerciale ou les ravages d’un chômage qui plombe maintenant toute l’économie. Ce discours est associé au dogme néolibéral du libre échange qui depuis toujours, a préconisé la délocalisation de l’industriel française. Depuis les États Généraux de l’Industrie de 2009, bon nombre d’industries manufacturières traditionnelles sont maintenant exclues des dispositifs de financement de l’économie sans lesquels il est impossible pour une PME industrielle de s’adapter et de survivre.   

Nicolas Sarkozy et François Hollande, sont d’ardents partisans de cette politique économique qui a pour effet de dévaster notre pays tout en esclavagisant les populations des pays émergents. De nombreuses régions françaises sont aujourd’hui exsangues et la paupérisation gagne du terrain. L’explosion du nombre d’allocataires de minimas sociaux, de repas servis par  les restos du cœur ou le chiffre croissant de SDF, nous rappelle chaque jour la trahison des élus envers le peuple. 

PACTE DE RESPONSABILITE, QUE PEUT ON ESPERER ? 

Le plan de relance de Nicolas Sarkozy en 2009, d’un montant de 34 milliards d’euros n’à créé selon les sages de la cour des comptes, que 18 000 à 72 000 postes soit un coût par emploi entre 472 000 et 1900 000 euros. Selon plusieurs économistes, le Grand emprunt de 35 milliards lancé en 2010, n’en a pas généré davantage. Le chiffre de 1 million d’emplois, slogan du patron du MEDEF Pierre Gattaz et celui de 300 000 emplois, estimé par le Haut conseil de la protection sociale, peuvent paraitre très optimistes et pourraient décevoir.

Le pacte de responsabilité ne semble guère plus contraignant en termes de création d’emploi que les deux précédents plans gouvernementaux et il est peu certain qu’il crée davantage d’emploi en France. Le crédit d’impôt compétitivité/emploi (CICE)) d’un montant de 20 milliards d’euros est maintenant inclus dans le pacte de  responsabilitéde 35 milliards d’euros. Il a été inspiré par le rapport Gallois et était initialement pensé pour alléger les charges de  l’industrie. Finalement, 16 milliards d’euros iront aux services et à la distribution et 4 milliards d’euros seulement iront aux entreprises industrielles.

Pourtant, si l’on considère que les emplois industriels génèrent d’autres emplois, il aurait été, d’un point de vue purement économique, plus efficient pour l’emploi, d’encourager l’industrie. Par ailleurs, les entreprises peuvent bénéficier des allégements de charges sans recruter de nouveaux salariés :  « Le CICE a pour objet de financer les efforts de l'entreprise en matière d'investissement, de recherche, d'innovation, de formation, de recrutement, de prospection de nouveaux marchés, de transition écologique ou énergétique et de reconstitution de leur fonds de roulement ».  

 RÉINVENTER L’INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE DES BIENS DE CONSOMMATION  

On peut toujours continuer à déplorer l’augmentation du chômage, attendre le retour d’une croissance qui crée peu d’emplois industriels depuis que nous importons la plupart des produits que nous consommons, invoquer une baisse de l’euro que l’Allemagne ne souhaite pas ou parier sur une sortie de la zone euro pour retrouver notre indépendance budgétaire, attendre que les salaires des pays émergents rejoignent notre salaire minimum ou même croire que le Pacte de Responsabilité  impactera le taux de chômage, mais pour l’heure, il convient de penser et mettre en œuvre rapidement, quelles que soient les oppositions, des solutions pragmatiques susceptibles de faire baisser significativement le taux de chômage sans que cela ne coûte de l’argent à la collectivité. 

L’industrie manufacturière des biens de consommation pourrait bien constituer l’un des rares leviers majeurs dont nous disposons pour recréer à terme plusieurs centaines de milliers d’emplois, auxquels s’ajouteraient par effet mécanique, deux à trois fois plus d’emplois indirects et induits. L’implantation d’usines dans des régions exsangues redonnerait vie à des territoires entiers. Certes, face au dumping salarial, fiscal, social, environnemental ou monétaire des pays à bas coûts, la fabrication française est souvent peu compétitive. Néanmoins, en modifiant les modes de gestion et les processus de production, il serait tout à fait possible de fabriquer à nouveau en France, une part importante de nos biens de consommation moyen/haut de gamme. Un outil de production plus automatisé corrigerait les coûts de produits exigeant davantage de main d’œuvre et de savoir-faire  artisanal. Parfois, un raccourcissement du circuit de distribution, sur le modèle économique de l’intégration verticale, augmenterait considérablement la compétitivité. 

Pour financer cette relance, Il suffirait de réorienter chaque année, parmi les aides les moins efficientes pour l’emploi, 1 à 2 % des 220 milliards d’euros annuels de subventions aux entreprises et dépenses pour l’emploi, pour recréer plusieurs centaines de milliers d’emplois industriels en quelques années. Il conviendrait en outre, de mutualiser des outils de distribution et de commercialisation qui optimiseraient la compétitivité des produits, permettraient de juguler la disparition d’entreprises industrielles et favoriseraient la reconstitution d’écosystèmes. Un plan d’un montant total de 15 à 20 milliards d’euros sur 5 à 10 ans, permettrait de se fixer un objectif de 300 000 emplois industriels. L’activité et les emplois industriels, généreraient  mécaniquement, 600 000 à 900 000 emplois indirects et induits. Ceux-ci, il faut l’admettre, ne compenseraient pas totalement la perte de 2.5 millions d’emplois industriels en un peu plus de deux décennies. Cependant, au terme du plan, plus de 20 milliards d’euros de nouvelles cotisations salariales et patronales, pourraient abonder chaque année les caisses des régimes de protection sociale. L’augmentation progressive du nombre de cotisants réduirait d’autant les déficits et permettrait d’envisager une baisse durable du montant des cotisations. Par ailleurs, l’économie pour la collectivité en dépenses pour l’emploi (DPE) et dépenses connexes pourrait dépasser chaque année, 22 milliards d’euros.  

Une relance de l’industrie manufacturière, même si celle-ci s’avérait longue et difficile, démontrerait une volonté nouvelle du gouvernement, indiquerait une remise en question du dogme et enverrait un signal fort et positif aux français qui, en majorité, s’inquiètent de la délocalisation de l’emploi. Elle rassurerait et insufflerait une dynamique pouvant s’étendre à l’ensemble de l’économie française.  

Le gouvernement devra, pour fixer un cap économique à notre pays, renoncer a sa politique dogmatique et peut-être tiendra-t-il compte de nos propositions : A l’invitation des Rencontres parlementaires sur le Travail et l’Emploi qui auront lieu le 21 mai 2014 à Paris, j’interviendrai au nom de notre mouvement sur le thème "Quelles idées pour créer plus d’emploi ?" Le colloque réunira plusieurs autres conférenciers, directeurs d’étude et de recherche, économistes, universitaires et rapporteurs de budgets et projets de loi sur le travail et l’emploi, et devrait se dérouler en présence de Pierre Moscovici, ministre de l'Économie et des Finances et de Michel Sapin, ministre du Travail et de l’Emploi.  

                                                                           Francis JOURNOT   

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

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Salaire minimum européen,

oui mais comment ?  

 Par Francis JOURNOT       Tribune du 11 decembre 2013 sur MARIANNE     

A la veille des élections européennes de mai 2014, le thème du salaire minimum européen refait surface. Bien qu’il ait été présenté lors du référendum de Maastricht, comme un futur bienfait de la construction européenne, celui-ci a néanmoins été depuis 1992, souvent occulté. Cependant, en réponse à la grogne des ouvriers dont les fermetures d’usines se multiplient, notamment dans le secteur particulièrement exposé de l’agroalimentaire, ce sujet est maintenant de plus en plus évoqué comme un possible remède à la concurrence déloyale exercée entre pays de l’Union Européenne.   

Mais salaire minimum unique européen ou salaire adapté au niveau de vie de chaque pays, les pistes envisagées depuis le début de la construction de l’Europe, ne semblent guère à la hauteur de cette ambition sociale. Aussi, peut-être devrions-nous dés maintenant envisager la voie du salaire minimum européen et mondial à l’export.

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 SALAIRE MINIMUM UNIQUE EUROPÉEN  

Au lendemain de l’adoption de l’euro, cette option, bien que souvent considérée comme utopique, aurait pût malgré tout paraître envisageable. 

Mais dix ans plus tard, il est plus que jamais difficile d’imaginer que la commission européenne tente d’obliger des états en quasi faillite, à aligner leurs salaires, dont ceux de leurs fonctionnaires, sur un salaire minimum incompatible avec des économies émergentes ou exsangues.  

SALAIRE MINIMUM EUROPÉEN SELON LE NIVEAU DE VIE DE CHAQUE PAYS  

Dans son manifeste pour les élections du Parlement Européen, le Parti Socialiste appelait en 2004, à la mise en place d’un salaire minimum Européen. L’UE ne comptait alors que 15 pays membres. Mais en 2005, lors du referendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, par ailleurs rejeté par 54,68 % des français, cette grande ambition européenne était déjà oubliée. 

En 2006, l’ancien président de la Commission Européenne Jacques Delors, s’est appuyé sur les  prescriptions formulées lors des débats du PS et a proposé aux entreprises et confédérations syndicales européennes, une discussion  autour de l’idée selon laquelle « chaque pays de l’UE devrait instaurer son propre salaire minimum, en fonction de son état de développement ».  

Cette position fut, au cours des années suivantes, souvent reprise par la Commission Européenne  et le Parlement Européen : « même s’il est peu probable que l’on mette en place une politique de salaire minimum européen dans l’avenir proche,  il serait théoriquement possible et juste que l’Union européenne oblige chaque État membre à établir son propre salaire minimum » ou « il convient de mettre en place, au niveau des États membres, un salaire minimum décent, le cas échéant en coopération avec les partenaires sociaux, afin de rendre le travail financièrement viable ».  

A la veille des élections européennes de 2014, le Parlement Européen, dont certains de ses  membres s’ouvrent du risque de défiance d’un grand nombre de citoyens européens envers leur institution, organise une série de conférences sur le thème « Perspectives pour l’emploi en Europe ». 

Au cours de la conférence qui a eu lieu à paris le 14 octobre 2013, Pervenche Beres, députée européenne du Parti Socialiste depuis 1994 et présidente de la Commission de l'emploi et des affaires sociales du parlement depuis 2009, affirmait «Je pense que l’Union européenne avance vers la création d’un salaire minimum. Nous n’y sommes pas encore, mais nous sommes en route ».Puis celle-ci assurait « Si l’Allemagne s’engage sur le sujet du salaire minimum, il sera beaucoup plus facile de faire avancer le sujet à Bruxelles, au moins pour les pays de la zone euro ".  

Alors, argument de pré campagne européenne ou réelle préoccupation sociale de l’Europe ?  

SALAIRE MINIMUM ALLEMAND    

Il n’est pas acquis que notre partenaire allemand dont la croissance repose parfois sur des inégalités salariales qui permettent précisément de concurrencer des secteurs entiers de l’industrie française, soit impatient d’harmoniser les salaires autour d’un SMIC à 8.50 € bruts. En effet, les patrons allemands promettent la suppression de 1.5 à 1.8 millions d’emplois et des économistes, plus modérés, prédisent 500 000 pertes d’emplois. Aussi, on peut craindre que la mise en place du salaire minimum s’avère lente et laborieuse.  

Même si un accord de coalition a été signé fin novembre 2013 pour une entrée en vigueur en janvier 2015, les branches auront toutefois la possibilité de négocier des conventions collectives avec les partenaires sociaux et de nombreuses entreprises devraient bénéficier de dérogations jusqu’en janvier 2017. De plus, le montant du salaire minimum ne sera débattu par une commission qu’à partir de juin 2017. 

Par ailleurs, l’instauration d’un salaire minimum allemand fera diminuer le recours aux travailleurs déplacés des pays de l’Est mais n’améliorera pas sensiblement les conditions de concurrence. 

Effectivement, on peut supposer que de nombreuses entreprises d’Outre-Rhin vont rejoindre celles qui ont déjà délocalisé la production de leurs industries de main d’œuvre dans les États voisins à bas coûts de l’Est. 

Il est à craindre qu’une généralisation du salaire minimum allemand dans l’industrie ne se concrétise guère avant plusieurs années et dans l’hypothèse la plus optimiste, il nous faudra vraisemblablement attendre au moins 10 années supplémentaires pour que la totalité des pays de l’Union Européenne soient en capacité d’augmenter les salaires.

  L’INEFFICACITÉ DES PISTES SUIVIES  

Bien que cette idée séduise, il est assez peu probable que l’instauration d’un salaire minimum européen plus ou moins semblable pour l’ensemble des salariés des États Européens du secteur public et privé, se concrétise au cours des prochaines années.     

Après plus de 20 années d’immobilisme et en l’absence d’avancée significative, on peut aujourd’hui douter du pragmatisme des solutions proposées. 

Au moment où l’UE vient d’accueillir son 28éme membre, une harmonisation, avec une discussion avec les différents partenaires, par branches et par régions, risque de s’avérer particulièrement longue et difficile, voire impossible à mettre en place si l‘on considère que la Commission Européenne, à supposer qu’elle en ait la volonté, ne peut qu’exhorter les pays à adopter un SMIC ou à augmenter leurs salaires mais la décision appartiendra finalement aux États nationaux.  

Il est à redouter que de nombreuses usines de l’hexagone ne ferment avant que l’ensemble des pays de l’Union acceptent de se laisser dicter des mesures souvent inappropriées voire impossibles à appliquer à l’heure où la plupart d’entre eux connaissent de graves difficultés budgétaires.   

UN SALAIRE MINIMUM UNIQUE EUROPÉEN SPÉCIFIQUE AUX PRODUITS ET SERVICES EXPORTÉS   

Dans un monde globalisé ou au sein d’une communauté de 28 pays, pour être rapidement applicables et efficientes, les solutions doivent être plus globales.  

Peut-être pourrions-nous enfin progresser vers une harmonisation salariale Européenne en instituant un salaire minimum unique européen obligatoire pour exporter vers les pays extérieurs à la communauté Européenne mais aussi vers les autres États membres. 

L’ensemble des salariés Européens travaillant dans des usines produisant des biens ou des sociétés fournissant des services destinés à l’exportation  bénéficierait de ce statut. 

De fait, les distorsions de concurrence entre États Européens que nous souhaitons voir disparaitre pour sauver nos dernières usines françaises, seraient immédiatement et considérablement réduites, notamment lors des échanges internes dans l’Union Européenne.  

Le secteur marchand pourrait parfaitement, sans que cela n’affecte dangereusement ses coûts et sans que cela ne justifie d’importantes augmentations de prix à la consommation, absorber une réévaluation des rémunérations. Celle-ci serait amortie par la valeur ajoutée souvent importante de produits ou services fréquemment destinés à des consommateurs de pays développés ou à fort pouvoir d’achat de pays en développement.   

Les hausses, surtout de bas salaires, ont, selon la plupart des économistes, keynésiens ou appartenant à d’autres courants de pensée, un effet macroéconomique positif certain sur le développement d’un pays. 

Les effets concrets sont d’autant amplifiés sur l’économie locale lorsque le pays est émergent et produit agriculture, élevage et industrie manufacturière de biens de consommation. 

En revalorisant la rémunération des salariés travaillant pour l’exportation, mécaniquement, les revenus des autres citoyens et le niveau de vie du pays exportateur progresseraient. 

A terme, l’augmentation de la consommation de biens indispensables, alimentaires ou matériels, générerait une croissance du marché intérieur qui pourrait contribuer à bâtir une économie plus autonome et saine, mais aussi moins orientée vers une course à la production dont, par ailleurs, les effets sur l’environnement sont souvent désastreux. Les salaires initialement destinés aux salaries travaillant pour l’exportation se généraliseraient progressivement au rythme du développement des États. Ainsi, chaque pays pourrait bâtir une économie plus saine. 

Nous pourrions envisager l'instauration d'un salaire minimum mensuel net de 1 000 € net pour l’ensemble des ouvriers des pays de l’UE fabriquant des produits ou les employés fournissant des services destinés à l’exportation ainsi que pour les salariés détachés dans l’un des 28 pays de l’Union Européenne (Exemples : ouvriers polonais et portugais du BTP en France et ouvriers Bulgares ou roumains dans l’agroalimentaire en Allemagne parfois rémunérés 3 €/h).   

Ce salaire net minimum s’appliquerait donc aux 7 pays qui ne disposent pas d’un salaire minimum (Allemagne janvier 2017 ?, Italie, Danemark, Chypre, Autriche, Finlande et  Suède). 

Et, parmi les 21 pays prévoyant un salaire minimum, ceux dont le montant est inférieur au seuil de 1 000 € (Roumanie, Bulgarie, Pologne, Hongrie, République tchèque, Croatie, Estonie, Lituanie, Lettonie, Grèce, etc.…)  Les salaires minimum en vigueur dans des pays de l’UE continueraient à s’appliquer dés lors qu’ils seraient supérieurs à 1 000 € net mensuel.  

A terme, un alignement basé sur la moyenne des salaires minimum nets français, anglais, belges, irlandais, néerlandais ou luxembourgeois (1 100 à 1 550 €) pourrait être envisagé pour les pays les plus développés et s’appliquer ensuite à l’ensemble des populations de la communauté européenne.   

SALAIRE MINIMUM MONDIAL A L’EXPORTATION 

La création d’un salaire minimum mondial à l’export, bien qu’applicable dans un cadre uniquement européen,  pourrait s’inscrire dans un cadre plus général de  salaire minimum mondial  qui  régulerait ainsi davantage l’ensemble des échanges mondiaux. 

 Le 7 décembre 2013 à Bali, l’OMC a signé avec 157 ministres d’États membres, un accord historique  de libéralisation des échanges internationaux prévoyant l’exemption accrue des droits de douane 

sur les exportations en provenance des pays les moins avancés et la facilitation des échanges dont, par ailleurs les groupes industriels et de distribution  pourraient bien s’avérer être les principaux bénéficiaires.  

Aussi, l’application de notre proposition d’instaurer un salaire minimum mondial d’un montant net de 400 € ou 500 $ hors UE, obligatoire pour exporter vers les principaux marchés de consommateurs, est aujourd’hui plus que jamais nécessaire.  

Celle-ci serait d’autant plus réalisable que les économies de frais de douane réalisées diminueraient les coûts et pourraient ainsi participer au financement d’une réévaluation de la rémunération des salariés des pays émergents ou en développement.    

                                          Francis JOURNOT     

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

 

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Recréer des emplois industriels...

tout de suite !   

 Par Francis JOURNOT       Tribune du 15 octobre 2013 sur MARIANNE    

Francois Hollande, depuis plusieurs décennies, la Commission Européenne et les Gouvernements français successifs ont encouragé la délocalisation de l’industrie manufacturière de nos biens de consommation. 

975404-1155948-3.jpgL'innovation, les hautes technologies, les produits à haute valeur ajoutée, les produits dits de « transition énergétique et écologique » et les services, devaient et doivent toujours, selon eux et selon vous, nous assurer des emplois en nombre suffisant en dépit de la destruction de pans entiers de notre industrie manufacturièr

Le domaine des énergies renouvelables, pressenti pour créer des centaines de milliers d’emplois, ne crée finalement que quelques milliers de postes par an. Son nombre de créations est passé de 58 460 en 2006 à seulement 83 260 emplois en 2012.

Ce dogmatique et récurent discours, est inlassablement réitéré par la plupart des personnalités politiques qui ont participé ou participent au gouvernement de la France.  Pourtant, l’échec est avéré et rares sont les produits qui échappent à la délocalisation. 

Tous les indicateurs économiques sont au rouge, le chômage a plombé les comptes de tous les régimes de protection sociale et touche bon nombre d’entre-nous. Aussi, conformément au souhait de la grande majorité des français, peut-être convient-il de rompre avec la politique dictée par l’idéologie.   

La relance d’une part importante de l’industrie manufacturière des biens de consommation est possible et pourrait permettre la création d’un nombre significatif d’emplois et une revitalisation de régions françaises très appauvries.       

COMPATIBILITÉ AVEC LES RÈGLES EUROPÉENNES 

Bien que l’avenir de l’Union Européenne semble chaque jour un peu plus incertain nous devons encore compter avec les règles européennes aujourd’hui en vigueur.    

L’article 107 du traité de fonctionnement de l’Union Européenne interdit « les aides accordées par les états sous quelque forme que ce soit, qui faussent ou qui menace de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions ».  

L’article 107 est peu cohérent car par essence, toute aide accordée par un état à une entreprise, fausse évidement la concurrence à des degrés divers. Par ailleurs, il serait tout à fait déraisonnable d’imaginer que notre système économique puisse être viable sans intervention de l’État mais les recommandations de l’article ne semblent guère faire obstacle au versement annuel de 100 milliards d’euros d’aides de l’État aux entreprises françaises. Depuis toujours, le financement de notre économie repose partiellement sur l’aide de la collectivité. Pour exemple, le premier groupe mondial du luxe LVMH n’existerait probablement pas si en 1984, l’État n’avait pas donné prés de 2 milliards de francs à Bernard Arnault pour reprendre Boussac. Bon nombre d’entreprises, petites, moyennes, grandes ou figurant au CAC 40, n’auraient pu voir le jour, prospéré ou survécu sans subventions.  

Les cas compatibles avec le marché intérieur, prévus dans le traité :    

2b) « Les aides destinées à remédier aux dommages causés par les calamités naturelles ou par d’autres événements extraordinaires » 

Les séquelles de la crise de 2008, le coût du sauvetage de l’euro, des banques, des États européens en difficulté, l’explosion du chômage avec l’équivalent certains mois, de la population d’une ville comme Bobigny ou Quimper, qui grossit les rangs des chômeurs, pourraient constituer un contexte extraordinaire compatible.   

3a) « Les aides destinées à favoriser le développement économique de régions dans lesquelles le niveau est anormalement bas ou dans lesquelles sévit un grave sous-emploi, ainsi que celui des régions visées à l’article 349, compte tenu de leur situation structurelle, économique et sociale, »  

Les régions ultrapériphériques (RUP) visées par l’article 349 comptent en moyenne 23 % de chômeurs en Martinique, Guadeloupe et Guyane, plus de 30 % à la Réunion, et sont éligibles aux aides européennes notamment en raison du chômage massif. 

Aujourd’hui, de nombreuses régions de métropole ont perdu la plupart de leurs industries et parfois la population de territoires entiers, vit majoritairement du chômage et de minimas sociaux. Le taux national de chômage chez les jeunes approche 26  % et il n’est plus rare de voir des territoires dont le taux de jeunes demandeurs d’emploi avoisine 40 %. Il convient d’interpréter cela comme un grave sous-emploi.  

3b) « Les aides destinées à promouvoir la réalisation d’un projet important d’intérêt européen commun ou à remédier à une perturbation grave de l’économie d’un état membre, »  

Un grand projet de relance de l’industrie manufacturière des biens de consommations très orienté vers l’exportation hors Europe contribuerait à un rééquilibrage de la  balance commerciale française ainsi qu’à l’augmentation de la croissance européenne. 

De plus, la hausse exponentielle du chômage fragilise considérablement l’économie du 2e contributeur financier de l’Europe.   

 Article entier 

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Tribune du 5 novembre 2013 sur CONSOGLOBE 

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Tribune du 7octobre 2013 sur MARIANNE 

CONVENTION INTERNATIONALE POUR UN

SALAIRE MINIMUM MONDIAL 

Par Francis JOURNOT   

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UN SALAIRE DÉCENT PEUT CONSTITUER UN OUTIL DE RESPECT DES DROITS HUMAINS

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) et des ONG (organisations non gouvernementales) dressent régulièrement des constats alarmants à propos des conditions de travail et de sécurité des ouvriers des pays à bas coûts. 

Mais les chartes éthiques signées par les groupes de distribution et les industriels locaux  s’avèrent insuffisamment contraignantes et n’ont jamais permis d’améliorer significativement l’existence de populations trop souvent asservies.

Chaque année, des situations sanitaires dangereuses et de nombreux accidents continuent à tuer des milliers d’ouvriers. 

Il est hélas peu certain que les donneurs d’ordres acceptent de renoncer à une part même mineure de leurs bénéfices, pour faire progresser la sécurité et la situation des ouvriers.

En effet, ceux-ci estiment souvent que cette responsabilité incombe aux sous-traitants qui, à l’opposé, affirment généralement, ne pas pouvoir financer des améliorations sans l’implication financière des grands groupes de la distribution.  

 Il nous faut aujourd’hui penser une autre approche : des travailleurs mieux rémunérés ont davantage accès à l’information, mais aussi à des conseils et à une aide juridique pour les protéger et faire valoir leurs droits. 

Si nous, marchés occi580px-guy-ryder-6.jpgdentaux de consommateurs, aidions les salariés des pays à plus faibles coûts à obtenir une plus digne rémunération de leur travail, nous leur procurerions ainsi les outils qui leur permettraient d’influer sur leurs conditions de travail, de santé et de sécurité.

Ils sauraient, n’en doutons point, engager avec leurs entreprises et pays respectifs, un dialogue qui conduirait à l’éradication de conditions d’existence proches de l’esclavage.      

  Le syndicaliste britannique, Guy Ryder, est le directeur général  de l’OIT depuis octobre 2012 (photo MEDEF)

                     ADOPTER UNE VISION PLUS GLOBALE  

Dans un contexte de mondialisation, il convient d’appréhender avec une vision globale, la situation des salariés des pays émergents.

On peut, certes, continuer à pointer du doigt la dangerosité et pénibilité du travail ou l’extrême exploitation des ouvriers de certains pays, mais cela les expose à la délocalisation de leur production vers d’autres régions où les travailleurs sont parfois encore plus fragiles. 

Depuis l’accident de Dacca, qui à couté la vie à 1 133 personnes et causé de graves blessures et amputations à plus de 1 000 ouvrières et ouvriers parmi les 1 900 blessés, plusieurs groupes textiles, sans doute plus soucieux de leur image que du sort des ouvrières et ouvriers bangladais, transfèrent maintenant leur production vers d’autres pays d’Asie ou d’Afrique.                                                                                        

Une tentative d’indemnisation des victimes du Rana Plaza a été organisée le 12 septembre 2013 à Genève sous la houlette de l’OIT. Cependant, 9 marques seulement sur lesdhaka-savar-building-collapse-9.jpg 29 impliquées se sont déplacées. Parmi les absents, citons AUCHAN, BENETTON, C&A, CARREFOUR, MANGO, et le groupe textile INDITEX (capitalisation de pres de 70 milliards d’euros) qui exploite les marques ZARA, MASSIMO DUTTI, BERSHKA, OYSHO, PULL & BEAR, STRADIVARIUS, etc. 

Immeuble Rana plaza à Dacca après l’effondrement du 24 avril 2013 (photo Rijans-flickr)

Aussi, peut-être pourrions-nous, afin de mettre fin à cette folle et meurtrière  ronde, tenter d’apporter une réponse plus pertinente. 

La plupart des consommateurs occidentaux accueilleraient très favorablement l’institution d’une norme salariale mondiale. Néanmoins, la protection, les droits, la sécurité et la santé des citoyens relèvent de la responsabilité de chaque État qui, même en cas d’insuffisances, demeure souverain. 

Par ailleurs, l’instauration immédiate d’un salaire minimum décent pour l’ensemble des salariés de chaque pays émergent serait, le plus souvent, économiquement irréalisable.    

 Aussi, Il importerait simplement, afin de remédier rapidement et durablement à des situations sanitaires urgentes et souvent dangereuses, d’organiser une convention internationale pour définir dans la concertation, un montant de rémunération minimum obligatoire spécifique à l’exportation, afin d’échanger dans un monde plus juste et plus serein. 

UNE CONVENTION INTERNATIONALE ENTRE MARCHÉS DE CONSOMMATEURS ET PAYS A BAS COÛTS             

USA et UE pourraient, en collaboration avec l’OIT et dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), proposer à l’ensemble des pays industriels à bas coûts, d’adhérer à une convention internationale.  

roberto-azevedo-cropped-10.jpgCet accord prévoirait essentiellement de subordonner l’exportation vers les deux plus grands marchés de consommateurs, à l’obligation de rémunérer, selon une norme minimum mondiale négociée, les personnels qui fabriquent ces produits ou fournissent ces services. 

Il conviendrait de déterminer dans la concertation, un montant de salaire suffisamment ambitieux pour faire évoluer la situation salariale  de nombreux ouvriers dans le monde mais assez raisonnable et modéré pour être agréé par le plus grand nombre de pays exportateurs.

Le brésilien  Roberto AZEVEDO en poste depuis septembre 2013, est le 1e  premier directeur général de l’OMC issu d’un pays émergent (photo WTO)  

Une discussion entre les principaux marchés de consommateurs et l’ensemble des pays exportateurs, pourrait s’engager autour de la base suivante, qui néanmoins, ne constituerait qu’une étape vers une harmonisation salariale. 

- Un salaire minimum mensuel net de 400 € ou 500 $ pour les ouvriers fabriquant des produits ou les employés fournissant des services destinés à l’exportation principalement vers les deux plus grands marchés de consommateurs que sont l’UE et les USA. 

Seraient concernés : des pays d’Asie, d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Europe. Les pays de l’Union Européenne (UE) qui ne garantissent pas de salaire minimum ou dont le montant est inférieur au seuil préconisé, devraient également se plier à cette règle pour exporter vers les autres pays membres de l’UE ou les USA. 

Il appartiendrait ensuite à chacun des États participants, de légiférer pour faire appliquer  dans les entreprises locales et étrangères, les dispositions décidées lors de la convention et  encadrant la rémunération des personnels travaillant pour l’exportation.   

Par ailleurs, l’UE abrite en son sein d’importantes inégalités : le salaire minimum bulgare est le plus faible avec un montant net de 120 € mensuel quand son équivalant luxembourgeois dépasse 1 500 €. Il reviendrait à la Commission Européenne, d’imposer plus d’équité entre ses membres ¹.                                         

UNE AUGMENTATION SALARIALE POSSIBLE SANS MAJORATION DU PRIX POUR LE CONSOMMATEUR    

Les groupes de distribution et du luxe, les grandes enseignes et les marques, ont bâti en à peine vingt ans de mondialisation, des empires financiers gigantesques. 

Ceux-ci distribuent chaque année des dizaines de milliards d’euros à leurs actionnaires au détriment de consommateurs abusés et d’ouvriers surexploités.

Leurs milliers de palais de la consommation sont démesurés et occupent maintenant des millions de mètres carrés sur les plus belles avenues du monde. 

Mais à l’autre bout de la chaine, les salaires mensuels n’atteignent que très rarement 200 € par mois et sont bien souvent inferieurs à 100 €. 

Celui d’une ouvrière bangladaise compte parmi les plus faibles au monde avec 40 € pour parfois 250/300 heures de labeur ou 23 € pour des éthiopiens qui révélaient récemment être battus par les contremaîtres. D’autre part, au sein même de l’UE, les ouvrières de certains pays perçoivent moins de 150 €. 

Les faibles couts des pays émergents coût permettent aux grandes enseignes d'acquérir des magasins somptueux sur les plus belles avenues de New-York 

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Le magasin ZARA sur la 5e Avenue occupe une superficie de 3 000 m2 qui a coûté 324 millions de dollars. Le groupe Inditex a déjà 6 000 magasins dans le monde. / La marque H & M, qui a déjà 2.853 magasins multiplie également les ouvertures: 5 300 m2 à Times Square, 3 900 m2 sur la 5e Avenue et 5 800 m2  à l'Herald Center en hiver 2014.

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Souvent, les pièces  détachées des sacs vendus plusieurs centaines d'euros ou parfois 1.000 € dans les magasin Louis Vuitton (LVMH) , viennent de Chine ou de Sibiu en Roumanie.                     

Pourtant, il serait parfaitement possible, dans l’ensemble des secteurs industriels, de rémunérer plus correctement les personnels qui produisent des articles destinés à l’exportation, sans majoration de prix au consommateur.

La diminution de profits n’avoisinerait le plus souvent, que quelques dizaines de cents ou quelques euros sur des articles plus chers. 

Pour exemple, la somme annuelle de travail produit par une ouvrière textile bangladaise rémunérée moins de 500 € l’an, peut participer à la réalisation d’un chiffre d’affaires atteignant parfois 200 000 ou 300 000 € par an, dépensés par les consommateurs dans les grandes enseignes de la distribution ou les boutiques de prêt à porter bas, moyen, haut de gamme et luxe.

De même, le coût en main d’œuvre d’un Smartphone n’excède guère 2 à 5 % du prix de vente, celui d’une paire de baskets de marque oscille entre 1.5 et 3 % du prix boutique et un sac de luxe confectionné en quelques heures est parfois revendu 1 000 ou 2 000  €.      

UN CODE BARRE POUR MIEUX RESPECTER LES DROITS  ET LUTTER CONTRE LA SURCONSOMMATION DE  RESSOURCES NATURELLES   

Une traçabilité des produits, matérialisée par un code barre obligatoire pour exporter vers l’UE et les USA, pourrait faciliter l’application de règles sociales dans les pays d’origine. 

La production de chaque article a une conséquence directe sur l’état de la planète et l’épuisement des ressources naturelles. Peut-être ne devrions-nous plus attendre pour lutter contre le consumérisme, le réchauffement climatique et la destruction de l’écosystème.  

Un code barre conférerait une identité à chaque article. Il indiquerait le nom du donneur d’ordre, celui du fabricant et des sous-traitants, le niveau des conditions sociales des personnels de production, la conformité des substances utilisées, ainsi que  l’empreinte  écologique. Cela  pourrait marquer le début d’une vraie gestion des ressources et des échanges. Par ailleurs, celui-ci constituerait un outil efficace de lutte envers la contrefaçon.

                    POUR QUE CHAQUE PAYS PUISSE BÂTIR  UNE ÉCONOMIE SAINE  

Les hausses, surtout de bas salaires, ont, selon la plupart des économistes, keynésiens ou appartenant à d’autres courants de pensée, un effet macroéconomique positif certain sur le développement d’un pays.

Les effets concrets sont d’autant amplifiés sur l’économie locale lorsque le pays est émergent et produit agriculture, élevage et industrie manufacturière de biens de consommation. 

En revalorisant la rémunération des salariés travaillant pour l’exportation, mécaniquement, les  revenus des autres citoyens et le niveau de vie du pays exportateur progresseraient.

A terme, l’augmentation de la consommation de biens indispensables, alimentaires ou matériels, générerait une croissance du marché intérieur qui pourrait contribuer à bâtir une économie plus autonome et saine, mais aussi moins orientée vers une course à la production dont, par ailleurs, les effets sur l’environnement sont souvent désastreux.   

                         CONSOMMATEURS OTAGES ET COMPLICES MALGRÉ NOUS

Nous, consommateurs occidentaux, n’acceptons plus d’être les otages et complices d’une politique économique spéculative qui nous berne et impose à des femmes, des hommes et parfois des enfants de 10 ans, des conditions de travail proches de l’esclavage.     

La promesse d’une mondialisation heureuse qui devait offrir bienveillamment du travail aux pays pauvres dans le respect de leurs droits et procurer des produits moins chers aux pays riches ne s’est guère réalisée : les conditions de travail des ouvriers des pays émergents se sont peu améliorées depuis le début de la mondialisation, le chômage des pays occidentaux a explosé et la plupart des prix des biens de consommation augmentent régulièrement.

Il semble aujourd’hui, que les actionnaires des grands groupes soient les principaux bénéficiaires de ce marché de dupes. 

Certes, les donneurs d’ordres occidentaux partagent la responsabilité de cette forme d’esclavage contemporain avec les industriels locaux et doivent également parfois composer avec des organisations mafieuses et des hommes politiques ou fonctionnaires corrompus. Aussi, l’instauration d’un salaire minimum obligatoire pour exporter, aiderait les États signataires à lutter contre une corruption qui prive travailleurs et citoyens, des fruits d’une croissance qui leur revient de droit. Les gouvernements pourraient ainsi remplir leur devoir de protection envers leurs populations. 

L’adhésion à cette convention internationale, marchés de consommateurs/Pays en développement, pourrait constituer pour chacun des États signataires, une opportunité historique d’avancée économique et sociale.  

 

  ¹ Union Européenne :  

Nous devons envisager l'instauration d'un salaire minimum mensuel net de 1 000 € pour l’ensemble des ouvriers des pays de l’UE fabriquant des produits ou les employés fournissant des services destinés à l’exportation ainsi que pour les salariés détachés dans l’un des 28 pays de l’Union Européenne (Exemples : ouvriers polonais et portugais du BTP en France et ouvriers Bulgares ou roumains dans l’agroalimentaire en Allemagne).

 Ce salaire net minimum s’appliquerait donc aux 7 pays qui ne disposent pas d’un salaire minimum (Allemagne, Italie, Danemark, Chypre, Autriche, Finlande et  Suède).

Et, parmi les 21 pays prévoyant un salaire minimum, ceux dont le montant est inférieur au seuil de 1 000 € (Roumanie, Bulgarie, Pologne, Hongrie, République tchèque, Croatie, Estonie, Lituanie, Lettonie, Grèce, etc.…)

 Les salaires minimum en vigueur dans des pays de l’UE continueraient à s’appliquer dés lors qu’ils seraient supérieurs à 1 000 € net mensuel. 

A terme, un alignement basé sur la moyenne des salaires minimum nets français, anglais, belges, irlandais, néerlandais ou luxembourgeois (1 100 à 1 550 €) pourrait être envisagé pour les pays les plus développés et s’appliquer ensuite à l’ensemble des populations de la communauté européenne.  

                             Francis JOURNOT    

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

 

                                         

 

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Déficit des retraites: Et si on réindustrialisait !  

 Par Francis JOURNOT   Tribune du 4 juillet 2013 

Bien qu’opportune et nécessaire, une reforme des régimes de retraites, quelles que  soient les mesures adoptées, ne suffira pas à compenser un déficit de cotisations dont le montant estimé à 20 milliards en 2020 promet encore de se creuser au rythme effréné de la perte de cotisants.  

Aujourd’hui, il importe avant tout de créer des emplois dont les cotisations augmenteront les ressources de l’ensemble des régimes de protection sociale. 800px-responsables-ps-manif-pour-les-retraites-3.jpg Responsables du PS manifestant en 2010 contre le projet de réforme des retraites - Flick - Clem - CC               

 Le rapport de la commission d’experts remis le 14 juin à Matignon, propose un ensemble de mesures visant à économiser 7 milliards d’euros à l’horizon 2020. Parmi les principales propositions du rapport Moreau, citons l’allongement de la durée du travail et l’augmentation des cotisations d’assurance vieillesse pour les employeurs et les salariés. Cependant, leur application pourrait aller à l’encontre de l’emploi.  

L’allongement de la durée du travail de 41.5 années actuellement, à 43, puis 44 années de cotisations, risque d’appauvrir considérablement une population active senior qui peine le plus souvent à retrouver du travail et grossira les rangs des demandeurs d’emploi tandis que chaque année, prés de 150 000 de nouveaux arrivants sur le marché du travail tentent souvent vainement de trouver un premier emploi.  

Plusieurs commentateurs économiques ont récemment cité l’économiste et sociologue Alfred Sauvy (1898-1990), « Les seniors au travail consomment et donc créent de l’activité, c’est bon pour l’emploi, y compris celui des jeunes ».Ce postulat était très certainement justifié lorsque les revenus salariés étaient majoritairement dépensés en biens de consommations produits en France. Mais aujourd’hui, les français, qu’ils soient actifs ou retraités, consomment surtout des produits d’importation qui créent peu d’activité industrielle en France et dont la vente de plus en plus dématérialisée, nécessite également de moins en moins d’emplois dans la distribution et les services.    

Aujourd’hui, 60 % des seniors de 55/64 ans sont sans emploi et un nouveau recul du départ à la retraite ruinera pour beaucoup d’entre eux, l’espoir de totaliser un jour les années de travail requises pour bénéficier d’un taux plein de pension. 

Indemnités chômage, aides au retour à l’emploi, suivi et formations, minimas sociaux, coûts de santé plus importants, il n’est pas certain que le report du paiement des retraites vers d’autres postes de dépenses, permette à l’État de réaliser les économies projetées d’ici à 2020.  

Par ailleurs, au moment où les PME, compte tenu de charges de plus en plus difficiles à assumer, renoncent souvent à leurs projets de recrutement, on peut craindre qu’une augmentation supplémentaire des cotisations, même modeste, ait un impact négatif sur l’emploi. 

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Monsieur Hollande, et la relance de l'industrie et de l'emploi ouvrier, c'est pour quand ?   

Par Francis JOURNOT   Tribune du 14 mai 2013

Lorsque l’on inventorie les aides de l’État français aux entreprises, les dépenses pour l’emploi et les plans de relance, il apparait que le montant annuel dépasse 220 milliards d’euros.

Ce colossal volume d’aides pourrait très certainement permettre la création d’un grand nombre d’emplois industriels manufacturiers. Alors, incompétence ou manque de volonté politique et fidélité au dogme du libre échange ?

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  ROMPRE AVEC LE DOGME POUR RECRÉER DES EMPLOIS OUVRIERS    

 L’industrie manufacturière pourrait offrir d’importantes perspectives d’emploi à des populations paupérisées et particulièrement touchées par le chômage dont un nombre très important d’ouvriers et de jeunes adultes peu diplômés mais aussi des personnels très qualifiés, techniciens ,cadres, ingénieurs. 

Les déclarations d’intention du gouvernement ne suffiront pas à enrayer le chômage et il incombe maintenant au chef de l’État d’avoir la volonté de relancer ce secteur industriel porteur d’emploi mais délaissé depuis plus de trente ans au nom de l’idéologie néolibérale du libre échange. 

Peut-on encore croire à l’antienne des services, R&D et produits innovants ou hautement technologiques qui devaient nous assurer le plein emploi et permettre aux ouvriers d’accéder à des emplois revalorisés après des formations transformant ceux-ci en techniciens qualifiés.

En effet, comparativement à ses voisins européens, l’industrie française n’a que très peu automatisé son outil productif.

Pour exemple, la France compte à peine 34 000 robots, l’Italie en possède deux fois plus et prés de 150 000 robots industriels œuvrent outre Rhin.

Bon nombre de grandes entreprises ont, semble t-il, jugé peu intéressant de moderniser l’outil productif et ont préféré opter pour une délocalisation totale ou partielle de leur production dans les pays à bas coûts, y compris lorsque la fabrication en France s’avérait compétitive.

 Les produits à forte valeur ajoutée, innovants, hautement technologiques et dits de « transition énergétique et écologique », désignés par les gouvernements successifs pour sauver l’industrie et créer des centaines de milliers d’emplois, sont de plus en plus fabriqués dans les usines des pays émergents, et cela, même lorsque l’État français finance une partie de leur conception avec des crédits d’impôts en R&D (recherche et développement).

On peut raisonnablement penser que l’optimisation des profits constitue souvent la  principale motivation lors de la prise de décision de délocalisation. Citons deux exemples d’industries manufacturières dont la production en France est très  rentable.

L’industrie du luxe délocalise malgré des marges importantes. Le coût de la façon en France d’un vêtement féminin de luxe se situe entre 5 et 8 % du prix de vente final et le coût d’un costume pour homme auparavant confectionné en France et revendu au client 700 ou plus de 1 000 euros, excédait rarement 120 euros. Les 2 leaders français du secteur se partageaient en 2012, prés de 5 milliards d’euros de bénéfices pour 38 milliards de chiffre d’affaires.  

 - Le champion de l’industrie pharmaceutique française a réalisé plus de 8 milliards d’euros de bénéfices en 2012 pour un chiffre d’affaires de 35 milliards d’euros et doit sa prospérité aux médicaments remboursés par la Sécurité Sociale, qui constituent 74 % de ses ressources. Pourtant, une part  croissante de son activité est délocalisée en Asie et prés de 5 000 emplois ont été supprimés en France depuis 2008.   

 Par ailleurs, le prétexte de la rentabilité insuffisante ou inexistante qui menacerait jusqu'à la survie de l’entreprise est souvent invoqué pour justifier la délocalisation de la production, Pourtant, dans bon nombre de cas, la poursuite de l’activité en France aurait été possible.                           

 Après l’industrie, les métiers de services, qui, selon tous les gouvernements depuis les années soixante-dix, devaient compenser une grande part des pertes d’emplois industriels, sont depuis quelques années délocalisés à leur tour.   

La croissance est en baisse continue depuis plusieurs décennies et il n’est pas acquis que nous parvenions à renouer prochainement avec des taux supérieurs à 1.5 ou 2 %, seuils à partir desquels la croissance pourrait, selon plusieurs économistes, recréer de l’emploi. 

En délocalisant notre industrie nous avons aussi délocalisé notre croissance et nombreux sont les français qui comprennent maintenant que nous nous sommes fourvoyés et que nous devrons tôt ou tard, produire une plus grande part des biens que nous consommons pour lutter conte le chômage, sauver nos régimes de protection sociale et rééquilibrer notre balance commerciale. 

Les chiffres du chômage et de tous les indicateurs économiques soulignent chaque jour les ravages causés par la politique de désindustrialisation et de libre échange non protégé des  gouvernements nationaux et de la Commission Européenne à travers les traités de fonctionnement de l’Union Européenne (articles 28, 32 et 63 du TFUE). 

Peut-être convient-il dès maintenant d’en tirer des enseignements afin d’abandonner une politique dogmatique qui plonge la France et son industrie dans le déclin. 

  LES ACTIONS EN FAVEUR DE L’EMPLOI PEU PROMETTEUSES    

Les sondages portant sur la politique gouvernementale nous enseignent que la majorité des français n’est guère convaincue de l’efficacité des mesures pour l’emploi annoncées. Celles-ci  ne sont, certes, pas inutiles, mais pourraient cependant, s’avérer  très insuffisantes. Le rapporteur général du budget Christian Eckert (PS) estimait le 17 avril 2013, que celles-ci « tardent à donner les effets escomptés » 

- Les contrats aidés comme les « emplois d’avenir » ont été maintes fois utilisés par des gouvernements. Principalement destinés au secteur public et aux associations, ces emplois subventionnés peuvent constituer une première étape vers l’emploi, mais ne préparent que peu les jeunes bénéficiaires à travailler dans le secteur privé. Le dispositif peine à trouver des partenaires. Seulement 19 000 contrats ont été signés depuis novembre 2012. L’objectif, d’abord fixé par François Hollande à  150 000 emplois d’ici la fin de l’année bien que  maintenant abaissé à 100 000 emplois, pourrait s’avérer difficile à atteindre. 

- L’objectif de 500 000 « contrats de génération » (CG) peut également sembler très optimiste. Ce contrat devrait surtout intéresser les entreprises qui ont déjà un projet de recrutement. Est-ce que des dirigeants de PME, qui n’avaient pas envisagé d’embauche, estimeront qu’une prime annuelle de 4 000 euros par binôme, parfois remboursable en cas d’échec, compensera la contrainte et le risque de s’engager sur le versement de 2 salaires sur au moins 3 ans, soit le versement de 200 000 ou 250 000 euros de salaires chargés ? Il n’est pas certain qu’en période de croissance atone et sans visibilité, que beaucoup de chefs d’entreprises se précipitent pour signer un contrat qui les liera à 2 salariés (junior et senior) pour cette durée et au-delà, avec la signature obligatoire d’un CDI). Il est à craindre que la plupart des emplois qui seront créés l’auraient été sans le contrat de génération.   

- La promesse d’offrir une formation professionnelle à un chômeur sur deux dans les deux mois, peut sembler très ambitieuse. Bien que 31 milliards d’euros soient chaque année, déjà consacrés à la formation, la plupart des demandes formulées auprès de Pole Emploi ne sont pas satisfaites. Aussi, on peut douter qu’il soit possible d’organiser rapidement 1.5 ou 2.5 millions de formations susceptibles de déboucher sur un emploi. 

D’autre part, il convient d’écouter avec prudence le discours récurent qui tend à justifier une part importante du chômage par le manque de formation et d’adéquation des chômeurs avec les besoins du marché de l’emploi. La carence globale d’offres semble davantage responsable de l’augmentation du taux de chômage et de plus en plus de demandeurs d’emploi déjà parfaitement formés, qualifiés, diplômés ou surdiplômés ne trouvent guère d’emploi.   

- Le crédit d’impôt compétitivité/emploi (CICE)) d’un montant de 20 milliards d’euros, à été inspiré par le rapport Gallois et était initialement pensé pour alléger les charges de  l’industrie. Finalement, 16 milliards d’euros iront aux services et à la distribution et 4 milliards d’euros seulement iront aux entreprises industrielles. Pourtant, si l’on considère que les emplois industriels génèrent des emplois de service et de commerce, il aurait été, d’un point de vue purement économique, plus efficient d’encourager l’industrie pour créer un plus grand nombre d’emplois.   

Par ailleurs, il n’est pas certain que ce dispositif génère beaucoup d’emploi car les entreprises peuvent bénéficier des allégements de charges sans recruter de nouveaux salariés :  « Le CICE a pour objet de financer les efforts de l'entreprise en matière d'investissement, de recherche, d'innovation, de formation, de recrutement, de prospection de nouveaux marchés, de transition écologique ou énergétique et de reconstitution de leur fonds de roulement »

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Traité budgétaire européen :

L’Élysée va t-il faire ratifier un traité non constitutionnel ? 

Par Francis JOURNOT   Tribune du 8 septembre 2012 sur Marianne 

Le traité budgétaire européen sera présenté au vote des parlementaires fin septembre ou au début d’octobre et devrait être adopté avec une majorité simple et sans révision de la constitution française comme un projet de loi ordinaire. 

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Palais de l’Élysée - Wikipedia – Remi Mathis - CC     

LE  DÉBAT AUTOUR DES CONTRAINTES ET DE L’ABANDON DE SOUVERAINETÉ  

Selon des économistes et universitaires spécialistes du droit constitutionnel, le traité budgétaire européen porte atteinte aux conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale. Il serait, contrairement aux conclusions du Conseil constitutionnel, susceptible de procéder à des transferts de compétences en matière de politique économique ou budgétaire et aurait dû à ce titre, nécessiter une révision de la constitution. 

En effet, la cour de justice européenne peut soumettre les états membres à ses décisions et pourrait bientôt leurs infliger de lourdes sanctions financières s’ils dépassaient un seuil de dépenses sur une période donnée. Certes, la limite du déficit des États à 3 % du PIB existe depuis la création de l’Union européenne mais n’était respectée que par quelques rares pays et son dépassement était peu sanctionné.La nouvelle règle qui fixe la limite de déficit structurel à 0.5 % du PIB pourrait se révéler plus contraignante.

Cet objectif difficile à atteindre pour la plupart des pays d’une Europe globalement en récession, pourrait constituer une nouvelle astreinte que les opposants à la ratification du traité, interprètent également comme un abandon de souveraineté.  

Pourtant, les juges constitutionnels ont estimé que le texte n’induit pas de nouvelles contraintes car selon eux, c’est au conseil constitutionnel qu’il appartiendra de contrôler l’application de la « règle d’or ».De même, ils ont jugé que le texte ne provoque pas de nouveaux transferts de compétences car des règles limitant les déficits des États sont déjà inscrites dans la constitution française depuis la ratification des traités de Maastricht et Lisbonne en 1992 et 2008.

Les membres du conseil constitutionnel allemand n’ont pas fait la même analyse que leurs homologues français et ont pensé que leur constitution devait être transformée.Ainsi, chez nos voisins allemands, le traité a dû être ratifié à la majorité des deux tiers par les deux chambres du parlement allemand. La cour de justice européenne vérifiera si les états ont bien retranscrit le traité dans leur droit national et l’interprétation française sera soumise à leur appréciation mais le traité pourrait être ratifié avant. 

GESTE POLITIQUE ?  

L’évaluation de la constitutionalité du traité budgétaire en France est loin de faire l’unanimité et des opposants se demandent  si les « sages » n’ont pas obéi à des impératifs plus politiques que juridiques.

Effectivement, le gouvernement, fort de la décision du conseil constitutionnel ne réunira pas le parlement en congrès à Versailles et ne sera pas non plus obligé de consulter les français par référendum.La majorité des 3/5e obligatoire lors d’un changement de constitution, n’aurait peut être pas été atteinte par le parlement réuni en congrès et un référendum aurait peut être recueilli un « non » comme ce fut le cas en 2005 lors du projet de constitution européenne. 

Le projet de loi autorisant la ratification devrait être présenté au cours des prochains jours. Puis, le traité budgétaire, au sein d’un paquet européen comprenant également des textes sur le pacte de croissance, la supervision bancaire et les transactions financières, serait simplement soumis au parlement à l’assemblée nationale au cours d’une nouvelle session parlementaire extraordinaire où une majorité simple suffira à le ratifier. 

UNE POSSIBLE RUPTURE AVEC DES ÉLECTEURS ET DES PERSONNALITÉS POLITIQUES DE « GAUCHE »    

La ratification du Traité de Lisbonne par le parlement malgré le « non » des français a marqué en 2008 une rupture d’une part des citoyens avec  le monde politique.

Aujourd’hui, des électeurs qui ont voté le « changement » au deuxième tour des élections présidentielles, pourraient aussi se sentir floués de voir le gouvernement adopter le traité cher à Nicolas Sarkozy et qui incarne pour beaucoup d’entre eux, une politique européiste et néolibérale dont ils ne voulaient précisément pas. 

Le passage en force du traité budgétaire européen pourrait constituer une faute politique majeure et historique dont les lourdes conséquences économiques et politiques ne semblent pas encore avoir été appréhendées par le gouvernement et le PS.

Des économistes renommés et regroupés au sein de l’association « manifeste pour un débat sur le libre échange », craignent que l’abaissement de l’objectif de déficit structurel  à 0.5 %  du PIB, fasse encore augmenter le chômage en France et, à terme, participe au démantèlement de notre modèle social.    

Le sondage Opinionway/Vêtements made in France  du 24 juillet 2012 dévoilait que 52 % des français veulent un référendum et peut être conviendrait-il de soumettre la ratification du traité budgétaire européen à l’approbation du peuple français. Un sondage Csa/l’humanité publié fin aout confirme cette tendance avec 72 % d’opinions en faveur d’un référendum. 

Certes, nul aujourd’hui ne peut vraiment prédire le verdict des urnes. En optant pour une ratification par cette voie, le gouvernement pourrait essuyer un refus mais il ménagerait la crédibilité de la « gauche » qui s’éviterait ainsi une crise de confiance avec une partie du peuple.L’Élysée s’épargnerait également une désolidarisation d’une part grandissante du parlement et du  gouvernement, hostile à la ratification du TSCG.

Car en l’absence de référendum, ceux-ci et un nombre important de français ne manqueraient pas de pointer ensuite du doigt pendant le reste du quinquennat, la responsabilité de l’Élysée et de son traité budgétaire dans l’aggravation de notre crise économique et notamment dans  la hausse d’un chômage qui menace d’atteindre des sommets.

La cote de popularité de François Hollande après 100 jours de présidence s’avère être est la plus basse jamais enregistrée par un président nouvellement élu.Il est certes difficile de déterminer si l’attitude présidentielle dans le traitement du traité  budgétaire a influencé les sondés mais on peut se demander si l’Élysée peut encore raisonnablement se permettre d’ignorer la demande de référendum des français.

 Francis Journot Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

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 Article de la redaction de Marianne du 24 juillet 2012 à propos de notre sondage   photo-marianne-21.jpg

52% des Français pour un référendum sur le Traité budgétaire 

François Hollande souhaite soumettre au Parlement l'adoption du Traité budgétaire ainsi que les autres plans adoptés par l'Union européenne. Mais pourquoi pas un referendum ? C'est la question - un peu tabou depuis le TCE - qu'a voulu poser une association aux Français.

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Ce sera peut-être l'un des sujets chauds de la prochaine rentrée : le traité budgétaire européen. A l'origine, le candidat Hollande l'avait déclaré inacceptable en l'état. Mais après l'adoption d'un volet croissance de 120 milliards, le président a finalement décidé de le soumettre au Parlement. Ce devait être choses faite avant la rentrée. Mais l'exament nécessaire du texte par le Conseil consitutionnel va conduire le gouvernement à attendre la fin septembre pour faire adopter le texte.
Ce projet, qui renforce la discipline budgétaire et risque de priver l'Etat de certaines prérogatives doit-il être ratifié par la voie parlementaire ou celle du referendum ? On retrouve ici le fameux dilemme apparu après le référendum sur le Traité constitutionnel européen. Prudent, Nicolas Sarkozy n'avait pas risqué, au début de son quinquennat de soumettre aux électeurs un texte qu'ils avaient refusé dans les urnes. Nul doute que, une fois n'est pas coutume, François Hollande a l'intention de se mettre sur les traces de Sarkozy.
Quoiqu'il en soit, il était intéressant de demander aux Français quel était leur avis sur le sujet. L'association Vêtements Made in France, qui milite pour la renaissance d'une industrie textile en France, a décidé de les tester sans attendre. 

Résultats du Sondage  

Sondage Opinion Way - Étude réalisée pour VÊTEMENTS MADE IN FRANCE
Le gouvernement proposera cet été aux députés et sénateurs français, l’adoption du traité budgétaire européen (Traité sur la Stabilité, la coordination et la Gouvernance, TSCG). Ce traité recommande l’équilibre des comptes publics et expose à des sanctions financières, les pays dont le déficit structurel dépassera 0.5 % du PIB. Il institue le contrôle préalable des budgets nationaux par la commission européenne. La commission disposerait d’un droit de regard sur l’ensemble des dépenses publiques des États, qu’il s’agisse de protection sociale, de fonctionnement de l’Etat, de dépenses de santé, de remboursement de la dette ou d’investissement.

Pour la ratification de ce traité vous êtes plutôt favorable à ... ?  

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 Mieux vaut un vote que rien. Comme toujours, les Français manifestent plutôt de l'appétit pour les consultations électorales. La majorité qui se dégage en faveur d'un referendum est plutôt composite. L'hypothèse referendaire fait le plein chez les électeurs lepénistes et mélenchonistes (respectivement 76 et 62%), séduit 57% des électeurs sarkozyste, tandis qu'une majorité d'élecgteurs hollandistes fait confiance à « ses » parlementaires.

Méthodologie 

- Étude réalisée pour VÊTEMENTS MADE IN FRANCE auprès d’un échantillon de 1001 personnes inscrites sur les listes électorales, issu d’un échantillon de 1062 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
- L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence.
- Mode d’interrogation: L’échantillon a été interrogé en ligne sur système Cawi (Computer Assisted Web Interview).
- Dates de terrain: les interviews ont été réalisées les 18 et 19 Juillet 2012. 
 - OpinionWay rappelle par ailleurs que les résultats de ce sondage doivent être lus en tenant compte des marges d'incertitude : 2 à 3 points au plus pour un échantillon de 1000 répondants.

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 Edition du mardi 24 juillet 2012  180px-logo-les-echos-5.gif Traité budgetaire : une majorité de francais demande un référendum

Par Stéphane Dupont

Plus de la moitié des personnes interrogées par OpinionWay pour l'association VETEMENTS MADE IN FRANCE disent qu'elles approuveraient le pacte de discipline budgétaire européen s'il était soumis au vote populaire comme elles le souhaitent.

Sept ans après le rejet de traité constitutionnel, les Français retourneraient bien aux urnes pour se prononcer sur la construction européenne. Plus de la moitié des personnes interrogées par OpinionWay pour l'association VETEMENTS MADE IN FRANCE (52 %) souhaitent en tout cas que la ratification du pacte de discipline budgétaire soit soumise à référendum, contre 38 % qui préfèrent la voie parlementaire. Le taux grimpe respectivement à 76 % et 62 % dans les électorats de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, les deux candidats à la dernière présidentielle qui réclament une telle consultation populaire. Et même à 57 % chez les électeurs de Nicolas Sarkozy.

Pour une partie du peuple de droite, « il s'agit de mettre dans l'embarras François Hollande », décrypte Bruno Jeanbart, le directeur général adjoint d'OpinionWay. Le chef de l'Etat était opposé à la ratification du traité budgétaire jusqu'à ce qu'il obtienne fin juin du Conseil européen, comme il le demandait, l'adjonction d'un pacte de croissance.

« Une séquence électorale très longue »

Claire, cette majorité n'est pas non plus écrasante, tempère Bruno Jeanbart. Parce que le texte en question est complexe et technique. Et parce que « les Français sortent d'une séquence électorale très longue », explique-t-il.

Une nette majorité de sondés (53 % contre 20 %) assure en outre qu'elle voterait « oui » si un tel référendum était organisé. Y compris dans les électorats de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. « La lutte contre la dette et les déficits est devenue populaire dans l'opinion », analyse Bruno Jeanbart. Et les Français « restent globalement attachés à la construction européenne », ajoute-t-il, malgré leur « non » au traité constitutionnel en 2005.

Ce résultat reste toutefois à prendre avec précaution. Début 2005, deux tiers des Français se déclaraient encore favorable à la Constitution européenne, avant de la rejeter quelques mois plus tard. Les personnes sondées par OpinionWay ne savent pas toutes précisément ce qu'il y a dans le pacte budgétaire et le débat public sur les implications concrètes de ce texte n'a encore pas réellement eu lieu. « Si un référendum était organisé, le "oui" ne ferait certainement pas un tel score », prévient Bruno Jeanbart.

L'hypothèse paraît très peu probable. Le dernier référendum sur l'Europe en 2005 avait provoqué de profondes divisions au sein du PS que François Hollande dirigeait alors. Le futur président en avait été très marqué.

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EUROPE - Un sondage réalisé par OpinionWay pour l'association Vêtement made in France montre que 52% des Français veulent que la ratification du traité budgétaire soit soumise à référendum...

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Ils aimeraient bien donner leur avis. Selon un sondage réalisé par OpinionWay pour l’association VETEMENTS MADE IN FRANCE, plus d’un Français sur deux (52%) souhaite que la ratification du traité budgétaire passe par la voie du référendum. 38% seulement préfère que ce projet soit soumis au Parlement.

Le référendum est particulièrement plebiscité par les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen puisqu’ils sont respectivement 62% et 76% à le réclamer. Les électeurs de Nicolas Sarkozy sont également plus enclins (57%) au référendum que ceux de François Bayrou (49%) et François Hollande (43%).

Ils voteraient «oui»

Pour une partie du peuple de droite, «il s’agit de mettre dans l’embarras François Hollande», explique Bruno Jeambart, le directeur général adjoint d’OpinionWay, dans le quotidien économique Les Echos.

A noter que s’ils étaient appelés à voter, 53% des sondés affirment qu’ils voteraient «oui» à cette ratification du traité budgétaire. Et ce, même parmi les électeurs des deux extrêmes. Un chiffre à prendre avec des pincettes: début 2005, deux tiers des Français se disaient favorables au projet de Constitution européenne, avant de le rejeter finalement quelques mois plus tard.  

C.B.
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Traité budgetaire européen : vers un passage en force ?   

                       Par Francis JOURNOT   Tribune sur  MARIANNE le 18 juillet 2012 

 

Peu enclin à laisser un débat public s’installer à la rentrée autour du TSCG (traité sur la stabilité, coordination et gouvernance), l’Élysée pourrait, si le conseil constitutionnel ne juge pas utile de modifier la constitution, saisir rapidement le parlement et faire ratifier le traité en procédure d’urgence durant la session extraordinaire de l’assemblée nationale et du sénat,  qui s’achèvera le 31 juillet. Le gouvernement éviterait ainsi la réunion du parlement en congrès à Versailles et s’épargnerait des discussions avec l’opposition et son propre camp pour obtenir la majorité des 3/5e.

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L'assemblée nationale de nuit - Wikipedia - Christophe Eyquem - CC     

UN PREMIER PAS VERS UNE EUROPE FÉDÉRALE  

Le Mécanisme Européen de Stabilité (MES)), premier volet ratifié du dispositif, constituera   selon ses partisans, "un premier pas vers une Europe fédérale avec son propre Trésor public et un budget conséquent"(le Monde, février 2012). En ratifiant maintenant le TSCG, la France pourrait abandonner une part de sa souveraineté budgétaire. Désormais, la commission européenne disposerait d’un droit de regard sur l’ensemble des dépenses publiques françaises dont celles de protection sociale et de santé, (41.4 % et 14.8 % des dépenses publiques françaises) et de fonctionnement de l’État (27 %). 

LA CRAINTE D’UN NOUVEAU NON EN CAS DE RÉFÉRENDUM  

Lors de son discours de politique générale à l’assemblée nationale,  le premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé la décision de l’Élysée et du gouvernement de ne pas organiser de référendum. Le TSCG sera donc soumis au parlement au sein d’un paquet européen comprenant également des textes sur le pacte de croissance, la supervision bancaire et les transactions financières. 

De nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une consultation du peuple, mais il semble  peu probable que le gouvernement consente à modifier son calendrier. 

André Chassaigne, député PCF et chef de file du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR)  interpellait le 3 juillet à l’assemblée nationale, le ministre des Affaires étrangères et exigeait la tenue d’un référendum. La sénatrice Nicole Borvo Cohen-Seat, chef du groupe des communiste du sénat (CRC), appuyait la requête de son collègue communiste : "Le président de la République veut faire ratifier le traité rapidement. Vous avez plusieurs fois évoqué les citoyens : nous voulons qu’ils soient consultés par référendum sur un traité qui met en cause la souveraineté nationale".  

Des économistes et universitaires, dont Jacques Sapir, Emmanuel Todd, jacques Nikonoff, Fréderic Lordon et Philippe Murer, s’inquiètent également d’une perte d’indépendance budgétaire et des effets négatifs qu’une grande rigueur pourrait avoir sur notre économie. 

Plusieurs personnalités politiques parmi lesquelles, Marine le Pen, Jean Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan, profitent de chaque interview pour exiger un referendum. 

FO et la plupart des branches des autres syndicats, de nombreuses associations citoyennes et petits partis politiques expriment également leur indignation. Le Parti Ouvrier Indépendant (POI) a déjà collecté 60 000 signatures de travailleurs qui s’opposent au TSCG. 

En 2005, les français avaient dit non au projet de constitution européenne et refusé le transfert de souveraineté imposé par le traité de Lisbonne. Les parlementaires avaient alors décidé d’ignorer le verdict des urnes et avaient ratifié le traité en 2008. 

UNE TRAITÉ QUASIMENT RATIFIÉ    

Lors du congrès de Versailles de 2008, parmi les 577 députés et 331 sénateurs, 181 parlementaires avaient exprimé leur refus du traité de Lisbonne.   

Le traité budgétaire initié par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy devrait être plébiscité par les députés et sénateurs UMP. 

En 2008, la moitié des socialistes avaient exprimé un non mais aujourd’hui on n’imagine guère des députés et sénateurs fraichement adoubés par le parti socialiste, prendre le risque de contrarier l’Élysée et  gouvernement. 

L’Assemblée nationale et le Sénat comptent 925 parlementaires dont 490 députés et 261 sénateurs, membres et apparentés PS et UMP, qui devraient, hormis quelques dissidents, approuver le  traité. 

Certes, en l’absence de référendum, la ratification par le parlement à l’assemblée nationale ou réunis en congrès à Versailles, serait acquise mais ce passage en force pourrait laisser des cicatrices. Le reste du quinquennat et les prochaines élections pourraient s’en trouver très affectés.

 Francis Journot Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale       

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Le détournement de l’argent public des plans de relance 

 

                       Par Francis JOURNOT       Tribune sur AGORAVOX le 19 juin 2012 

 

Les contribuables français  pensent que les fonds publics des plans de relance sont utilisés pour le développement d’entreprises qui créent des emplois en France.

En réalité, cet argent est souvent distribué à des entreprises du CAC 40, à l’affut du moindre euro d’aide publique. Celles-ci ne se sentent pas pour autant redevables et n’hésitent pas à délocaliser à chaque fois qu’elles le peuvent.

Une autre part de ces deniers de l’État alimente des fonds d’investissement qui financent essentiellement des projets innovants rarement créateurs d’emplois en France car soumis aux exigences du capital investissement avec l’obligation de produire dans les pays à bas coûts.  Fichier:Caisse des dépôts et consignations.jpg

Siège de la Caisse des Dépots et Consignations - Wikipedia - Metalheart - CC  

 

LE BUSINESS  DES FONDS D’INVESTISSEMENT  

Vous disposez d’un réseau relationnel de haut niveau. Vous côtoyez la fine fleur du grand capital et des personnalités politiques parmi les plus influentes mais vous n’avez ni entreprise innovante, ni projet innovant et aucune compétence particulière. Vous n’avez surtout pas envie de vous embarrasser avec une entreprise industrielle, la gestion de son personnel et des semaines de 60 ou 80 heures pour des résultats financiers souvent mitigés. Pourtant vous aimeriez bien vous aussi profiter de la manne financière de plusieurs dizaines de milliards d’euros des plans de relance et autres fonds publics à portée de réseau !  

Créez un fonds d’investissement et rejoignez la caste des initiés du microcosme du capital investissement !  

Vous pourrez vous aussi jouez au Monopoly avec les impôts des français. Vous vous enrichirez davantage qu’en créant une entreprise industrielle, les risques seront moindres et vous vous fatiguerez moins. Vous pourrez même installer votre siège hors de France.   

Investissez ou trouvez 1 ou 2 millions pour amorcer la pompe à fric, puis demandez 1 ou 2 million d’eurosà« CDC entreprises ». Ils alimentent déjà 12 « fonds de fonds » et plus de 200 fonds directs en France et à l’étranger, alors un de plus ou un de moins, cela n’a guère d’importance, surtout si vous êtes introduit par une personnalité de premier plan. 

Citons le cas de « CDC capital investissement », une autre filiale de CDC (Caisse des Dépôts et Consignations)   qui a fait en octobre 2006, un chèque de 800 millions d’euros au milliardaire belge Albert Frère, pour l’achat de sa chaine de restauration rapide QUICK, qui ne valait deux ans plus tôt, selon son propre PDG, que 300 millions d’euros. 

Malgré cette prodigalité, un investissement de la CDC qui, par ailleurs, gère prés de 250 milliards d’euros constitue toujours précieux sésame. Muni de ces premiers fonds, faites ensuite le tour des investisseurs, organismes ou dispositifs et dites que votre fonds, expert en hautes technologies et autres produits innovants, investira uniquement dans des projets novateurs et porteurs de croissance  mais surtout pas dans l’industrie manufacturière traditionnelle lorsqu’elle produit en France, source de conflits sociaux, (aucun fonds sérieux ne le fait !) et peu conforme avec votre vision éclairée d’un monde de demain ouvert à la mondialisation et à la construction duquel vous souhaitez apportez votre expertise en ingénierie financière internationale. 

Plans de relance, Fonds stratégique d’investissement ou Grand emprunt, tous les dispositifs et organismes seront ravis de vous confier de l’argent public et se féliciteront de créer un effet de levier pourtant peu souvent avéré.  

L ‘EXPERTISE DES FONDS D’INVESTISSEMENT 

Citons l’exemple de l’entreprise française de prêt à porter pour jeunes femmes « MORGAN de toi ». La marque créée en 1968 était vendue dans prés de 500 point de vents et possédait prés de 200 boutiques en propre, lorsqu’en 2006, le puissant fonds APAX PARTNERS (35 milliards de dollars de capitalisation), propriétaire de 40 % des parts de société depuis 1998, a évincé les fondateurs de l’entreprise pour en prendre la direction. 

Deux  ans  plus tard,  après plusieurs erreurs de stratégie, dont la délocalisation de la production en Chine, la clientèle fuyait et l’enseigne déposait le bilan. Fort heureusement, le groupe BEAUMANOIR à repris et sauvé l’entreprise mais ce cas nous interroge sur les compétences et la pertinence des conseils prodigués aux entreprises par les experts du capital investissement.   

LA FIN D’UN LEADER  

L’ancien leader européen du Photovoltaïque  PHOTOWATT,  pourtant à la pointe de l’innovation pendant 30 ans, a dû, faute d’aides financières de l’État et de financement des banques, déposer le bilan en novembre 2011 avant de tomber dans le giron d’EDF. 

Le FSI (Fonds Stratégique d’Investissement) dont l’objet était « d'apporter les fonds propres indispensables aux entreprises françaises stratégiques, confrontées à la crise », avait refusé d’aider l’entreprise la plus innovante de France ou d’Europe en matière d’énergie solaire ! 

Ce refus de financement de l’État nous démontre qu’il ne suffit pas de présenter un projet créateur d’emploi ou d’être un champion de l’innovation, pour avoir accès aux dispositifs d’aide aux entreprises. Il semble que l’appartenance à un réseau politique influent ou au réseau du grand capital, constitue la clef pour accéder aux grands dispositifs de relance de l’économie.  

ASSAINIR LE FINANCEMENT DES ENTREPRISES   

François Hollande a déclaré durant la campagne présidentielle, vouloir assainir le monde de la finance  et peut-être devrait-il commencer par mettre fin à ces pratiques plus proches du système mafieux que de la pratique républicaine afin que l’on juge les projets sur des critères plus objectifs. Les fonds d’investissement parasitent les fonds publics destinés au développement des PME et cela génère une déperdition de l’argent public au lieu de l’effet de levier escompté. 

Rappelons l’échec de ces mécanismes utilisés à outrance lors du plan de relance de 35 milliards d’euros qui n’a créé ou sauvé, selon les sages de la cour des comptes, que 20 000 à 70 000 emplois et du grand emprunt de 34 milliards d’euros qui en a généré  encore moins. Au moment où l’État  demande de plus en plus de sacrifices aux contribuables, peut-être conviendrait-il de faire l’économie de ces intermédiaires, en finançant directement les entreprises en recherche d’aide pour leur développement. 

Par ailleurs, on peut s’étonner que depuis 2008, Patricia Barbizet, N°2 du groupe PPR (Pinault-Printemps-Redoute), soit l’un des administrateurs du FSI, fonds d’investissement doté de 20 milliards d’euros d’argent public, et  en préside également  le comité d’investissement.  

PPR est un grand groupe du CAC 40 dont la délocalisation de la production des articles vendus dans les magasins (Conforma, Printemps, La Redoute, Fnac), a mis au chômage les dizaines de milliers d’ouvriers employés chez les sous-traitants. Qui peut croire que sa dirigeante choisisse d’aider les entreprises dont le développement créera des emplois en France. Il nous semble que François Hollande devrait  maintenant nommer une personnalité moins impliquée avec les grands groupes et le grand capital.    

LE LEURRE DE L’INNOVATION 

La Banque Publique d’Investissement voulue par François Hollande, sera vraisemblablement composée d’anciens organismes et dispositifs déjà existants qui ne sont jamais parvenus à transformer les milliards d’euros qui leur sont confiés en un nombre significatif de véritables emplois, et investira encore uniquement dans l’innovation. 

L’antienne des produits innovants, déjà répétée en boucle depuis 35 ans par nos personnalités politiques,  nous est à présent resservie pour exclure les industries manufacturières traditionnelles des dispositifs de financement.de l’économie. 

Le mythe des produits innovants qui devaient fournir un emploi à chacun d’entre nous, est associé au  dogme néolibéral du libre échange qui préconise la délocalisation de notre industrie manufacturière des biens de consommation. Cette politique dont François Hollande a toujours été un ardent partisan, montre son inefficacité et plusieurs millions de personnes au chômage en paient le prix.   

Cependant, il convient d’accorder crédit aux promesses de réindustrialisation de notre nouveau Président et puisque l’emploi est sa priorité, ne doutons pas de recevoir bientôt une invitation de l’Élysée ou du ministère du Redressement Productif pour exposer notre projet de relance de l’industrie manufacturière des biens de consommation.   

Francis JOURNOT                                     

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

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                             Comment les gouvernements ont

massacré le luxe «made in France» 

 Par Francis JOURNOT                Tribune sur MARIANNE le 11 mars 2012  

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Allons-nous bientôt sonner le glas de l'industrie française du textile, de la mode et du luxe ? Au moment où toutes les personnalités politiques prétendent vouloir sauver le « made in France », nous assistons paradoxalement à la disparition des derniers sites français de production. Récit d'un déclin industriel et économique par Francis Journot                                                                                                                                                      

TRANSFERT DE NOTRE SAVOIR-FAIRE A LA CHINE                     

 Lors d’un débat a propos du « made in France », organisé le 23 janvier 2012, au salon du prêt à porter Paris, Jean Pierre Mocho, Président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin depuis 12 ans et de l’Union française des industries de l’habillement pendant 6 ans, affirmait : "L'origine des produits reste secondaire pour les acheteurs". "Le consommateur est plus attaché à sa marque qu'à son lieu de fabrication. Ça ne plait pas à tout le monde, mais c'est un constat évident" 

Le Député européen et ancien directeur général du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), Robert Rochefort, avait alors fait remarquer à Jean Pierre Mocho : "La filière a une part de responsabilité dans le problème actuel, vous avez fait perdre au consommateur la perception de la valeur réelle, et symbolique, des produits d'habillement. De fait, le made in France, si vous n'y croyez pas vous-même, ne sert à rien", puis il avait  reproché "l'usage abusif du nom "Paris" comme marque de qualité."  

Il convient de souligner que Jean Pierre Mocho était en septembre 2011, le signataire d’un accord de coopération exclusif entre la France et la Chine, prévoyant notamment "la mise en œuvre d’une coopération industrielle, l’échange de stylistes, modélistes, techniciens et plus généralement d’expériences professionnelles et de formations". En clair, la livraison à la Chine de ce qu’il reste de notre savoir faire !  

LE LEADERSHIP MONDIAL DE LA MODE FRANÇAISE ET DU LUXE BIENTÔT MENACÉ  

En 2010, le gouvernement a proposé, sans conviction, une charte de bonne conduite entre les griffes de prêt-à-porter et les façonniers, mais les grands groupes du luxe ont évidemment refusé de s’engager sur des quotas  minimum de vêtements « made in France ». Les marques de luxe délocalisent discrètement depuis plusieurs années et  aujourd’hui la plupart d’entre elles fabriquent déjà une part importante de leur production hors de nos frontières.    

Pourtant, en 2009, dans son rapport commandé par le ministère de l’industrie "Un plan pour la façon française", Clarisse Perrotti Reille mettait en garde les donneurs d’ordres de la mode et du luxe : 

"La question du savoir-faire français et de son rayonnement se pose avec une très vive acuité. Il ne faut pas s’y tromper, la façon française et notamment la Haute Façon constitue un enjeu stratégique majeur pour l’économie française. En effet, si par grand malheur, elle devait devenir anecdotique ou pire disparaître, le leadership mondial de la France en matière de mode, de créativité, de luxe en serait graduellement affaibli et, à terme, compromis."       "La filière de la façon  comptait 6 000 employés fin 2008 et perd jusqu'à 1 000 emplois par an."  

Chaque mois, des façonniers ferment ateliers et on peut craindre la disparition avant cinq années, de la plupart des 3 000 dernières ouvrières de la filière, alors qu’à son apogée, le secteur du textile habillement employait plus d’1 million de personnes et gênerait encore 2 ou 3 millions  d’emplois indirects et induits.  

Plusieurs siècles auront été nécessaires pour que la France bâtisse son leadership mondial en matière de mode et confère à Paris, son statut de capitale mondiale de la Haute-Couture mais quelques années auront suffi aux marques de la mode et du luxe, pour compromettre cette réputation et ruiner cet héritage.               

Le salon « made in France » 2012 se tiendra les 28 et 29 mars et regroupera à peine 60 façonniers de l’habillement au lieu de 120 en 2008. On peut craindre que le salon de la Haute Façon 2012 soit l’une des dernières éditions de ce salon de l’excellence du savoir-faire français. 

 Selon le Ministère de l’Économie et des finances, 5% des vêtements vendus dans l’hexagone sont fabriqués en France. Ce chiffre déjà très bas est pourtant surestimé et la part des achats de vêtements  effectués aujourd’hui par nos concitoyens, pourrait s’avérer encore inferieure. 

LE RENONCEMENT DE NICOLAS SARKOZY        

Lors de l’annonce de sa candidature, Nicolas Sarkozy nous a fait part de sa résignation face à la mondialisation : « le textile ne marche plus car il y a une concurrence effrénée en Inde et ailleurs» mais nous a néanmoins présenté la maroquinerie haut de gamme comme un secteur d’avenir.    

Notre président s’est également félicité de son intervention pour former au métier de maroquinière, 93 des 340 salariées licenciées de Lejaby, mais n’a pas semblé regretter le gâchis de la disparition du savoir-faire du dernier fleuron français de la lingerie de luxe.

Cependant, selon Raymond Vacheron, responsable CGT textile : « À Lejaby, les salariées produisent sept soutiens-gorges de l’heure, et sur un soutien-gorge qui se vend 80 euros dans le commerce, seulement 2 euros servent à rémunérer le travail! ». Même si l’on compte un coût de production plus réaliste de 10  ou 12 euros, on s’aperçoit que la délocalisation n’était pas inéluctable.         

Par ailleurs, la maroquinerie haut de gamme qui selon Nicolas Sarkozy, offre davantage de perspectives d’avenir que le textile, ne fournit qu’une dizaine de milliers d’emplois de production dans l’hexagone et la plupart des articles vendus en France, du bas au haut de gamme, proviennent d’Asie. 

Les marques de maroquinerie fabriquant encore en France sont rares : parmi les plus fameuses, Hermès, qui emploie 1700 ouvriers et Louis Vuitton (Groupe LVMH), dont les articles en toile cirée ornée du célèbre monogramme, génèrent 3 000 ou 4 000  emplois sur les sites de production implantés en France.

 La concurrence effrénée et déloyale provoquée par le dumping monétaire, social et environnemental de pays en développement, n’est évidemment pas spécifique aux secteurs du textile et de la maroquinerie Aujourd’hui, aucun secteur n’est épargné et faut-il pour autant renoncer définitivement à produire en France alors que notre déficit commercial a augmenté de 35 % en un an pour atteindre son record avec 70 milliards d’euros en 2011 et que l’on compte 1 million de chômeurs en plus depuis 5 ans ?

Certes non, et il existe des solutions pour relancer l’industrie manufacturière des biens de consommation, à condition bien sur, d’en avoir la volonté politique.   

L’ESSOR DU LUXE DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT CREE T-IL DES EMPLOIS INDUSTRIELS EN FRANCE ?  

La fabrication des articles de luxe, tant vantée par toutes les personnalités politiques comme l’un des atouts essentiels de la France au même rang que les nouvelles technologies, les produits innovants et les R&D, a été majoritairement délocalisée et ne représente que 25 000 ou 30 000 emplois de production en France. Si l’on rapporte ce chiffre à notre population active de 28 millions de personnes, cela ne représente qu’un chiffre dérisoire d’un emploi pour mille actifs.

Le secteur du luxe réalise un chiffre d’affaires proche de 50 milliards d’euros que se partagent quelques groupes qui créent peu d’emplois en France et contribuent peu à notre économie.

Pour exemple, LVMH, n°1 mondial du luxe, a réalisé en 2011, un chiffre d’affaires de prés de 24 milliards d’euros mais 77 % des 80 000 salariés du groupe sont employés hors de France. Soit, selon nous, moins de 7 000 ou 8 000 emplois manufacturiers dans notre pays.      

 LA RESPONSABILITÉ DES PROFESSIONNELS ET DES POLITIQUES    

Les lobbys mondialistes qui ont préconisé et accompagné la délocalisation de l’industrie, sont souvent les interlocuteurs privilégiés des gouvernements et cette collaboration contre nature a renforcé la légitimité de ces groupes d’influence.

La reconnaissance providentielle de l’état, a ainsi fourni des moyens supplémentaires à ces inconditionnels partisans de la mondialisation et encore accéléré la délocalisation de l’industrie française.      

Les dirigeants des organisations professionnelles de la mode et des autres secteurs industriels  portent une lourde responsabilité dans la délocalisation de l’industrie française. Leur efficace lobbying pour la désindustrialisation coûtera des centaines de milliards d’euros à notre pays et la perte d’activité risque d’handicaper notre économie pendant plusieurs décennies. 

Ces lobbys ont livré les industries patrimoniales à nos concurrents économiques et ainsi provoqué un chômage massif et des déficits publics colossaux.

Complices, nos gouvernements successifs, de Droite ou de Gauche, ont, au nom du dogme néolibéral du libre-échange, également trahi la confiance de nos concitoyens, ouvriers et consommateurs, en collaborant au démantèlement d’une industrie française patiemment construite et riche d’un savoir-faire appartenant au patrimoine national. 

Francis JOURNOT                                        

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

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                  COMMENT CRÉER UN MILLION D’EMPLOIS …

                                      MAINTENANT !  

 

                               Par Francis JOURNOT    Tribune sur MARIANNE le 8 fevrier 2012

 

Une relance de l’industrie manufacturière des biens de consommation nous permettrait de rebâtir rapidement des perspectives de croissance, pourrait procurer plus de 300 000 emplois industriels en quelques années et générer encore 600 000 à 900 000 emplois indirects et induits. 

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L’ÉCHEC DES COÛTEUX  PLANS DE RELANCE    

 Lors du plan de relance de 2008, le gouvernement n’a pas voulu ou n’a pas su utiliser l’argent public pour réindustrialiser notre pays.

Ce plan a coûté aux contribuables français, selon les sages de la cour des comptes, 34 milliards d'euros mais n’a créé que 20 000 à 70 000 emplois et selon les économistes, le grand emprunt de 35 milliards d'euros, en créera encore moins. 

Les responsables de ces plans nous ont expliqué régulièrement que l’argent public remis aux grands groupes ou aux fonds d’investissement privés, créerait un effet de levier, mais en réalité cette manne financière a surtout enrichi quelques privilégiés proches du gouvernement qui délocalisent invariablement la production dans les pays émergents après avoir bénéficié de l’argent du contribuable. 

Cette gabegie nous démontre une fois de plus l’incapacité ou le manque de volonté des gouvernements de Droite ou de Gauche en matière de création d’emploi industriel. 

Des candidats à l’élection présidentielle promettent déjà une autre distribution des deniers de l’état en créant un nouveau fonds inspiré du Fonds Stratégique d’Investissement qui était doté de 20 milliards d’euros de fonds publics et dont le comité d’investissement était présidé par le  n° 2 d’une société du CAC 40, championne de délocalisation. D’autres annoncent sans conviction, la création d’une banque d’investissement ou de l’industrie qui financera encore les produits technologiques et innovants en délaissant une fois de plus l’industrie manufacturière des biens de consommation.

 LA SURENCHÈRE ÉLECTORALISTE AUTOUR DU "MADE IN FRANCE 

Plusieurs hommes politiques jurent depuis peu, pouvoir et vouloir relancer le "made in France", mais qui ignore encore que les fabricants qui ont délocalisé leur production ne reviendront pas et que les enseignes de la distribution qui ont volontairement sabordé l’industrie manufacturière des biens de consommation, n’aideront certainement pas de nouveaux fabricants à recréer des usines en France. 

Des prétendants à la magistrature suprême assurent que s’ils sont élus, leurs mesures sensationnelles, parfois concoctées par des énarques pourtant néolibéraux et mondialistes, feront revenir demain les entreprises délocalisées. 

Certains suggèrent, que dans un grand élan patriotique et républicain, entreprises et consommateurs se donnent la main pour relocaliser 1 ou 2 millions d’emplois mais il est peu probable  que des entreprises délocalisées qui ne sont plus habituées aux négociations, conflits sociaux et grèves syndicales, acceptent également de renouer avec des charges sociales plus élevées et une baisse importante de leurs bénéfices. Les vagues projets des candidats, les recettes mainte fois utilisées et les incantations ne suffiront pas. 

Sur le marché hexagonal, la TVA dite "anti délocalisation" pénalisera davantage les ventes de produits fabriqués en France que celles des produits provenant des pays à bas couts.

Les articles fabriqués en France disposent de moins de marge bénéficiaire et la répercussion de la TVA s’avéra souvent obligatoire. A l’opposé, les articles manufacturés importés des pays à bas coûts n’enregistreront pas systématiquement la hausse de TVA et creuseront encore l’écart avec le " made in France". De plus, la perte de pouvoir d’achat provoquée par la hausse, risque d’orienter un peu plus les consommateurs vers les produits à bas coûts importés. 

La prime à la relocalisation créée en 2010 et dotée d’un budget de 200 millions d’euros  devait, selon le ministère de l’industrie, permettre de rapatrier 1 000 emplois par mois, mais quelques entreprises seulement, souvent motivées par l’aubaine de la  médiatisation du " made in France", ont consenti à relocaliser une partie de leur production et quelques emplois, mais à l’inverse, pas moins de 900 usines françaises ont fermé leurs portes aux cours des trois dernières années.  

On peut s’étonner du soudain engouement des partis politiques pour le "made in France". Cette attitude apparemment volontaire pourrait se révéler après les élections présidentielles et législatives, n’avoir été qu’une éphémère posture électoraliste. On peut également soupçonner de nombreuses marques, enseignes de la distribution et personnalités politiques de souhaiter la fermeture discrète des dernières usines manufacturières traditionnelles. Dés lors, nous ne pourrions évidemment plus blâmer les industriels de ne pas fabriquer en France et les élus ne seraient plus confrontés à des ouvriers désespérés et licenciés pour délocalisation, leur reprochant, devant une France atterrée, leur politique pro-européenne et mondialiste responsable de notre désindustrialisation.

LABEL "MADE IN FRANCE"

Le label "made in France"  "Origine France garantie" qui n’impose que 50 % de fabrication française, a été mis en place en mai 2011 après 18 mois de gestation et ne semble pas remporter le succès escompté par le gouvernement, pourtant d’autres candidats préconisent un autre label.

L’idée selon laquelle les français seraient prêts à acheter des produits plus chers parce qu’ils portent simplement un label "made in France" peut sembler très optimiste même si plusieurs sondages l’affirment. Pour autant, les sondés ne sont pas convaincus de l’efficacité d’un label ne garantissant que 50 % de fabrication dans l’hexagone.

Robert Rochefort, Député européen et ancien directeur général du CREDOC (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), reprochait récemment au Président des deux principales fédérations professionnelles de la mode : "Vous avez fait perdre au consommateur la perception de la valeur réelle, et symbolique, des produits d'habillement" et pose ainsi la question de notion de perception de valeur et d’évaluation du rapport qualité/prix d’un produit.                              

Si nous voulons réellement relancer le "made in France" et séduire un nombre important de consommateurs, le différentiel de prix devra être le plus faible possible, voire imperceptible ou moins cher, lorsque l’on le comparera avec des produits moyen de gamme ou autoproclamés haut de gamme mais souvent fabriques en Chine ou au Bengladesh. Bien sur, il ne convient pas d’essayer de concurrencer les enseignes bas de gamme. Par ailleurs, seul, le modèle économique de l’intégration verticale, préconisé dans notre projet, peut permettre d’attendre cet objectif et proposer des prix en rapport avec le pouvoir d’achat d’un grand nombre de nos concitoyens.     

CRÉER UN MODÈLE  ÉCONOMIQUE D’ENTREPRISE AGISSANT SURTOUT DANS L’INTÉRÊT  DE LA  COLLECTIVITÉ 

Malgré le manque de volonté des politiques, l’influence des lobbys et en dépit des promesses creuses, nous devons absolument faire diminuer le taux de chômage devenu insupportable pour nos concitoyens et pour notre déficit public, en relançant notamment l’industrie manufacturière des biens de consommation qui pourrait créer plus de 300 000 emplois industriels souvent accessibles à des personnels peu diplômés ou sans formation et générer encore 600 000 à 900 000 emplois indirects et induits (lire notre article du 14 mars 2011 Un plan de sauvetage pour l’industrie manufacturière française.     

Les perspectives de relocalisation sont très faibles et il apparait comme évident que pour relancer ce secteur industriel, il faudrait d’abord le restructurer en lui redonnant une colonne vertébrale constituée notamment d’un puissant réseau de distribution qui vendrait les produits fabriqués en France.          

Il conviendrait donc de créer une structure privée et subventionnée pour la création d’emplois, qui créerait des magasins et une logistique de vente par internet, mais aussi des usines et des bureaux d’études, pour recréer les centaines de milliers d’emplois souvent peu ou non qualifiés que les chômeurs ne trouvent plus depuis la désindustrialisation de l’hexagone. 

Seule une entreprise composée de professionnels expérimentés et dotée de moyens financiers importants, pourrait malgré des coûts de production plus élevés, réinitialiser la difficile et longue reconstruction de notre industrie manufacturière saccagée. 

L’objectif principal de cette société bien que de droit privé, serait la création d’emploi et le maintien du savoir faire. Elle serait organisée selon le modèle économique de l’intégration verticale pour réduire les intermédiaires et ainsi être concurrentielle. 

1)      Pole de financement    

La création d’un " fonds pour le développement industriel et l’emploi ", juridiquement proche des fonds d’investissement à but non lucratif qui subventionnent parfois l’économie sociale en Suisse, au Québec ou aux USA, permettrait d’adapter le financement du projet aux contraintes de l’UE.   

Ce fonds serait fondé à recueillir les capitaux propres et les subventions destinées au financement de la création d’emploi et du développement de l’entreprise.

2)      Pole pour l’emploi et la formation

Ce pole RH (ressources humaines) et formation, identifierait les savoir-faire industriels manufacturiers de biens de consommation pouvant encore être incarnés par les personnels licenciés d’usines en difficulté, liquidation judicaire ou récemment fermées. Ainsi des anciennes employées de façonniers, sous-traitants et marques réputées retrouveraient un travail et transmettraient leurs connaissances aux plus jeunes.

Pour exemple, l’entreprise aurait repris le site d’Yssingeaux de Lejaby et sauvé le savoir faire en maintenant une partie de l’effectif à la fabrication de corsetterie et lingerie. Au fur et à mesure du développement des ventes d’une nouvelle ligne de lingerie, le personnel affecté provisoirement à la confection de vêtements aurait ensuite retrouvé son ancien poste de travail.  

3)      Pole de développement  

Des ingénieurs et gestionnaires issus de l’industrie étudieraient la faisabilité de chaque  projet de fabrication, redéfiniraient des processus de production et mettraient en adéquation ressources humaines régionales et potentialités de commercialisation des produits.

Afin d’orienter également la production de l’entreprise vers des produits d’avenir, un  département R&D (recherche & développement) serait créé et des projets externes seraient intégrés et développés.  

La mise en œuvre du projet global et le développement de l’entreprise s’appuieraient sur le projet de 95 pages sur lequel nous travaillons depuis 5 ans et que nous avons présenté plusieurs fois aux pouvoirs publics.        

4)      Pole de production  

L’entreprise produirait beaucoup de biens de consommation à faible valeur ajoutée et créateurs d’emplois, mais pourrait également fabriquer des produits technologiques, de "croissance verte" et autres produits innovants à forte valeur ajoutée pour notamment compenser les marges souvent faibles des produits issus d’industries plus traditionnelles et ainsi élargir l’offre globale au plus grand nombre de consommateurs. 

De même, dans le domaine du prêt à porter, une marque de luxe, principalement orientée vers l’international, permettrait d’augmenter la marge moyenne afin de pouvoir proposer des vêtements  "1er prix " plus accessibles.          

5)       Pole de commercialisation     

L’enseigne consacrée principalement à l’habitat, vendrait uniquement des articles fabriqués en France, réalisés en interne ou provenant de fournisseurs extérieurs.

Un réseau de magasins physiques et un circuit de distribution par  internet  commercialiserait la plupart de nos biens de consommation à des prix raisonnables (meubles, salons, électroménager, literie, luminaires, sanitaires céramique, cheminées, décoration, linge de maison, vaisselle, articles de loisirs et sports, bagages, jouets etc.)    

Un réseau spécifique au prêt à porter, doté de magasins physiques et d’un circuit internet, vendrait surtout des vêtements pour femmes et jeunes femmes mais aussi pour  enfants et quelques articles pour hommes, principalement sur le marché hexagonal, premier marché d’Europe avec 41 milliards d’euros de dépenses d’habillement annuelles selon la FEH (Fédération des enseignes de l’habillement) mais probablement 45 ou 50 milliards d’euros si l’on ouvrait les millions de conteneurs importés. 

Ainsi, le textile habillement, constitue certainement le secteur le plus important des biens de consommations en France.

Aujourd’hui, les plus grandes enseignes suédoises, espagnoles, américaines, anglaises et japonaises nous inondent de vêtements jetables "made in China" et se disputent joyeusement ce marché que nous avons abandonné.

En effet, les états généraux de l’industrie voulus par Nicolas Sarkozy ont éradiqué l’existence de l’industrie du textile habillement au profit de l’industrie du luxe et de la création qui crée pourtant peu d’emploi en France. Dogme du libre échange ? Favoritisme envers les groupes du luxe ? 

Une enseigne identifiée "made in France disposant d’un outil de distribution performant, proposant des articles "mode" ou basiques à prix abordables, bénéficiant d’une image positive et sachant établir une relation particulière avec sa clientèle, pourrait récupérer une part importante de ce gigantesque marché.  

VIABILITÉ   

Pour exemple, la confection de la plupart de nos vêtements, pulls, pantalons, robes, jupes ou  chemisiers, ne nécessite en moyenne que 15 à 40 minutes de travail, toutes opérations comprises dont coupe et assemblage.  

Dans notre étude, le cout salarial horaire moyen d’un atelier avoisine 20 euros par employé, (hors intéressement), soit un coût de confection hors tissu ou étoffe, de 5 euros pour une robe 1er prix, moins pour l’assemblage d’un tee-shirt ou un peu plus pour un beau pull.

En optant pour le modèle économique de l’intégration verticale, de la fabrication du produit à sa vente directement au consommateur et en appliquant des taux de marge raisonnables, nous parviendrions à proposer une offre attractive et concurrentielle.

Alors oui nous pourrions à nouveau fabriquer une part importante de nos vêtements et autres biens de consommation en France car depuis qu’ils sont produits dans les pays à bas coûts nos dépenses n’ont guère diminué.

Aujourd’hui, nous achetons des produits le plus souvent  jetables que nous renouvelons sans cesse pour le plus grand bonheur des distributeurs qui ne baissent pas leurs prix mais augmentent toujours leurs marges bénéficiaires. 

UNE POLITIQUE DE DISTRIBUTION DES RÉSULTATS POUR REVALORISER L’EMPLOI INDUSTRIEL  

L’objet de l’entreprise ne serait pas l’optimisation de rendement du capital de l’actionnariat, mais le développement industriel pour créer de l’emploi et sauvegarder le savoir-faire.                  

80 % des bénéfices de l’entreprise seraient consacrés à l’intéressement des salariés et au développement dont jusqu'à 40 ou 45 % aux salariés pour atteIndre le niveau de motivation indispensable au développement de l’activité. Par ailleurs, plus les revenus de ces salariés seraient importants plus ils généreraient d’emplois induits régionaux qui redonneraient vie à des régions exsangues.             

20 % permettraient de rembourser les crédits externes directs ou indirects, contractés pour créer l’entreprise et investir aux cotés des pouvoirs publics.        

Afin de se prémunir des risques de délocalisation, la société ne serait pas gouvernée par une assemblée d’actionnaires et ne posséderait pas de conseil d’administration. Elle serait dirigée par un directeur général qui animerait un comité exécutif composé d’un collège de cadres dirigeants de l’entreprise, impliqués dans la plupart des décisions et agissant uniquement pour la pérennité de l’entreprise et le maintien de l’emploi.

 En outre, l’entreprise disposerait d’un commissaire aux comptes, s’entourerait d’experts lors des prises de décisions financières importantes et s’appuierait également sur des audits externes de gestion. Compte tenu du taux important de redistribution, de l’objet de l’entreprise et du risque que cela représenterait pour l’emploi des salariés, celle-ci n’aurait évidemment pas vocation à s’introduire en bourse.  

UN COUT PAR EMPLOI CRÉÉ  18 A 80 FOIS INFERIEUR !  

Une entité unique directement financée et subventionnée par l’état optimiserait les moyens mis à sa disposition. Chaque emploi industriel, indirect et induit créé pourrait à terme, ne coûter que 25 000 euros à 33 000 euros au lieu des 600 000 euros à 2 millions d’euros par emploi  créé du plan de relance !  

UN COÛT NUL POUR LA COLLECTIVITÉ ET A TERME UNE ÉCONOMIE DE 50 MILLIARDS PAR AN  

Chaque année l’état dépense plus de 100 milliards d’euros de DPE (dépenses pour l’emploi). Le coût par chômeur estimé à 14 980 euros en 1995 est passé à 26 555 euros en 2003 et au moins 33 000 euros en 2011.                             

La création d’1 million d’emplois représenterait 33 milliards d’euros d’économie de DPE par an, rapporterait 12 à 15 milliards d’euros de cotisations aux régimes de protection sociale et encore plusieurs milliards d’euros de recettes fiscales. 

UNE VOLONTÉ POLITIQUE INDISPENSABLE 

L’état a déjà eu recours a des sociétés privées pour lutter contre le chômage : en 2006, le gouvernement s’était inspiré de l’agence pour l’emploi britannique et avait confié le placement de chômeurs à des sociétés privées (parfois britanniques), subventionnées et rémunérées pour assurer cette mission de service public qui incombe pourtant habituellement aux services de l’état. Hélas, cette initiative, n’avait pas permis de placer beaucoup plus de chômeurs que l’ANPE.  .

 Lorsqu’ils le veulent, les pouvoirs publics peuvent financer de grands projets de sauvegarde ou de création d’emplois sans se soucier de l’avis de l’Europe : En 1984, Laurent Fabius alors premier ministre, avait donné prés de 2 milliards de francs à Bernard Arnault, repreneur du Groupe Boussac (Dior, Conforama, Peau douce, Le Bon Marché et La Belle Jardinière) en échange de la promesse de ne pas licencier les 16 000 salariés, employés surtout dans les usines textiles.

Finalement,  le groupe Boussac a été démantelé et la quasi-totalité des salariés a été  licenciée mais nous devons reconnaitre que le premier ministre a quand même essayé de sauver ce qu’il restait du premier groupe textile d’Europe et ses 16 000 derniers salariés.

Néanmoins, grâce à ces fonds publics, le groupe rebaptisé plus tard LVMH (Louis Vuitton, Moët Hennessy) est devenu le numéro un mondial du luxe. 

L’Union Européenne ne pourrait objectivement s’opposer à notre projet.

Effectivement, elle ne peut reprocher à la France son déficit public dû principalement à son manque d’activité industrielle et à son chômage et en même temps lui interdire de produire à nouveau en France pour créer des emplois. 

UNE EUROPE PEU LÉGITIME QUI AGGRAVE NOTRE DETTE  

Devant la gravité extrême de la crise à laquelle nous sommes confrontés et devant l’urgence de lutter contre un taux de chômage au plus haut, un gouvernement voulant réellement sortir notre pays de l’ornière, privilégierait nos impératifs économiques au lieu de suivre avec zèle les règles de l’UE encadrant le financement public des entreprises et la création d’emploi.

En effet, la pauvreté, la précarité et l’exclusion s’installent durablement dans notre pays et la reconstruction de notre industrie est, nous semble t-il, plus urgente qu’une stricte application des règles édictées par Bruxelles.

D’autre part, rappelons-nous que nous avons refusé en 2005, le transfert de souveraineté que nous imposait le traité de Lisbonne et la légitimité du traité ratifié contre notre volonté et en catimini par les parlementaires en 2008, peut sembler très discutable dans un régime démocratique où en théorie, le peuple est souverain. 

Au moment où notre économie est menacée, pourquoi devrions-nous plier à toutes les règles d’une UE en pleine déliquescence qui modifie sans cesse le traité initial sans consultation du peuple et qui se montre elle-même peu scrupuleuse : non-conformité des traités présentés à l’Irlande et au parlement français ou constitution du fonds de secours aux pays en difficulté, interdit par le traité de Lisbonne, mais qui coutera néanmoins, plusieurs dizaines de milliards d’euros aux contribuables français. L’acharnement de l’UE a fragilisé notre pays et aggravé notre dette.

 RECRÉER DES EMPLOIS MAINTENANT  

Notre modèle de croissance basé sur la consommation est obsolète depuis que la plupart des produits que nous consommons sont importés des pays à bas coûts et nous devons fabriquer à nouveau en France une part importante de nos biens de consommation pour résorber le chômage. 

Les dirigeants des plus grandes entreprises délocalisent chaque jour un peu plus et ne veulent plus créer d’emplois en France mais 88 % des français plébiscitent le retour de notre industrie (sondage IFOP pour Usine Nouvelle, octobre 2011

Afin de pallier à la démission des entreprises, les pouvoirs publics devraient, avant que notre industrie manufacturière des biens de consommations et son savoir-faire ne disparaissent définitivement, permettre la mise en œuvre du seul projet concret, viable et structurant pour cette industrie. En outre, les objectifs et résultats en matière d’emploi, seraient clairement visibles et identifiables.   

 Les gouvernements successifs, entourés d’économistes néolibéraux se sont fourvoyés pendant 35 ans en préconisant une économie entièrement fondée sur la technologie, les produits innovants et les services.

 Rappelons que les récentes réussites américaines souvent citées en exemple par nos élites, ont créé peu d’emploi aux États-Unis. Les produits d’Apple, deuxième capitalisation boursière mondiale et incarnation du High-tech, n’ont créé que 43 000 emplois. Tyler Cowen, professeur d'économie à l'université George Mason, considéré comme l’un des économistes les plus influents et auteur de "La grande stagnation",  doute de l’impact social de l’innovation technologique sur le sol américain : "Prenez l'omniprésent iPod,  il a engendré moins de 14 000 emplois aux États-Unis. Tout Google, c'est 20 000 emplois,  Twitter, 300 au plus" ou lorsqu’il évoque Facebook : "On n’a pas besoin de beaucoup de monde pour programmer Facebook.".   

 Qui peut toujours honnêtement prétendre après l’échec de la politique qui a ruiné la France, que l’invention de quelques produits innovants à forte valeur ajoutée souvent produits hors de France ou seulement destinés à des niches, suffirait à sauver l’économie, l’emploi, la protection sociale et le service public d’un pays de 66 millions d’habitants ?

A l’heure où les pays émergents d’hier sont devenus des pays en développement qui possèdent maintenant les technologies et les savoir-faire que nous leur avons transmis, disposent de laboratoires de recherche, forment chaque année 1.5 million d’ingénieurs, construisent des avions, des TGV et fabriquent des ordinateurs, le discours suffisant et élitiste   selon lequel nous  devrions fabriquer uniquement des produits à haute valeur ajoutée est aussi irréaliste que dépassé. 

Qui accorde encore crédit à la rhétorique néolibérale européiste et mondialiste selon laquelle nous devrions renoncer définitivement aux industries manufacturières traditionnelles qui fournissaient des millions d’emplois industriels, indirects et induits, pour investir uniquement sur d’hypothétiques industries de demain qui n’offriraient qu’un nombre très  limité d’emplois souvent très qualifiés. 

Les derniers ouvriers devraient-ils aujourd’hui se résigner à disparaitre socialement avec leurs usines en attendant que l’on invente de nouveaux produits ? 

Les gouvernements, de Droite ou Gauche, ont-ils, au nom du dogme du libre-échange, le droit de refuser de relancer l’industrie manufacturière traditionnelle et de laisser des millions de nos concitoyens croupir dans des banlieues et régions exsangues ? 

Alors peut-être conviendrait-il, maintenant que le rêve d’une France sans usines  prend fin et que chacun affirme regretter notre défunte production manufacturière des biens de consommation "made in France", de recréer tout de suite de vrais emplois disponibles immédiatement pour des personnels souvent peu qualifiés, au lieu de croire qu’une France dépourvue d’ouvriers et d’industrie, pourrait sauver son économie et conserver son modèle social.               

 Francis JOURNOT                                                                   

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

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Comment l'austérité peut faire le bonheur de Guillaume Sarkozy

Tribune de FRANCIS JOURNOT sur MARIANNE 

Dans la famille Sarkozy, je demande... le frère ! Guillaume Sarkozy, industriel de renom notamment dans le textile puis dans les assurances, semble avoir bien profité des mesures adoptées par son président de frère, explique Francis Journot.

L'exemple du textile, secteur emblématique du phénomène de délocalisation, est révélateur de la proximité entre certaines entreprises, organisations professionnelles, patronales et pouvoir politique. Les premières délocalisations du textile habillement ont débuté il y a plus de trente ans, mais la chute du secteur s’est précipitée au cours des dix dernières années. 

En 2002, Guillaume Sarkozy, fervent partisan des délocalisations, Président de l’UIT (Union des industries textiles), Vice-président du MEDEF et dont le frère, Nicolas Sarkozy occupait alors le poste de ministre de l’Economie, déclarait : « Je suis fier d’être un patron industriel qui délocalise. Assez de faux semblants : la perte d’emploi, la déstabilisation industrielle, c’est normal, c’est l’évolution »(L’expansion, 28/11/02).

                              

 
Apres avoir coulé l’industrie textile française et déposé le bilan de son entreprise en 2006, Guillaume Sarkozy, devenait Président du conseil d’administration ainsi que Directeur général du groupe Malakoff-Médéric fusionné en juin 2008. Six mois plus tard, il bénéficiait – à la faveur de la mise en place du dispositif « mutuelle obligatoire employeur » –, des souscriptions de contrats d’assurance des 50 000 employés de Pôle emploi et des 120 000 employés de la Sécurité sociale.
                      
En juillet 2009, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, le taux de TVA de la restauration était réduit de 19.6 % à 5.5 % et offrait ainsi un cadeau annuel de 2.4 milliards d’euros aux CHR (cafés-hôtels-restaurants).         
Dix-huit mois plus tard, c’était justement fort opportunément que le groupe d’assurance dirigé par Guillaume Sarkozy remportait le marché des CHR et engrangeait 800 000 contrats d’assurance.
 
En octobre 2010, le député André Guérin (PCF) brocardait le projet de partenariat contre nature de Malakoff-Médéric avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP assurances), premier assureur de personnes en France mais également filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), « Groupe public au service de l’intérêt général et du développement économique ».

Le frère ainé du président de la république devait ainsi assurer la fonction de Président du conseil de surveillance de ce nouveau fonds d’investissement spécialisé dans la retraite par capitalisation – et fondé à capter une part importante d’une épargne évaluée, selon le Conseil d’orientation sur les retraites – entre 40 à 110 milliards d’euros en 2020.

Le projet a été rejeté par l’Autorité de contrôle prudentiel, mais le 17  décembre 2010, Guillaume Sarkozy affirmait aux salariés de Malakoff-Médéric, que le projet de coentreprise pourrait être de nouveau présenté en juin 2012 pour un lancement au 1er janvier 2013.  
                                                
 
Depuis plusieurs années, Nicolas Sarkozy  prépare les Français à une diminution de leur prise en charge par les régimes de retraites par répartition au bénéfice de l’assurance retraite par capitalisation. Gageons que le groupe dirigé par Guillaume Sarkozy sera le principal bénéficiaire de cette politique de fossoyage de l’assurance retraite et maladie, menée aujourd’hui au nom de l’austérité.    
 
Francis JOURNOT est membre de www.vetements-made-in-france.com  Association citoyenne indépendante et sans aucune appartenance à un parti politique. 

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       "Rendez-nous notre industrie ! "

 Par Francis JOURNOT         Tribune  sur MARIANNE le 14 decembre 2011     

 

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 Rendez-nous notre industrie pour recréer les millions d’emplois que vous avez détruits, sauver nos régimes de protection sociale, réduire notre déficit public, nous soustraire de l'emprise des marchés financiers et nous préserver d'une vassalisation par la Chine.

 La trahison de nos dirigeants                                            

Parmi tous les pays d’Europe, la France est le pays qui s’est le plus vite désindustrialisé car depuis 35 ans, nos gouvernements successifs ont volontairement détruit l’industrie française par allégeance économique au dogme néolibéral du libre-échange et pour servir les  intérêts de grands groupes. 

La délocalisation de l’industrie n’est pas une fatalité et plusieurs articles du traité de fonctionnement de l’Union Européenne dont les articles 32 et 63 du TFUE, encouragent la désindustrialisation de la France.                                 

L’article 32 préconise plus d’échanges commerciaux et de compétitivité et, conformément à cette recommandation, les entreprises ont pu délocaliser leur production dans les pays à bas coûts avec la bénédiction de l’Europe et de l’Etat français. L’article 63 interdit les restrictions de capitaux et de paiements entre les pays membres mais aussi les pays tiers comme la Chine ou l’Inde. En libérant les mouvements de capitaux à destination et en provenance de la Chine ou de l’Inde, l’Union Européenne a largement contribué au démembrement  de l’industrie française, à l’augmentation de la dette publique de la France et au déclin de notre pays. 

Le danger de perdre notre independance                  

Nos dirigeants nous ont contraints à obéir aux directives européennes sans tenir compte de notre rejet du traité de Lisbonne lors du referendum de 2005. Ils sont aujourd’hui responsables de notre appauvrissement et de notre endettement.

Nicolas Sarkozy nous trahis une fois de plus, en voulant maintenant brader notre indépendance à la Chine et en nous imposant plus de soumission à une politique Européenne qui ruine de plus en plus de travailleurs mais enrichi toujours davantage les financiers et les grands groupes.

 En endettant et en désindustrialisant la France plus rapidement qu’aucun chef d’état ne l’avait fait avant lui, Nicolas Sarkozy nous livre pieds et mains liés au pouvoir de la finance et au bon vouloir des pays émergents.

Il est probable que la France soit aujourd’hui plus en danger de perdre son indépendance qu’elle ne l’a jamais été au cours de son histoire et peut-être conviendra t-il de juger un jour  nos dirigeants pour leurs infractions politiques, lourdes de conséquences pour l’avenir de notre pays.  

Francis JOURNOT 

Copyright © 2011 Rendez-nous notre industrie -Toute reproduction, même partielle, est interdite sans l’autorisation de l’auteur   

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 "Le PS veut-il vraiment réindustialiser

la France ? "   

     Par Francis JOURNOT         Tribune  sur MARIANNE le 13 septembre 2011     

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La sauvegarde de notre industrie et de nos emplois est au coeur des préoccupations des français et pourrait devenir un enjeu majeur de l’élection présidentielle de 2012.   

En cas de victoire, le parti socialiste poursuivra t-il la désindustrialisation entamée depuis plusieurs décennies ou soutiendra t-il de grands projets industriels manufacturiers créateurs d’emplois ?                                                                                                                                                                                                                    

 3 Décennies de désindustrialisation : entre supercherie, incompétence et inconscience    

Depuis 35 ans, nos élites économiques et politiques, de Valery Giscard d’Estaing à Nicolas Sarkozy ou de Raymond Barre à Christine Lagarde, ont répété que la France devait accepter d’abandonner les emplois de production aux pays émergents.                                         

Dés les années 70, les gouvernements successifs ont promis aux jeunes générations, des emplois propres, bien rémunérés, moins contraignants, qui seraient offerts en nombre suffisant, par les services et les R&D. L’industrie assurait alors le plein emploi avec un chômage qui ne  touchait que 2 % ou 3 % de la population active et le budget de la France n’était pas déficitaire. Plusieurs dizaines d’années plus tard, la ministre de l’économie, Christine Lagarde  n’a tiré aucun enseignement de l’échec de cette désastreuse politique économique et déclarait sur Radio France, le 14 août 2008 : «Il ne serait pas sérieux de vouloir récupérer les industries ne nécessitant pas une main d’œuvre extrêmement qualifiée» ou «que les biens de consommation de base soient fabriqués en Chine, n’est pas le plus grave».                                                         

Certes, il est indispensable d’investir dans les technologies du  futur, mais cela ne nous autorise pas à sacrifier  une industrie manufacturière qui fournissait du travail à des millions d’ouvriers. De plus, l’effet multiplicateur de ces emplois industriels sur les emplois locaux, permettait le développement de territoires entiers, devenus aujourd’hui exsangues. Pourtant, nous continuons à offrir ces activités de main d’œuvre aux pays émergents pour favoriser l’achat d’armement, de centrales nucléaires, d’avions et d’autres produits de grands groupes français, pour le plus grand bonheur de quelques dirigeants et gros actionnaires proches du gouvernement.                                    

Par ailleurs, nous devons « consommer moins pour consommer mieux » pour préserver la planète et il est irresponsable de se satisfaire du consumérisme provoqué par l’importation d’articles bas de gamme, qui voyagent parfois 30 000 kilomètres pour finir dans nos poubelles après 2 ou 3 lavages ou usages. 

Pendant son ministère, Christine Lagarde a préféré avant tout miser sur l’industrie aéronautique qui vient de bénéficier d’une aide de 2 milliards d’euros, sur l’industrie automobile qui délocalise à tour de bras après avoir également bénéficié de plusieurs milliards d’euros d’aides et sur des pôles de développement de très hautes technologies comme les biotechnologies et les nanotechnologies, qui créent, assurément des emplois à très forte valeur ajoutée, mais en nombre très restreint. 

Ce discours utopiste ciblant principalement une industrie d’élite, est dépassé car chaque année, 1 500 000 ingénieurs indiens et chinois, sont formés, parfois dans nos écoles et par nos enseignants ou chercheurs, et s’approprient notre avance technologique issue de 50 années de recherches.Aujourd’hui, la majorité des produits technologiques sont déjà fabriqués en Asie et lorsque nous vendons des centrales nucléaires ou des avions, nous devons, de plus en plus souvent, les réaliser sur place, en partenariat avec un pays émergent acheteur et cela crée peu d’emplois en France. Ainsi, nous offrons notre technologie souvent pour le prix dérisoire d’une commande et à ce rythme, bientôt, il ne nous restera guère d’activité industrielle.                                                                                                                                           

  Le maintien de l’emploi industriel plébiscité                                                     

Nous oeuvrons pour la réalisation d’un important projet industriel manufacturier et commercial depuis plus de 5 ans. Ce projet porteur de nombreux emplois, a été soumis à Christine Lagarde lorsqu’elle était ministre de l’Economie, puis à Augustin De Romanet De Beaune, Directeur général de la CDC (Caisse des Dépôts et Consignations) et à Nicolas Sarkozy, Président de la République, mais les réponses n’ont pas permis une avancée significative du dossier. Pourtant, la plupart de nos concitoyens ont compris depuis longtemps et souvent au prix de leurs emplois, que les secteurs des services et des R&D, ainsi que la production des nouveaux produits issus de ces recherches, sont, à l’exception des services à la personne, souvent délocalisables et ne permettront jamais de remplacer les millions  d’emplois industriels perdus et les millions d’autres emplois locaux qui étaient liés à ces activités.      

Une enquête du CREDOC, de mai 2011, souligne l’inquiétude des français et démontre l’intérêt des consommateurs pour l’industrie française : 73 % des français déplorent le déclin de l’industrie et sont convaincus que le développement de la France ne peut se passer du secteur industriel et 64 % sont  prêts à payer plus cher des produits industriels « made in France », au lieu de 44  % il y a 5 ans.                                                                             

                                     Le grand emprunt créera t-il des emplois ?                       

 Lors de sa conférence du 27 juin 2011 à propos du grand emprunt, rebaptisé « investissements d’avenir », Nicolas Sarkozy s’est obstiné à poursuivre la désindustrialisation de notre pays et nous a confirmé son dédain pour l’industrie de l’habillement, qui pourtant, représente un chiffre d’affaires de plus de 40 milliards d’euros en France et 1 000 milliards d’euros dans le monde, mais appartient selon lui, au 19ème siècle.

Les R&D coûtent déjà 25 milliards d’euros par an aux contribuables, mais ne débouchent que rarement sur une production en France, pourtant ce secteur bénéficiera de la quasi-totalité des fonds dédiés. Les filières industrielles innovantes, parfois situées hors de l’hexagone, obtiendront des subsides de l’état français, mais les industries manufacturières traditionnelles produisant encore en France, potentiellement créatrices de nombreux emplois, ne recevront aucune aide. 

Les R&D sont indispensables à notre croissance et à notre développement, mais peut-être conviendrait-il d’investir aussi sur le présent, car l’impact immédiat du grand emprunt sur l’économie et l’emploi en France, risque, selon plusieurs économistes, d’être inexistant.                                                            

Si l’on considère que, les fruits des coûteux travaux de R&D, sont souvent, rapidement copiés par des pays concurrents ou, leur sont parfois généreusement offerts, et que les produits issus des recherches, sont, par avidité, la plupart du temps immédiatement fabriqués hors de notre territoire, on peut aussi émettre de sérieux doutes sur la future et hypothétique efficacité économique, dans 15/20 ans, de ce grand emprunt. Il n’est pas certain que ce grand emprunt de 35 milliards soit plus efficace que le précèdent plan de relance de 34 milliards qui   n’a sauvegardé ou créé que 18 000 à 72 000 emplois, avec un coût par emploi exorbitant, aggravant ainsi considérablement notre dette.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

 Renouer avec une politique industrielle créatrice d’emploi                                                                            

 Aujourd’hui, la plupart des pays occidentaux déclinent au rythme de la disparition de leurs industries et n’auront désormais plus les moyens d’être sélectifs dans leurs choix de production. Ils devront impérativement produire une plus grande part des biens nécessaires à leur consommation intérieure pour équilibrer leur balance commerciale, contenir le nombre de chômeurs et limiter les déficits publics.

La France affiche au premier semestre 2011, un déficit extérieur record de 37.5 milliards d’euros, probablement plus de 80 milliards à la fin de l’année et la croissance est atone. Le chômage continue d’augmenter malgré 200 000 ou 300 000 radiations mensuelles. Pole Emploi compte 5 millions d’inscrits et  le RSA concerne 1.9 million de personnes.                                                                                              

L’absence de politique industrielle réaliste et le chômage qui en résulte, sont responsables d’une part importante de nos déficits publics, dont plus de 100 milliards de dépenses pour l’emploi par an.                                                                                                                                                                       

Nous ne pouvons plus nous permettre d’être aussi élitistes et devons cesser de rêver à une fabrication exclusive de produits à haute valeur ajoutée ou hautement technologiques. Peut-être est-il temps de reconnaître nos erreurs pour revenir à une vraie politique industrielle et nous ne devons pas attendre que notre pays s’enfonce davantage dans la crise.   

   Viabilité d’une production industrielle dans les pays occidentaux                                  

Souvent, afin de justifier les délocalisations, le gouvernement de Nicolas Sarkozy et les industriels invoquent des coûts salariaux trop élevés en France, mais ceux-ci sous-estiment fréquemment les surcoûts. Au final, les différentiels de coûts entre un pays développé et un pays d’Asie sont souvent faibles  Etude McKinsey .

Dans bon nombre de cas, les coûts salariaux ne sont pas vraiment déterminants et la délocalisation de l’activité n’est pas vitale pour la survie de l’entreprise. D’autres raisons animent parfois les dirigeants, parmi lesquelles le recours à la main d’œuvre plus docile et moins syndicalisée des pays émergents et dans les PME, le découragement, face à une administration française jugée peu compréhensive et des banques peu solidaires.

Certes, les donneurs d’ordres uniquement motivés par les gains de coûts et peu regardants sur la qualité, l’age des ouvrières et les conditions de travail, peuvent, même si l’on ajoute les surcoûts,  faire des économies très conséquentes. Il y a sur le continent asiatique, une grande disparité de salaires et ces nouveaux esclavagistes peuvent toujours trouver encore et toujours moins cher. Les grandes usines chinoises qui ont pignon sur rue ont dû, suite aux grèves, augmenter plusieurs fois les salaires mais il y a encore des dizaines de millions d’ouvrières, notamment en Inde et au Bangladesh, qui sont corvéables à merci, dont parfois des gamines de 12 ou 14 ans travaillant 14 à 16 heures par jour et six à sept jours par semaine avec une rémunération journalière de 1 à 2 euros. Effectivement, si les boutiques occidentales vendaient les vêtements à des prix en rapport avec ces coûts salariaux presque inexistants, il serait évidemment impossible d’être concurrentiel en fabriquant en France, mais c’est loin d’être le cas !   

Lorsqu’une enseigne de prêt-à-porter moyen de gamme ou auto proclamée haut de gamme ou luxe, opte pour la fabrication de vêtements à bas prix et produit ou achète par exemple, un article pour 1 euro en Chine ou en Inde, celui-ci n’est pas pour autant revendu 3 ou 4 euros en boutique.

En réalité, le prix de vente dépend davantage du positionnement marketing de la marque et de ses ambitions que du coût réel de fabrication du vêtement et la cliente doit débourser 25, 50 ou 100 euros pour cet article de qualité souvent médiocre.

Ainsi la consommatrice perd du pouvoir d’achat car ce niveau de prix aurait pu naguère, lui permettre, d’acheter un article de meilleure qualité, fabriqué en France. En revanche, l’enseigne prospère  très rapidement au frais de sa clientèle et s’offre généralement avec les économies réalisées sur les coûts de fabrication, de nombreuses et coûteuses campagnes de publicité, et des dizaines, centaines ou milliers de nouvelles boutiques ou mégastores qui enrichissent démesurément les actionnaires et fonds d’investissement.   

Avant la délocalisation massive de l’industrie du textile habillement, afin que leurs prix soient  concurrentiels, les boutiques appliquaient le plus souvent, un coefficient multiplicateur entre 2.2 et 3.5 au prix d’achat hors taxes payé à l’usine de vêtements.  En clair, la moitié ou le tiers du prix payé par la consommatrice était constitué par le coût consacré réellement à la fabrication du vêtement et lorsqu’un article était soldé, le coût de fabrication représentait couramment 2/3 du prix acquitté. Aujourd’hui, il n’y a aucun repère et la plupart du temps les consommatrices sont abusées. 

Chez les chaînes de magasins proposant des articles à prix bas ou modérés, les consommatrices ont le sentiment de pouvoir consommer davantage qu’auparavant, mais il n’est pas non plus certain qu’elles aient gagné du pouvoir d’achat car ces produits importés sont souvent rapidement hors d’usage ou démodés et doivent être renouvelés en permanence. Les groupes de distribution l’on bien compris et savent également qu’une profusion d’articles à bas prix génère l’achat d’une plus grande quantité de produits, parfois inutilisés.

L’achat impulsif remplace l’achat réfléchi et ces temples du  consumérisme connaissent maintenant l’apogée.

 Les Etats-Unis, pourtant au cœur du processus de mondialisation,  envisagent  maintenant la relocalisation : Dans l’article " Moving bac k to America ", , publié sur " The economist " le 12 mai 2011, le  BCG (Boston Consulting Group), nous informe que la convergence des salaires américains et chinois, pourrait favoriser une relocalisation de l’industrie aux Etats Unis à l’horizon 2015 et prédit un nouvel avenir pour l’industrie américaine.

Notre voisin allemand, dont la croissance repose sur son modèle industriel et dont le coût de main d’œuvre est proche du notre, a su préserver sur son territoire, une plus grande part de son industrie et reste le deuxième exportateur mondial de biens.

Des économistes compétents tentent de nous faire prendre conscience des dangers liés à la perte d’industrie manufacturière. Parmi eux, Dani Rodrik, professeur d’économie politique internationale à Harvard, dont l’article publié sur le site remarquable « Project Syndicate » le 10 août 2011, démontre  la nécessité de conserver une industrie manufacturière                                                           

 La production en France d’une grande part de nos biens de consommation pourrait être  économiquement viable et notre projet a rencontré un bon accueil lors de sa publication.    

- Un plan de sauvetage pour l’industrie manufacturière

- « L’emploi industriel ? On dirait qu’ils s’en foutent … »          

                                        Recréer 500 000 à 1 million d’emplois                                             

Notre projet prévoit un intéressement motivant qui valoriserait ces emplois industriels et en augmenterait considérablement l’attractivité.

Le mode de financement de l’entreprise et la structure de son capital social, permettraient d’offrir aux salariés, des avantages financiers semblables à ceux d’une coopérative, mais sans nécessiter d’investissement personnel.

Par ailleurs, cette politique de rémunération renforcerait la cohésion dans l’entreprise et atténuerait considérablement les risques de conflits sociaux.

Ces intéressantes perspectives d’emplois seraient offertes à des personnels qualifiés, riches d’un savoir-faire, mais aussi des personnels jeunes et sans formation, souhaitant acquérir un métier dans une entreprise qui n’aurait pas vocation à délocaliser et qui leur assurerait longtemps du travail.

La mise en œuvre de notre modèle économique pourrait susciter un formidable espoir, et offrir  un nouvel horizon à des français abandonnés par l’état. Nous pourrions également créer des synergies avec le projet d’emplois jeunes du programme socialiste.

 En 10 à 20 ans, avec un mode de gestion adapté à nos coûts de production plus élevés, notre pays, ancienne patrie de la mode, pourrait  récupérer 1 à 2 %  de la fabrication mondiale de vêtements et créer 125 à 250 000 emplois et encore au moins 125 000 dans la fabrication d’autres biens de consommation. Si l’on ajoute les emplois  indirects et induits générés grâce à ces nouvelles activités industrielles régionales, au total, ce sont 500 000 à plus de 1 million d’emplois qui pourraient être créés.                                                                     

Une réelle volonté politique sera  indispensable                                                                                               

 Lors d’une interview sur BFM le 6 juillet 2011, Jérôme Cahuzac, député PS, président de la commission des finances et soutien de François Hollande, préconisait : « la prochaine mandature devra être la mandature de la réindustrialisation si nous souhaitons que la France retrouve son rang », et ajoutait : « le vrai mal français, c’est que les usines s’en vont ». François Hollande, fidèle au dogme socialiste, a souvent prôné plus de mondialisme et d’importations « pour aider les pays du sud ».                               

Compte tenu du déficit record de la balance commerciale et d’une crise s’aggravant chaque jour, l’ancien 1er secrétaire du PS prendra t-il enfin en considération l’opinion des ouvriers et de la majorité de français qui souhaitent que l’on récupère notre industrie manufacturière ?                 

Martial Bourquin, Sénateur PS et Président de la commission du Sénat pour la reindustrialisation créée à son initiative, a rendu son rapport en juin 2011, au terme de onze mois de travaux. D’importantes divergences ont opposé les sénateurs socialistes au groupe de sénateurs majoritairement à droite et le rapport final de cette mission n’a pas été signé. Cette propension à défendre notre industrie pourrait peut-être préfigurer une politique industrielle plus volontariste des élus du Parti Socialiste.                                                                                                             

Dans notre article du 25 mai 2011,     Un plan de sauvetage pour l’industrie manufacturière  nous avons évoqué la possibilité d’une renaissance de l’industrie manufacturière française  facilitée par l’augmentation des salaires dans les pays émergents et les coûts croissants du transport. Martine Aubry partage semble-il, notre analyse et a présenté ces mêmes arguments lors d’une interview, le 21 août 2011 sur BFM TV.  L’ancienne ministre du travail a également recommandé : « il faut remettre l’industrie au cœur de notre développement » et cité « les textiles innovants ».

Cependant, le marché des textiles techniques est un marché de niches avec une production de petites quantités de produits à forte valeur ajoutée qui emploie à peine 19 000 personnes. Ce marché des textiles innovants, brandi depuis plus de 20 ans par la plupart des    personnalités politiques dont Nicolas Sarkozy, comme le remède miracle à la délocalisation du textile habillement,  reste malgré tout peu créateur d’emploi.                                             

 Par ailleurs, si les ventes explosaient, il est à craindre que les plus grosses entreprises, souvent bénéficiaires du financement en R&D de l’état, s’empressent encore de délocaliser. Peut-être conviendrait t-il de soumettre l’obtention de financement en R&D, à l’engagement à ne pas délocaliser. Certes, cela va à l’encontre d’une politique gouvernementale qui encourage les délocalisations. René Ricol, Commissaire général du grand emprunt de 35 Milliards, a expliqué sur BFM Business, que dans le contexte de globalisation, il devait aussi investir l’argent du contribuable français dans les R&D de sociétés situées à l’étranger ! 

 Au cours de son interview, Martine Aubry a ajouté : « il faut  aussi relocaliser un certain nombre d’activités », sans toutefois préciser clairement si elle incluait des industries manufacturières traditionnelles comme celles du textile habillement et du meuble. Pourtant, seuls des marchés de masse sont susceptibles de générer les millions d’emplois industriels indispensables à la santé économique et sociale d’un pays de 65 millions d’habitants.Nous pensons que la réindustrialisation de la France est surtout affaire de volonté politique et nous ne devons plus feindre de croire que l’invention de quelques produits innovants à forte valeur ajoutée, suffira à compenser la disparition des grandes industries manufacturières. De plus les produits innovants les plus prometteurs sont souvent acquis par des fonds d’investissement qui délocalisent systématiquement la production dans les pays émergents.   

  Croissance  industrielle et consommation d’importations                                                                                     

 Il est, avant toute autre considération, du devoir d’un gouvernement et plus encore d’un gouvernement de gauche, de permettre l’insertion professionnelle du plus grand nombre de citoyens, notamment en favorisant la relance d’industries susceptibles d’offrir des emplois aux millions d’ouvriers et techniciens au chômage. En effet, il convient de baser davantage notre croissance sur une production industrielle créant des emplois plutôt que sur la consommation d’une multitude de produits importés qui n’en crée pas et nous endette.                                                                                          

L’emploi, thème de campagne qui a permis la victoire des socialistes en 1981, demeure encore aujourd’hui la principale préoccupation de nos concitoyens.

Certes, compte tenu de la dette, le PS ne peut raisonnablement envisager une création massive d’emplois dans le secteur public comme il l’a fait en 1981.        

Face à Nicolas Sarkozy qui a anéanti notre industrie manufacturière et n’est plus crédible en matière d’emploi industriel, le Parti Socialiste adoptera t-il notre projet économique de relance de l’industrie manufacturière des biens de consommation ?         

La croissance de la France est de plus en plus dépendante d’une consommation des ménages payée à crédit et financée par la dépense publique.

Le Parti Socialiste est il prêt à opter pour un modèle de croissance à la fois plus industriel et moins consumériste ?                                                              

Verrons-nous enfin en 2012, un gouvernement disposé à renouer avec l’industrie manufacturière, pour recréer des emplois, sauvegarder nos régimes de protection sociale, rétablir notre balance commerciale, augmenter notre croissance et réduire nos déficits ?     

Souhaitons que le PS manifeste plus d’intérêt que Nicolas Sarkozy, pour une renaissance de l’industrie manufacturière française des biens de consommation et que l’emploi industriel, enjeu économique et social majeur pour l’avenir de la France, soit au cœur des débats lors de la prochaine campagne pour l’élection présidentielle.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

 Francis JOURNOT            

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale       

Article transmis au Parti Socialiste     

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    Un plan de sauvetage pour l’industrie  

manufacturiere française 

Par Francis JOURNOT          Article paru sur MARIANNE2 le 25 mai 2011

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 Monsieur le Président, vous anéantissez notre industrie manufacturière depuis plusieurs années alors que cette activité industrielle est vitale pour l’équilibre économique de notre pays. En l’absence d’une industrie fortement créatrice d’emplois, la France ne pourra probablement pas faire diminuer son taux de chômage, les déficits publics augmenteront jusqu’à la faillite et les régimes de protection sociale aujourd’hui exsangues, menaceront de disparaître.

Pourtant, si l’on utilisait un modèle économique adapté à nos coûts de production élevés, il serait encore possible de fabriquer la plupart de nos biens de consommation en France.                                                                                                  

 La condamnation de l’industrie française du textile habillement 

L’industrie est ravagée et des millions d’emplois, ont été sacrifiés avec la bienveillance des derniers gouvernements, pour satisfaire l’avidité d’industriels et d’actionnaires peu soucieux de l’emploi de nos concitoyens. Déjà en 2002, quand vous étiez ministre de l’Economie, le président de l’UIT (Union des Industries Textiles) et Vice-président du MEDEF, Guillaume  Sarkozy, déclarait "Je suis fier d’être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants: la perte d’emploi, la déstabilisation industrielle, c’est normal, c’est l’évolution".

Depuis, vous achevez d’exclure du paysage industriel français, cette industrie manufacturière qui employait autrefois un million de personnes (Etats généraux de l’industrie 2010).  A l’inverse, vous privilégiez l’industrie du luxe qui n’offre que quelques dizaines de milliers d’emplois de production en France, malgré un chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros et des bénéfices record. Cette industrie prospère délocalise dans certains secteurs la quasi-totalité de sa production pour mieux enrichir quelques groupes. Le secteur de la mode et du luxe trahit les dernières entreprises de confection dont le savoir-faire a façonné son image d’excellence et condamne désormais ces dernières à une disparition certaine.

                                                                                                                         

"made in China"  label "made in France"

Maintenant que la plupart des industries ont disparu, votre gouvernement facilite l’implantation d’entreprises chinoises qui, à peine installées, ne respectent pas le droit du travail et entendent importer la Chine et son modèle économique sur le sol français, comme c’est déjà le cas en Italie à Prato. Aujourd’hui, trafic de main d’œuvre, racket et proxénétisme sont les fonds de commerce des gangs de la mafia chinoise qui prolifère dans cette ville de Toscane. Cet ancien haut lieu de la qualité textile Italienne compte maintenant 20 000 clandestins parmi les 40 000 Immigrants qui confectionnent jusqu’à 16 heures par jour des sacs ou des vêtements avec du tissu "made in china".   

Grâce à la complicité du VRP de la Chine, Jean pierre Raffarin et la bienveillance de Christine Lagarde, les premières sociétés industrielles chinoises occuperont 60 000 m2 à Chasseneuil dans la Vienne et 500 hectares à Châteauroux dans l’Indre pour mieux faire disparaître nos dernières entreprises industrielles et inonder notre marché intérieur. Dés son arrivée au Quai d’Orsay, Alain Juppé a promis d’autres échanges avec le pays de l’esclavagisme capitalo-communiste dont les dirigeants s’approprient les fruits de la croissance que nous lui offrons pour acheter nos pays occidentaux alors que le ¼ de sa population vit avec moins de 75 cents d’euros par jour. Cette dictature meurtrière qui n’a rien à envier à celle de la Libye et qui a assassiné plus d’un million de ses opposants, continue à exécuter chaque année 5 000 à 10 000 personnes. Mais notre prudent chef de la diplomatie préfère probablement attendre que le peuple chinois s’empare du pouvoir pour désapprouver ce régime totalitaire. 

 Nous pouvons encore offrir un avenir à l’industrie manufacturière française

Nous pourrions encore fabriquer en France des vêtements, meubles, canapés, matelas ou appareils ménagers, et un modèle économique associant performance, intérêt public et esprit coopératif pourrait offrir de nouvelles perspectives à l’industrie "made in France".  

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

A l’exception des produits jetables apparus depuis quelques années, la plupart des prix des biens de consommation n’ont pas baissé, en revanche, les marges des enseignes ont crû démesurément depuis que les produits sont fabriqués dans les pays à bas coûts.    

Alors oui, il est encore possible de produire en France.                         

Cependant, il conviendrait d’organiser cette industrialisation sur un nouveau modèle d’entreprise qui ne s’appuierait plus sur la logique financière à court terme, responsable de la disparition d’une part de notre industrie.

Les priorités seraient l’emploi, la préservation d’un savoir-faire et le maintien de notre base industrielle.        

Afin de protéger l’entreprise et ses emplois, un pacte d’actionnaires rédigé lors de la création de l’entreprise, prévoirait  les conditions de cession des parts. De même, Il serait opportun de limiter la distribution de dividendes tout en réservant un intéressement motivant aux salariés, conformément au concept de 95 pages sur lequel nous travaillons depuis plus de 5 ans et que nous présentons à votre gouvernement et aux élus  depuis 3 ans. 

 Les prix de vente au public ne devraient être guère plus élevés que ceux d’articles importés des pays à bas coûts et cela exigerait que nous appliquions des marges modérées.                                                                                                        

Pour parvenir à cette compétitivité, il serait notamment nécessaire d’adopter le modèle économique de l’intégration verticale, de la conception du produit à sa vente directe au consommateur, en nous privant le plus souvent d’intermédiaires.      

En outre, nous nous appuierions sur le savoir-faire des façonniers ou sous-traitants encore en activité, notamment dans le secteur du prêt-à-porter car l’internalisation de la façon, du tricotage de la maille et du tissage des unis ne pourrait être que progressive. De même, tout au long de notre activité, nous nous efforcerions de toujours concilier intégration verticale et maintien du savoir-faire en continuant à assurer du travail à de nombreux façonniers.  

L’internalisation en amont et aval de la confection nous permettrait de respecter au mieux les impératifs de gestion liés à notre modèle économique.  La filière de la façon  comptait 6000 employés fin 2008 et perd jusqu’à 1000 emplois par an (rapport Clarisse Perotti-Reille http://www.industrie.gouv.fr/portail/secteurs/RapportFinal.pdf ).       Nous pourrions réemployer ces couturières et à terme, fournir du travail à la plupart  des façonniers qui seraient encore en activité.                     

 Prêt à porter féminin et maille homme et enfant "made in France"                  

Le marché de l’habillement pour femme, homme, enfant représente 40 milliards d’euros en France, 300 milliards d’euros en Europe et 1000 milliards à l’échelle mondiale.

Notre pays compte plusieurs dizaines de milliers d’anciennes ouvrières de l’habillement licenciées au cours des dernières années, mais dont le savoir-faire pourrait permettre à notre pays de rester la référence de la qualité de fabrication d’habillement et de la mode.                                       

Un réseau de 30 ou 50 boutiques de 300 m2 situées en emplacements n°1 des villes françaises de plus de 100 000 habitants assurerait rapidement une base de chiffre d’affaires pérennisant les emplois de production et ferait connaître l’existence de l’unique enseigne de vêtements "made in France" à prix abordables pour jeunes filles et jeunes femmes.       

Les ventes seraient majoritairement réalisées par Internet pour économiser des investissements immobiliers supplémentaires et ainsi offrir des prix concurrentiels à nos clientes.

Ces circuits de distribution généreraient l’emploi de plusieurs milliers d’ouvrières, plusieurs dizaines de milliers à moyen terme et un potentiel de 120 000 emplois si nous captions ensuite, lors du développement à l’international, 1 % du marché mondial.                                          

 Equipement de l’habitat et autres biens de consommation "made in France"

Le marché du meuble, salon et literie représente en Europe, 64 milliards d’euros et celui de l’électroménager en Europe est de 27 milliards d’euros.

Les autres principaux biens de consommations (hors hight tech) offrent un marché européen de 30 milliards d’euros : (luminaires, sanitaires céramique, cheminées, décoration, linge de maison, vaisselle, articles de loisirs et sports, bagages, jouets). Aujourd’hui, la plupart de ces biens de consommations sont importés.      

                                                                             

Un projet "habitat & loisirs" nécessiterait l’ouverture d’un réseau de plusieurs dizaines de magasins de 1000 m2 à 2000 m2, implantés en villes ou souvent en périphéries des villes de plus de 100 000  habitants mais l’objectif serait de vendre la part la plus importante de la production par Internet avec des prix encore plus attractifs.

L’activité pourrait permettre rapidement la création de plusieurs milliers d’emplois, puis encore plusieurs dizaines de milliers à moyen terme.                                       _

Nous ne comprenons guère que votre gouvernement n’ait eu l’idée ou la volonté de doter l’industrie française d’une enseigne "made in France" consacrée à l’habitat.  Un tel outil de distribution aurait pu sauver de nombreuses entreprises, fait économiser des dizaines de milliards d’euros de dépenses de chômage en sauvegardant et créant de nombreux emplois, épargnant aussi beaucoup de drames humains.  

                                                                                              

Nous pourrions réactiver dans la France entière, d’anciens ateliers de 10, 20 ou 200 personnes mais aussi des usines importantes comme la fabrique landaise de sièges et canapés, Capdevielle, qui employait 1200 personnes, mais a dû fermer lorsque les grandes enseignes de la distribution ont préféré s’approvisionner en Chine en mettant parfois en danger leur clientèle avec la vente de canapés toxiques. 

Par ailleurs, il est surprenant que l’une de ces enseignes siége aujourd’hui au FSI pour décider de l’attribution aux entreprises, de 20 milliards d’euros de fonds publics.

Cela nous autorise à douter de la pertinence de la distribution de la manne financière du plan de relance qui a parfois profité à des grandes entreprises adeptes de  délocalisation et notamment financé de nombreux véhicules fabriqués dans les pays à bas coûts.                                  

 Notre concept pourrait s’adapter à la commercialisation de produits agricoles, d’élevage et autres aliments d’origine française

La vente directe par AMAP supprime les intermédiaires pour offrir des produits  abordables et de bonne qualité aux consommateurs, et permet à quelques paysans de mieux vendre leurs produits. Sur un modèle proche et afin de juguler la disparition des fermes paysannes, nous pourrions créer une entreprise nationale fonctionnant dans un esprit coopératif qui vendrait avec des marges réduites, dans des points de vente physiques principalement situés dans des villes de plus de 100 000 habitants, la production locale de plusieurs milliers ou dizaines de milliers de petits producteurs de culture maraîchère et d’élevage dont la boucherie, volaillerie, charcuterie, les produits laitiers et tous les autres produits alimentaires transformés artisanalement ou industriellement par des entreprises régionales françaises.

La vente par Internet et la livraison aux consommateurs seraient assurées à partir de ces petits supermarchés régionaux surtout axés sur l’alimentaire situés principalement dans des grandes villes, mais couvrant la plus grande part de la population française.  

                                        

 Créations d’emplois

  chaque fois qu’un emploi serait créé, la collectivité économiserait la charge du coût d’un demandeur d’emploi soit 25 000 euros/an et les régimes de protection sociale encaisseraient en moyenne 12 000 euros/an.

Si l’on considère également que chaque emploi industriel régional génère habituellement au moins 1 emploi indirect, en dix ans chaque nouvel emploi créé rapporterait directement et générerait  indirectement 240 000 euros de contributions sociales et ferait économiser 500 000 euros de dépenses pour l’emploi.

Le projet global offre des perspectives de sauvegardes de postes et de créations de plusieurs centaines de milliers d’emplois directs ou indirects avant dix ans ou quinze ans.                             

De plus, avant dix ou quinze ans, la France pourrait connaître une renaissance industrielle :                           

- la consommation des centaines de millions de nouveaux véhicules Chinois et Indiens (1 milliard d’habitants de moins de 25 ans potentiellement acheteurs d’un véhicule) et l’instabilité politique des pays producteurs de pétrole pourraient faire bientôt exploser les coûts de transport.      

- Les revendications salariales des ouvriers des pays aujourd’hui à bas coûts pourraient influer sur les coûts de main d’œuvre et l’écart avec nos salaires hexagonaux devrait encore se réduire considérablement au cours des prochaines années.                                                  

Nos coûts de production deviendraient plus compétitifs et Il serait alors vital d’avoir conservé des moyens de production en France.        

Dés lors, de nouvelles entreprises de sous-traitance pourraient voir le jour et afin d’alléger notre gestion après 8, 10 ou 15 ans de recrutement massif, nous aiderions nos salariés à devenir nos fournisseurs.

A partir du savoir-faire préservé et de la base industrielle maintenue, des milliers de nouvelles entreprises de fabrication et de sous-traitance pourraient saisir les opportunités d’un développement industriel prônant le "consommer moins et mieux". 

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Nous avons sollicité votre soutien dans notre courrier du 11 septembre 2010, mais votre réponse n’a pas permis une avancée du projet. Pourtant, l’inefficacité avérée du plan de relance en matière d’emplois avec 18 000 à 72 000 postes créés ou sauvegardés (selon les sages de la Cour des comptes, 09/10) pour un coût de 34 milliards d’euros (coût par emploi entre 472 000 et 1 900 000 euros), démontre la nécessité de mettre en œuvre notre projet qui à terme ne coûtera rien à la collectivité et créera néanmoins davantage d’emplois. 

Par ailleurs, il est regrettable que les mauvais résultats du plan de relance ne vous aient pas convaincu de consacrer une plus grande part du grand emprunt de 35 milliards d’euros à des projets réellement créateurs d’emplois. Le financement de l’innovation et de la recherche serait un excellent choix d’investissement si les bénéficiaires étaient ensuite tenus à certaines obligations, car généralement, lorsque les coûteux travaux de recherche sont achevés et financés par la collectivité, le développement et la production des articles innovants et technologiques, sont, comme chacun le sait,  ensuite réalisés dans des pays à bas coûts. Il est à craindre que la part la plus importante des 35 milliards d’euros ne serve encore que quelques intérêts particuliers et abreuve de deniers publics, quelques grands groupes peu enclins à créer de l’emploi en France.  

                                      

Mais peut être déciderez vous aussi de soutenir notre projet afin d’agir concrètement  pour l’emploi industriel, le maintien du savoir-faire et l’avenir de notre industrie manufacturière.                                                                                                                  

 Francis JOURNOT   

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

Courrier adressé à Nicolas SARKOZY, Président de la République Française   

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"L’emploi industriel ? On dirait qu’ils s’en foutent..." 

  Par Francis JOURNOT         Article paru sur MARIANNE2 le 15 mars 2011 

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L’incohérence du financement de l’assistance au lieu du financement de l’activité    

                                                                                                                                                                             

Nicolas Sarkozy prétend que la suppression de l’ISF évitera les délocalisations et la fuite des capitaux comme il l’avait également promis lors de l’instauration du bouclier fiscal, mais aujourd’hui la production de la plupart des secteurs  de l’industrie est déjà délocalisée ! Par ailleurs, les français ne sont plus dupes et selon le sondage IPSOS du 25/11/2010, 70 % de nos concitoyens ont compris que la crise ne faisait que commencer et 59 % d’entre eux pronostiquent une accélération des délocalisations qui s’accompagnera inévitablement d’une importante hausse du chômage. Aujourd’hui, les investisseurs s’intéressent surtout aux pays à bas coûts et qui peut  encore croire que ceux-ci reviendront un jour financer l’industrie manufacturière française ou que les banques multinationales vont subitement décider d’investir massivement dans un pays au coût de main d’œuvre élevé. Cela n’arrivera probablement jamais et nous pensons que l’état ne doit pas soumettre  l’avenir de l’industrie et de millions de nos concitoyens, au bon vouloir des investisseurs. De même, Il est anormal que la CDC (Caisse des Dépôts et Consignations) principal pourvoyeur de fonds du capital investissement et gestionnaire de 250 milliards d’euros d’argent public, n’investisse pas dans des projets manufacturiers créateurs d’emplois en France (courriers de l’Elysée et d’Augustin de Romanet, patron de la CDC et du FSI, sur notre site. Si le Gouvernement veut réellement relancer la croissance et faire baisser le chômage, il doit pour cela, financer de grands projets industriels manufacturiers, seules activités potentiellement créatrices de centaines de milliers d’emplois, au lieu d’entretenir la précarité avec plus de 100 milliards d’euros  de dépenses pour l’emploi par an http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/xls/Tabl-DPE-2006-juill08.xls

  .                                                                

En effet, un financement de l’état par l’intermédiaire de la CDC, permettrait de repenser notre industrie et de contribuer au financement des nouveaux outils de fabrication et de distribution de demain. Par ailleurs, le coût des dépenses par demandeur d’emploi est supérieur à 25 000 euros par an et l’économie pour la collectivité serait considérable. En outre, la CDC, pourrait rester propriétaire d’une part de ces nouvelles moyennes ou grandes entreprises jusqu’à leur rachat par l’entrepreneur ou par des tiers, comme dans la plupart des opérations de financement de création d’entreprise par capital investissement.                    

Selon vous, l’état peut-il continuer à dilapider l’argent des contribuables dans le puits sans fonds de l’assistance comme il le fait depuis de nombreuses années ou doit-il dés maintenant changer de politique et privilégier l’activité en permettant l’émergence de projets industriels manufacturiers créateurs d’emplois ?                     

Le NAIRU est il partiellement responsable de notre taux de chômage élevé ?                        

 Le NAIRU (non accelerating inflation rate of unenployement) est le taux de chômage minimum indiqué pour chaque pays par l’OCDE afin d’éviter l’inflation. Le taux de chômage minimum préconisé pour la France oscillait ces dernières années entre 8.3 % et 9 %. En clair, l’OCDE et la BCE indiquent que le gouvernement doit maintenir au moins entre 8.3 % et 9 % de nos concitoyens au chômage. Plus le nombre de chômeurs, travailleurs à temps partiel et intérimaires est élevé avec pour conséquence des salaires qui stagnent ou reculent, plus les capitaux sont valorisés et à l’abri de l’inflation. Le taux de chômage français est depuis de nombreuses années  très élevé et faut-il penser qu’une attitude zélée de notre gouvernement puisse être l’une des causes de ces chiffres alarmants ? Il est légitime de s’interroger : Pourquoi le gouvernement n’a t-il pas davantage lutté ces dernières années contre les délocalisations ? Pourquoi ne favorise t-il pas non plus l’émergence de projets industriels manufacturiers comme celui que nous lui soumettons depuis 2 ans et qui pourtant pourrait créer des milliers d’emplois ?  Aujourd’hui notre pays est confronté à une crise de l’emploi sans précèdent avec 2 millions de personnes au RSA, 4.9 millions d’inscrits à Pole Emploi et Il serait peu compréhensible que le gouvernement continue à suivre encore des recommandations de NAIRU. Alors incompétence ou volonté de maintenir du chômage ? Si le gouvernement avait mené une politique sérieuse pour l’emploi, il est probable que le taux de chômage ne serait pas aussi éloigné du taux structurel que les économistes estiment généralement à 5% de la population active.       

L’absence d’une vraie politique de l’emploi

                                                          

Lorsque l’on examine le bilan de l’action du secrétaire d’Etat à l’Emploi depuis 2007, on ne voit qu’un recyclage de vieilles recettes d’aides à l’embauche qui n’ont jamais permis de freiner le chômage. Le bilan du ministre de l’Industrie, Christian Estrosi ne semble pas meilleur et on cherche en vain des mesures qui aient permis de créer ou sauver des emplois industriels. Pourtant, celui-ci a déclaré "Je suis fier de mon bilan" !                                                                

Laurent Wauquiez, qui s’est également délivré un généreux autosatisfecit pour sa politique de l’emploi, s’est surtout employé durant sa mission, à édulcorer constamment la situation dramatique du marché de l’emploi.

Cette attitude politicienne a surtout eu pour effet de sous-évaluer les besoins financiers et matériels de Pole Emploi. L’établissement public administratif qui n’a jamais bénéficié d’une image d’efficacité auprès des demandeurs d’emploi, a donc vu de surcroît ses effectifs  submergés par une charge de travail multipliée par 2 ou 3 et des chômeurs plus que jamais confrontés à une administration qui les radient arbitrairement de plus en plus  souvent et ne dispose que de très peu de temps pour les recevoir.                                 

Nous avons adressé à Laurent Wauquiez, notre projet industriel et commercial de textile-habillement, potentiellement créateur de nombreux emplois à Troyes et Romilly Sur Seine, mais sans doute peu soucieux du chômage des ouvrières du secteur de l’habillement, celui-ci à  expédié notre projet à un autre ministère (voir notre site) 

Laurent Wauquiez a semble t-il préféré se consacrer à la signature d’accords dans les secteurs de la vente directe et de la sécurité, aussi incongrus qu’inutiles qui selon lui, devaient créer 100 000 emplois de vendeurs à domicile de produits "Herbalife", "Tupperware" ou abonnements divers  et 100 000 emplois de vigiles.                                 

Si l’emploi, et plus particulièrement l’emploi des jeunes et des seniors  est réellement la priorité absolue du gouvernement ainsi que Nicolas Sarkozy et François Fillon l’ont encore affirmé en novembre 2010, il semble évident que l’état doit mobiliser des capitaux vers des projets industriels manufacturiers créateurs d’emplois,   susceptibles de former un public jeune et de réemployer des seniors expérimentés au lieu de financer par le biais de la Caisse des Dépôts et Consignations, des projets qui ne créent la plupart du temps que des emplois dans les pays à bas coûts ou l’achat inutile d’une chaîne de restauration rapide comme "Quick" pour 800 millions d’euros.                                              

Les états généraux de l’industrie de 2010, qui nous apparaissent plutôt comme des états généraux de la désindustrialisation, ont défini des priorités qui précisément ne créent pas d’emplois industriels manufacturiers en France et condamnent à une disparition certaine, l’industrie du textile-habillement, autrefois secteur industriel offrant le plus grand nombre d’emplois, au profit du secteur du luxe et de celui de la création qui n’est pourtant qu’une composante de l’industrie de l’habillement.

Le luxe est surtout représenté par des grands groupes qui, malgré des marges déjà indécentes, ont déjà délocalisé une part très importante de leur production et accélèrent encore ce rythme.  Déjà, dans un article de challenges.fr du 28/06.2007, Maxime Koromystov, professeur à l’Institut commercial de Nancy et spécialiste des délocalisations dans le luxe, dévoilait : "le champ des marques de luxe  "Authentiques" se réduit comme peau de chagrin. La part de la production délocalisée reste cependant impossible à chiffrer, 30 % ? 60 % ? 70%, voire plus ? Les estimations varient énormément selon le segment d’activité concerné».                                     

La délocalisation massive  du textile habillement

                                                                                                           

Il semble que le gouvernement ait renoncé à sauver ce qu’il reste de nos industries manufacturières françaises qui employaient autrefois des millions de salariés.

Il parait se satisfaire aujourd’hui de la vente de quelques Airbus ou centrales nucléaires à la Chine ou à l’Inde dont le transfert de technologie leur permettra à l’avenir de les fabriquer eux même.

Pourtant il eût été plus avantageux pour notre économie et notre balance commerciale de garder nos usines au lieu de nous contenter aujourd’hui de quelques contrats qui ne compensent pas la délocalisation massive de notre industrie car le déficit commercial de l’Europe avec la Chine s’élève à 200 milliards d’euros.           

De même, Il est parfaitement illusoire et quelque peu naïf de penser que la Chine va offrir généreusement son marché intérieur à des entreprises françaises qui importeront leurs produits chez elle.

La Chine a besoin d’emplois et de croissance et demain encore davantage qu’aujourd’hui, ce seront des entreprises chinoises qui produiront ses biens de consommation. Actuellement, les entreprises françaises qui veulent s’installer sur le sol Chinois sont obligées de signer un « joint-venture » avec plus de 51 % de parts consenties à leurs associés locaux et de nombreuses entreprises françaises ont été évincées après avoir livré leur savoir-faire.

Les quelques grands groupes français bien implantés, fabriquent avec de la main d’ oeuvre locale et payent leurs impôts et taxes sur place et cela ne rapporte rien à la France.                                                

Il faut remonter quelques années en arrière pour comprendre comment l’industrie du textile-habillement a pu être réduite à néant  en quelques années.

En 2002, Guillaume Sarkozy, fervent partisan des délocalisations, Président de l’UIT (Union des Industries Textiles), Vice-président du MEDEF et dont le frère, Nicolas Sarkozy occupait alors, le poste de Ministre de l’Economie, déclarait "Je suis fier d’être un patron industriel qui délocalise, assez de faux semblants: la perte d’emploi, la déstabilisation industrielle, c’est normal, c’est l’évolution." (L’Expansion 28/11/02). 

Une telle déclaration ne pouvait qu’encourager les dernières entreprises de textile et d’habillement à délocaliser.                           

En avril 2004 à Shanghai, au moment ou l’industrie du textile s’apprêtait à perdre encore 17 000 emplois lors de la fin des quotas textiles de janvier 2005, Jean Pierre Raffarin (UMP), alors Premier ministre estimait que la Chine était  "un acteur responsable de l’économie mondiale", laissant ainsi entendre qu’elle pourrait auto limiter ses exportations textiles en pleine expansion. (Source : TF1 news 24 avril 2005). 6 ans ½ plus tard, les dizaines de milliers d’ouvrières licenciées ont pu apprécier !                                        

L’ami candide de la Chine, ne devrait ignorer que ce concurrent économique qui a broyé notre industrie avec l’aide des industriels français et la bénédiction des derniers gouvernements, ne s’arrêtera pas en si bon chemin.

Le dévoué VRP de l’empire du milieu entend maintenant nous faire partager la conception des droits de l‘homme du pays de l’esclavage capitalo-communiste et tente de nous convaincre que seule l’Asie  sera capable d’offrir un ’avenir aux jeunes générations et aux entreprises françaises.

Sans doute ne sommes nous pas tous prêts à  voir la France  devenir un pays vassal, même si les dirigeants Chinois pensent déjà que nous sommes un pays faible, prêt à lui obéir et à renier nos valeurs pour obtenir quelques contrats.   

L’indifférence du Gouvernement face à un projet de création de plusieurs milliers d’emplois                                  

 Nous travaillons depuis plus de 5 ans sur ce projet de textile-habillement dont le modèle économique pourrait permettre de redonner rapidement du travail à plusieurs milliers d’ouvrières et  pourrait créer à terme encore plusieurs dizaines de milliers d’emplois en France. Cela peut paraître ambitieux, mais il faut rappeler que ce secteur d’activité réalise actuellement un CA annuel de 41 milliards avec des articles majoritairement importés et employait  auparavant 1 million de personnes en France.                                      

Depuis 3 ans, nous avons présenté notre projet à plusieurs ministères, secrétariats d’Etat, ainsi qu’au département de capital investissement de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Nous avons également rencontré des élus et des hauts fonctionnaires, mais malgré l’intérêt ou la curiosité que le projet a suscité, ces nombreuses démarches n’ont pas permis une avancée significative. Aussi, dans un courrier du 10 septembre 2010, nous avons demandé à Nicolas Sarkozy, de soutenir notre projet auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations (courriers et réponses de Nicolas Sarkozy et d’Augustin De Romanet, patron de la CDC et du FSI, sur notre site), mais l’Elysée à préféré " botter en touche" en adressant notre projet à un secrétariat d’Etat. Nous doutons que Nicolas Sarkozy veuille vraiment créer de l’emploi dans l’industrie manufacturière et accepte de financer l’activité. Le manque de suivi de notre projet industriel et commercial, nous porte à croire qu’il est plus probable que le gouvernement choisisse de continuer à financer l’assistance, qui pourtant a pour effet de maintenir les gens dans la précarité et la pauvreté, sources principales de délinquance et d’insécurité. A n’en point douter, la sécurité servira encore de thème central et récurent à la prochaine campagne présidentielle, au détriment de l’emploi,  première préoccupation des français.             

         Francis JOURNOT  Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale                                    

 

  

Relancer l'industrie manufacturière des biens de consommation  

Aujourd’hui, les sous-traitants et fabricants français de biens de consommations ne disposent plus de circuits pour distribuer leurs produits et disparaissent parce que les marques, les enseignes de la distribution et les boutiques multimarques préfèrent vendre des produits provenant des pays à bas coûts pour réaliser des marges plus importantes. 

Certes, l’État ne peut influer sur les choix des distributeurs ni empêcher les industriels de délocaliser  mais pourrait soutenir la mise en œuvre de projets concrets et d’intérêt national, susceptibles de recréer un grand nombre d’emplois.

Afin de juguler la disparition de cette industrie et de ses savoir-faire, il conviendrait de créer des structures industrielles et commerciales principalement consacrées aux produits fabriqués en France. En utilisant des mécanismes tendant à réduire les coûts de production et de distribution, l’industrie manufacturière des biens de consommation pourrait s’adapter à son nouvel environnement économique. 

Même si l’on considère que de nombreux articles ne pourraient plus être produits en France en raison de la perte de  savoir-faire, du manque de fournitures ou parce qu’ils ne satisferaient pas aux critères de viabilité économique, la relance de l’industrie manufacturière des biens de consommations demeure l’un des rares moyens pour recréer plusieurs centaines de milliers d’emplois en France.  

Associations citoyennes www.vetements-made-in-france.com,  www.international-convention-for-minimum-wage.org , www.rendez-nous-notre-industrie.com , Collectivité Nationale    

                            

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