La galère des jeunes marques de mode qui veulent faire du made in France

Fabriquer dans l'Hexagone est un chemin semé d'embûches pour les jeunes griffes de mode. Car la majorité des ateliers français sont sous tension, et refusent de nouveaux clients. Le problème du coût de production est aussi un frein pour ces start-up. Aider à reconstruire une filière, c'est l'ambition des pionnières comme le Slip Français, ou Jean 1083, engagées dans le made in France.

Fabrication jeanLes jeans 1083 réalisent en France les 8 étapes de la fabrication d'un jean, de la conception, à la découpe, au délavage, à la confection. (Stephane AUDRAS/REA)

Par Dominique Chapuis  Publié le 30 déc. 2019 sur Les Echos

« Chaque semaine, nous avons des appels de jeunes marques pour fabriquer chez nous ». Le constat est général chez les façonniers. Le made in France n'est pas qu'une formule marketing incantatoire, mais une tendance de fond bien réelle. « Il y a une demande des consommateurs sur la traçabilité de produits, souligne Marc Pradal, le coprésident de l'Union française des industries mode et habillement. Ils veulent des circuits courts pour limiter l'impact sur la planète ».

Reconstruire une filière

Lancé en 2011,  Le Slip Français a été le chef de file de ce mouvement. La start-up a fait le pari du 100 % local, du tricotage aux élastiques en passant par la confection. Elle travaille avec 45 ateliers, et a déjà contribué à la création de 200 emplois temps plein, en plus de ses 100 propres salariés. Sa production atteint aujourd'hui plus d'un million de pièces à l'année. « Pour certains produits, notre expansion est sous tension. Nous devons donner plus de visibilité à nos sous-traitants pour leur permettre d'investir et faire plus de formation, expliquait il y a quelques mois Guillaume Gibault, son fondateur. Nous leur donnons des commandes prévisionnelles à un an, et des fermes à six mois ».

Les jeans 1083, en coton bio ou fibres recyclées, veulent aussi faire du local. En 2013, Thomas Huriez a décidé de relocaliser en France les 8 étapes de sa fabrication, alors qu'un jean conventionnel « parcourt jusqu'à 65.000 kilomètres », selon lui. Partenaire de deux tisseurs, il a dû racheter l'un d'eux, en faillite dans les Vosges. De 28 emplois, i lest passé depuis à 40. Et travaille aussi avec une vingtaine de sous-traitants. « C'est complexe, mais vertueux. L'enjeu est de reconstruire une filière plus large, plus souple. Et moins dépendante », estime le fondateur. En six ans, nous avons recréé 150 emplois, dont 70 directs ». Prochaine étape, en 2021, avec l'installation d'un atelier dans l'ancienne usine Charles Jourdan à Romans-sur-Isère.

Un coût du travail inflexible 

Pour ces start-up de la mode, trouver des façonniers est un défi ... la suite sur Les Echos

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