La puissance publique impuissante face aux délocalisations

Nos gouvernements successifs assistent impuissants depuis plusieurs décennies, à une délocalisation de notre industrie, lourde de conséquences pour de nombreux ouvriers et plongeant inexorablement des régions entières dans le chômage et la pauvreté.

Les groupes de luxe ont délocalisé la part la plus importante de leur production de mode et le prix payé par le consommateur correspond souvent à 10, 20 ou 30 fois le coût de la main d’œuvre.

Aussi, on peut comprendre que leurs actionnaires préfèrent cesser de produire des vêtements en France, à l’exception de la réalisation des collections de haute couture qui ne nécessitent qu’un petit nombre d’ouvrières très qualifiées. Le prêt-à-porter de luxe pour homme nécessitait autrefois un vrai savoir faire et les façonniers de ce secteur auront été parmi les derniers à disparaître.

Les chemises de marques prestigieuses fabriquées en Chine et payées aux façonniers quelques euros, sont vendues plus de 120 euros au public, les costumes fabriqués auparavant près de Valenciennes et payés 100 à 115 euros reviennent maintenant entre 22 et 35 euros à l’étranger et sont revendus souvent autour de 1 000 euros et parfois plus . Le dernier site de fabrication en France de prêt a porter masculin haut de gamme créé il y a 50 ans et employant 800 personnes dans les années 80, fermera, faute de commandes, en 2010.

L’industrie du textile habillement est passée en 40 ans d’un effectif d’un million d’employés à quelques dizaines de milliers d’ouvriers travaillant surtout dans l’industrie textile.

Il ne reste aujourd’hui que quelques entreprises de confection d’habillement fabricant en France, dont la disparition aura pour autre conséquence la perte définitive d’un savoir faire de réputation mondiale. Le salon "made in France " ne comptait plus que 80 exposants en 2009 au lieu de 120 l’année précédente.

Seule une entreprise de fabrication et distribution, fonctionnant sur un mode de gestion différent, optant pour le développement et l’emploi, mais moins de dividendes à court terme, pourra redonner du travail aux ouvrières de l’habillement et sauver un peu de savoir faire (pour exemple, 5 années peuvent être nécessaires à la formation convenable d’une ouvrière en fabrication de costumes haut de gamme !).

Au sempiternel refrain d’industriels prétendant que l’on ne peut plus produire en France, parfois, des élus s’opposent, d’autres protestent mollement et certains, complices, ne souhaitent pas contrarier de puissants groupes industriels.

Au final, les elus n’empêchent aucune délocalisation, aux mieux ils parviennent parfois à différer une fermeture de quelque mois.

                                                                                                   Francis Journot

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